ÉLECTIONS LÉGISLATIVES PARTIELLES AU ROYAUME-UNI
UN « SÉISME ÉLECTORAL » ET UNE DÉFAITE MAJEURE DE L’EXTRÊME-DROITE
Aux élections législatives partielles de Makerfield ce 18 juin dans la région de Manchester au Royaume Uni, le candidat travailliste Andy Burnham l’a emporté largement devant son rival d’extrême-droite de Reform UK, avec une avance considérable de 55% pour 34% pour son rival d’extrême-droite, 19 points d’avance, « un séisme électoral » dit la presse britannique locale, dans une région où le vote pour le Brexit était pourtant monté à 66%, et où Reform UK avait gagné 24 sièges sur 25 en lice aux élections municipales de mai 2026.
Cela avait fait titrer alors à l’époque à la grande presse française qu’il y avait une formidable poussée de l’extrême-droite, alors que non, pas du tout, si on faisait son travail correctement, et si on regardait les chiffres de près, il y avait simplement un effondrement de la droite, ses voix passant à l’extrême-droite tandis que la gauche réformiste s’écroulait elle aussi avec un bond en avant quasi équivalent de la gauche radicale .
Dans la foulée de ce qu’elle écrivait en mai, toute la presse française a écrit et prédit avant ces élections partielles du 18 juin que l’extrême-droite de Reform UK allait être gagnante à l’image de ce qu’écrivait par exemple le journal pourtant modéré La Croix : « À l’occasion d’une législative partielle, ce jeudi 18 juin, ce bastion travailliste pourrait bien basculer dans le camp du parti d’extrême droite Reform UK ». Cette même presse française écrivait aussi unanimement que c’était un test national pour l’avenir du pays entre l’extrême-droite et la gauche.
Mais une fois la victoire acquise haut la main du candidat travailliste de gauche (un peu), pourtant lors d’un « séisme électoral » selon la presse britannique locale, toute cette presse française unanime n’a pas prolongé ses articles d’avant le scrutin en disant que finalement l’extrême-droite avait été sévèrement battue et du coup en cherchant à comprendre pourquoi.
Non, elle a complètement oublié que c’était selon elle un test national pour l’extrême-droite, elle a même rarement souligné la défaite de l’extrême-droite, elle ne s’est pas demandé pourquoi, mais a aussitôt enfourché un nouveau cheval de bataille oubliant tout ce qu’elle avait écrit et cachant la défaite de l’extrême-droite : est-ce qu’Andy Burnham, le vainqueur des élections allait pouvoir contester la place du premier ministre actuel Keir Starmer, travailliste très à droite ?
Personne parmi eux ne s’est demandé si le fait qu’Andy Burnham soit réputé plus à gauche (un peu) que Keir Starmer, ne lui avait pas profité au même titre que le bond en avant fait aux municipales par le Green Party, qui en Angleterre s’est positionné sur le terrain de la gauche radicale. Est-ce que les électeurs ne se sont pas saisis de cette occasion, en voyant un moyen de remplacer Keir Starmer par Andy Burnham, pour pousser le parti travailliste un peu plus à gauche ?
Ce qui expliquerait que dans cette élection, un certain nombre d’électeurs venus du camp travailliste qui avaient voté un moment pour l’extrême-droite par déception et dégoût, ont repris le vote travailliste en même temps qu’ils reprenaient espoir et ont vu une possibilité de voter pour une gauche plus radicale. C’est ce qu’ils avaient déjà dit aux municipales en votant massivement pour le Green Party. Ils veulent renverser Keir Starmer certes, mais pour le remplacer par plus à gauche, pas par plus à droite. C’est la même chose qui se passe aux USA avec la poussée de DSA, la gauche du parti Démocrate et peut-être en France demain.
Ce qui affole toute cette presse bourgeoise, ce n’est pas tant le succès d’Andy Burnham dont ils n’ont pas grand chose à craindre, mais c’est qu’à travers ce succès électoral se révèle l’aspiration de la classe ouvrière à monter sur la scène politique pour faire face à la contre révolution bourgeoise, par tous les moyens à sa disposition, y compris la grève générale qui devient le véritable débouché politique, plus que les élections et dont les poussées à gauche électorales ne sont que les prémisses.
https://www.facebook.com/jacques.chastaing