Des soutiens à Merlin…

N’Orny Ornella Vaudron est avec Isabelle Reglioni 

Je sais que tu liras mes écrits donc j’en profite pour les foutre ici. Déjà, force à toi Merlin ! Bon… je vais commencer par une mauvaise nouvelle : t’as réussi l’exploit d’obliger des tas de gens à ressortir des stylos. À notre époque, c’est presque un miracle. Qui aurait cru qu’un mec enfermé réussirait à faire écrire autant de monde ?
Plus sérieusement… Je voulais que tu saches une chose. Tu vas peut-être lire cette publication dans quelques jours, quelques semaines ou plus tard. Peu importe. Les mots, eux, n’ont pas de date de péremption.
Il y a dehors des personnes qui pensent à toi. Des personnes que tu connais. D’autres que tu n’as peut-être jamais rencontrées. Et toutes ont un point commun : elles refusent que le silence prenne toute la place.
Alors non, je ne vais pas te sortir les éternels « reste fort », « ça va aller » ou les phrases toutes faites qu’on écrit parce qu’on ne sait pas quoi dire. Tu mérites mieux que des clichés.
Je vais juste te dire ce que je pense. Je pense que les murs savent retenir des corps, mais qu’ils sont incroyablement mauvais pour enfermer les souvenirs. Ils n’ont jamais réussi à empêcher un éclat de rire de revenir en mémoire. Ils n’ont jamais réussi à empêcher quelqu’un de penser à une autre personne. Ils n’ont jamais réussi à faire disparaître une amitié.
Et entre nous… ils n’ont certainement jamais réussi à enfermer une bonne vanne.
Alors j’espère qu’au milieu de toutes ces journées qui doivent parfois se ressembler, tu trouveras encore des occasions de sourire. Parce que oui, même dans les moments les plus durs, le sourire reste une forme de résistance à la résignation.
Tu vas recevoir des lettres. Tu vas lire des mots maladroits, d’autres magnifiques, certains très courts, d’autres interminables. Derrière chacune d’elles, il y aura quelqu’un qui aura pris quelques minutes de sa vie pour te dire : « Je pense à toi. »
Et ça, ça vaut énormément.
Tu sais ce qui est beau ?
Tu n’imagines probablement pas toutes les personnes qui espèrent que tu gardes le moral. Tu ne verras jamais tous les regards qui s’arrêtent sur ton nom. Tu ne liras peut-être pas tous les messages écrits pour toi. Mais ils existent.
Alors, les jours où le moral fera grève, relis ces quelques lignes.
Imagine un instant qu’on soit tous réunis autour d’une immense table. Ça parle fort. Ça débat. Ça se coupe la parole. Quelqu’un raconte une bêtise qui fait rire tout le monde. Un autre refait le monde avec beaucoup trop d’assurance. Et forcément, il y en a un qui dit : « Il manque quelqu’un aujourd’hui. »
Ce quelqu’un, c’est toi.
Parce qu’une absence, ça se remarque uniquement quand une présence comptait vraiment.
Alors garde cette idée quelque part dans un coin de ta tête : tu comptes. Plus que tu ne le crois.
Le temps passera. Comme il l’a toujours fait. Les mauvais jours aussi. En attendant, continue à nourrir cette petite étincelle qui refuse de s’éteindre. Elle est plus solide qu’on ne le pense.
Et si jamais un jour tu doutes, rappelle-toi qu’il existe dehors une bande de gens suffisamment têtus pour continuer à écrire, à penser à toi, à sourire en imaginant que tu lèves les yeux au ciel en lisant certaines de nos conneries.
Rien que pour ça, tu n’as pas le droit de perdre ton humour.
Je termine avec une promesse toute simple.
Tant qu’il y aura des gens capables de prendre un stylo pour rappeler à quelqu’un qu’il compte, l’espoir aura toujours un endroit où habiter.
Alors relève la tête.
Souris quand tu le peux.
Râle quand il le faut.
Et n’oublie jamais ceci : tu occupes une place dans le cœur de beaucoup plus de personnes que tu ne peux l’imaginer.
Avec toute mon affection, tout mon respect… et une énorme pensée pour toi.
Force à toi.
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📢 SOLIDARITÉ pour MERLIN 📢
Notre ami et camarade de lutte Merlin a été transféré à la Maison d’arrêt de Luynes, à Aix-en-Provence.
Face à l’isolement que représente l’incarcération, notre réponse doit être la solidarité. Ne laissons jamais un camarade être réduit au silence ou sombrer dans l’oubli. Chaque lettre, chaque mot de soutien, chaque marque de présence rappelle qu’il n’est pas seul et que des femmes et des hommes continuent de penser à lui.
Aujourd’hui plus que jamais, faisons vivre cette solidarité concrète. Prenons quelques minutes pour lui écrire. Un simple courrier peut apporter de la force, du courage et montrer que les liens tissés dans les combats ne disparaissent pas derrière les murs d’une prison.
Pour lui écrire :
Maison d’arrêt de Luynes
M. LONGUET Merlin
N° d’écrou : 104820 (à indiquer impérativement sur chaque courrier et dans toute démarche)
70 Route des Châteaux du Mont Robert
13595 AIX-EN-PROVENCE CEDEX 3
Nous invitons toutes les personnes attachées à la solidarité, à la liberté d’expression et à la défense de leurs convictions à partager cette publication afin que Merlin reçoive un maximum de courriers.
Parce que la solidarité est plus forte que l’isolement.
Parce qu’un camarade ne s’abandonne jamais.
Écrivons-lui. Partageons.
Restons solidaires.
Force & Honneur.