Une atteinte frontale à l’État de droit.

Ce n’est plus un dysfonctionnement.
C’est une atteinte frontale à l’État de droit.
Oui, j’emploie le mot. Scandale d’État.
Je l’assume comme qualification politique, parce qu’elle est à la hauteur de la gravité
de ce qui est soupçonné.
Non, ce n’est pas encore une qualification judiciaire. Et c’est précisément pour cela que nous devons parler fort, maintenant.
La question démocratique nous saute au visage :
comment croire encore à l’impartialité de la force publique quand des groupes privés, organisés comme une milice, bénéficient d’un traitement de faveur?
Comment avoir confiance quand la police à deux vitesses s’installe sous nos yeux?
Et ce ne sont plus seulement des observateurs associatifs qui alertent.
C’est la presse qui le documente, partout.
Ce que l’Observatoire des libertés publiques de Montpellier dénonce, les enquêtes journalistiques le confirment :
à Montpellier, une « milice d’extrême droite » aux côtés des forces de l’ordre, plusieurs enquêtes qui « démontrent une forme de coopération entre la police et les militants d’ultradroite ».
Le 24 octobre, la milice a frappé au sol des contestataires, « aux côtés des forces de l’ordre, qui ont protégé les militants d’extrême-droite ».
Un groupe fasciste agressait des manifestant·es et les livrait aux policiers,
et d’autres vidéos montrent « les fascistes et les CRS avancer ensemble et se protéger mutuellement ».
Les faits sont accablants et ce n’est pas un accident.
C’est un précédent.
L’OLM, collectif affilié à la Ligue des droits
de l’homme, le rappelle :
déjà le 18 septembre 2025, lors de la mobilisation intersyndicale, « plusieurs dizaines d’individus d’extrême droite avaient commis des agressions sans intervention des forces de l’ordre ». Déjà, « une interaction entre des membres de la BAC et des membres de l’extrême droite » avait été observée.
Alors non, cela ne suffit plus.
Un rapport associatif, même rigoureux et courageux, ne peut pas tenir lieu d’enquête indépendante de l’IGPN.
Non, une enquête judiciaire qui ne viserait que les violences d’individus en civil
ne répondra jamais à la question centrale :
La responsabilité des policiers.
Et encore Non, les dénégations du ministre de l’Intérieur ne valent pas vérification contradictoire des faits.
Face à des images, des témoignages et désormais des articles de presse concordants,
exigeons la lumière. Toute la lumière.