Friture sur la ligne au PS ? Contrairement au souhait d’Olivier Faure, le Premier secrétaire du parti, les députés socialistes ont décidé de ne pas voter la motion de censure du gouvernement déposée par les Écologistes. « Nous partageons […] la colère contre l’inaction climatique d’Emmanuel Macron » mais les Français attendent « des solutions plutôt que d’entrer dans une crise politique sur ce sujet », a estimé lundi le groupe socialiste dans un communiqué, qui donnait le résultat d’un vote interne des députés.
Dimanche, Olivier Faure avait pourtant annoncé qu’il voterait cette motion de censure, déposée pour sanctionner une impréparation au changement climatique et aux canicules. « Le défi écologique est relativisé et les crédits qui lui sont destinés sont systématiquement rabotés », avait affirmé le dirigeant socialiste, appelant à « adresser un avertissement clair ».
Cette divergence entre le patron du parti et les députés socialistes intervient à quelques jours d’un vote crucial des militants, appelés à trancher le 9 juillet sur la stratégie de désignation d’un candidat pour la présidentielle, avec plusieurs scénarios de primaires sur la table.
Selon l’entourage du président du groupe Boris Vallaud, opposant en interne à Olivier Faure, le vote sur la motion de censure ne reproduit pas les dissensions sur la stratégie pour 2027, arguant que des députés soutiens du Premier secrétaire et notamment favorables à la primaire de la gauche se sont tout de même opposés à censurer le gouvernement sur la canicule. Selon cette même source, la majorité a été « nette », à « deux tiers, un tiers ».
La décision du groupe socialiste a été critiquée par des adversaires à gauche : « Ils confirment leur dissolution définitive dans le bloc macroniste », a dénoncé sur X le député LFI Aurélien Le Coq. En l’absence de soutien du RN et du PS, la motion défendue par les Écologistes et les Insoumis n’a aucune chance de recueillir les 289 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement.