INFO BLAST – La famille de Christophe M., mort en manifestation le 17 octobre, porte plainte
Les avocats de l’homme de 59 ans mort après avoir perdu connaissance Boulevard Magenta samedi 17 octobre, sous les nuées de lacrymogènes, viennent de déposer plainte. Motif: violences volontaires commises par une personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Christophe M. participait à la manifestation sans protection particulière. Pris de malaise, suite à une projection massive de gaz lacrymogènes, il était sorti du cortège en exprimant des « douleurs et un mal être ». Pris en charge par des « street medics » puis par des pompiers, il décèdera une heure plus tard.
Inquiets des lenteurs manifestées par le parquet de Paris pour qui les résultats de l’autopsie pourraient intervenir dans trois mois (!), les conseils et la famille aimeraient accélérer le mouvement et comprendre de quoi est mort l’homme. La plainte avec constitution de partie civile stipule que le gaz utilisé en maintien de l’ordre a fait l’objet d’études concordantes quant à sa toxicité « notamment au niveau cardiaque »: « Sa métabolisation en cyanure a été documentée » dans le cas du décès d’un jeune tunisien en manifestation et « de deux jeunes soldats ayant eu des atteintes cardiaques lors d’un entraînement à Fort Knox [camp militaire aux Etats-Unis] », indique le document que nous avons pu consulter.
« Le fait qu’il ait succombé postérieurement à l’usage de gaz lacrymogène pourrait être à l’origine de son décès » postule prudemment Me Youri Krassoulia, qui souhaite vivement l’ouverture d’une information judiciaire qui devrait permettre de «déterminer les circonstances des faits et d’appréhender l’auteur ».