Mory le boulanger a obtenu son titre de séjour

Une très belle histoire pour ce boulanger qui aime la France qui l’a accuelli !
Mory Mara quitte la Guinée alors qu’il n’est encore qu’un adolescent. Son parcours pour rejoindre l’Europe passe notamment par le Mali, l’Algérie puis la Libye.
Une période qu’il décrira comme particulièrement traumatisante : frappé et maltraité, il explique avoir été « traité comme un esclave » et ne plus avoir été considéré comme un être humain.
Après avoir traversé la Méditerranée et être passé par l’Italie, Mory arrive finalement en France en 2018, où il est reconnu mineur isolé et pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.
Il sait déjà ce qu’il veut faire : devenir boulanger. À Bourg-en-Bresse, Frédéric Peuillon, patron de la boulangerie Lou Pan, lui donne sa chance.
Mory effectue un stage, puis deux années d’apprentissage, obtient son CAP et finit par être embauché. Son patron explique qu’il maîtrise parfaitement son travail, au point que Mory participe ensuite lui-même à la formation de nouveaux apprentis.
Chaque jour, il se lève parfois à 2 ou 3 heures du matin pour préparer pains, baguettes et brioches. Il a son propre logement, paie ses factures et travaille depuis plusieurs années lorsqu’une décision vient tout bouleverser.
Mory fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la préfecture demande à son employeur de mettre fin à son contrat.
Mais son patron refuse de l’abandonner.
Avec l’association Patron·ne·s solidaires, il multiplie les démarches pour obtenir sa régularisation. Une pétition recueille plus de 27 000 signatures et le maire de Bourg-en-Bresse intervient lui aussi auprès de la préfecture et du ministre de l’Intérieur.
La mobilisation finit par porter ses fruits. Mory obtient finalement un titre de séjour et peut reprendre son travail de boulanger.
Après avoir quitté son pays adolescent, traversé la Libye dans des conditions terribles et appris un métier en France, celui qui risquait de devoir tout abandonner peut finalement continuer à vivre de son travail.
Sources : Le Progrès, Brut, Basta!, témoignages de Mory Mara et de son employeur.