BRÉSIL : SOULAGEMENT IN EXTREMIS

Après une soirée électorale mouvementée, Luiz Inácio Lula da Silva remporte les élections avec 50,9% des voix, moins d’1% d’avance (2 millions de voix) sur le candidat d’extrême-droite Jaïr Bolsonaro.
C’est évidemment un grand soulagement de se débarrasser d’un dirigeant fasciste. Pour autant, plusieurs régions seront gouvernées par des bolsonaristes dont celles de Brasília, Rio de Janeiro ou São Paulo, les trois plus importantes villes du pays.
Plusieurs vidéos témoignent d’une tentative de déstabilisation du scrutin, délibérément pilotée par Bolsonaro. La police des routes ainsi que l’armée ont effectué des contrôles illégaux et même des blocages, dans différents bastions où la majorité des habitants votent pour Lula.
Cette opération a finalement été annulée à moins de deux heures de la fermeture de certains bureaux de vote, et en dit long sur la dangerosité des intentions bolsonaristes et du poids de l’ancien militaire au sein de l’armée et de la police.
Le pays se retrouve polarisé avec deux bases électorales qui tendent majoritairement vers plus de radicalité. Un phénomène qui s’est également observé récemment au Chili ou en Colombie.
La gauche sud-américaine dispose d’un atout supplémentaire de taille pour agir à l’échelle du continent, malgré un rapport de force défavorable face aux géants industriels, appuyés par l’impérialisme américain qui reste le pire ennemi du continent et du globe. Elle va devoir dépasser ses pulsions libérales et aussi tirer des leçons des échecs du bolivarisme.
Lula a maintenant la très lourde responsabilité de gouverner dans un pays extrêmement divisé.
Première puissance économique du continent et moteur du G20, les enjeux sont colossaux sur le plan social, écologique et antiraciste.
Le spectre de la dictature fasciste plane toujours au-dessus du Brésil. La négrophobie y est endémique : nous parlons d’une nation bâtie sur l’esclavage et le massacre des populations indigènes.
Une partie de la majorité blanche assume dorénavant son désir de renouer avec la dictature et ses positions suprématistes.
L’appareil politique conséquent du PT va devoir construire avec ses bases populaires qui jadis faisait les grandes heures de l’altermondialisme. Non seulement dans les villes, mais aussi les campagnes où se joue une guerre écologique face à la mafia du bois et de l’agrobusiness pour la survie de l’Amazonie, des peuples indigènes et des paysans sans terre.
Le continent américain rassemble et synthétise tous les enjeux à l’échelle de la planète.
Au Brésil comme dans la plupart de ses pays frontaliers, il reste d’un côté une gauche évidemment imparfaite mais dont la ligne qui se dégage est clairement antiraciste, féministe, écologique et sociale.
De l’autre, un concordat entre l’impérialisme états-unien, le racisme, la lgbtqiphobie, le sexisme, l’ultra-libéralisme économique, l’agriculture intensive, le narcotrafic et des milices paramilitaires/policières.
C’est donc une question de vie ou de mort.
Ce vent du sud est un brin d’espoir dont nous avons besoin à l’échelle d’un monde en ruines.
➡️ Relire notre longue analyse à chaud au lendemain du premier tour sur les enjeux de cette élection : « Brésil : les enjeux d’un résultat serré. »
Peut être une image de plein air et texte qui dit ’BRÉSIL SOULAGEMENT LULA UL IN EXTREMIS’
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