Le tueur raciste de Trappes s’entraînait depuis des années au fusil à pompe
Passionné d’armes à feu, Kevin Tessier s’exerçait au tir depuis une décennie. « Mediapart » diffuse des images d’un de ses entraînements au fusil à pompe, sur un terrain vague, à quelques kilomètres du lieu de son attentat.
Antton Rouget – Mediapart
2 novembre 2026
KevinKevin Tessier voulait commettre un carnage. Et il s’est entraîné pour. Sans la combinaison de trois facteurs (la tempête qui avait dissuadé les habitant·es de sortir dans les rues, l’enrayement de l’arme du tueur et l’intervention rapide d’un équipage de la brigade anticriminalité) pour l’interpeller, « nous aurions compté des dizaines, des centaines de morts peut-être », a estimé le maire de Trappes, Ali Rabeh, lors du rassemblement d’hommage aux victimes, vendredi 30 octobre.
Une semaine plus tôt, Kevin Tessier était apparu d’un « calme terrifiant », totalement « impassible » et « stoïque » tout au long de son escapade meurtrière, comme l’a relaté Le Parisien. Devant ses victimes comme au moment de son interpellation, le suprémaciste de 39 ans, sympathisant du Rassemblement national (RN), a fait montre d’une sérénité hors du commun qui peut s’expliquer, outre son niveau d’endoctrinement, par un entraînement poussé au maniement des armes.
D’après des témoignages et documents réunis par Mediapart, l’auteur de l’attentat s’exerçait en effet depuis des années à tirer au fusil sur des cibles. Passionné d’armes à feu, Kevin Tessier se rendait régulièrement sur un terrain vague situé sur la commune de Saint-Cyr-l’École, à quelques kilomètres de son domicile de l’époque mais aussi de Trappes, pour peaufiner sa technique, comme le prouve une vidéo que nous avons récupérée, et dont nous diffusons un extrait ci-dessous.
© Vidéo Mediapart
Sur ces images, tournées à l’été 2015, Kevin Tessier tire avec son fusil à pompe sur une pastèque, qu’il fait exploser avec une grande expression de joie. Équipé de gants noirs et de lunettes de soleil, il paraît déjà aguerri au maniement de ce type de matériel. Le jeune homme a ensuite continué à s’entraîner et à s’équiper, sans que ce goût prononcé pour les armes, doublé de sa xénophobie débordante, n’alerte qui que ce soit.
À plusieurs reprises, Kevin Tessier a expliqué à des proches qu’il parvenait à se procurer facilement ces armes en faisant ses achats sur le darknet, selon les témoignages recueillis par Mediapart. D’après ces mêmes sources, l’auteur de l’attentat, atteint de problèmes psychologiques et consommateur de produits stupéfiants (cannabis et cocaïne), affirmait aussi avoir obtenu une autorisation de détention d’arme et s’être inscrit dans un stand de tir – autorisation qui ne permet toutefois pas de circuler librement avec une arme sur soi.
En conférence de presse jeudi 29 octobre, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a déclaré que le trentenaire avait préparé son action en faisant l’acquisition, « dès le 3 septembre 2026 puis au cours de ce même mois, de plusieurs éléments d’armes de nature à renforcer l’efficacité tactique du pistolet mitrailleur Sten », dont il a fait usage dans les rues de Trappes et La Verrière.
Les enquêteurs ont également retrouvé un brassard « Police » et des menottes dans la voiture de Kevin Tessier, ainsi que d’autres « éléments d’armes » (chargeur, poings américains, baïonnette en acier et silencieux) dans son appartement, qui avait été piégé à l’aide de bonbonnes de gaz. À son domicile, l’auteur de l’attentat détenait aussi un exemplaire de Mein Kampf, ainsi que des dizaines d’autocollants confectionnés par ses soins avec les slogans « Vive la France, RN, fier d’être français », « 100 % français / vive la France » et « Soutien aux forces de l’ordre ».
Sollicités par Mediapart, ses avocats Baptiste Bellet et Eliott Amzallag n’ont pas souhaité commenter.
Précédents
Au moment où il se procure un premier fusil à pompe, en 2015, Kevin Tessier est déjà identifié pour ses idées racistes. « Il adorait par exemple [l’idéologue antisémite] Alain Soral. Il regardait ses vidéos sur internet », a par exemple raconté Yanis* à Mediapart. D’après cet ancien proche, Kevin Tessier, fan du jeu vidéo de guerre Call of Duty et adepte de la théorie fausse et criminelle du « grand remplacement », derrière laquelle il voit la main des juifs, était également « fasciné par Amedy Coulibaly », l’auteur de la prise d’otage de l’Hyper Cacher, dont les armes, apprendrait-on plus tard, avaient été vendues par un militant d’extrême droite.
Les années suivantes, tandis qu’il continue ses entraînements et qu’aucun de ses proches n’arrive à l’extraire d’une spirale raciste alimentée par des médias d’extrême droite, Kevin Tessier se montre parfois menaçant. À plusieurs reprises, ce soutien affirmé de Marine Le Pen, qui relaye la propagande d’extrême droite sur les réseaux sociaux, contacte des personnes racisées avec lesquelles il a grandi dans son quartier, promettant de les « tuer ».
Trois jours avant son passage à l’acte à Trappes, Kevin Tessier tabasse également un automobiliste noir croisé par hasard sur le parking d’une station-service de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), comme l’a révélé Mediapart. Auprès de TF1, la victime de l’attaque, Ahmed*, a relaté la violence de la scène – il a reçu du gaz lacrymogène sur le visage puis a été roué de coups après avoir demandé à son agresseur de déplacer son véhicule… – et des cris répétés de Kevin Tessier : « Je vais te tuer, je vais te tuer ! »
« On va se débarrasser de vous, on en a marre de vous », aurait également dit l’agresseur, d’après le souvenir d’Ahmed, qui a aussi fait part de sa surprise d’avoir été menotté lors de l’arrivée des policiers municipaux. Un déroulé confirmé par le procès-verbal d’interpellation qui a été rédigé puis transmis aux enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) chargés de l’enquête sur l’attentat de Trappes.
Questionnée par Mediapart, la maire de Levallois-Perret, Agnès Pottier-Dumas, justifie les conditions d’intervention des policiers municipaux. « Quand ils arrivent sur place, la victime est debout, éloignée, elle présente des traces de sang. Il apparaît qu’elle est très vindicative. On peut le comprendre car elle a été gazée. L’agresseur, lui, est tout à fait calme », situe-t-elle, pour expliquer pourquoi les agents ont dans un premier temps passé des menottes à Ahmed. « Cela a été très court », insiste la maire, vantant l’« intervention correcte » de ses équipes.
À 11 h 35, dix minutes après leur intervention, les agents municipaux conduisent Kevin Tessier, qui a reconnu avoir gazé et frappé Ahmed (lequel est pris en charge par les pompiers), au commissariat de police nationale. Le trentenaire échappe alors à une garde à vue, malgré l’usage d’une arme sur la voie publique et la violence de l’agression : entendu en audition libre, il se voit remettre une convocation, qu’il n’honorera pas, pour une nouvelle audition le vendredi 23 octobre, jour de l’attentat. En parallèle, l’employeur de Kevin Tessier enclenche une procédure de licenciement – l’altercation s’étant produite dans le cadre de son travail.
Comment un homme aussi dangereux, aussi visible, aussi facile à détecter, a-t-il pu passer à travers les radars de l’antiterrorisme ?
Yassine Bouzrou, avocat de parties civiles
« Trois jours avant son acte abject, cet homme avait eu la preuve de ce que sa couleur blanche le préservait », estime Romain Ruiz, avocat d’une des victimes de l’attentat, considérant de Kevin Tessier a bénéficié d’un traitement de faveur. « Depuis dix ans, des hommes comme lui se préparent à une guerre civile que des théories criminelles comme celle du “grand remplacement” valident au quotidien », dénonce-t-il également.
« Comment un homme aussi dangereux, aussi visible, aussi facile à détecter, a-t-il pu passer à travers les radars de l’antiterrorisme ? », interroge aussi Me Yassine Bouzrou, qui défend plusieurs parties civiles. L’avocat déplore que la « menace de l’ultradroite [soit] traitée par priorité dégressive, comme une menace secondaire », tandis que « la politique pénale antiterroriste est braquée quasi exclusivement sur les profils islamistes ».
« Trappes en est la démonstration sanglante », poursuit-il, relevant que « des individus radicalisés, entraînés au maniement d’armes de guerre, disposant de véritables arsenaux, préparent et passent à l’acte sans jamais être détectés ». « Ce terrorisme de l’ultradroite n’est-il pas finalement considéré comme s’il s’agissait d’actes purement isolés ? », a également interrogé Me Zineb Alami, avocate du père de Pengo Bossi Wangi, l’homme de 26 ans tué par Kevin Tessier, en conférence de presse, lundi 2 novembre, rappelant que le « drame de Trappes est né d’un climat de haine raciste qui ronge notre pays ».
Son confrère Arié Alimi, qui défend un jeune homme grièvement blessé dans l’attentat, alerte sur les « graves défaillances de la police et des services de renseignement, dont l’intervention aurait pu éviter le passage à l’acte ». Se fondant sur la « jurisprudence Samuel Paty », qui a vu la justice condamner lourdement les instigateurs de la cabale numérique contre le professeur, Me Alimi préconise d’« envisager la responsabilité pénale » des personnalités et médias d’extrême droite ayant alimenté le racisme de Kevin Tessier.
Antton Rouget
Passionné d’armes à feu, Kevin Tessier s’exerçait au tir depuis une décennie. « Mediapart » diffuse des images d’un de ses entraînements au fusil à pompe, sur un terrain vague, à quelques kilomètres du lieu de son attentat.
Kevin Tessier voulait commettre un carnage. Et il s’est entraîné pour. Sans la combinaison de trois facteurs (la tempête qui avait dissuadé les habitant·es de sortir dans les rues, l’enrayement de l’arme du tueur et l’intervention rapide d’un équipage de la brigade anticriminalité) pour l’interpeller, « nous aurions compté des dizaines, des centaines de morts peut-être », a estimé le maire de Trappes, Ali Rabeh, lors du rassemblement d’hommage aux victimes, vendredi 30 octobre.
Une semaine plus tôt, Kevin Tessier était apparu d’un « calme terrifiant », totalement « impassible » et « stoïque » tout au long de son escapade meurtrière, comme l’a relaté Le Parisien. Devant ses victimes comme au moment de son interpellation, le suprémaciste de 39 ans, sympathisant du Rassemblement national (RN), a fait montre d’une sérénité hors du commun qui peut s’expliquer, outre son niveau d’endoctrinement, par un entraînement poussé au maniement des armes.
D’après des témoignages et documents réunis par Mediapart, l’auteur de l’attentat s’exerçait en effet depuis des années à tirer au fusil sur des cibles. Passionné d’armes à feu, Kevin Tessier se rendait régulièrement sur un terrain vague situé sur la commune de Saint-Cyr-l’École, à quelques kilomètres de son domicile de l’époque mais aussi de Trappes, pour peaufiner sa technique, comme le prouve une vidéo que nous avons récupérée, et dont nous diffusons un extrait ci-dessous.
Sur ces images, tournées à l’été 2015, Kevin Tessier tire avec son fusil à pompe sur une pastèque, qu’il fait exploser avec une grande expression de joie. Équipé de gants noirs et de lunettes de soleil, il paraît déjà aguerri au maniement de ce type de matériel. Le jeune homme a ensuite continué à s’entraîner et à s’équiper, sans que ce goût prononcé pour les armes, doublé de sa xénophobie débordante, n’alerte qui que ce soit.
À plusieurs reprises, Kevin Tessier a expliqué à des proches qu’il parvenait à se procurer facilement ces armes en faisant ses achats sur le darknet, selon les témoignages recueillis par Mediapart. D’après ces mêmes sources, l’auteur de l’attentat, atteint de problèmes psychologiques et consommateur de produits stupéfiants (cannabis et cocaïne), affirmait aussi avoir obtenu une autorisation de détention d’arme et s’être inscrit dans un stand de tir – autorisation qui ne permet toutefois pas de circuler librement avec une arme sur soi.
En conférence de presse jeudi 29 octobre, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a déclaré que le trentenaire avait préparé son action en faisant l’acquisition, « dès le 3 septembre 2026 puis au cours de ce même mois, de plusieurs éléments d’armes de nature à renforcer l’efficacité tactique du pistolet mitrailleur Sten », dont il a fait usage dans les rues de Trappes et La Verrière.
Les enquêteurs ont également retrouvé un brassard « Police » et des menottes dans la voiture de Kevin Tessier, ainsi que d’autres « éléments d’armes » (chargeur, poings américains, baïonnette en acier et silencieux) dans son appartement, qui avait été piégé à l’aide de bonbonnes de gaz. À son domicile, l’auteur de l’attentat détenait aussi un exemplaire de Mein Kampf, ainsi que des dizaines d’autocollants confectionnés par ses soins avec les slogans « Vive la France, RN, fier d’être français », « 100 % français / vive la France » et « Soutien aux forces de l’ordre ».
Sollicités par Mediapart, ses avocats Baptiste Bellet et Eliott Amzallag n’ont pas souhaité commenter.
Précédents
Au moment où il se procure un premier fusil à pompe, en 2015, Kevin Tessier est déjà identifié pour ses idées racistes. « Il adorait par exemple [l’idéologue antisémite] Alain Soral. Il regardait ses vidéos sur internet », a par exemple raconté Yanis* à Mediapart. D’après cet ancien proche, Kevin Tessier, fan du jeu vidéo de guerre Call of Duty et adepte de la théorie fausse et criminelle du « grand remplacement », derrière laquelle il voit la main des juifs, était également « fasciné par Amedy Coulibaly », l’auteur de la prise d’otage de l’Hyper Cacher, dont les armes, apprendrait-on plus tard, avaient été vendues par un militant d’extrême droite.
Les années suivantes, tandis qu’il continue ses entraînements et qu’aucun de ses proches n’arrive à l’extraire d’une spirale raciste alimentée par des médias d’extrême droite, Kevin Tessier se montre parfois menaçant. À plusieurs reprises, ce soutien affirmé de Marine Le Pen, qui relaye la propagande d’extrême droite sur les réseaux sociaux, contacte des personnes racisées avec lesquelles il a grandi dans son quartier, promettant de les « tuer ».
Trois jours avant son passage à l’acte à Trappes, Kevin Tessier tabasse également un automobiliste noir croisé par hasard sur le parking d’une station-service de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), comme l’a révélé Mediapart. Auprès de TF1, la victime de l’attaque, Ahmed*, a relaté la violence de la scène – il a reçu du gaz lacrymogène sur le visage puis a été roué de coups après avoir demandé à son agresseur de déplacer son véhicule… – et des cris répétés de Kevin Tessier : « Je vais te tuer, je vais te tuer ! »
« On va se débarrasser de vous, on en a marre de vous », aurait également dit l’agresseur, d’après le souvenir d’Ahmed, qui a aussi fait part de sa surprise d’avoir été menotté lors de l’arrivée des policiers municipaux. Un déroulé confirmé par le procès-verbal d’interpellation qui a été rédigé puis transmis aux enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) chargés de l’enquête sur l’attentat de Trappes.
Questionnée par Mediapart, la maire de Levallois-Perret, Agnès Pottier-Dumas, justifie les conditions d’intervention des policiers municipaux. « Quand ils arrivent sur place, la victime est debout, éloignée, elle présente des traces de sang. Il apparaît qu’elle est très vindicative. On peut le comprendre car elle a été gazée. L’agresseur, lui, est tout à fait calme », situe-t-elle, pour expliquer pourquoi les agents ont dans un premier temps passé des menottes à Ahmed. « Cela a été très court », insiste la maire, vantant l’« intervention correcte » de ses équipes.
À 11 h 35, dix minutes après leur intervention, les agents municipaux conduisent Kevin Tessier, qui a reconnu avoir gazé et frappé Ahmed (lequel est pris en charge par les pompiers), au commissariat de police nationale. Le trentenaire échappe alors à une garde à vue, malgré l’usage d’une arme sur la voie publique et la violence de l’agression : entendu en audition libre, il se voit remettre une convocation, qu’il n’honorera pas, pour une nouvelle audition le vendredi 23 octobre, jour de l’attentat. En parallèle, l’employeur de Kevin Tessier enclenche une procédure de licenciement – l’altercation s’étant produite dans le cadre de son travail.
Comment un homme aussi dangereux, aussi visible, aussi facile à détecter, a-t-il pu passer à travers les radars de l’antiterrorisme ?
« Trois jours avant son acte abject, cet homme avait eu la preuve de ce que sa couleur blanche le préservait », estime Romain Ruiz, avocat d’une des victimes de l’attentat, considérant de Kevin Tessier a bénéficié d’un traitement de faveur. « Depuis dix ans, des hommes comme lui se préparent à une guerre civile que des théories criminelles comme celle du “grand remplacement” valident au quotidien », dénonce-t-il également.
« Comment un homme aussi dangereux, aussi visible, aussi facile à détecter, a-t-il pu passer à travers les radars de l’antiterrorisme ? », interroge aussi Me Yassine Bouzrou, qui défend plusieurs parties civiles. L’avocat déplore que la « menace de l’ultradroite [soit] traitée par priorité dégressive, comme une menace secondaire », tandis que « la politique pénale antiterroriste est braquée quasi exclusivement sur les profils islamistes ».
« Trappes en est la démonstration sanglante », poursuit-il, relevant que « des individus radicalisés, entraînés au maniement d’armes de guerre, disposant de véritables arsenaux, préparent et passent à l’acte sans jamais être détectés ». « Ce terrorisme de l’ultradroite n’est-il pas finalement considéré comme s’il s’agissait d’actes purement isolés ? », a également interrogé Me Zineb Alami, avocate du père de Pengo Bossi Wangi, l’homme de 26 ans tué par Kevin Tessier, en conférence de presse, lundi 2 novembre, rappelant que le « drame de Trappes est né d’un climat de haine raciste qui ronge notre pays ».
Son confrère Arié Alimi, qui défend un jeune homme grièvement blessé dans l’attentat, alerte sur les « graves défaillances de la police et des services de renseignement, dont l’intervention aurait pu éviter le passage à l’acte ». Se fondant sur la « jurisprudence Samuel Paty », qui a vu la justice condamner lourdement les instigateurs de la cabale numérique contre le professeur, Me Alimi préconise d’« envisager la responsabilité pénale » des personnalités et médias d’extrême droite ayant alimenté le racisme de Kevin Tessier.