Retour des masques dans les écoles primaires, le pari perdu de Macron

[ad_1] 2021-11-04 23:50:09 Revolution Permanente

Crédit photo : PATRICK HERTZOG / AFP

Ce mercredi, à l’issue d’un Conseil de défense et d’un Conseil des ministres, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a annoncé le retour de l’obligation du port du masque dans les écoles primaires dans 39 départements où le taux d’incidence a dépassé à nouveau le seuil d’alerte de contamination, à savoir 50 cas pour 100.000 habitants.

Dès ce lundi, un mois seulement après la levée de l’obligation, 61 départements au total seront donc concernés par la mesure. Ce retour du masque à l’école s’inscrit dans un contexte de rebond généralisé de l’épidémie à travers l’Europe, en Russie notamment. Une remontée des cas en France qui, malgré l’efficacité de la vaccination dans la baisse drastique du nombre de mort, illustre cependant encore une fois, la stratégie sanitaire erratique et particulièrement irresponsable du gouvernement.

En effet, déjà en septembre, le gouvernement annonçait la levée de l’obligation du masque dans le primaire contre l’avis du conseil scientifique qui alertait sur le risque d’une « épidémie pédiatrique à la rentrée ». Macron reprenait ainsi la posture de « l’épidémiologiste » et faisait de la levée des masques dans les écoles le symbole et le pari de sa gestion de la crise, sachant pertinemment l’effet électoral et politique du démasquage des enfants et de celui du retour des « jours heureux ». Un pari visiblement perdu, étant donné que, d’après les dernières publications de santé publique France, l’épidémie est à nouveau en hausse, avec une augmentation du taux d’incidence estimé à +14 %, et oblige le gouvernement a revoir à la baisse ses annonces, en l’occurrence, ici, la ré-obligation du port du masque dans les écoles, cependant, toujours aucun plan à côté.

Le ministère, lui, déclare « Outre le rétablissement du port du masque en intérieur pour les élèves des écoles élémentaires, le protocole prévoit des mesures de protection renforcées, notamment la limitation des brassages par niveau, l’augmentation de la fréquence des désinfections et le respect d’une distanciation physique adaptée pour les activités physiques et sportives mises en œuvre le plus rapidement possible », autrement dit, rien de nouveau, et toujours pas de moyens supplémentaires pour les écoles. Ce sera encore une fois aux travailleurs de composer avec les moyens du bord en l’absence de protocole sanitaire sérieux.

En effet, les récents choix du gouvernement ont, comme d’habitude, montré leur inefficacité voir leur résultat contre-productif, en septembre dernier, Catherine Nave-Beekhti, secrétaire générale du Syndicat de l’Education nationale (CGEN-CFDT), déclarait d’ailleurs :« Beaucoup d’épidémiologistes disent que les plus jeunes pourraient être le nouveau réservoir de l’épidémie […] lever cette mesure barrière [le masque] sans avoir amélioré les autres mesures barrières, et notamment la question de la ventilation et de l’aération des salles de classes, ce n’est pas une bonne chose. ».

Ainsi, c’est bien le manque de moyens dans les écoles, que les travailleurs de l’éducation nationale dénoncent depuis le début de la crise sanitaire, qui est la principale cause de la circulation du virus dans les écoles qui, à ce jour, ne semble toujours pas être au centre des préoccupations du gouvernement.

Le retour de cette mesure n’est donc que la suite logique de l’insuffisance du gouvernement et n’étonne d’ailleurs pas au sein du corps enseignants, comme le rapporte un article des Echos dans lequel, Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, estime que cet « effet yoyo » et « ces allers-retours risquent de créer de l’instabilité et de l’insécurité dans les écoles ». Une citation qui image bien cette stratégie du « stop and go » qui a été le squelette de la pseudo-stratégie de gestion de la crise par le gouvernement.

Contre l’autoritarisme de Macron qui ne jure que par un pass autoritaire pour en finir avec la crise – le prolongeant même jusqu’aux calendes grecques, il faut que les directions du monde ouvrier s’emparent de ces questions pour imposer par en bas une gestion de la crise avec la mise en place d’un plan sanitaire d’urgence pour endiguer une possible cinquième vague en gestation. Si la situation sanitaire ne peut être évaluée de façon catastrophiste étant donnée l’appui et l’apport massif de la vaccination d’une importante partie de la population, une nouvelle vague pourrait toucher particulièrement les populations les plus fragiles non-vaccinées ou faiblement vaccinées. Face à la politique de casse du service publique, il est aussi nécessaire d’exiger un véritable plus d’urgence pour l’hôpital publique.

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