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Une cinquantaine de pêcheurs ont bloqué, mardi 15 septembre jusqu’en milieu de matinée, les accès à un dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), pour protester contre la hausse des prix du carburant et la dégradation de leurs conditions de travail. Des banderoles ont été déployées : « L’Europe nous tue », « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ».
Après des tensions avec les CRS, sur place pour débloquer le site, les pêcheurs sont finalement partis, en promettant de revenir mercredi. Le dépôt « a été évacué et a repris son activité », a annoncé la préfecture de police. Les pompiers ont déblayé la voie encombrée par un feu de palettes. La centaine de camions-citernes bloqués à l’extérieur ont ensuite pu accéder au dépôt pétrolier.
« Le blocage du dépôt pétrolier a commencé à 3 heures », avait annoncé en début de matinée à l’Agence France-Presse (AFP) Ange Natoli, un représentant des manifestants, qui veulent être « reçus par la ministre de la pêche, Catherine Chabaud ». La préfecture avait fait savoir, de son côté, que « les pêcheurs bloquent la sortie du terminal pétrolier de Fos depuis 3 heures avec une cinquantaine de camions-citernes ».
Sollicité par l’AFP, le ministère chargé de la mer et de la pêche a déclaré que la ministre déléguée, Catherine Chabaud, « a[vait] pris acte de leurs revendications et les recevra[it] dans les prochains jours dans un esprit de dialogue ». Pour le président du comité stratégique des supermarchés E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, le blocage du dépôt pétrolier « n’a pas de logique ». « Cela ne fera que paralyser » mais « à ce stade, il n’y a pas de risque de pénurie », a assuré M. Leclerc mardi sur BFM-TV/RMC.
« Le mouvement risque de se durcir »
A Sète, une délégation de représentants syndicaux a été reçue à la préfecture, mais n’a pas obtenu « de réponses à [ses] attentes », selon le président du comité régional d’Occitanie, Bernard Pérez, selon lequel « le mouvement risque de se durcir ».
Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et de Corse, ainsi que les trois organisations de producteurs de Méditerranée, et des syndicats de marins (salariés et patronaux) ont lancé lundi un mouvement commun, qui « se poursuivra tant que des réponses concrètes n’auront pas été apportées aux principales revendications de la profession », selon leur communiqué.
Les professionnels de la pêche dénoncent « une dégradation continue de leurs conditions d’activité », en raison notamment de « la hausse des coûts d’exploitation et du carburant », mais aussi une « multiplication des contraintes administratives et réglementaires ». Plusieurs dizaines de pêcheurs avaient déjà manifesté, lundi, à Sète (Hérault) et à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).
La France est le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477 000 tonnes de poissons et de crustacés pêchés en 2024, un chiffre quasi stable (+ 1 %) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.