Le feu est aux portes de Bordeaux, ce matin (infographie du journal Le Monde en illustration). Littéralement : il touche à présent les limites de l’espace urbain.
Immense soutien aux habitants de la métropole concernés alors que le gouvernement français, dont l’impréparation finit par lui exploser au visage, parle de «situation très défavorable» (lisez : ça pourrait vraiment tourner au vinaigre). Immense soutien aux très nombreuses personnes (250.000 à ce stade, sans doute bien d’autres dans les prochaines heures) qui ont dû évacuer leurs communes, quitter leurs logements). Immense soutien aux personnes, bien plus nombreuses encore, qui vivent sous le nuage toxique et dans l’inquiétude.
Pareil du côté de Madrid, où des centaines de milliers de personnes ont également été évacuées des zones menacées par un incendie incontrôlable.
L’été que nous vivons doit être considéré comme un dernier signal d’alarme, comme la dernière chance d’un réveil collectif. Toutes les forces politiques, sociales, intellectuelles, économiques qui ont un quelconque intérêt pour l’avenir de l’espèce humaine vont devoir acter que la mobilisation pour le climat a été _très_ insuffisante jusqu’à présent et en faire la priorité centrale de toutes les politiques publiques. Il serait inconcevable que cette question ne soit pas au centre de la rentrée politique.
Il faut tout remettre à plat. Et certainement pas se limiter à l’adaptation, qui ne nous offrira, au mieux, qu’un temps de répit. Il va falloir parler de toutes les solutions qui permettront de réduire l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Il va falloir oser mettre en cause ce qui, dans notre mode de vie, nous précipite vers l’abîme : l’alimentation hyper-carnée, la fast-fashion, l’usage de l’avion pour le tourisme, la dépendance à la bagnole, les data-centers de l’IA, etc. Le déni n’est plus une option.
Je pense que nous avons besoin d’une sorte d’équivalent du Serment du Jeu de paume : un acte d’engagement solennel par lequel nous ferions par dizaines de millions la promesse de ne plus relâcher notre garde tant que le problème du climat ne sera pas réglé.
