En Italie aussi la jeunesse montre le chemin et brûle ses enseignes et ses commerces qui exploitent à mort les travailleurs et affament la population.
« Pendant des années, le centre de Milan nous a semblé être le plus grand centre commercial à ciel ouvert d’Italie, avec tout ce que cela implique en termes d’exploitation de la main-d’œuvre et d’étalage d’un capitalisme débridé. Débridé car, au fil des ans, personne n’est parvenu à l’arrêter, et cette exploitation s’est intensifiée, attirant des capitaux toujours plus importants, de plus en plus avides d’exploiter eux-mêmes, venus de toujours plus loin, du monde entier. Le résultat est visible de tous. Le symbole du capitalisme italien est une ville qui a besoin d’exploiter la main-d’œuvre toujours plus intensément, et qui considère pourtant les corps intrinsèquement liés à cette capacité de travailler et d’être exploités comme des déchets. On refuse de les cacher, de les remplacer par des robots, si possible. On les voit dans les trains de banlieue à toute heure du jour et de la nuit, ces corps qui disparaissent, dans chaque recoin reculé et imprononçable de la périphérie lombarde.
Milan a expulsé son prolétariat. Elle a expulsé la classe ouvrière dont elle ne peut se passer, et qui, pour survivre, ne peut se passer de Milan. Le point de non-retour a été atteint lorsque de plus en plus de personnes ont pris conscience que cette exploitation ne leur permet même plus de survivre, de joindre les deux bouts.
Le problème majeur aujourd’hui est que les premiers à réagir face à cette tendance – aggravée par la hausse du coût de la vie, l’envolée des prix de l’essence, l’impossibilité de payer son loyer et de subvenir à ses besoins – ne sont pas les travailleurs eux-mêmes, mais leurs enfants.
Ils descendent dans la rue, comme leurs pairs à travers le monde. Ils profèrent des slogans simples, comme des adolescents de treize ans qui désignent l’ennemi, qui identifient l’objectif et le mettent en œuvre concrètement. Quand, enfin, leurs grands frères, leurs pères, leurs professeurs, leurs voisins agiront-ils ? Quand les rejoindrons-nous au cœur de Milan ? »
InfoAut, mardi 20 octobre. »