ELLE S’EST FAIT PASSER POUR UNE ADMIRATRICE DE POUTINE

 
🇷🇺 ELLE S’EST FAIT PASSER POUR UNE ADMIRATRICE DE POUTINE… ET CE QU’ELLE A DÉCOUVERT EN ALLEMAGNE EST INQUIÉTANT
Pendant plusieurs mois, la journaliste d’investigation de RTL Angelique Geray s’est créé une fausse identité : « Katja », une influenceuse ouvertement pro-russe.
Elle publie des vidéos favorables à Moscou, se montre avec un drapeau russe devant le Bundestag et affiche publiquement son admiration pour Vladimir Poutine.
Son objectif : comprendre de l’intérieur comment fonctionnent certains réseaux pro-russes et surtout comment sont recrutés ceux que les enquêteurs appellent des « agents jetables ».
Et les contacts ne tardent pas.
Via Telegram, l’équipe entre en relation avec des individus qui lui proposent des missions rémunérées en bitcoins.
Au départ, les demandes peuvent sembler relativement simples. Puis elles deviennent beaucoup plus sérieuses : photographier certains lieux, recueillir des informations, s’intéresser à des entreprises allemandes de défense, à des représentants de la CDU ou encore à des organisations présentes en Allemagne.
C’est justement tout l’intérêt de ce système : ne pas forcément utiliser des espions professionnels, mais recruter des personnes ordinaires pour des missions ponctuelles, sans toujours leur révéler l’objectif réel de ce qu’elles font.
L’enquête s’intéresse également à Jovica Jović, membre du parti BSW de Sahra Wagenknecht et figure de la sphère pro-russe sur les réseaux sociaux.
Sous son identité de « Katja », la journaliste échange avec lui. Il lui donne notamment des conseils pour développer sa chaîne Telegram et lui suggère même de réaliser une vidéo dans laquelle elle danserait sur un drapeau de l’OTAN.
Lorsque la journaliste l’interroge directement sur une éventuelle implication des services russes, sa réponse est pour le moins ambiguë :
« En théorie, je ne sais pas. En pratique, je sais. »
Une fois confronté publiquement, Jovica Jović a toutefois nié tout lien avec les services de renseignement russes et contesté toute implication dans une campagne de désinformation.
Mais l’enquête ne s’arrête pas là.
Lorsque la véritable identité de la journaliste est découverte, l’équipe reçoit une menace de mort concrète.
Cette affaire montre surtout quelque chose que beaucoup continuent de sous-estimer : la guerre hybride menée contre les pays européens ne se limite pas à quelques comptes anonymes qui répètent de la propagande sur Facebook ou Telegram.
Désinformation, collecte de renseignements, surveillance de personnes ou d’entreprises sensibles, recrutement en ligne : les méthodes sont nombreuses.
Aujourd’hui, pour servir les intérêts du Kremlin en Europe, il n’est même plus nécessaire d’être un espion professionnel. Un téléphone, Telegram et quelques bitcoins peuvent suffire.