| Le 9 juin prochain les AESH – Assistants d’Elèves en Situation de Handicap – sont appelés à la grève – et les autres personnels par solidarité aussi, les préavis de grève les concernant tous-par les fédérations FSU, UNSA, CGT, SUD, CFDT, et le SNALC. Cet appel à la grève n’est pas une journée d’action habituelle et poussive, et est d’une nature politique très particulière, demandant un commentaire politique. |
| En effet, c’est un appel qui fait suite à une victoire, pour dire les choses simplement et de manière un peu exagérée. Citons-le : « Le ministère de l’Education nationale a enfin ouvert des groupes de travail sur l’avenir des AESH. (…) Mais dès ce premier groupe de travail, les limites fixées par le ministère sont apparues inacceptables. (…) Alors que les AESH représentent aujourd’hui le deuxième métier de l’éducation tous ministères confondus en nombre de personnels, le ministère envisage une « fonctionnarisation » limitée à seulement 10 à 20% des AESH. » |
| Ce sont donc les limites, en effet inacceptables, d’un premier recul du ministère, qui conduisent à cet appel national à la grève. Cette réalité traduit le rapport de force social réel dans le pays, celui en raison duquel les directions syndicales nationales ont réalisé l’unité pour ne plus appeler à rien depuis … octobre 2025 ! |
| La question des AESH a une énorme importance sociale, humaine et politique. |
| Ce sont des dizaines et des dizaines de milliers de femmes (à 97% !) en situation de précarité. Une question féministe au tout premier chef, d’abord. |
| Et c’est un métier non reconnu mais qui s’affirme comme tel. Ce sont les AESH elles-mêmes qui ont modifié le rapport de force par leurs actions, leur expression, leur syndicalisation, souvent par le canal initial de la presse régionale. Elles exigent d’être respectées, payées correctement et reconnues comme exerçant un métier. |
| Cette exigence, reposant sur leur réalité et la place indispensable qu’elles occupent, est complément à contre-courant des politiques de management visant, à l’Education nationale comme auparavant à France Telecom, à détruire les métiers et les pratiques professionnelles acquises pour les remplacer par le pilotage, les items et l’obéissance. En ce sens, les AESH deviennent une avant-garde de la défense de tous les métiers de l’école publique, d’un côté, et du soin aux personnes et de la santé, de l’autre ! |
| Cette exigence a conduit à poser la question de la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B, elle-même diamétralement opposée à toutes les politiques publiques de tous les gouvernements depuis des décennies ! |
| Et c’est là-dessus qu’à la suite de la pression sociale des AESH, des parents, de la société, et de la grève de l’éducation du 31 mars dernier, le gouvernement tente de manœuvrer. Car, bien entendu, il n’a nulle intention de céder ou de reculer réellement, et ce que veulent par exemple les sénateurs LR, c’est qu’on en finisse avec les AESH, ce danger social entouré de solidarité ! |
| Sauf que pour manœuvrer, le ministère a ouvert une brèche en concédant le principe de la création d’un nouveau corps de fonctionnaire dans la fonction publique d’Etat ! |
| Il faut donc réussir la grève du 9 juin et sa popularisation ! |
| Deux précisions encore, sur la place respective des syndicats nationaux de l’enseignement public dans cette affaire. |
| D’une part, on aura remarqué l’absence de la FNEC-FP-FO dans les appelants à la grève du 9. Mais nul doute que les appels régionaux et locaux de FO vont se multiplier. |
| D’autre part, une place essentielle ici est tenue par la FSU et singulièrement par le SNES-FSU, dans lequel une crise de direction met actuellement en cause sa secrétaire générale, Sophie Vénétitay, qui exprime pourtant une première victoire politique de fait qu’a été la dislocation du dispositif d’Attal et Macron du « choc des savoirs » au collège : la mise en difficulté du gouvernement sur la question, elle aussi centrale, des AESH, en serait une deuxième. |
| Les AESH se sont syndiquées, sans trier aucune organisation, ces dernières années. Elles sont donc aussi, de ce fait, un facteur actif en faveur de l’unité d’action syndicale contre les politiques de tous les gouvernements successifs, pour le soin aux personnes et la défense des enfants et des jeunes ! |
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