BRÈVE PRÉSENTATION DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE L’ALIMENTATION

Compte rendu AG 9 mai SSA / Réunion 11 juin à 18h aux Colibres – Forcalquier
ssa_forcalquier@riseup.net
mer. 27 mai
À Ssa
Bonjour à toutes et à tous,

Vous trouverez ci-joint le compte rendu de l’assemblée constituante qui
s’est tenue le 9 mai dernier de 10h à 16h aux Cordeliers. Vous trouverez également les statuts qui ont été discutés et un embryon de préambule.

Nous vous convions à une première réunion de travail le 11 juin dans la salle commune des Colibres à 18h avec l’ordre du jour provisoire suivant :

– Finaliser les statuts, choisir le nom de l’association et élire les membres de la collégiale
– Définir les groupes de travail et se répartir les tâches

Ci-joint également un plan pour se rendre aux Colibres et une
illustration qui précise où se garer, notamment pas sur leur parking.

Si vous ne réussissez pas à ouvrir un fichier, me

À très bientôt,

Sandrine pour le groupe SSA Forcalquier et alentours

NOTES de travail PREAMBULE :

Constatant la détérioration de l’alimentation humaine soumise à l’agro-industrie, se référant au principe médicament = aliment, revenir à une alimentation paysanne, agro-écologique et locale
– Agroécologie
– Local
– Dérive industrielle de l’alimentation qui dégrade la santé
– Tout le monde n’a pas accès à cette alimentation : accès à tous
Voir aussi sur le site https://securite-sociale-alimentation.org/
En particulier pour rédiger notre propre préambule/manifeste

Le socle commun de la Sécurité sociale de l’alimentation

Les trois piliers du mécanisme de SSA

Compte rendu de l’assemblée constituante de l’initiative
Vers une caisse de SSA à Forcalquier et alentours du 9 mai 2026
BRÈVE PRÉSENTATION DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE L’ALIMENTATION
À l’origine, la SSA a été pensée par le sociologue Bernard Friot comme une extension
de la sécu (celle de l’après-guerre) et l’ouverture d’un nouveau droit : celui de la
santé grâce à une alimentation équilibrée, locale et biologique. Dans cette optique,
chacun cotise selon ses revenus pour l’achat d’une nourriture saine payée au juste
prix. Par ailleurs l’ouverture d’un tel droit est un levier pour transformer le système
agricole largement aux mains des multinationales de l’agrochimie, en offrant des
débouchés et un revenu décent aux paysans respectueux du vivant.
Le contexte politique étant défavorable à la mise en place de ce projet à grande échelle, l’idée n’a pas été abandonnée pour autant et différentes organisations/associations s’en sont emparées afin de lui donner une traduction concrète sur le plan local. Une centaine de variantes existe actuellement en France et fonctionnent autour de 3 principes :
 permettre à toustes, en particulier aux plus démuni·es, d’accéder à des aliments issus de l’agro-écologie et produits localement ;
 favoriser le développement de l’agriculture paysanne ;
 permettre aux citoyen·nes, grâce à des fonctionnements démocratiques et des partenariats, de reprendre le pouvoir sur le contenu de leur assiette, en particulier par le biais du conventionnement des produits.
Le financement est en partie assuré par les cotisations des membres et en partie par d’autres moyens qui varient d’une SSA à l’autre.

ATELIERS
1- COMMENT FAIRE POUR QUE CETTE ALIMENTATION SOIT ACCESSIBLE À TOUSTES ?
Constats de départ
Beaucoup de personnes n’ont pas accès à une alimentation biologique en raison du prix. La part du budget de l’alimentation n’a cessé de diminuer dans le budget des ménages. Aujourd’hui, que resteil pour l’alimentation quand on a payé les autres charges ? Il est nécessaire de jongler entre ces
différentes dépenses et souvent l’alimentation est une variable d’ajustement. Certaines personnes
témoignent du choix qu’elles ont fait de prioriser l’alimentation dans leur budget tout en vivant plus
sobrement. Une mauvaise alimentation coûte cher à la fois pour les individus et pour la société
(coûts indirects). Il est proposé de mener une réflexion collective autour de cette question de priorité
budgétaire.
Au niveau national, la SSA se propose de mettre en place une caisse comme la sécurité sociale
alimentée par des cotisations avec un système de péréquation basé sur les revenus et d’allouer un
budget par personne qui sera consacré à l’alimentation que nous souhaitons favoriser.
De son côté, l’association Attac propose qu’il n’y ait pas de TVA sur les produits de base.
Enjeu de financement de la caisse
En attendant au niveau local, il ne peut pas y avoir de cotisations sur salaire, à la place dans les
différentes expérimentations locales, on parle de contributions volontaires. L’enjeu étant
d’équilibrer les caisses car il est nécessaire que certaines personnes soient d’accords pour contribuer
davantage afin que d’autres puissent donner moins. Est-ce que cela ne risquerait d’être vu comme
des dons déguisés ?
D’autres caisses fonctionnent avec ou uniquement (cas de Cadenet) via des financements extérieurs,
subventions publiques, fondations, associations etc.
Est-il possible de diminuer les prix ?
Ce qui impliquerait de négocier avec les producteur-ice-s des prix plus bas, seulement iels ont
besoin de vivre dignement de leur métier = prix juste pour les producteur-ice-s.
La SSA au travers du conventionnement avec les producteurices locaux permettra de :
 décider ensemble ce qu’on veut manger (des produits simples, de base (ex :
céréales), des légumes de saison et locaux par exemple) ;
 développer les réseaux de production alimentaire ;
 orienter les productions.
Ce qui leur assurera des débouchés. À terme, iels produiront ce dont nous avons besoins et iels
pourront ainsi faire des économies et les prix pourront être sûrement négociés à la baisse.
Certaines municipalités développent des partenariats avec les agriculteurices du territoire (ex :
régie) leur permettant d’assurer un revenu régulier et de produire selon les besoins des cantines
publiques.
Autres freins que le prix
Certaines personnes pensent que les produits bio ne sont pas pour elles et eux avant même de
regarder les prix. Nous ne pouvons pas penser pour elles et eux, il est important de ne pas susciter
le sentiment de stigmatisation, de redevabilité, de charité.
La meilleure stratégie qui est ressortie de l’atelier est de cultiver les liens humains, en parler
autour de soi, aller directement au contact des gens et proposer :
 des formations / séances d’information, du partage d’expériences ;
 éduquer les enfants à l’école, des ateliers parents-enfants ;
 organiser des événements festifs pour sensibiliser tout le monde (rdv réguliers), profiter
d’événements comme la fête des voisins pour parler de la SSA dans tous les villages ;
 développer les jardins et potagers en commun – partage de savoirs pour apprendre à
jardiner – jardins partagé avec animateur-ice-s – remettre les mains dans la terre ;
 balades cueillettes autour des plantes sauvages comestibles ;
 il existe des programmes d’accompagnement de familles vers une alimentation + saine ;
 se rapprocher des salarié·es des entreprises (co-working, autoentrepreneureuses) ;
 se rapprocher d’initiatives existantes (épicerie et frigo solidaires, cantine populaire etc.)
Un autre frein peu évoqué est celui de la proximité géographique et la facilité d’accès du ou des
lieux d’achat, que ce soit du domicile, du travail ou sur les trajets.
2- QUELS PRODUITS VOULONS-NOUS FAVORISER ?
Les produits consommés dans le cadre d’une initiative de sécurité sociale de l’alimentation en
constituent l’un des piliers. L’« allocation » mensuelle dont dispose chaque personne qui y participe,
en contrepartie d’une cotisation/contribution volontaire (ou pas*) sert à obtenir des produits «
conventionnés », généralement alimentaires. Ce sont les personnes qui forment le groupe de la SSA
qui décident des produits qu’iels veulent « conventionner » selon des critères qui peuvent s’appuyer
sur les personnes qui les produisent, les lieux de distribution, leur origine locale, bio certifié ou non
certifié, produits d’hygiène, produits qui viennent de loin, l’alcool, produits essentiels ou non, qu’estce qu’un produit essentiel, la viande ou le végétarien, etc. Ces critères peuvent évoluer avec le temps
et l’initiative fonctionner par étape.
*Ex. de l’initiative de Cadenet qui finance ces « allocations » uniquement par les dons et subventions
Propositions de groupes
Chacun des trois groupes qui se sont succédé à l’atelier s’est globalement mis d’accord sur quelques
critères.

GROUPE 1
Très attaché à la qualité des produits et au fait qu’ils soient locaux, non transformés et essentiels
pour la vie, comme le pain par exemple et, selon ce groupe, le thé, le café, le chocolat et l’alcool ne
sont pas essentiels.
Certaines personnes avaient des exigences spécifiques, pas la pomme de terre qui est un poison, le
bio n’est pas assez bio (label Demeter), pour le pain farine au levain et pas à la levure.

GROUPE 2
Attaché aussi au bio et au local mais se satisfaisait que les produits soient l’un ou l’autre.
Alimentation diversifiée : fruits et légumes, le fromage, la viande et les céréales, les pâtes.
La question du café, du thé, des produits d’hygiène et de l’alcool n’a pas été tranchée, beaucoup
considéraient qu’elle méritait une réflexion plus approfondie.
Une personne a évoqué le problème de l’eau, un produit, une ressource plutôt, essentielle à la vie
mais dont la qualité est aujourd’hui remise en question.
Souhait de ne pas séparer les personnes qui produisent des personnes qui mangent.

GROUPE 3
Principal objectif de ce groupe, la diversité alimentaire fruits et légumes, fromages, viandes, céréales
œufs.
Plutôt bio et plutôt local mais pas obligatoire.
Produits non transformés sauf produits élaborés par les producteurices du territoire.
Produits uniquement alimentaires.
Point essentiel pour ce groupe : l’éducation populaire, la transmission des savoirs au sein du groupe
de la SSA et à l’extérieur avec des ateliers cuisine dans la rue par exemple.

Points convergents :
1/ Diversité alimentaire/local
2/ Alimentation biologique, globalement les personnes y sont attachées mais selon un éventail large,
du plutôt bio au plus que bio.
Points divergents :
Différentes conceptions du produit essentiel, certain·es souhaitent inclure des produits d’hygiène
qu’ils ou elles considèrent comme essentiels à la vie, d’autres refusent. Idem pour les produits qui
viennent de loin.
Une réflexion est à mener sur certains produits et sur les éléments sur lesquels se baser pour faire
un choix comme les lieux, les producteurices, etc.

3- QUELLES SONT LES CONDITIONS QUI RENDENT ENVISAGEABLES /
DÉSIRABLES UNE SSA SUR UN TERRITOIRE DONNÉ ?
Autrement dit quelles conditions devraient réunir un territoire pour faciliter le développement
d’une initiative de Sécurité Sociale de l’Alimentation ?
* Géographie du territoire et son accessibilité, échelle ville, village, distance raisonnable
(marche, voiture, transports en commun).
* Présence et la diversité des producteurices bio ;
* Présence de lieux de distributions de produits alimentaires bio, marché, magasins, amaps…
Doit-on se contenter de ce qui est produit localement ou peut-on conventionner avec des producteurs hors territoire ?
Prendre en compte le coût des transports dans l’accès aux produits conventionnés.
Dimension écologique de la distance entre producteurs et mangeurs.
Est-ce plus écologique que tous se déplacent en un lieu central ou bien que l’on favorise l’achat
autour de soi ?
Dimension sociétale de la distance favorisant le développement de groupes de proximité plus
propices aux échanges démocratiques, pour mieux se connaître et mieux connaître le territoire.
S’organiser à différentes échelles selon objets, par ex. : groupes locaux d’animation / suivi /
gestion ;
Groupes plus larges pour conventionnements, gestions outils informatiques, etc.
Dimension de l’organisation administrative :
* définir une échelle suffisante pour asseoir le projet, faciliter l’accès à des partenaires financiers ;
* accès à des financeurs potentiels et/ ou à d’éventuels partenaires : municipalité, communauté
de communes, parc régional ;
* prendre en compte les lieux / réseaux / supports pré existants pouvant être compatibles
Les participant·es venant aussi bien de Forcalquier, Mane, Banon, Sigonce, SEO, Limans, Pierrue,
Lardiers, Saint-Michel ainsi que de Manosque on a pu repérer des ressources locales préexistantes
qui pourraient faciliter le développement de groupes sur plusieurs communes (réseau alimentaire,
élu.es lieux de convivialité, etc.)
Aussi suggestion a été faite de penser les conventionnements sur un territoire s’étendant sur les
communautés de communes de Haute-Provence Pays de Banon et Pays de Forcalquier-Montagne
de Lure
Questions à creuser :
* Avoir des financeurs potentiels sur le périmètre retenu pouvait aider aux financements de la
cagnotte
Une discussion s’est ouverte sur le danger des financements « publics ».
** Développer une filière SSA en propre, à partir de l’acquisition de terres, de l’installation de
paysans et paysannes, l’organisation d’un réseau de distribution