Amar Benmohamed, policier lanceur d’alerte, obtient gain de cause

Actu 17 :

Le policier lanceur d’alerte qui avait dénoncé des maltraitances au dépôt du tribunal de Paris obtient définitivement gain de cause

Le ministère de l’Intérieur a perdu son dernier recours contre Amar Benmohamed.

Ce brigadier-chef avait été sanctionné après avoir révélé des maltraitances et des propos racistes au dépôt du tribunal de Paris.
Par La Rédaction
Le mardi 27 octobre 2026 à 17:39

Le Conseil d’État a confirmé définitivement l’annulation de deux sanctions disciplinaires infligées à Amar Benmohamed, un brigadier-chef de la préfecture de police qui avait dénoncé des maltraitances et des propos racistes au dépôt du Palais de justice de Paris. La plus haute juridiction administrative a rejeté le 16 octobre dernier le pourvoi du ministère de l’Intérieur. L’avertissement et le blâme prononcés contre le policier avaient déjà été annulés en première instance puis en appel.

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Pour mémoire :
Au Poste (média) :

Ce lundi 10 mai 2021 Au Poste reçoit (en visio) pour la première fois un policier avec son avocat, Arié Alimi. Un entretien de deux heure pour évoquer les cas de maltraitance et de racisme dans les locaux du Tribunal de grande instance de Paris.Il a livré un témoignage direct et poignant sur son expérience : les humiliations systématiques dont il a été témoin, le racisme ordinaire au dépôt du tribunal, et le silence de la hiérarchie.

Lors de son passage, il a évoqué en détail les conditions de détention au dépôt, la façon dont certains collègues pratiquaient l’humiliation comme une forme de « punition » ou de « détente », et sa propre prise de conscience progressive avant de choisir de parler.

Son intervention a contribué à nourrir la réflexion collective sur la nécessité de refonder la police, de mieux encadrer ses pratiques et de garantir une véritable protection pour celles et ceux qui dénoncent des dérives internes.

Amar Benmohamed est un ancien brigadier-chef de la police nationale française, connu pour avoir dénoncé publiquement des faits de racisme, d’humiliations et de violences au sein de la police. Né en France dans une famille d’origine algérienne, il grandit en région parisienne et intègre la police nationale au début des années 2000. Affecté au dépôt du tribunal de Paris, il y travaille plusieurs années et devient témoin d’abus répétés : insultes racistes, traitements dégradants envers des personnes en garde à vue, violences gratuites.

Choqué par la banalisation de ces pratiques, il décide d’alerter sa hiérarchie et la justice. Malgré ses signalements répétés, il se heurte à l’inaction ou au déni institutionnel.

En 2020, dans un contexte de débats intenses sur les violences policières, il choisit de témoigner publiquement dans les médias. Il devient l’une des figures des « lanceurs d’alerte » au sein des forces de l’ordre, soulignant la nécessité de combattre le racisme systémique et l’impunité dans la police française.

Son témoignage a eu un fort écho médiatique et politique : le parquet de Paris a ouvert une enquête sur les faits dénoncés, tandis que Benmohamed, lui, a subi des mesures disciplinaires et des pressions de sa hiérarchie. Son engagement et son courage ont fait de lui une figure majeure du débat sur la réforme de la police et la protection des lanceurs d’alerte.

Le 22 janvier 2022, son action est saluée par l’association Anticor qui lui remet un prix éthique

Le 28 juin 2023, la Cour Administrative d’Appel de Paris annule la première sanction reçue  et lui reconnaissant officiellement  la qualité de lanceur d’alerte. Le 12 avril 2024, le Tribunal Administratif de Paris annule les deux autres sanctions.

Présence sur le net

Il figure  comme témoin et contributeur dans plusieurs enquêtes journalistiques et documentaires sur la police.

https://www.streetpress.com/sujet/1753103409-maltraitances-policieres-tribunal-paris-lanceur-alerte-audition-gerald-darmanin-didier-lallement-amar-benmohamed-nunez