REPORTERRE :
Petits-dej et formations juridiques : les écologistes prêtent main-forte à la « colère populaire »
Transmission de connaissances et appui logistique : depuis le début des mobilisations lycéennes, des organisations écolos ont fait le choix d’apporter leur soutien. Dans la rue le 17 octobre, elles ont continué à faire le pont entre les revendications.
Deux jours après, Kaméra Vesic, 53 ans, n’a toujours pas retrouvé sa voix, tant elle a scandé de slogans pendant l’après-midi du samedi 17 octobre. La fondatrice de l’association PikPik, en Seine-Saint-Denis, a répondu présente aux appels de convergence lancés par les mouvements lycéens et étudiants. Les publics de son association d’écologie populaire, « ce sont les mamans et les jeunes du 93 », précise la militante, qui accompagne des familles « sur des problématiques d’alimentation, de mobilité, de chauffage, mais aussi de manque de débouchés pour les jeunes ».
Depuis le début des blocus et des cortèges de la mobilisation lycéenne, des organisations écologistes apportent leur appui à leurs revendications, notamment celle d’étudier dans des établissements salubres et rénovés face aux vagues de froid et de chaleur. Présents dans la rue samedi 17 octobre, des militants écologistes entendent continuer à soutenir un mouvement dans lequel une dénonciation de la « vie chère » et une colère générale contre le pouvoir macroniste se mêlent désormais aux demandes du respect d’un droit à l’éducation.
Une convergence dont la militante écologiste Greta Thunberg est venue faire la démonstration, dès le 13 octobre, en se rendant aux côtés des lycéens de Paul-Éluard à Saint-Denis, puis dans la rue avec les manifestants.
S’unir pour un « avenir vivable »
« Les jeunes nous disent qu’ils n’ont pas d’avenir, bien sûr qu’on rejoint la bataille avec eux, ça me paraît évident : l’écologie, c’est se préoccuper des besoins les plus basiques pour assurer un avenir vivable », insiste Kaméra Vesic de l’association PikPik, qui s’indigne de voir « des jeunes tabassés en réponse à leurs demandes légitimes ». Du 22 au 25 octobre, son association organise un Festival de l’écologie populaire, dans ses locaux de l’Île-Saint-Denis, où il s’agira notamment d’échanger « sur l’avenir et les convergences des luttes sociales et environnementales ».
C’est sur cette même thématique de « l’avenir » que les initiateurs du Mouvement du 26 septembre « pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale » ont décidé d’orienter leur prochaine mobilisation annoncée le 14 novembre. « L’enjeu, c’est l’avenir de notre jeunesse, et même le nôtre, adultes : est-ce que je trouverai une filière après le bac ? Est-ce que j’aurai une retraite ? Ma maison va-t-elle se fissurer sous l’effet de la sécheresse ? » résume Benjamin Ball, cofondateurice du Mouvement du 26 septembre.
« Créer de la confiance et de la réciprocité »
En voyant émerger la mobilisation lycéenne, l’activiste écologiste n’est pas resté les bras croisés. Avec d’autres militants, ils ont rapidement lancé un site internet, avec une carte recensant les mobilisations annoncées le 17 octobre, renouvelée à l’approche du 24 octobre.
Avec une coordination réunissant des membres des organisations Bloquons tout, Indignons-nous et Peuple révolté, comprenant des Gilets jaunes, ainsi qu’avec des syndicats étudiants et lycéens, Benjamin Ball s’est attelé aux négociations avec la préfecture de Paris pour déclarer un tracé de manifestation samedi 17 octobre. Un camion y diffusait des prises de parole alternant entre Gilets jaunes, Assemblée des quartiers populaires, Justice pour Nahel, ou encore la Confédération paysanne et le Collectif enfantiste.