À l’heure où le journal Le Monde qui fut jadis un média intéressant et équilibré fait de plus en plus campagne pour le macrolepenisme ( merci Emmanuel Todd) et contre la gauche et LFI ( leur édito du jour est à vomir), il est utile pour les esprits libres et taquins de lire et de faire lire cette missive adressée au président du CRIF ( si vous ne voyez pas le rapport tant pis) Merci de partager en vous connectant à Blast via le premier commentaire.
Cher Yonathan Arfi,
Quelle semaine !
Lundi 20 juillet, vous déclariez sur CNews, à propos du set interrompu de la DJ Barbara Butch à Grenoble deux jours plus tôt, que « chacun a le droit de pouvoir exprimer son opinion librement, et de pouvoir se produire librement, c’est la défense de la liberté de création » (1), c’est bien noté, ce qui ne manque pas de sel venant de celui qui, le 21 août 2025, avait posté sur X une demande « aux organisateurs de Rock en Seine de déprogrammer les Kneecap », du nom de ce groupe de rap nord-irlandais engagé dans le soutien à la cause palestinienne, la « liberté » ce n’est visiblement pas pour tout le monde. On notera par ailleurs que choisir de se rendre sur CNews, mise en demeure il y a un mois par l’Arcom pour « un déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinions », dans le but d’y défendre la liberté d’opinion, est pour le moins facétieux, tout comme il est fort audacieux de célébrer la liberté de création à l’antenne d’une chaîne dont la maison mère Canal+ a récemment fait savoir, par la voix de son patron Maxime Saada, qu’elle ne travaillerait plus avec les professionnels du cinéma ayant signé une tribune critique du big boss Vincent Bolloré, liberté quand tu nous tiens.
Difficile en outre de ne pas se souvenir, en vous entendant vous offusquer de la perturbation de la prestation de Barbara Butch, qu’il y a quelques semaines vous vous insurgiez de l’organisation, à l’initiative de La France insoumise, d’un concert place de la République lors de la Fête de la musique, affirmant que « pour LFI, la musique n’est pas une fin, c’est un moyen, au service d’un agenda politique », si c’est vrai c’est très grave, et posant avec une naïveté feinte la question qui suit : « Ce concert est légal mais est-il pertinent pour la démocratie ?