21 janvier : dans la rue contre la loi immigration et pour un tournant stratégique face aux attaques de Macron

Ce dimanche aura lieu une manifestation contre la loi immigration à l’appel des directions syndicales. Il faudra y être nombreux, tout en portant une stratégie alternative à celle des organisateurs qui a conduit les collectifs de sans-papiers à refuser de manifester.

Paul Morao

19 janvier

Crédit photo : O Phil des Contrastes

Ce dimanche, des mobilisations contre la loi immigration auront lieu partout en France à l’appel de « 201 personnalités ». Parmi elles, des dirigeant·e·s des principales organisations syndicales (CGT, CFDT, UNSA, Solidaires), des représentants de différentes forces politiques, mais également des personnalités de la culture. Une date qui, une semaine après les mobilisations du 14 janvier qui ont réuni des milliers de personnes, doit permettre de poursuivre la dénonciation du projet mortifère.

Alors que la semaine a été marquée par l’annonce de nouvelles offensives de Macron, il faudra donc être massifs le 21, contre la loi immigration, contre toutes les lois racistes et contre les attaques à venir du gouvernement Attal. Pour cela, la journée de dimanche devra cependant être l’occasion de discuter de stratégie. En effet, si cet appel est une bonne nouvelle après des mois de silence des directions syndicales, il est entièrement centré sur une logique d’interpellation du pouvoir.

Dans le texte à l’origine de la mobilisation, Emmanuel Macron est ciblé, pas pour dénoncer son rôle central dans l’offensive en cours, mais pour lui tendre la main : « soucieux de rassemblement et de solidarité plutôt que de division sans fin de notre société, nous demandons au Président de la République de ne pas promulguer cette loi ». Cette approche conciliatrice a conduit à intégrer jusqu’à des députés bourgeois parmi les signataires de l’appel, à l’image de la députée Renaissance Cécile Rilhac, fervente macroniste.

Une alliance dont Sophie Binet synthétisait la logique sur Mediapart ce jeudi en citant Aragon : « Quand les blés sont sous la grêle / Fou qui fait le délicat. » La dirigeante de la CGT a oublié de mentionner que cette logique a conduit les organisateurs à choisir minutieusement leurs alliés, en écartant les collectifs de sans-papiers [1] et en boycottant leur mobilisation du 14 janvier, alors qu’ils mènent le combat contre la loi immigration et pour la régularisation de tous les sans-papiers depuis 1 an.

Une politique face à laquelle les collectifs de sans-papiers ont décidé de ne pas manifester dimanche 21. Un choix radical, qui en dit long sur la colère suscitée par l’attitude des organisateurs, au premier rang desquels les directions syndicales. Celles-ci semblent vouloir reproduire en plus petit la stratégie qui a conduit à la défaite le mouvement des retraites : mobiliser sur le plus petit dénominateur commun, en écartant des revendications élémentaires des sans-papiers et en proposant une stratégie de pression respectueuse du pouvoir.

Comme il y a 6 mois, ce plan est une impasse. Pourtant, les directions syndicales conservent comme boussole le dialogue social, comme l’a montré la rencontre de Sophie Binet avec Gabriel Attal au lendemain des annonces d’attaques en cascade de Macron contre l’école, le monde du travail et les chômeurs. C’est d’une logique totalement différente que nous avons besoin : un plan pour construire un rapport de forces, déployer l’énergie des masses, en construisant une stratégie qui articule la lutte contre la loi immigration avec celle pour la régularisation de tous les sans-papiers, les salaires, les retraites et les services publics, sans oublier Gaza.

Une telle perspective est la seule à même de tisser l’alliance entre l’ensemble des secteurs du monde du travail, de la jeunesse et des classes populaires, pour s’opposer aux attaques du gouvernement et à l’influence croissante de l’extrême-droite. C’est pour défendre cette logique que nous serons présents dimanche avec Révolution Permanente.

[1Plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers accompagnés par la CGT depuis octobre seront en revanche présents a expliqué Sophie Binet sur Mediapart, sans mentionner le débat ouvert avec les collectifs autonomes de travailleurs sans-papiers.

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