un peu d’histoire sur les médias…

« La télé c’est comme un robinet : ça coule en continu, suffit de verser le poison dedans … » Jean-Luc GODARD.

Londres, 1984. Voici Winston Smith, employé au Ministère de la Vérité, chargé de réécrire l’histoire afin qu’elle s’accorde avec la version officielle. Voici les télécrans qui diffusent en permanence les messages de propagande et espionnent sans relâche chaque individu. Voici Julia, rencontrée lors des Deux Minutes de la Haine quotidiennes et obligatoires où l’on conspue le Traître Emmanuel Goldstein, qui aura maille à partir, comme Winston, avec la Police de la Pensée. Voici la novlangue qui dépouille le langage de ses inflexions subversives, qui le réduit à un rôle informatif. Et surtout, voici Big Brother, aujourd’hui passé au stade de figure mythique, symbole de la surveillance et de l’oppression totalitaire. 1984, une machine monstrueuse si habilement huilée, qui broie l’homme et les pensées, et que plus rien ne semble pouvoir enrayer.
1984 de George Orwell.
Au pays de la SECURITE GLOBALE, les médias ont franchi un nouveau pas : ils ne parlent pas d’une journée de manifestation réussie mais d’une journée de maintien de l’ordre réussie.
A quand la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force ?
Orwell avait toujours pensé que le totalitarisme était révolutionnaire en ce sens que, pour s’installer, il a besoin de remplacer et de détruire les cadres politiques, sociologiques et mentaux qui lui font obstacle. La langue est un de ces cadres, le plus important peut-être, et tout régime totalitaire, quelle que soit la forme qu’il prend, se préoccupe d’emblée de travailler à réduire et à manipuler le langage. Ne pas désigner les choses par leur véritable nom, euphémiser pour désamorcer la perception de ce qui se passe réellement : on met ainsi tout le monde à distance de l’événement.
Photographies de 1984 d’Orwell