LA POUSSÉE SOCIALISTE AUX USA S’ACCROIT

ÉLECTIONS AU MICHIGAN : LA POUSSÉE SOCIALISTE AUX USA S’ACCROIT ENCORE ET ATTEINT UN POINT DE BASCULEMENT OU LES OUVRIERS RÉPUBLICAINS POURRAIENT VOTER POUR LES SOCIALISTES, CONTRE TRUMP, CONTRE LES RÉPUBLICAINS ET CONTRE L’ESTABLISHMENT DÉMOCRATE
Les élections des primaires qui ont eu lieu hier dans l’Etat du Michigan (Détroit) pour désigner les candidats des Démocrates en prévision des élections de mi-mandat le 3 novembre 2026, où toute la Chambre des représentants (députés), un tiers du Sénat et de nombreux postes de gouverneurs, procureurs et maires vont être renouvelé avec en même temps toute une série de référendum locaux, ont été observés aux USA comme un test ayant une valeur nationale, donnant les tendances électorales actuelles et préfigurant ce qui va se passer le 3 novembre.
Tout le monde voulait savoir si la forte poussée électorale qui a lieu depuis novembre 2025 dans les élections partielles en faveur des DSA Démocrates Socialistes d’Amérique (à peu près l’équivalent de LFI ici) et qui leur avait valu entre autres les victoires spectaculaires aux mairies de New York ou Seattle mais encore probablement demain à Washington et Los Angeles, mais dans des régions traditionnellement à forte domination Démocrate, aurait aussi lieu dans le Michigan, un « swing state », qui oscille entre Démocrates et Républicains, et où donc, selon la direction du Parti démocrate, présenter un candidat Démocrate Socialiste dans cet État reviendrait à remettre directement la victoire aux Républicains, puisque selon elle, jamais des électeurs Républicains « modérés » ne voteraient pour des candidats « radicaux » comme par exemple Abdul Al Sayed, candidat socialiste, musulman, pro-palestinien, et anticapitaliste qui provoque une haine farouche des milliardaires.
Or hier, Abdul Al Sayed, candidat DSA au poste de Sénateur du Michigan, mais aussi Will Lawrence et Donavan McKinney, candidats DSA aux postes de député d’Etat au Michigan, ont été largement élus face aux candidats de l’Establishment Démocrate qui bénéficiaient pourtant du soutien de tout l’appareil du parti y compris de ses dirigeants qui se sont déplacés et d’un soutien financier dans une élection primaire comme on en a jamais vu, puisque par exemple Haley Stevens, la candidate de l’appareil Démocrate contre Abdul Al Sayed a bénéficié de 63 millions de dollars pour sa campagne soit 9 fois plus que ce qu’a eu le candidat de DSA. Il faut dire que l’enjeu pour la direction du Parti démocrate était de taille, parce que c’est tout le fond de son argumentation contre les DSA pour gagner contre les Républicains qui était en jeu, et qui donc a été rejeté par ses électeurs, annonçant un effondrement partout de la politique de la direction Démocrate face à son aile gauche alors qu’aujourd’hui, un tiers des membres Démocrates ou sympathisants se disent dorénavant Socialistes Démocrates. Ces derniers étaient 6 000 à l’échelle des USA dans les années 2010, ils influencent aujourd’hui des dizaines de millions d’américains et le mouvement continue à avancer. Et ce n’est pas qu’un effondrement électoral du Parti démocrate traditionnel, c’est aussi un effondrement de sa politique, qui face à Trump, consistait à ne rien faire, pour ne pas effaroucher selon eux la base Républicaine. Une attitude passive qui leur est vivement reprochée par la base Démocrate, qui elle se mobilise massivement dans la rue et la grève contre le fascisme montant de Trump au travers des mobilisations « Hands Off » ou « No Kings » qui mobilisent des millions de personnes… sans les dirigeants Démocrates. Ce vote a donc valeur de référendum contre la passivité/complicité de la direction du Parti démocrate face à Trump et fait comprendre que le peuple veut autre chose que les Démocrates et Républicains, c’est-à-dire autre chose que le pouvoir des milliardaires, voire demain des capitalistes.
Ce résultat est aussi une très mauvaise nouvelle pour Trump et les Républicains. En effet, si la direction Démocrate argumente qu’il faut un profil modéré pour ne pas effrayer les électeurs Républicains, les militants de DSA disent qu’il faut au contraire des objectifs radicaux pour gagner le vote des ouvriers Républicains. Que ces derniers ne voient pas l’intérêt de voter pour des Démocrates qui ressemblent aux Républicains mais voient au contraire l’intérêt de voter dans cette période de montée de l’inflation, des licenciements et de destruction des aides sociales comme des services publics, pour des candidats qui se battent pour une augmentation du salaire minimum, pour des loyers aux tarifs bloqués, un système de santé pour tous, une hausse des impôts pour les plus riches, aucune guerre… comme le montre par exemple le succès de plus en plus grandissant du maire de New York y compris auprès des électeurs Républicains au fur et à mesure qu’il tien ses promesses (ce qui n’est pas habituel), épiceries municipales à prix cassés, loyers bloqués, hausses des salaires, forte augmentation du nombre de crèches gratuites, ouverture de dispensaires gratuits de santé, embauche de nombreux enseignants et donc en conséquence, forte baisse de la criminalité, et hausse des impôts des plus riches pour financer tout ça.
Le succès auprès de l’opinion de ce programme de « socialisme municipal » est tel que maintenant la plupart des candidats, Démocrates et Républicains, au niveau local le reprennent, tout ou partie, à leur compte. Ainsi même, le potentiel candidat Démocrate aux prochaines présidentielles, Gawin Newsom, gouverneur de Californie, radicalise fortement son discours et vient par exemple de faire voter un projet de loi imposant un impôt de 5% sur les plus riches afin notamment entre autres de financer une nouvelle hausse du salaire minimum à 17,5 dollars de l’heure (soit 15,15 euros. En France il est de 12,31) alors qu’il l’a déjà fait passer à 16,90 début 2026 (contre 16 auparavant), et qu’il est de 7,25 dollars bruts au niveau national.
Les directions Démocrates et Républicaines, paniquent d’autant plus que cette forte poussée électorale à gauche qui partout avance l’objectif de faire payer les riches, en riposte aux attaques de Trump et de ses amis milliardaires, s’accompagne d’une forte mobilisation par la grève et la rue incessante depuis un an,
montrant que les classes populaires américaines se font de moins en moins d’illusions sur les élections au fur et à mesure que Trump essaie de les saboter, et ont d’ores et déjà prévu de mettre les élections de mi-mandat de novembre sous contrôle populaire, avant, pendant et après, contre toute tentative de trucage ou de coup d’Etat, avec probablement 100 000 militants mobilisés pour cette tâche et une menace de grève générale contre sabotage et coup d’Etat, une grève générale d’avertissement illégale ayant été expérimentée le 1er mai. Cette mobilisation d’en bas extra-électorale additionnée à la poussée électorale vers la gauche dépasse déjà le cadre d’un scrutin traditionnel bourgeois pour y donner un avant goût de la montée de la classe ouvrière sur la scène politique avec ses propres méthodes d’action.
(photo : DSA Abdul El-Sayed, Alexandria Ocasio-Cortez, Bernie Sanders, Président du syndicat auto UAW Shawn Fain, Rashida Tlaib et Donavan McKinney)