Interdire CNews, le poison raciste

En quelques heures, la pétition demandant la suppression de la chaîne de l’empire Bolloré de la TNT a vu le nombre de signataires exploser.

Pascal Praud, sur le plateau de « L’Heure des pros », ce vendredi 29 septembre.

En ligne depuis cinq mois mais une accélération soudaine en quelques heures. La pétition « Supprimer CNews de l’audiovisuel français » déposée le 10 juin sur le site de l’Assemblée nationale a dépassé ce vendredi 30 octobre le palier des 200 000 signatures. Ce faisant, elle est même entrée dans le top 5 des pétitions les plus signées depuis les élections de juillet 2024.

Le nombre des signataires a connu une hausse soudaine ces dernières heures puisqu’il est à environ 45 000 mercredi. Après avoir franchi le cap des 100 000 ce jeudi, il a plus que doublé en moins de 24 heures dans un contexte où la chaîne du groupe Bolloré est accusée de fake news dans sa couverture de la mobilisation sociale ou de nourrir le racisme.

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« Les médias du groupe Bolloré, au premier rang desquels la chaîne CNews, jouent un rôle majeur dans la saturation du débat public par des thèmes et des termes empreints d’un racisme sans complexe, exprimé sans aucune retenue à longueur d’antenne », écrivent par exemple les députés Benjamin Lucas et Léa Balage El Mariky en réclamant, mercredi, le retrait des accréditations des médias du groupe Bolloré, et notamment CNews, à l’Assemblée nationale. Ce jeudi, ce sont les représentants des organisations étudiantes qui refusaient de commencer leur point presse après leur rencontre avec Laurent Nunez tant que l’équipe de CNews se tenait devant eux.

La pétition fait le lien avec le Trumpisme

Le texte qui accompagne la pétition, écrite il y a donc plusieurs mois, met en avant que la chaîne du canal 14 de la TNT « n’est pas une chaîne d’information » mais « une machine de propagande ». Après avoir rappelé que CNews « cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes. C’est le record absolu de l’audiovisuel français », l’auteur de la pétition s’astreint alors à donner une multitude d’exemples de propos tenus sur le plateau de la chaîne d’information par des invités ou des salariés de l’entreprise. Sont notamment cités les mots de Richard Millet à l’encontre de la chanteuse Aya Nakamura, d’autres propos racistes sur Bally Bagayoko le maire de Saint-Denis, ou encore les débats qui s’y sont tenus sur les origines de Rima Hassan.

La pétition évoque « l’inaction » du gendarme de l’audiovisuel et les amendes qui, pour Vincent Bolloré, représentent « une pièce tombée du canapé. Chaque sanction est un ticket d’entrée qu’il paye volontiers pour continuer à déverser son poison. » Elle met aussi l’accent sur l’urgence de la situation pour éviter que ne se déroule en France un scénario comparable à celui qui s’est déroulé lors de la dernière élection présidentielle américaine. « Vingt ans de Fox News ont préparé Trump, l’assaut du Capitole, la fin du droit à l’avortement, la sortie des accords climat » écrit notamment l’auteur du texte qui rappelle que la chaîne a bénéficié du renouvellement de sa fréquence en 2024 pour une durée de 10 ans.

Les demandes formulées en fin de pétition sont « simples » : « le retrait immédiat de la convention TNT de CNews, et la fermeture de la chaîne ».

Quelle suite pour la pétition « supprimer CNews » ?

Mais les chances de cette pétition sont faibles. Depuis 2020, le site internet de l’Assemblée nationale a ouvert sa plateforme en ligne permettant à tous les citoyens d’y déposer une pétition, quel que soit son sujet. Comme le précise le site, les seules contraintes sont que la pétition soit rédigée en langue française. Les signataires, eux, doivent être de nationalité française ou résider dans le pays. Toute pétition soumise est « systématiquement renvoyée à une commission permanente qui nommera un rapporteur pour décider de l’examiner et d’en débattre ».

Dès lors qu’une pétition a dépassé les 100 000 signataires elle est mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale, ce qui est donc le cas de celle demandant la suppression de CNews. La prochaine étape pour celle-ci sera d’atteindre le cap des 500 000 signataires. Ce n’est qu’à partir de ce seuil qu’elle peut éventuellement « faire l’objet d’un débat en séance publique » si la commission saisie sur le fond le décide.

Si la probabilité de voir la pétition contre CNews atteindre ce stade est possible (au vu de l’augmentation rapide du nombre de ses signataires), la probabilité de la voir aboutir est moindre. Même la pétition contre la loi Duplomb et ses plus de 2 millions de signataires contre la réautorisation de l’acétamipride n’a pas empêché le texte décrié d’être voté.

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Supprimer CNews de l’audiovisuel français

Lucas MASSONI
10/06/2026
Identifiant: N°5820

CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande. Depuis 2019, elle cumule 27 rappels à l’ordre et 630 000 euros d’amendes. C’est le record absolu de l’audiovisuel français.

Passons en revue ce que l’on entend sur cette chaîne, en prime time, sur une fréquence publique :

Des Français noirs comparés à des « grands singes » et à des « tribus primitives ». Des mineurs étrangers qualifiés de violeurs, tous, sans distinction. Les origines d’Aya Nakamura, de Rima Hassan, moquées en boucle. Des appels à la déchéance de nationalité contre une élue de la République. Et, comble du révisionnisme, Pétain présenté comme le sauveur des juifs de France.

Fin mars 2026, nouveau seuil franchi. Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, est comparé à un singe en direct par un invité. Le parquet de Paris ouvre une enquête pour injure raciste. Le maire porte plainte. Il demande la fermeture de la chaîne. Il a raison.

L’Arcom ne régule plus. Reporters Sans Frontières l’a démontré : la gauche est reléguée la nuit, l’extrême droite s’étale en prime time. Aucune sanction pour manquement au pluralisme. Il a fallu une décision du Conseil d’État en 2024 pour obtenir un simple « avertissement », la sanction la plus faible du code pénal. Des consignes internes à l’Arcom demanderaient de « lever le pied ». Le régulateur est devenu le paillasson du régulé.

Les amendes sont un théâtre pour Vincent Bolloré qui pèse plus de dix milliards d’euros. 100 000 euros d’amende, c’est une pièce tombée du canapé. Chaque sanction est un ticket d’entrée qu’il paye volontiers pour continuer à déverser son poison. Tant que le signal reste à l’antenne, il gagne.

Le temps presse, la fréquence TNT vient d’être renouvelée pour dix ans. Dix ans de poison déversé gratuitement dans les foyers français. Dix-huit mois avant la présidentielle de 2027.

L’Arcom peut retirer unilatéralement une convention TNT en cas de récidive. CNews est la définition du récidiviste.

Nous avons vu le film aux États-Unis. Vingt ans de Fox News ont préparé Trump, l’assaut du Capitole, la fin du droit à l’avortement, la sortie des accords climat. Un média n’est jamais neutre. Il façonne un pays. CNews applique la même recette, sur le même calendrier, avec les mêmes cibles que Fox News.

Une fréquence publique, ça se mérite, ça ne se souille pas.
Rappel des manquements au droit de CNews :

27 rappels à l’ordre par l’Arcom depuis 2019
630 000 euros d’amendes cumulées
52 sanctions contre C8 et CNews en 12 ans, dont 16 pour la seule année 2024
100 000 euros pour propos discriminatoires contre Algériens, Palestiniens et musulmans
100 000 euros pour avoir présenté l’avortement comme « première cause de mortalité »
150 000 euros pour diffusion de propos inexacts sans vérification ni contradiction
50 000 euros pour fausse information sur une salle de prière lors d’un voyage scolaire
20 000 euros pour propos climatosceptiques, condamnation confirmée par le Conseil d’État
Mises en demeure à répétition pour incitation à la discrimination
Manquement structurel au pluralisme politique, acté par le Conseil d’État en février 2024
Ouverture d’une enquête par le parquet de Paris pour injure publique à caractère raciste contre Bally Bagayoko

Pour ces raisons nous demandons :
– Le retrait immédiat de la convention TNT de CNews
– La fermeture de la chaîne