Quentin Deranque – Affrontements Lyon – L’enquête du Monde

Six mois après la mort de Quentin Deranque lors d’affrontements à Lyon, une enquête du Monde, fondée sur le dossier judiciaire, apporte de nouveaux éléments sur le déroulement des faits. Elle décrit des militants d’extrême droite venus soutenir une action du collectif Némésis selon une organisation minutieuse : boucle Telegram créée pour l’occasion, répartition en plusieurs équipes, visages dissimulés, point de ralliement après les affrontements et présence de militants issus de réseaux identitaires déjà connus des services de renseignement.
Ces révélations rejoignent plusieurs informations déjà publiées ces derniers mois. L’Humanité avait notamment révélé des échanges entre des militantes de Némésis et Calixte Guy, dirigeant d’Audace Lyon, évoquant l’organisation de guets-apens contre des militants antifascistes.
Les perquisitions menées après d’autres agressions attribuées à ces réseaux avaient également permis la découverte d’armes, de listes de militants antifascistes recensant leurs domiciles et leurs véhicules, ainsi que de conversations promettant ouvertement des représailles physiques.
De leur côté, Le Canard enchaîné, Mediapart et Contre Attaque avaient diffusé des vidéos et témoignages montrant des militants d’extrême droite cagoulés, équipés notamment de béquilles métalliques, gaz lacrymogènes et casques, juste avant les affrontements.
Pour celles et ceux qui en doutaient encore, l’enquête du Monde confirme ainsi que les groupes venus soutenir Némésis étaient préparés et coordonnés, prêts à en découdre, loin de l’image d’un simple service d’ordre improvisé. Alice Cordier a refusé de témoigner en indiquant qu’elle n’était pas présente sur les lieux. Un des camarades de Quentin Deranque, Matt B., est spécialement venu d’Heyrieux en Isère pour « assurer la sécurité des filles militantes de Némésis ».
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