Nus, à genoux, les yeux bandés : l’armée israélienne arrête des dizaines de civils palestiniens à Gaza

Nus, à genoux, les yeux bandés, l’armée israélienne a arrêté et déporté plusieurs dizaines de civils palestiniens qui occupaient deux centres d’hébergement de l’UNRWA situés dans des écoles au nord de Gaza ce jeudi en les faisant passer pour des combattants du Hamas. Des images qui témoignent de la volonté de déshumaniser et humilier tout un peuple.

Sayf Zalil

8 décembre

Nus, à genoux, les yeux bandés : l'armée israélienne arrête des dizaines de civils palestiniens à Gaza

Des dizaines de civils palestiniens arrêtés et déportés par l’armée israélienne ce jeudi 7 décembre 2023.

La scène a eu lieu à Beit Lahia dans le Nord de Gaza, ce jeudi 7 décembre 2023. Plusieurs dizaines d’hommes, nus, à genoux, un bandeau sur les yeux. Autour d’eux, des soldats israéliens, armés et lourdement équipés. Sur une autre image, les mêmes hommes, transportés à l’arrière d’un camion militaire, à l’image des « animaux humains » dont parlait Yoav Galant, le ministre de la défense israélien au sujet des palestiniens.

Avant de se faire arrêter, violenter et déshabiller par Tsahal, ces hommes occupaient deux centres d’hébergement de l’UNRWA – l’agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens – situés dans les écoles de Khalifa Bin Zayed et New Alep. Présentés sur X par plusieurs comptes pro-israéliens comme des « terroristes du Hamas », l’ONG Euro-Med Human Rights Monitor explique qu’il s’agit en réalité de dizaines de civils palestiniens. Elle dénonce une « campagne d’arrestations aléatoires et arbitraires contre des personnes déplacées, parmi lesquelles des docteurs, des journalistes et des hommes âgés. »

Parmi eux figure notamment le journaliste Diaa Al-Kahlot, qui travaille pour le média The New Arab à Gaza. Le journal rapporte notamment le témoignage de la sœur de son correspondant, qui indique qu’il a été « contraint sous la menace d’une arme de quitter sa fille handicapée de sept ans », avant d’être « emmené, déshabillé et battu par les forces israéliennes ».

« L’arrestation de Diaa Al-Kahlout s’inscrit dans le cadre des violations continues perpétrées par les forces israéliennes contre les journalistes depuis le 7 octobre » dénonce The New Arab. En effet, depuis le début de l’offensive militaire israélienne à Gaza, les journalistes sur place subissent une répression violente de la part de Tsahal.

Par ailleurs, un témoin cité par Euro-Med Human Rights Monitor a déclaré avoir vu au moins sept autres jeunes palestiniens tués pour avoir refusé de se déshabiller et de se conformer aux ordres humiliants des soldats israéliens. L’ONG relate également que « des membres de l’armée israélienne s’en prenaient à tous ceux qui tentaient de partir, même s’ils brandissaient des drapeaux blancs ».

Les images, elles, ne sont pas sans rappeler celles prises par l’armée américaine dans la prison d’Abou Ghraïb en Irak après l’invasion de 2003, comme le rappelle le militant antiraciste Youcef Brakni sur X. Symbole de l’oppression la plus crue, elles témoignent de la volonté des forces armées israéliennes d’humilier et de déshumaniser tout un peuple, « pour briser l’esprit de la résistance ».

Par conséquent, à l’heure où Macron et son gouvernement criminalisent la solidarité avec le peuple palestinien et où les grands médias défendent becs et ongles le récit colonial, l’ensemble des organisations du monde du travail, de la jeunesse et pour la défense des droits démocratiques, doivent plus que jamais dénoncer le génocide en cours, exiger l’arrêt des massacres et de la colonisation, et défendre le droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

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