USA/TRUMP : PUTREFACTION D’UN REGIME QUI TENTE UN COUP DE FORCE AVANT SA CHUTE ET ECHOUE
Chaque jour qui passe, la tentative de Trump de s’imposer en dictateur s’enfonce dans l’échec même si pour donner le change, il pratique la fuite en avant dans des mesures dictatoriales. Mais chacune d’entre elles, notamment la tentative de coup de force de ces derniers jours, autour des restrictions du vote par correspondance coordonnée à la guerre commerciale contre le Canada, sombre dans l’échec et le rapproche toujours plus de la chute. Son régime se décompose chaque jour un peu plus, politiquement, économiquement, socialement, moralement et même psychiquement et physiquement pour Trump lui-même, à chacune de ses dernières offensives contre la démocratie et les classes populaires, avançant peut-être vers un effondrement soudain et brutal d’ici peu. Cet effondrement qui sera célébré partout sur la planète ouvrira par là-même une autre phase de l’histoire du monde. N’en doutons pas, ce qui se passe aux USA aura des conséquences pratiques immédiates ici, y compris sur les électons présidentielles françaises de 2027, et nous concerne tous au premier chef.
L’incapacité de Trump à imposer sa dictature est une leçon sur la situation mondiale. Elle montre l’impuissance actuelle des capitalistes et de leurs serviteurs politiques de Trump à Netanyahou en passant par Yoon Suk-yeol en Corée du sud ou Orban en Hongrie avant certainement d’autres, à imposer la dictature que pourtant la majorité de la sphère économique et politique dominante voudrait aujourd’hui mettre en place partout. Ces échecs ne viennent nulle part de la résistance des opposants institutionnels officiels, politiques et syndicaux, qui se couchent pour la plupart face à cette poussée d’en haut, mais des résistances populaires d’en bas qui font vivre au quotidien des valeurs démocratiques et sociales qu’elles ne sont pas prêtes à lâcher sans les défendre dans des combats d’ampleur. Des combats gagnants jusqu’à présent.
Bien sûr, il y a de très nombreux reculs importants. De ce fait, beaucoup sont inquiets, effrayés ou démoralisés. Cependant ces reculs ne sont que partiels. Par contre, il faut bien voir qu’au fil de ces reculs sociaux et démocratiques, des avancées de conscience se forgent et grandissent au travers de résistances toujours plus nombreuses et profondes. Et quand le combat devient décisif comme aujourd’hui aux USA, ou hier en Corée du Sud et en Hongrie, ces prises de conscience se transforment en la levée de peuples qui bloquent le processus dictatorial. Cette levée alimente alors tout un processus de luttes, comme on le voit encore aujourd’hui avec les succès des ouvriers de Hyundai en Corée du Sud ou par la remise en cause des puissants et de leur fortune en Hongrie, où tout ou partie de ce qui a été perdu est repris. Il y a là la naissance d’une force au niveau planétaire dont on n’a vu encore pour le moment qu’une petite partie mais dont ce qui se profile probablement dans les deux à trois mois devant nous va rendre plus visible le processus en cours, autour des élections des midterms du 3 novembre 2026 aux USA, autour aussi des élections en Israël le 27 octobre, où dans les deux cas, ce ne sont pas des élections traditionnelles mais des mouvements sociaux qui votent et puis encore, de manière moins marquée mais complémentaire cet automne toujours, au Brésil, en Suède ou encore à Berlin.
Dans l’article ci-dessous, long parce qu’il y a beaucoup d’éléments dont la presse française ne dit rien, et donne une image trompeuse de ce qui se passe aux USA pour décourager comme toujours, j’essaie d’éclairer quelques aspects de la situation américaine ces jours-ci, la nôtre parce que la planète n’est qu’un grand village.
LA MONTEE ELECTORALE SOCIALISTE CONTINUE ET S’AMPLIFIE AU PAYS DU CAPITALISME
Le dernier succès électoral d’Angie Nixon le 18 août 2026, candidate DSA (Démocrates Socialistes d’Amérique- Bernie Sanders) aux primaires Démocrates pour obtenir l’ancien siège au Sénat de Floride de Marco Rubio, secrétaire d’Etat, membre du gouvernement du plus haut rang, est une des plus grandes surprises des élections primaires de cette année, avant même celle d’Abdul El-Sayed il y a quelques jours au Michigan. Ce succès en annonce probablement d’autres et révèle un profond courant sous-jacent.
Angie Nixon a obtenu 12% d’avance sur le candidat qui lui était opposé par l’appareil du Parti démocrate, Alexander Vindman, qui disposait pourtant de 20 fois plus d’argent qu’elle pour la campagne et du soutien de toutes les autorités dirigeantes du Parti démocrate, cela dans un territoire fortement Républicain. Ce sont les plus pauvres des Démocrates et les moins diplômés qui ont voté pour elle, les noirs en particulier, qui pourtant votent traditionnellement plutôt pour les Démocrates modérés.
La liste des victoires inattendues des Démocrates socialistes ou progressistes aux élections primaires s’allonge de semaine en semaine : Aisha Wahab en Californie. Abdul El-Sayed et Donavan McKinney dans le Michigan. Melat Kiros dans le Colorado. Claire Valdez, Darializa Avila Chevalier et Brad Lander à New York. Melat Kiros Frederick Haynes au Texas. Justin Pearson dans le Tennessee. Chris Rabb en Pennsylvanie. Angela Gonzales-Torres et Mai Vang en Californie. Adam Hamawy dans le New Jersey. Cela montre ce que pensent aujourd’hui les électeurs Démocrates. Ils se mobilisent en masse et votent tout autant contre Trump et les Républicains que contre les dirigeants Démocrates.
Rien ne garantit que ces candidats réussissent lors des élections de mi-mandat en novembre. Rien ne garantit même que les américains aurons des élections libres et équitables en novembre. Pourtant, ils représentent une force nouvelle et grandissante. Ce qui voit le jour aujourd’hui aux USA à travers eux, ce sont les citoyens courageux de Minneapolis et de St. Paul qui ont tenu tête aux voyous psychopathes de l’ICE de Trump en janvier 2026, qui ont fait la démonstration pour tout le pays que la grève générale, pourtant interdite aux USA, est possible et peut être gagnante. Une grève générale de Minneapolis qui s’est étendue à un mouvement de la jeunesse qui a renoué à cette occasion avec l’engagement politique et la grève des années 1960-1970 et qui pendant des mois a sillonné les rues des villes, petites ou grandes, entrainant tout le pays, y compris les directions syndicales pourtant si soumises, au succès de la grève générale nationale à caractère insurrectionnel du 1er mai. En effet, bien qu’interdite, elle a été conçue ouvertement comme LA réponse populaire ultime si Trump truquait les élections des midterms et tentait un coup d’Etat. Du jamais vu aux USA. Ce sont les mêmes qui ont participé à ce 1er mai qui sont dans la rue, absolument tous les jours, par petits groupes ou plus nombreux, entre amis ou voisins, ou en masse, pour s’opposer au fascisme de Trump. Ce sont les mêmes qui ont manifesté par millions avec « Hands Off » ou « No Kings » contre toute velléité de Trump de se prendre pour un roi. Ce sont encore les mêmes, des dizaines de milliers qui ont fait du porte-à-porte pour Zohran Mamdani à New York ou Angie Nixon en Floride ou les autres ailleurs. Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’une réaction défensive de rejet. C’est une offensive sur le programme de ceux d’en bas, et ils sont ainsi en train de bâtir une nouvelle Amérique, et par là, en train de changer le monde.
Dit en un vocabulaire plus ancien, le prolétariat américain est en train de monter sur la scène politique, et cela dans le temple du capitalisme.
Bien sûr, cela se fait de manière chaotique, brouillonne, cafouilleuse mais la tendance générale est là, forte, très forte et déterminée, très déterminée. C’est pour ça que toutes les tentatives actuelles de Trump, par exemple sa restriction du vote par correspondance – j’y reviendrai plus bas-, pour truquer les élections des midterms qui vont montrer au monde entier l’ampleur du rejet de ce qu’il représente, se transforment et vont se transformer encore plus en leur contraire, une mobilisation encore plus forte, plus radicale et plus consciente d’elle-même, de sa force, et de ses volontés.
Trump avec les Républicains a voulu écraser le peuple américain, il récolte un mouvement populaire de masse comme il n’y en a jamais eu dans ce pays depuis la révolution de 1776, après déjà en 2020 le plus grand mouvement social de l’histoire des USA jusqu’à celui-ci en 2026, BLM Black Lives Matter. Deux énormes mouvements en 6 ans. L’expérience est cumulative à une si faible distance dans le temps.
Les dirigeants Démocrates ont voulu faire rentrer les révoltes de rue de cette année 2026 dans les urnes comme en 2020 où ils avaient gagné les élections grâce à cela. Ils récoltent cette fois-ci, par méfiance de cette expérience Biden, un vote socialiste massif comme en n’avait jamais vu, pas même au début du XXe siècle et la première apparition des socialistes avec Eugène Debs.
La mobilisation a lieu aujourd’hui en masse pour les élections. Mais avec beaucoup moins d’illusions sur les dirigeants Démocrates, les élections et les institutions. Ce sont les mêmes militants ou manifestants qui vont voter qui étaient dans les rues hier en masse et de manière incessante depuis plus d’un an, montrant la force de leur élan, de leur détermination et de ce qu’ils veulent dire. Les élections à venir ne sont plus un but, après quoi on rentre chez soi en attendant les prochaines. Elles sont une étape dans un processus alternant mobilisations de rue et élections, intégrant les élections dans une mobilisation plus large. C’est cela qui fait que ces électeurs particuliers sont bien plus nombreux à voter dans les élections partielles ou primaires que les Républicains. Pas un peu plus, mais beaucoup plus, souvent le double. Par exemple, mais c’est comme ça partout, ils étaient 700 000 à se mobiliser aux élections primaires pour un poste pour le Sénat au Minnesota il y a quelques semaines contre seulement 360 000 électeurs Républicains, deux fois plus donc que les Républicains. C’est énorme. Ça ne dit pas quel sera le degré de mobilisation de chaque camp aux élections de midterms le 3 novembre 2026 mais ça dit la détermination actuelle d’un noyau très large de la base Démocrate qui dépasse la seule mobilisation électorale. Du jamais vu non plus dans l’histoire américaine.
Ce mouvement n’a pas encore de nom ni de drapeau comme les MAGAS avec leurs casquettes rouges pour Trump, mais ça ne saurait tarder. Et dés ce pas franchi, dépassant largement les 120 000 adhérents actuels de DSA (6 000 il y 10 ans), ils franchiront un nouveau pas dans la prise de conscience de leur force et de ce qu’ils veulent. En poussant en avant des candidats socialistes, cette base pense contre l’appareil Démocrate que le meilleur moyen de gagner contre Trump n’est pas de présenter un profil modéré pour ne pas effrayer les Républicains mais au contraire un profil radical pour gagner l’électorat ouvrier blanc anti-système qui a voté Trump en 2024. Et apparemment, ça a des chances de marcher, puisque si Trump avait devancé Kamala Harris de 34 points aux présidentielles de 2024 chez les ouvriers blancs, il a perdu aujourd’hui 38 points dans les sondages sur le même milieu, et serait devancé de 4 points dans ce milieu tandis que Mamdani élu maire DSA de New York est encore plus populaire aujourd’hui qu’au moment de son élection parce que son socialisme municipal promis et appliqué a convaincu l’électorat populaire républicain.
Mais il y a plus que cela.
L’électorat Démocrate ne vote pas comme l’appareil que par calcul électoral, mais par conviction. Il ne veut pas se coucher devant Trump, d’aucune manière. Il ne veut pas être conciliant, complaisant. Il ne veut pas calculer, composer, comme l’appareil Démocrate. Il veut l’affronter, le battre, le virer, le mettre en prison et tout lui prendre, par tous les moyens. Il veut défaire tout ce qu’il a fait, éradiquer ses valeurs et extirper du sol américain tout ce qui a pu mener à son succès. Son combat n’est pas qu’électoral mais social, sociétal, culturel, environnemental, féministe, antiraciste. Ce combat a commencé avant les élections et continuera après y compris contre les dirigeants Démocrates si nécessaire.
Cet élan et ce combat pour des valeurs se lisent y compris là ou DSA ou les autres forces progressistes du Parti Démocrate (Parti démocrate des familles de travailleurs, Parti démocrate ouvrier-paysan) n’ont pas de candidats.
Ainsi, tout ce qui s’oppose ne serait-ce qu’un peu, qui est différent, parce que femme, ouvrier, noir, latino, trans, autochtone, jeune ou parce qu’en face il y a un candidat Républicain ultra réactionnaire, ou soutenu pas Trump… est poussé en avant, élu, même si a priori, les sondages ne leur donnent aucune chance. Mary Peltola, Démocrate modérée, mais femme autochtone d’Alaska est arrivée en tête par 48% contre 43%, il y a quelques jours contre toute attente, dans les primaires ouvertes du Sénat (ou les Démocrates et les Républicains s’affrontent directement), en remportant l’élection contre son rival Républicain soutenu par Trump, ce qui pourrait en faire la première femme autochtone sénatrice de l’Alaska. De même Aisha Wahab, candidate Démocrate musulmane d’origine afghane vient tout juste de remporter il y a trois jours des élections partielles à la Chambre des représentants en Californie contre une représentante de l’appareil Démocrate par 53% contre 47%. Une femme musulmane afghane comme représentante américaine ! Aux élections partielles de ces derniers jours dans la 12e circonscription de Pennsylvanie, Brandon Dukes, le candidat Démocrate a remporté l’élection à la Chambre des représentants de l’Etat qui était aux mains des Républicains depuis 30 ans. Pour la première fois de l’histoire, les électeurs ont élu cette semaine un Conseil scolaire entièrement Démocrate dans le comté d’Orange, ultra-républicain, dans la Floride républicaine. La Démocrate Annie Andrews pourrait gagner les élections au Sénat en Caroline du Sud, Etat ultra-Républicain s’il en est, ce qui n’est pas arrivé depuis 40 ans. Et même le trucage par le découpage électoral que les trumpistes ont réalisé pour gagner plus de sièges pourrait se retourner contre eux. Au Texas, par exemple, ils ont découpé 5 nouvelles circonscriptions en se basant sur le vote de l’électorat latino homme qui était à 53% pour Trump en 2024. Mais aujourd’hui, il est tombé à 25%. Peut-être ont-ils créé cinq sièges de plus pour les Démocrates ! Tout le monde pense que le Texas, un des deux grands États républicain, va passer aux Démocrates.
Et puis ce sont encore les mêmes tendances pour le Sénat ou la Chambre des représentants qui donnent peut-être gagnants de nombreux candidats progressistes.
Il y a encore plus.
Le mouvement « Indivisible Guide » qui principalement avec le mouvement « 50501 » – qui ont été créés par des Démocrates radicaux ou de l’entourage de DSA -, a lancé et organisé les mobilisations de masse « No Kings » a annoncé qu’il était en train de former 100 000 volontaires pour faire échouer les tentatives de trucage des élections des midterms ou de coup d’Etat par Trump, avant, pendant et après le scrutin, en rappelant que l’ICE, la milice fasciste que Trump veut mobiliser aux abords des centres de vote pour intimider, n’a, elle, que 22 000 membres. « Indivisible » a prévu d’envoyer au moins 10 000 volontaires dans 7 Etats vulnérables pour les Républicains, afin de les faire basculer, Alaska, Géorgie, Iowa, Caroline du Nord, Michigan, Ohio et Texas. Plus encore, ils ont annoncé qu’ils lançaient là les bases d’une structure durable pour aller au-delà de ces élections et pour défendre de manière permanente les droits des minorités de peau, de sexe et de nationalité. Une sorte de milice populaire pacifique, antiraciste, antifasciste comme il s’en est déjà créée ici ou là aux USA, pour protéger les migrants des violences de l’ICE. Mais cette fois elle sera nationale. Bref une structure pour continuer à changer la vie par-delà les élections. Une Garde Nationale populaire. Ce qui fait penser à une autre Garde Nationale, la française, dissoute par Thiers en 1871, pour le rôle actif qu’elle avait joué dans le Commune de Paris.
On voit bien qu’entre la menace de grève générale et cet embryon de Garde nationale, on a autre chose, qu’un simple vote le 3 novembre 2026. De simples trucages électoraux de Trump n’arrêteront pas un pays qui lui est hostile à 70-75% et dont l’avant-garde active n’a pas l’intention de se borner à la légalité bourgeoise.
Dans les élections partielles depuis le succès de Trump en 2024, les Démocrates ont gagné 36 sièges législatifs et les Républicains, zéro, parce qu’ils se sont alignés sur la politique de Trump et quand ils prennent leurs distances, ne serait-ce qu’un peu, ils font de meilleurs résultats.
MAGA s’effondre. Les principaux influenceurs MAGAS ont quitté le navire trumpiste, voyant bien qu’il prend l’eau de toutes parts. Il n’y avait personne aux fêtes populaires trumpistes pour le 250e anniversaire de la révolution le 4 juillet. C’était un bide total. Et il y a quelques jours, le plus grand et immense supermarché d’objets trumpistes aux USA, près de Knoxville dans le Tennessee, a fermé ses portes, faute de clients, comme tous les autres magasins Trump qui ferment les uns après les autres au fur et à mesure que de plus en plus de ses partisans doivent choisir, manger ou payer l’électricité. La boutique Trump ferme. Elle est en faillite.
TRUMP A DEVOILE LA VERITE SUR LA CUPIDITE, LA VENALITE, LA BRUTALITE ET LA CORRUPTION DE L’ELITE DIRIGEANTE POLITIQUE ET ECONOMIQUE DES USA
IL A RESSUSCITE LA CONSCIENCE DE CLASSE ET LA LUTTE DE CLASSES CHEZ LES PROLETAIRES
Pourquoi une telle poussée à gauche hors des chemins tracés depuis plus de 80 ans par l’opposition traditionnelle entre Républicains et Démocrates ?
D’une part, parce qu’il ne s’agit plus là pour beaucoup d’américains de l’opposition traditionnelle de deux camps de la démocratie bourgeoise, Républicains contre Démocrates, mais de l’opposition entre démocratie et dictature et que dans ce combat la passivité du Parti démocrate face à Trump apparait à beaucoup comme de la complicité. D’autre part aussi, parce que cette sortie de ce cadre traditionnel bourgeois Républicains contre Démocrates, révèle une autre opposition, une opposition de classe. Les dirigeants Républicains sont pour la dictature, les dirigeants Démocrates ne s’y opposent pas sérieusement. Il apparait une autre opposition. Le bas contre le haut.
La montée du vote progressiste et socialiste provient de ce que sous l’ère Trump, l’avidité des grandes entreprises est devenue si flagrante, et leur mépris pour les besoins des Américains ordinaires si manifeste, que beaucoup plus de citoyens que d’habitude, avec encore suffisamment de liberté pour faire circuler l’information et se défendre, ont commencé à comprendre la situation et à ne plus raisonner en termes habituels mais en termes de lutte de classe. Pour le moment ça prend la forme très largement partagée des prolétaires contre les milliardaires. Mais bien sûr, cela évolue et va évoluer encore en fonction des coups de Trump.
Trump, personnellement est pour la grande majorité des américains un pédocriminel, qui avec son compère Musk, a 19 enfants de 7 mères différentes, mais défend les valeurs traditionnelles de la famille chrétienne ! Un tel degré de caricature n’a jamais été atteint tout autant que l’écart entre ce que dit Trump de la situation et la réalité elle-même. Mais surtout, il a laissé les PDG de grandes entreprises et les titans de Wall Street agir à leur guise, pour peu qu’ils le courtisent servilement et le financent. 88 grandes entreprises n’ont pas payé d’impôts en 2025 mais ont dépensé 852 millions de dollars pour aider les candidats Républicains. La fortune de Trump lui-même, a augmenté de 254% en 2025, ne se cachant même plus de piller l’Etat au détriment des citoyens pour emplir ses poches. Le 18 juin, Trump a acheté pour 500 000 dollars d’actions Boeing. Le même jour, Boeing a reçu une commande de 800 millions de dollars de l’US Navy. Un délit d’initié ouvert que le président ne cache plus. Et ce n’est pas le seul. Il utilise la fonction présidentielle pour se remplir les poches et celle de ses amis. Trump accorde à la pelle comme dans une fin de régime avant la chute, toutes sortes de faveurs aux entreprises qui le flattent généreusement : contrats publics sans appel d’offres, licences exclusives, niches fiscales, exemptions de droits de douane, accès aux terres publiques et autorisation de renforcer encore davantage leurs monopoles. Trump dérégule tout. Il détruit les parcs nationaux pour des projets miniers de ses amis. Il dérégule les règles au travail si bien que le taux de pneumoconiose des mineurs de charbon est le plus haut depuis 45 ans. Il désinforme sur la vaccination et dérégule la couverture vaccinale si bien que les USA connaissent la pire épidémie de rougeole depuis 35 ans. Il dérégule les contraintes fiscales pour les riches si bien que les pertes financières pour fraude atteignent le niveau historique jamais atteint de 148 milliards l’an. Il dérégule la surveillance des aliments à la demande des compagnies alimentaires si bien que de très nombreux produits alimentaires aux USA sont considérés aujourd’hui comme toxiques et ne peuvent plus être vendus à l’étranger. Ces derniers jours par exemple, pour faire face à deux mois des élections à la hausse du prix du bœuf de 15 à 25% sur l’année dans le pays des burgers, à cause de ses propres tarifs douaniers, Trump a décidé d’importer 300 000 tonnes de bœuf haché à bas prix auprès de son compère Milei en Argentine. Il a ainsi ruiné son argumentation que ce ne sont pas les tarifs douaniers qui provoquent la hausse des prix. Il aussi ruiné ses électeurs qui tiennent des ranchs de bœufs aux Texas qui votent pourtant à 92% pour lui, le cours de la viande s’écroulant aux USA. En plus, il va ruiner la santé des américains. Il a importé de la viande dont les chinois ne voulaient pas parce qu’elle est bourrée de produis toxiques cancérigènes.
Dans le même temps, les taux d’intérêt sur les obligations à 30 ans du gouvernement américain ont touché 5,3 %, un sommet depuis 2007. Cela montre la défiance voire la révolte des prêteurs à l’égard de la politique budgétaire incohérente de Trump. Avec l’inflation, cela va faire monter les taux d’emprunt de tout un chacun, à deux mois des élections !
Et cette guerre contre le Canada parce qu’ils laissent une partie de la population, au Québec, parler français !
Mais le Canada a riposté dollar contre dollar, en imposant à son tour des droits de douane de 50 % sur quelque 700 produits américains… fabriqués principalement dans des États républicains comme l’Iowa -ou du coup la sénatrice républicaine va certainement perdre son poste – et encore l’Ohio et le Maine où des sièges de sénateurs républicains en jeu pourraient être menacés. Cela pourrait faire basculer l’élection globale aux USA. En plus, le gouverneur de la province de l’Ontario se paye la tête de Trump en lui demandant en public « d’embrasser son cul ». Ce qui a un succès fou aux USA reflétant l’état d’esprit montant dans le pays. Trump croyait mobiliser l’esprit national en faisant crier « USA, USA » dans ses meetings. Il l’a mobilisé pour le Canada et fait monter la côte des hommes politiques au Canada qui résistent. Aujourd’hui, tous les Etats américains frontaliers du Canada, même Républicains, dénoncent publiquement Trump parce que ça risque de les ruiner. Et alors qu’il attaque le Canada, Trump se réjouit de ses bonnes relations avec le dictateur de Corée du Nord, ce qui fait bondir bien des Républicains.
La situation empire de jour en jour.
Netanyahou a rejeté le plan de Trump pour Gaza. Les républicains du Congrès le critiquent vivement pour avoir augmenté les importations de bœuf haché. Les universités rejettent ses dernières directives. ABC a poursuivi son administration en justice pour avoir menacé ses licences de diffusion et il est non seulement battu en Iran, mais maintenant ce pays, apparait comme la puissance dominante du Golfe capable de bombarder les installations pétrolières de ses voisins sans que les USA puissent les protéger.
C’est pourquoi, Trumps a cru bon de s’engager dans une nouvelle guerre, commerciale celle-là, contre l’ami de toujours, le Canada, qu’il fait payer aux travailleurs et consommateurs américains et canadiens et qu’il va perdre à nouveau, qu’il est déjà en train de perdre alors qu’il voulait juste prouver qu’il était encore capable d’intimider quelqu’un. Et plus il perd, plus tout le monde comprend qu’au-delà de la démence de Trump, c’est tout ce système qui est dément, qui permet qu’un homme pareil gouverne une des principales puissances du monde.
Trump a ainsi révélé une vérité sur le monde des affaires américain qui, durant des années, était dissimulée derrière un écran de fumée lénifiant — un discours de relations publiques vantant la responsabilité sociale, le mécénat d’entreprise et la théorie du ruissellement économique. Mais la vérité dévoilée est que les dirigeants des grandes entreprises américaines gèrent un système dément et sont si rapaces qu’ils sont prêts à écraser les travailleurs de leurs entreprises sous les roues de leurs voitures, à voler, tuer, détruire la nature pour engranger des milliards de dollars supplémentaires. Sous l’ère Trump, l’avidité des entreprises est devenue si criante à l’image de leur président et leur mépris pour les besoins des Américains ordinaires est devenu si flagrant, qu’une partie des citoyens bien plus large qu’hier commence à comprendre la situation. Ils votent par millions pour des Démocrates progressistes ou socialistes, non pas parce qu’ils aspirent au socialisme, qu’ils ne connaissent pas bien ou parce qu’ils seraient contre le capitalisme mais parce qu’ils détestent ce règne des milliardaires et de l’argent. Ce faisant, ils ne votent pas seulement pour des candidats qui, espèrent-ils, se battront pour rendre le logement, l’alimentation, les soins de santé et les services de garde d’enfants abordables pour les familles de travailleurs ordinaires comme à New York où Mamdani tient ses promesses, ce qui est rare aujourd’hui pour un homme politique. Ils votent surtout pour des candidats prêts à réellement affronter les milliardaires qui soutiennent Trump, les PDG et les titans de Wall Street qui truquent l’économie à leur détriment, pour des hommes et des femmes qui leur ressemblent qui se battent comme eux le font quotidiennement et ont commencé à le faire en masse depuis plus d’un an dans la rue pour un autre monde que celui-ci où tout ce qu’ils y voient aujourd’hui leur fait de plus en plus horreur, l’exploitation, l’oppression, la guerre de tous contre tous, le mépris des humbles, des minorités, la destruction de la nature, de l’esprit d’honnêteté et de fraternité, de l’esprit de communauté. Une histoire qu’une grande partie des médias ne raconte pas mais que toutes ces femmes et hommes font vivre dans la rue et dont ils entendent un écho chez les candidats socialistes et progressistes.
Lorsque le Dr Abdul El-Sayed a remporté la primaire démocrate du Michigan face à Haley Stevens, les médias ont abondamment commenté le fait que sa marge de victoire était bien plus faible que ce que les sondages avaient prédit. Pourtant, l’aspect le plus remarquable de la victoire d’El-Sayed est qu’il l’a emporté alors que les « super PAC » (comités d’action politique) ligués contre lui disposaient de moyens financiers bien plus considérables.
Stevens a bénéficié de dizaines de millions de dollars de dépenses extérieures, notamment du plus important investissement jamais réalisé par l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) dans une campagne électorale ; cette organisation, qui soutient traditionnellement les candidats pro-Israël, pro Netanyahou, a récemment privilégié les candidats les plus appréciés par le monde des affaires américain. Les publicités de l’AIPAC en faveur de Stevens et contre El-Sayed ne faisaient même pas mention d’Israël. Des « super PAC » extérieurs ont injecté entre 54 et 60 millions de dollars (estimation) pour soutenir Stevens et s’opposer à El-Sayed, contre seulement 5 millions environ pour ce dernier. Durant les dernières semaines, les groupes favorables à Stevens ont dépensé plus de douze fois plus qu’El-Sayed rien qu’en publicités télévisées (26,9 millions de dollars contre 2,1 millions). En moyenne, 95 dollars ont été dépensés pour chaque voix contre El-Sayed, contre seulement 9 dollars par voix en sa faveur. La course entre Stevens et El-Sayed a pris la forme d’un affrontement par procuration concernant l’avenir du Parti démocrate mais aussi l’avenir de la Démocratie américaine et de son moteur actuel qui était l’opposition entre les deux grands partis bourgeois.
La lutte de classe s’est introduite dans cette opposition bien huilée pour que les colères populaires ne s’invitent pas dans la représentation politique. Le chef de la minorité Démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a soutenu Stevens et encouragé les donateurs à financer sa campagne, tout comme d’autres élus proches des milieux d’affaires, tels que le sénateur du Michigan Gary Peters. El-Sayed a fait, à juste titre, de l’argent, de l’importance des fonds issus des grandes entreprises soutenant sa rivale un thème central de sa campagne. Il a soutenu que les démocrates devaient rejeter l’influence des grandes entreprises et adopter un programme bénéfique pour les Américains ordinaires. Sa campagne s’articulait autour de la mise en place d’une assurance maladie universelle (« Medicare for All »), de la baisse du coût des médicaments sur ordonnance et de l’interdiction des financements provenant de PAC liés aux entreprises. Pas ultra radical donc. Mais encore une fois, ce que les commentateurs ne comprennent pas et même pas les DSA, les électeurs ont voté bien au-delà de ce programme, somme toute limité. Ils ont voté contre le monde de l’argent qui les dégoute.
Les riches qui ont soutenu Stevens, eux, l’ont bien compris. Ce n’est pas son programme modéré qui leur a fait peur, c’est la mobilisation populaire derrière, qui porte par sa mobilisation même un programme autrement radical. « Nous sommes actuellement dans une situation où les riches deviennent toujours plus richissimes en trouvant le moyen de monétiser la vie des gens ordinaires », a déclaré justement El-Sayed à l’agence AP lors d’une marche organisée un dimanche après-midi, alors que ses partisans scandaient derrière lui : « L’argent hors de la politique ! » Voilà le programme entendu par les électeurs. Et ce que eux ont en tête, va plus loin encore, « l’argent hors de la direction du monde, de la vie ».
Certes, la dénonciation de l’argent n’est pas encore la dénonciation du capitalisme. Mais ça peut y mener vite, comme cela s’est passé aux XIXe siècle avant la montée du mouvement socialiste. D’abord contre l’argent, ensuite contre le capitalisme. Avec l’avantage que tout peut aller plus vite aujourd’hui, parce qu’on connait cette histoire.
L’association du grand patronat « Third Way », soutenue par le New York Times, voix officieuse de la direction du Parti Démocrate, qui associe grands patrons, Républicains et Démocrates ensemble, l’a bien compris. Inquiète de cette montée des socialistes dans le prolongement des mobilisations populaires, elle a décidé de mener la lutte de classe contre les socialistes, en avançant un premier don de 50 millions de dollars pour commencer cette lutte.
LA BOURGEOISIE REPUBLICAINE ET DEMOCRATE SE MOBILISE CONTRE LA POUSSEE SOCIALISTE ET DANS CE CONTEXTE, TRUMP TENTE UN COUP DE FORCE
Aussi, contre cette évolution, en haut lieu se fait jour l’idée d’une alliance des Démocrates avec les Républicains, dit modérés, comme l’avance « Third Way », contre la montée des socialistes.
Les dirigeants Démocrates tentent aussi de freiner cette évolution en avançant dès aujourd’hui une propagande dans la presse sur la victoire électorale à gagner… aux présidentielles de 2028. Par-là, ils espèrent court-circuiter d’une part la mobilisation sur le terrain qui se prépare autour des midterms avec « Indivisible » et « 50501 » hors processus électoral et qui leur échappe, d’autre part évincer du débat les socialistes, puisqu’ils ont encore la main mise sur la candidature aux présidentielles, bien que les sondages commencent à dire que Bernie Sanders contrairement à Kamala Harris, aurait gagné contre Trump et qu’en 2028, un candidat DSA gagnerait plus facilement contre un Républicain qu’un Démocrate modéré. Enfin et surtout, les dirigeants Démocrates espèrent court-circuiter l’attente de la majorité de la population, pour qui l’effondrement électoral des Républicains aux midterms, signifie l’éviction immédiate de Trump, sa mise en prison, la saisie de ses biens comme de ceux de tous ses proches, la fin du cauchemar, le début d’un autre monde. Les dirigeants Démocrates ne veulent pas de ça parce que ça les vise aussi, vise aussi leurs milliardaires. Ils préparent donc le terrain pour, au pire négocier un départ volontaire de Trump en échange de son immunité, quitte à donner quelques sous-fifres à la vindicte populaire. Ou, mieux pour eux, prétexter d’une impossibilité de défaire tout de suite ce qu’ont fait les trumpistes parce que même avec une majorité à la Chambre des représentants et peut-être au Sénat, la loi (trumpiste) implique une majorité des deux tiers au Senat pour défaire les choses importantes, et rendrait donc impossible selon eux avant 2028 de défaire le trumpisme. Et qu’il faut donc s’engager dès maintenant dans le combat des présidentielles de 2028 autour d’un candidat qui ne peut être, selon eux, que modéré ou domestiquant les DSA comme le proposent certains avec un ticket présidentiel Kamala Harris/Alexandra Occasio-Cortez (DSA).
C’est pourquoi aussi, selon le New York Times d’il y a deux jours, les dirigeants Démocrates ont commencé ces jours-ci des négociations « secrètes » avec Jared Kushner, le gendre de Trump, conseiller « modéré » de celui-ci, pour voir comment, ils pourraient travailler ensemble après la chute des Républicains aux Midterms.
Cela dénote le lâchage de Trump par ses proches, comme en avait déjà témoigné la démission de Karolin Leavitt la semaine passée, la porte-parole de la Maison Blanche, que Trump a déclaré qu’il remplacerait lui-même, faute de trouver quelqu’un à la hauteur de la tâche, attestant de la méfiance qui règne en haut-lieu et de la fin de règne qui se profile. Mais cela révèle aussi que pour les dirigeants Démocrates, mieux vaut Trump ou une alliance avec les Républicains, qu’une montée socialiste. Cela montre aussi que les dirigeants Démocrates ne veulent en rien s’engager sur une voie type New Deal, de Roosevelt, même avec toutes ses limites qui sont importantes. Orienter leur combat vers les élections de 2028 montre qu’ils ne veulent rien faire, ni aujourd’hui ni demain, ne serait-ce qu’un pas vers ce que souhaitent les américains mobilisés. Cela signifie encore que ce que les DSA proposent comme objectif atteignable, changer le Parti Démocrate, n’est pas possible. On ne change pas un vieux parti bourgeois.
Comprenant cela, les électeurs de DSA sur ce sujet, votent au-delà de DSA parce que ce sont eux qui ont lancé les mobilisations « No Kings » et « Hands off » alors que la direction de DSA ne prenait aucune initiative, ne faisait que soutenir. Pour les midterms, ils créent une sorte de garde nationale populaire, alors que la direction DSA se contente d’appeler à bien voter comme les dirigeants Démocrates mais ne prévoit rien en cas de trucage ou de coup d’Etat de Trump tout comme les dirigeants Démocrates.
Les électeurs de DSA vont au-delà de DSA.
C’est pourquoi dans toutes ces mobilisations en cours surgiront d’autres organisations plus radicales encore que DSA, et ça a déjà commencé. Minneapolis en a donné un exemple. Trump l’a bien compris, puisque ces dernières semaines, il a essayé de détruire le mouvement syndical large de cette ville initiatrice du mouvement vers la grève générale, mais il a totalement échoué.
Toujours dans ce même esprit de tenter de bloquer la montée socialiste, lundi 24 août 2026- le même jour où Trump a déclenché sa guerre commerciale contre le Canada, il faut retenir cette concordance de date – et profitant encire au même moment de la campagne de la direction Démocrate pour 2028, squeezant les midterms, la Cour suprême, a poussé et encouragé Trump au coup de force légal en tentant de restreindre le vote par correspondance. Une décision probablement coordonnée avec l’attaque commerciale du Canada pour en faire un coup de force global. Mais les deux ont échoué lamentablement portant probablement un coup mortel au régime trumpiste. Cela ne veut pas dire qu’il ne recommencera pas mais sera en position encore moins favorable. Et cet échec peut au contraire engager un peu plus le régime dans la voie du départ négocié de Trump.
Cette restriction du vote par correspondance, n’est pas rien puisqu’elle concerne environ un tiers des votants américains. C’est une vielle lubie chez Trump. Il raconte au moins depuis 2020 que le vote par correspondance, en général favorable aux Démocrates, est sujet à toutes sortes de tricheries permettant à tout un tas de gens non inscrits de voter et de fausser les élections, bref de les voler aux Républicains, comme dit-il en 2020. Il a été démontré de très nombreuses fois que c’était archi-faux. De nombreux tribunaux ont prouvé que Trump affabulait. Mais le 24 août, la Cour suprême l’a suivi dans son délire. Dans une déclaration alambiquée, où tout était dit et son contraire, elle a permis à Trump de suivre sa lubie et semer un chaos sans précédent dans le vote par correspondance et dans les élections des midterms en général. Le micmac de la Cour suprême permet de restreindre le vote par correspondance mais en même temps laisse aux cours de justice locales – qui s’étaient déjà prononcés contre ces restrictions, mais top tôt selon la Cour suprême (!) -d’en décider finalement, mais sans avoir le plus souvent le temps de le faire puisque le processus électoral par correspondance doit commencer le 4 septembre par exemple en Caroline du Nord. 24 Etats Démocrates ont porté immédiatement des recours en justice contre cette décision, qui se prononceraient certainement contre les restrictions électorales mais sans savoir quand elles statueront. Et il ne restait pas beaucoup de temps avant le 4 septembre. Entre le 24 et le 28 août où un juge a bloqué la tentative de restriction du droit de vote, on ne savait donc pas du tout comment tout ça allait se passer concrètement. Sinon par le « bordel » que ça allait engendrer. Un bordel qui permettrait à Trump de discréditer tous les résultats électoraux, particulièrement là où les différences de résultats électoraux entre Républicains et Démocrates seraient minimes, permettant tous les recours et dans la confusion, permettrait à Trump de « rétablir l’ordre » de manière autoritaire.
Mais le 28 août, en même temps que la guerre commerciale contre le Canada tournait au fiasco, jusqu’à la caricature avec un Trump voulant rejouer le coup du Golfs d’Amérique en rebaptisant le lac Ontario, lac Amérique, faisant rire tout le monde, une juge fédérale, Indira Talwani, dans la foulée d’une conférence de presse d’une juge Démocrate de la Cour suprême dénonçant le coup de force de ses collègues Républicains de la Cour suprême, bloquait la décision de la Cour suprême sur le vote par correspondance. Elle na pas attaqué directement la décision mais a argumenté que vu les délais très court, que ni la Poste ni les Etats n’étaient en situation de répondre aux exigences pratiques d’une nouvelle réglementation du vote par correspondance et en a bloqué l’application.
Le coup de force a échoué et sombré dans le ridicule, révélant les vrais rapports de force car il n’est pas rien, qu’un juge fédéral casse, de fait, une décision de la Cour suprême.
Bien sûr, Trump et la Cour suprême peuvent toujours contester. Mais le mal est fait. Le coup d’Etat se base sur la surprise, la rapidité et la sidération. Attaquer en justice, c’est déclencher une avalanche de nouveaux recours sans fin avec des possibilités de mobilisation populaire, même des postiers eux-mêmes qui avec leurs syndicats ont déjà mené deux journées de mobilisation avertissant qu’ils se mobiliseraient encore plus en cas de tentative de coup de force de Trump. Attendre, c’est au final vouer le coup d’Etat à l’échec. Pour le moment Trump et la Cour suprême n’ont donc pas réagi à la décision de la juge.
Il faut bien mesurer le coup porté au système et à l’autorité de la Cour suprême par la décision de la juge Talwani, qui en fait prolonge toute une mobilisation.
DERRIERE LES CLASSES POPULAIRES, TOUTE LA SOCIETE CIVILE EST ENTREE EN RESISTANCE
On a vu que dans la foulée des mobilisations populaires, se levait dans le législatif avec les socialistes et les progressistes, toute une génération qui ne voulait pas céder à l’exécutif. Il y a le même phénomène dans le judiciaire que la tentative de restriction du vote par correspondance et la résistance engendrée va certainement renforcer.
Pour la première fois, une juge Démocrate de la Cour suprême a organisé une conférence de presse pour dénoncer la décision scandaleuse des juges trumpistes corrompus, en appelant de fait, à une autre justice. Une autre justice qu’on pourrait bien voir multiplier ses décisions anti-trumpiste dans les mois à venir, déjà que la nomination du nouveau procureur général (ministre de la Justice), Todd Blanche, qui est un corrompu fini, et l’avocat personnel du nouvel Al Capone américain, Trump, ne s’est pas faite sans mentir grossièrement aux Républicains et écraser pas mal de leurs orteils.
Trump a montré à plusieurs reprises qu’il essayait de s’assoir sur les décisions judiciaires avec des méthodes de gangster. Mais encouragés par leurs bases électorales, parce que juges à procureurs sont nombreux à être élus, ils sont aussi très nombreux à ne pas se laisser faire. Et ils sont en train eux aussi de faire reculer Trump sur de nombreux fronts.
Presque chaque fois où il décide quelque chose, c’est défait par le pouvoir judiciaire. Souvent un peu de temps après, parce que le temps judiciaire est lent, ce qui permet à la presse aux ordres, en France en particulier, de présenter les lois autoritaires de Trump comme un rouleau compresseur que rien n’arrête alors que c’est tout le contraire.
Le plus spectaculaire, répercuté jusque dans la presse d’ici, a été bien sûr le blocage par la Cour suprême, de sa politique de taxes douanières et l’obligation pour Trump de rembourser aux entreprises les plus de cents milliards que ses taxes leur ont fait perdre. Et il a commencé à le faire. Mais la résistance principale de l’appareil judiciaire ne se trouve pas là, puisqu’à part cette décision, la Cour suprême s’est le plus souvent alignée sur les desiderata de Trump, en matière de limitation du droit à l’avortement, de limitation du droit de vote des noirs, et tout récemment de restriction du vote par correspondance et d’autorisation des travaux somptuaires sur la Maison Blanche… Il faut dire que les méthodes de gangster de Trump ont particulièrement pesé sur la Cour suprême. Il est de notoriété publique que les juges trumpistes de cette Cour sont liés à Trump parce que corrompus. Il les « tient ». A tel point que même le New York Times a dénoncé cette corruption, que des manifestants ont bloqué l’île privée du président de la Cour suprême John Roberts il y a deux jours pour la dénoncer, et que la base Démocrate demande de plus en plus fort à ses dirigeants de mettre la question de la Cour suprême à son prochain congrès, de poursuivre en justice ses membres, de limiter le temps des juges à la Cour suprême, leur âge, qu’il ne soit plus à vie et d’élargir le nombre de juges, pour que les juges trumpistes n’y soient plus en majorité. La corruption de la Cour, jadis le symbole de l’honnêteté aux USA pour laquelle la confiance baisse à une vitesse astronomique dans le pays, est largement documentée. C’est ce qui permet à Trump de tenir les juges dans sa main. Le bureau local du ministère de la Justice à Washington DC, enquête actuellement sur les finances du président trumpiste de la Cour suprême, le juge John Roberts, plus exactement sur les millions de dollars que sa femme a perçu de cabinets d’avocats, impliqués dans des affaires passant devant la Cour suprême pour la corrompre. Un moyen de chantage qui garantit la docilité de la Cour. Mais Trump ne peut pas acheter toutes les cours de Justice.
– Ainsi, cette semaine, le juge Emmanet G. Sullivan a laissé sept jours au nouveau ministre de la justice Todd Blanche (et avocat personnel de Trump) pour publier l’intégralité des dossiers Epstein, sans le caviardage des parties où on voit le nom de Trump et où il est accusé ouvertement d’abus sexuels sur des enfants.
– Toujours cette semaine, une Cour fédérale a interdit à l’ICE, la police fasciste de Trump, d’arrêter des migrants dans les lieux de culte ou à proximité.
– Dans le même temps, un juge fédéral a bloqué la construction d’une route au milieu d’une zone sauvage protégée à Izembeck en Alaska pour faciliter l’exploitation minière des grandes compagnies.
– Et puis encore, un juge fédéral de Washington DC a interdit à l’administration Trump de conditionner leur aide à la prévention des grossesses non désirées par la seule préconisation de l’abstinence sans citer les autres possibilités, notamment les moyens de contraception.
– Une cour fédérale a décrété contre une décision de Trump que les industriels pollueurs devraient payer la réparation des dégâts qu’ils ont causé.
– Un juge fédéral, Jeannette Vargas, a bloqué la suspension, décidée par l’administration Trump, de la délivrance de visas aux immigrants originaires de 75 pays.
– Une cour d’appel fédérale a décrété que John Sarcone nommé par Trump au poste de procureur fédéral en chef de New York à quel titre il avait pu poursuivre, par vengeance trumpiste, la juge Laetitia James qui avait fait condamner auparavant Trump pour fraudes et autres malversations, avait usurpé son titre, sans les compétences et diplômes nécessaires pour ce titre, ce qui, dans le prolongement, pourrait valoir des poursuites contre Trump lui-même,
– 6 procureurs fédéraux du Minnesota ont démissionné parce que l’assassin ICE de Renée Good n’a toujours pas été poursuivi par blocage trumpiste, alors que la compagne de Renée Good, qui est une victime et n’est pour rien dans le meurtre, est, elle, poursuivie.
– Un juge fédéral Paul A. Engelmayer a confirmé la condamnation et sa gravité de la complice d’Epstein, Ghislaine Maxwell, contre Trump qui a évoqué une possible libération et contre le nouveau ministre de la justice Todd Blance, aussi avocat personnel de Trump, qui l’a fait placer dans une prison de luxe en échange de son silence.
– L’ex-maire Républicain de la ville de Hanahan en Caroline du sud, Etat très Républicain, est poursuivi par la justice pour pédocriminalité. Il risque la prison à vie. Ce sont plusieurs condamnations de ce type pour ce genre de crimes qui viennent d’être faites. Avec un nombre qui semble augmenter. Un avertissement clair pour l’avenir de Trump, lui qui a fait bien pire.
– Un juge fédéral William Orick, a statué que l’administration Trump ne peut pas, comme elle le fait aujourd’hui, retirer des subventions publiques aux villes Démocrates qui refusent de collaborer avec l’ICE.
– Le juge fédéral Alvin Hellerstein vient de signifier à Trump pour la TROISIÈME fois, qu’il a été reconnu coupable de 34 chefs d’accusation pour falsification de documents comptables concernant le versement de 130 000 dollars à Stormy Daniels — une somme destinée à étouffer une liaison présumée avant l’élection de 2016. Il serait condamné à beaucoup plus si la Cour suprême ne lui avait pas accordé l’immunité pour tous ses actes en tant que président.
– Un juge fédéral – pourtant trumpiste – Carl Nichols, a refusé comme le lui demandait le gouvernement, d’effacer la condamnation pénale de Steve Bannon, ancien conseiller de Trump.
– Un juge fédéral de l’Ohio, Solomon Oliver, a bloqué la décision du gouverneur Républicain de l’Ohio qui imposait aux électeurs de présenter en plus des documents habituels un certificat de naissance, un passeport, un certificat de naturalisation pour pouvoir s’inscrire sur les listes électorales, afin d’écarter du vote les électeurs les plus pauvres, les plus jeunes, les femmes et les noirs
– Et donc surtout, avant-hier une juge fédérale, Indira Talwani, a bloqué la réglementation qui aurait conféré à l’agence postale un pouvoir de contrôle sur les bulletins de vote par correspondance, bloquant de fait la décision de la Cour suprême de restreindre le vote par correspondance en argumentant que la décision de la Cour suprême arrivait trop tard et ne permettait pas, ni aux Etats ni à la Poste, de s’adapter à un changement de réglementation
Et puis la résistance de la société civile n’est pas que dans le législatif et le judiciaire. Toujours dans la semaine précédente :
-La ville de Los Angeles a fait fermer le camp de détention de l’ICE dans la ville. Une démarche qui va se multiplier.
– Kyle Kulinski, qui anime une chaine TV sur Youtube avec 3 millions d’abonnés a déclaré que l’ICE n’est pas une agence gouvernementale mais un gang de criminels non réformable. « C’est une force paramilitaire, façon Gestapo, qui enlève les gens pour se livrer au trafic d’êtres humains… Ils pratiquent l’esclavage dans leurs centres de détention qui sont en réalité des camps de concentration. Il faut l’abolir ». Ce qui en dit long sur l’ambiance générale qui règne aux USA et le sens du vote DSA.
– Ce 25 août, des manifestations massives ont eu lieu un peu partout aux USA pour empêcher Trump de livrer les parcs nationaux aux compagnies minières et forestières. Précédemment, ils avaient empêché la construction du mur de Trump contre les migrants au milieu du par Big Bend à la frontière mexicaine, le long du Rio Grande, qui aurait empêché toute circulation des animaux.
– Le 28 août, les Eglises ont organisé une marche sur Washington DC pour exiger les Droits civiques des noirs, que la Cour suprême vient d’égratigner fortement, comme l’avait fait le pasteur Martin Luther King en 1963. Après sa défaite contre le mouvement BLM Black Lives Matter en 2020 qui lui avait perdre les élections, Trump avait tout fait pour ne pas s’attaquer aux noirs, ciblant plutôt les latinos. Il vient de relancer leur lutte.
– Une grève commence contre les milliardaires sur 100 sites de Starbucks avec un boycott de la marque, pour une augmentation de 60%, des embauches, des réductions d’horaires. Un mouvement qui complète la lutte politique contre les milliardaires.
– Trump a exigé 5 milliards de dollars au CAP (Center of American Progress) parce qu’il a publié une étude montrant que les mobilisations de la Garde Nationale par Trump dans les villes Démocrates soi-disant pour lutter contre la criminalité n’ont servi à rien, sinon coûter au contribuable. C’est la technique mafieuse habituelle de Trump. Pour faite taire ses adversaires, il les menace d’un procès très couteux. Mais il et tombé sur un os. Le CAP a décidé de riposter en publiant cette fois le coût pour chaque citoyen de la mobilisation inutile de la Garde nationale. Les gens n’ont plus peur.
– Le journal de l’armée « Stars and stripes »a publié un article sur les conditions de vie ignobles des marins sur le porte-avions Lincoln envoyé au Moyen Orient d’où plusieurs soldats avaient tenté de se jeter à l’eau et sur l’abandon des soldats américains au Bahrein. Trump a fait virer le dirigeant du journal et une journaliste. Le journal a riposté en disant qu’ils allaient publier des interviews de marins critiques sur les ordres reçus et des familles de marins qui se sont suicidés ou sont tombés en burn-out à cause de leurs conditions de vie et qui témoignent que la mutinerie n’est pas loin.
– Le journal « The Intercept » poursuit en justice Trump parce qu’il fait payer l’accès en priorité à son réseau internet « Truth social », utilisant son poste de président pour se faire du fric, ce qui est interdit par la loi. Les gens n’ont plus peur et passent à l’offensive.
– La chanteuse Ariana Grande a obtenu en justice l’interdiction pour les trumpistes d’utiliser ses chansons parce que dit-elle, ils défendent des valeurs opposées au siennes.
– Trump, obsédé par les trans, a déclaré publiquement que sur ses ordres, les hôpitaux avaient commencé des chirurgies inverses de « détransition ». C’est faux. Ça n’existe pas. La presse et les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur-joie.
– Le gouverneur Démocrate du Minnesota, Tim Walz, a annulé une décision de Trump de livrer une forêt protégée à l’exploitation minière.
– La gouverneure Démocrate de l’Arizona, Kattie Hobbs, a interdit à l’administration Trump de faire la chasse aux mustangs en liberté dans l’Etat pour les livrer à la boucherie.
ET MAINTENANT ?
Avant le lundi 24 août où la Cour suprême a encouragé et poussé Trump à tenter un coup de force légal, on savait que Trump allait tout faire pour truquer les élections des midterms, mais en même temps qu’il était peu probable qu’il se lance dans un coup d’Etat du type de celui de janvier 2021 étant donné la forte dégradation des rapports de force contre lui. Toute la question était de savoir où se situait la limite entre coup de force légal plus ou moins accepté et coup de force extra-légal rejeté et pouvant provoquer un soulèvement populaire.
Le 24 août, la situation a montré qu’il a tenté un coup de force légal, mais déplaçant avec la décision de la Cour suprême la limite entre légal et extra-légal vers le coup de force extra-légal, testant en quelque sorte la situation.
Le 28 août, le coup de force légal avait déjà échoué. Ça a été si rapide que peu d’américains ont pris conscience pour le moment de ce qui s’est passé mais le profond mouvement en cours de la société civile l’a stoppé. Gageons que lorsque les américains prendront largement conscience dans les jours qui viennent, ils en seront d’autant renforcés et Trump d’autant affaibli.
Tout cela réduit encore la possibilité pour Trump d’un véritable coup d’Etat extra-légal.
Le mouvement populaire MAGA a quasi disparu, Trump a perdu le soutien de l’opinion publique, il a perdu le soutien de la majorité des patrons, de l’armée, de la justice, de la presse, des intellectuels et scientifiques, des universités, des artistes, de la jeunesse, des femmes, des minorités, la tentative de coup de la Cour suprême a échoué et maintenant, contrairement à sa tentative de 2021, tout le monde s’y attend et une partie des classes populaires s’y prépare. Si Trump le tente quand même et perd, cela veut dire directement la prison pour lui et ses proches, la perte de leurs fortunes et la naissance d’un mouvement qui pourrait dépasser sa personne et celle de ses proches pour s’approcher d’un processus sinon révolutionnaire – mais pourquoi pas – en tous cas d’une forte montée des luttes contre tout le système. Un départ négocié avec les dirigeants Démocrates pourrait au contraire lui assurer l’immunité pour lui et sa famille, garder tout l’argent qu’il a volé et ne pas être inquiété pour ses crimes de pédophile… Une retraite tranquille.
Pour mieux comprendre la marge de manœuvre de Trump dans l’affrontement entre démocratie et tyrannie dans cette période, on a deux exemples qui peuvent y aider.
La Corée du sud et la Hongrie en sachant que les possibilités de résistance populaire et démocratique sont infiniment plus importantes aux USA. Trump oscille pour le moment entre les deux en tâtonnant.
Sa situation est bornée d’un côté par le coup d’Etat extra-légal du président de la Corée du sud en décembre 2024, qui a généré un soulèvement populaire contre lui, a bloqué son coup d’Etat, a provoqué sa chute et entraîné sa condamnation à mort. Dans la situation américaine actuelle, sauf démence, Trump n’ira pas jusque-là, car il pourrait tout à fait connaître le même sort que le président sud-coréen.
De l’autre côté, il y a la Hongrie autoritaire d’Orban qui avait tellement verrouillé et truqué son système électoral que ça paraissait impossible de le renverser puisqu’en gros il fallait plus de 60% des voix pour le battre alors que le régime avait le contrôle du processus électoral et en plus une totale maîtrise de la presse ne laissant absolument aucune place à l’expression de l’opposition. Et pourtant, par une campagne acharnée de terrain soutenue par une mobilisation populaire unitaire très importante issue de diverses mobilisations sociales et citoyennes précédentes bien plus large que l’orientation politique du candidat, Peter Magyar avec des meetings de masse multi-quotidiens dans toutes les villes et une majorité de villages, tout cela a balayé toutes les restrictions autoritaires du régime pour un résultat final de plus de 60%.
Aux USA, il y a aussi la barrière des 60%.
C’est la barrière pour arriver à la majorité qualifiée au Sénat, c’est-à-dire comme en Hongrie, le niveau légal pour remettre en cause les principales mesures trumpistes et Trump lui-même. La majorité simple au Sénat ne le permet pas. Il faudrait aux Démocrates gagner 3 ou 4 sièges pour gagner cette majorité simple, ce qui parait possible. Par contre pour la majorité qualifiée plus d’une douzaine, ce qui parait impossible aujourd’hui au vu des sondages et vu qu’il n’y a aux midterms que le tiers du Sénat qui est renouvelé, soit seulement une vingtaine de sièges de sénateurs Républicains qui sont mis en cause. Les sondages les plus optimistes disent que les Démocrates pourraient gagner de 8 à 12 sièges de sénateurs, pas loin d’obtenir la majorité qualifiée. Et la dynamique en cours contre Trump pourrait y mener. Rien n’est sûr. Mais si la majorité qualifiée au Sénat paraissait dans les semaines qui viennent pouvoir être atteinte, ce serait la panique totale pour Trump et les Républicains mais aussi le grand patronat puisqu’il n’y aurait plus aucun frein institutionnel – sauf la direction du Parti démocrate et la Cour suprême – pour empêcher la remise en cause de toutes les mesures trumpistes, l’arrestation et la mise en prison de Trump, de pas mal de ses collaborateurs, de Républicains et de grands patrons pour tous les crimes qu’ils ont commis ces deux années. Un peu comme en Hongrie mais à une échelle bien plus vaste.
Cette situation pourrait provoquer une nouvelle tentative de coup de force.
En même temps, s’il apparait que Trump prend trop de risques, comme il y a toutes les probabilités qu’il perde son coup d’Etat, il peut aussi provoquer un lâchage de certains de ses proches qui ne voudraient pas être entrainés dans une aventure qui par son échec pourrait leur coûter beaucoup.
Alors la situation dans les jours, semaines et mois qui viennent va être zigzagante.
Un jour Trump tape du poing sur la table, un autre jour et en même temps, il prépare sa fuite avec le maximum d’argent en se faisant accorder l’immunité par le ministère de la justice et la Cour suprême, tout en laissant tomber ses collaborateurs et/ou accepte des négociations avec les dirigeants Démocrates pour voir comment faire avec eux dans l’après 3 novembre.
Dans tous les cas, on sent la fébrilité, la panique qui monte et agite les sommets trumpistes.
L’aura d’invincibilité que Trump a soigneusement entretenue s’est pratiquement évaporée devenant Trump le « looser ». L’aspirant empereur est nu. Presque tout le monde voit désormais cet enfant susceptible, hargneux, mesquin, incompétent et corrompu. Et ils lui obéissent de moins en moins. Même MapQuest le principal service américain de cartographie en ligne avant Google Maps, a refusé de renommer le lac Ontario, lac América.
Témoignage de cette perte d’autorité et de la putréfaction du régime, les caricaturistes s’en donnent à cœur-joie. Dans une période où le corps du dirigeant est devenu, de Trump à Poutine un langage politique masculiniste, celui de Trump aujourd’hui caricaturé à n’en plus finir avec des couches malpropres parce que ses sphincters lâchent, qui sent mauvais et fait fuir toux ceux qui l’approchent, porte physiquement la symbolique de la chute.
Jacques Chastaing, 30 août 2026