N’Orny Ornella Vaudron est avec Isabelle Reglioni eN
Il était une fois un homme qui eut l’idée complètement irresponsable de faire vivre la liberté.
Merlin Longuet.
En 2021, pendant que la France découvrait les joies de l’attestation, du QR code et du « circulez, c’est pour votre bien », Merlin crée le Café des libertés. Une terrasse sauvage. Une scène pirate. Des artistes. Puis le Café devient la ZDAC : 430 m² de culture, de solidarité, de concerts, d’activités, d’épicerie sociale, de sport et de rencontres.
Bref, des citoyens qui s’organisent.
Erreur fatale.
Parce qu’un citoyen qui râle devant sa télé, ça ne menace personne. Mais un citoyen qui rassemble du monde, qui crée, qui désobéit et qui commence à faire vivre quelque chose sans demander la permission…
là, la République sort son classeur.
Et quand la République sort son classeur, généralement, quelqu’un finit avec un formulaire dans les mains. Merlin raconte alors quatre années de procédures, de convocations, de perquisitions, d’expulsions, de comparutions et ce qu’il considère comme un acharnement.
Il raconte les 200 gendarmes mobiles venus évacuer leur QG. Ils détruisent les murs. Merlin et son collectif reprennent d’autres lieux. C’est ballot : ils avaient prévu de détruire un bâtiment, pas une idée.
Puis viennent les accusations de violences conjugales que Merlin affirme être fausses. Perquisition. Garde à vue. Justice. Bracelet électronique. Interdictions. Obligations. Et finalement, le 24 juin 2026 : prison.
Tout ça pour un homme qui raconte avoir organisé plus de 500 actions de désobéissance civile, défendu des causes environnementales et sociales et tenté de faire vivre un espace collectif. Pendant ce temps, quelque part dans un bureau, quelqu’un a probablement découvert une nouvelle menace pour la République : des citoyens qui se parlent.
Moi, je suis Gilet jaune. J’ai 51 ans. Alors forcément, les histoires de citoyens qui deviennent soudainement « problématiques » parce qu’ils dérangent le pouvoir… ça me parle.
Parce que j’ai appris une chose : Quand tu critiques le système, on commence par discuter de tes idées. Quand tes idées deviennent gênantes, on discute de ta personne. Et quand ta personne devient trop gênante… on trouve bien un dossier à ouvrir.
C’est pratique, un dossier.
Ça ne crie pas.
Ça ne manifeste pas.
Ça ne fait pas de barricades.
Ça tient dans une chemise cartonnée et ça peut parfois tenir un homme derrière des barreaux.
Alors oui, je prends parti pour Merlin. Pas pour une idéologie. Pas pour un parti. Pour un homme que je considère comme victime d’un système qu’il a choisi de combattre. Et pour tous ceux qui refusent de croire que la démocratie consiste à élire des gens tous les cinq ans pour ensuite leur demander poliment de nous laisser tranquilles.
Je soutiens Merlin parce que je soutiens ceux qui dérangent. Parce qu’un pouvoir qui ne supporte que les citoyens dociles n’a pas besoin de citoyens.
Il a besoin de figurants.
Et moi, désolée…
je n’ai jamais signé pour être figurante.
Alors Merlin, tiens bon.
Parce que si désobéir devient un crime,
il va falloir agrandir les prisons.
Il paraît qu’en France, nous avons une République.
Moi, je voudrais simplement qu’elle se rappelle parfois que derrière le mot « République », il y a un autre mot :
« peuple ».
Et le peuple n’est pas censé être le figurant de son propre pays.
Liberté pour Merlin Longuet
Et liberté pour tous ceux qui ont encore suffisamment de courage pour emmerder le système lorsqu’il oublie à qui il est censé appartenir.
Dixit N’Orny