Après des décennies d’avertissements de la part des climatologues, de catastrophes annonciatrices de plus en plus fréquentes, de politiques superfétatoires à base de « commissariat au plan », de « Plan national d’adaptation », la FNSEA réclame aujourd’hui des « milliards d’euro d’aides ».
Milliards d’aides pour que nous renflouions la trésorerie des exploitants. Milliards d’aides pour que nous payions leurs cotisations sociales. Accompagnés bien évidemment des sempiternelles mesures de « simplification et de dérogation » aux règles environnementales en place car, comprenez bien, il s’agit-là d’une urgence.
Son président, Arnaud Rousseau, a en sus le culot de souligner que certains ont « besoin d’une aide d’urgence, dans les zones où la terre est moins riche » et en particulier dans les champs de colza !
Exploitation de colza qu’il connaît très bien puisqu’il a été administrateur puis président de la Fédération française des producteurs d’oléagineux et est à la tête du groupe Avril, leader de la filière française des huiles, protéines végétales et des biocarburants. Colza pour lequel il touche lui-même, en tant qu’exploitant, six fois la moyenne des aides de la PAC touchées par des exploitations de taille similaire à la sienne, grâce à des montages administratifs.
Le schéma n’est pas nouveau : privatisation des gains, socialisation des pertes. Nous avons renfloué les banques après la crise des subprimes, nous les avons renflouées après la crise de la Zone Euro, nous pouvons bien aussi renflouer l’agrobusiness.
Seulement, ici, il s’agit de sécurité alimentaire. Les retombées de la « catastrophe climatique » – ce sont les mots du président de la FNSEA lui-même – seront déjà répercutées sur les prix. Et si, en France, nous ne parlons pas de « 50 millions de personnes plongées dans la famine d’ici l’année prochaine », ainsi qu’avertissait l’ONU mercredi, un nombre croissant de ménages n’est déjà plus en mesure de s’alimenter correctement.
Ces milliards d’aide demandés aujourd’hui par la FNSEA, après n’avoir rien fait pour changer les méthodes de culture, après avoir continué à pousser pour accroître le productivisme, après avoir réussi à faire passer les lois Duplomb 1 et 2 en dépit de tous les lanceurs d’alerte, de l’opposition parlementaire et publique et de la censure du Conseil Constitutionnel, sont le comble de l’indécence.
Source : AFP, The Guardian, France Info, Médiapart