La meute médiatique, le retour ?

🔴La meute médiatique, le retour ? Manuel Bompard, Rima Hassan et Paul Vannier publient leurs réponses à Charlotte Belaïch et Olivier Pérou
Vous avez économisé 22 euros en refusant d’acheter la première version de la Meute ? Vous pourrez bientôt économiser la même somme au printemps prochain. D’après les informations transmises à l’Insoumission, les journalistes propagandistes Olivier Pérou et Charlotte Belaïch ont l’ambition de publier au printemps prochain une « version actualisée » de leur ouvrage de fiction à charge contre la France insoumise.
Rappelez-vous, la Meute est cet ouvrage qui s’appuie sur des citations mensongères, des fausses rumeurs, des ragots vieux de dix ans, des SMS privés hors contexte et bien d’autres mécanismes frauduleux. Les salissures, notamment sexistes, y sont nombreuses. Les insoumis sont animalisés et décrits comme décérébrés. Les femmes y sont décrites comme sorcières ou manipulées parce que femmes.
Ce livre et le traitement médiatique d’une violence inouïe contre LFI qu’il organise peut néanmoins livrer des enseignements que des observatoires indépendants, tels qu’Acrimed, ont analysé de long en large. Il est une photographie de l’état du journalisme politique en France : construire du spectacle tout en cherchant à disqualifier un mouvement politique qui progresse constamment, élection après élection. Il montre comment des journalistes assument être passés au statut de propagandiste en foulant aux pieds les principes déontologiques de la Charte de Munich qui organise l’ensemble des obligations dévolues aux journalistes.
En vue de la “Meute 2”, trois dirigeants de la France insoumise ont reçu une série de questions adressées par Olivier Pérou et Charlotte Belaïch. Pour se prémunir des intentions manipulatoires de ces auteurs anti-LFI, ces trois dirigeants ont choisi de contacter l’Insoumission pour publier l’intégralité des questions adressées, et des réponses faites en retour. Pour que chacun puisse juger de la malhonnêteté des questions, des obsessions qu’elles révèlent et puisse vérifier comment ces éléments seront répercuté dans leur « ouvrage »
La position intégrale de la LFI au sujet de cette controverse

eute. Vous avez économisé 22 euros en refusant d’acheter la première version de la Meute ? Vous pourrez bientôt économiser la même somme au printemps prochain. D’après les informations transmises à l’Insoumission, les journalistes propagandistes Olivier Pérou et Charlotte Belaïch ont l’ambition de publier au printemps prochain une « version actualisée » de leur ouvrage de fiction à charge contre la France insoumise.

Rappelez-vous, la Meute est cet ouvrage qui s’appuie sur des citations mensongères, des fausses rumeurs, des ragots vieux de dix ans, des SMS privés hors contexte et bien d’autres mécanismes frauduleux. Les salissures, notamment sexistes, y sont nombreuses. Les insoumis sont animalisés et décrits comme décérébrés. Les femmes y sont décrites comme sorcières ou manipulées parce que femmes.

Ce livre et le traitement médiatique d’une violence inouïe contre LFI qu’il organise peut néanmoins livrer des enseignements que des observatoires indépendants, tels qu’Acrimed, ont analysé de long en large. Il est une photographie de l’état du journalisme politique en France : construire du spectacle tout en cherchant à disqualifier un mouvement politique qui progresse constamment, élection après élection. Il montre comment des journalistes assument être passés au statut de propagandiste en foulant aux pieds les principes déontologiques de la Charte de Munich qui organise l’ensemble des obligations dévolues aux journalistes.

En vue de la “Meute 2”, trois dirigeants de la France insoumise ont reçu une série de questions adressées par Olivier Pérou et Charlotte Belaïch. Pour se prémunir des intentions manipulatoires de ces auteurs anti-LFI, ces trois dirigeants ont choisi de contacter l’Insoumission pour publier l’intégralité des questions adressées, et des réponses faites en retour. Pour que chacun puisse juger de la malhonnêteté des questions, des obsessions qu’elles révèlent et puisse vérifier comment ces éléments seront répercuté dans leur « ouvrage »

Manuel Bompard publie les questions reçues et ses réponses

Les propagandistes Olivier Pérou et Charlotte Belaïch ont l’ambition de publier au printemps prochain une « version actualisée » de leur tract anti-LFI. Il est vrai qu’ayant gagné chacun plusieurs dizaines de milliers d’euros en insultant l’ensemble des militants de la France insoumise, on comprend leur envie de recommencer.

Néanmoins, puisqu’ils n’avaient respecté aucune des règles déontologiques de base pour leur première publication et s’étaient permis de nous diffamer, de dévoiler des éléments de nos vies privées, d’animaliser les militants insoumis ou d’inventer des fausses citations, nous avons refusé de les rencontrer. Nous leur avons demandé de nous transmettre leurs questions par écrit afin que nous puissions y répondre. À leur réception, j’ai été choqué de cette série de questions que l’on retrouve d’habitude plutôt sur CNEWS ou dans le Journal du Dimanche.

Comme mes autres collègues, je diffuse donc ici, en totale transparence, l’ensemble de leurs questions et de mes réponses. Chacun pourra ainsi être juge de la malhonnêteté des questions, des obsessions qu’elles révèlent et pourra vérifier comment ces éléments seront répercutés dans leur « ouvrage ».

Question : Connaissez-vous Soufiane Iquioussen et Youssouf Feddal ? Sont-ils des militants de la France insoumise ?

Le Point et Valeurs Actuelles m’ont déjà interrogé à ce sujet. Je suis choqué de voir que les frontières de la presse d’extrême droite semblent de plus en plus poreuses. Je ne connais pas Youssouf Feddal. J’ai croisé Soufiane Iquioussen lors de réunions publiques de la France insoumise. Je vous confirme qu’il milite au sein d’un groupe d’action de la France insoumise de Denain. Plus largement, je ne comprends pas votre acharnement et celui de la presse d’extrême droite contre ces personnes. Est-ce parce qu’ils s’appellent Sofiane et Youssouf ? Si oui, je vous rappelle que tout citoyen a le droit de s’engager en politique. Est-ce parce que Soufiane Iquioussen est le fils de Hassan Iquioussen ? Si oui, je crois utile de vous rappeler qu’une personne n’est pas responsable des prises de positions ou des actions de son père. Surtout quand il s’en est démarqué. Ce n’est pas le cas de tous. Par exemple, Marine Le Pen a indiqué que son plus grand regret était l’exclusion de son père Jean-Marie Le Pen du Rassemblement National. Je n’ai pas l’impression que vous y ayez consacré un ouvrage.

Question : Dans une vidéo publiée par Libération, Nathalie Oziol déclare de ne pas être d’accord pour qualifier l’assassin de Samuel Paty de “fanatique musulman” ? Êtes-vous d’accord avec son point de vue ? Comprenez-vous que cela ait choqué la sœur de Samuel Paty, Mickaelle Paty ?

Comme lors de la publication de l’article de Libération, vous omettez de dire que Nathalie Oziol le qualifie dans la même vidéo de terroriste islamiste. Je partage son point de vue. Comme elle, je crois en effet nécessaire de ne pas utiliser des termes qui pourraient amalgamer l’ensemble des musulmans avec les actions d’un terroriste. Je suis surpris que des « journalistes » du Monde et de Libération nient l’importance de ce choix des mots dans un contexte de montée vertigineuse de l’islamophobie. J’ai lu que Madame Michaëlle Paty reprochait à Nathalie Oziol de “refuser de nommer l’idéologie islamiste”.

C’est pourtant bien ce qu’elle fait en qualifiant l’assassin de terroriste islamiste. Je pense donc qu’elle a pu être induite en erreur par le traitement mensonger du journal Libération et je le regrette. Mais je n’ai nullement l’intention de polémiquer avec elle. Je comprends tout à fait son émotion et nos principes ont toujours été de refuser de faire de la politique sur des drames. Je pense d’ailleurs que vous vous grandiriez à faire de même. Je m’interroge par ailleurs sur le fait que cette cabale contre Nathalie Oziol puisse être liée à sa candidature aux élections municipales de Montpellier.

Il est vrai que le journal Libération a co-organisé, avec la municipalité socialiste actuelle de Montpellier, un forum en 2023 pour vanter les politiques mises en place dans cette ville. Le coût de ce forum était estimé par le site http://montpellier-journal.fr à plus de 100 000 euros pour la collectivité. On peut donc légitimement se poser la question de savoir s’il n’y aurait pas ici une sorte de contrepartie.

Question : Selon nos informations, Aymeric Caron a été désigné par le comité électoral de LFI pour porter la candidature de son mouvement REV, soutenu par la France insoumise, à la mairie du 18e arrondissement à Paris. Pourtant, c’est Danièle Obono qui sera finalement la candidate. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Comme trop souvent à mon goût, vos informations sont inexactes. La tête de liste pour la mairie du 18ème arrondissement de Paris a en effet été proposée à Aymeric Caron dans le cadre de la préparation des élections municipales à Paris. Celui-ci ayant posé d’autres conditions que nous avons refusées, il a finalement décliné cette proposition. C’est donc Danièle Obono qui a été choisie par les militants insoumis du 18ème arrondissement de Paris, ainsi que par le comité électoral de la France insoumise, pour conduire cette liste. Elle est une très bonne députée, elle sera une très bonne maire.

Question : Que pensez-vous des propos de M. Chikirou, tenus en 2018 dans un SMS, concernant des journalistes du Média – “cette bande de tafioles de merde” ? Selon vous, est-ce que ces mots « entretiennent et banalisent l’homophobie », comme l’a regretté SOS homophobie à l’époque, ou est-ce du “second degré” comme l’a exprimé M. Coquerel ?

Je vous mets au défi de prouver votre affirmation dans laquelle vous prétendez qu’Eric Coquerel aurait affirmé que ces propos précis relevaient du second degré. Il n’a jamais dit ça. Je vous rappelle que le travail de journalistes doit s’appuyer sur des faits vérifiés, et non sur des interprétations basées sur une seule volonté de nuire. Je vous remercie d’ailleurs de rappeler aussi ce principe aux journalistes de Libération qui ont repris ce mensonge comme titre d’un de leur dernier article. Eric Coquerel a condamné les procédés consistant à nous sommer de réagir sur des soi-disants extraits de conversations privées datant d’il y a près de 10 ans. Je partage pleinement son point de vue. Quant à Sophia Chikirou, elle a déjà répondu à vos accusations mensongères. Elle n’est évidemment pas homophobe. Comme elle et comme tous mes collègues, je condamne absolument toute forme d’homophobie que je combats au quotidien, comme peuvent en attester nos déclarations publiques et nos votes à l’Assemblée Nationale. Je partage pleinement le point de vue des associations sur la nécessité de refuser tous les propos qui l’entretiennent ou la banalisent.

Question : Le 9 juin dernier, lors d’un rassemblement place de la République à Paris en soutien à Rima Hassan, Sophia Chikirou scandait « From the river to the sea » (« de la rivière à la mer ») à la tribune. Ce slogan est-il la position officielle du mouvement sur l’Etat d’Israël ? Défendez-vous toujours une solution à deux Etats ?

Il est problématique que vous posiez des questions auxquelles nous avons déjà largement répondu, notamment Rima Hassan dans un tweet du 17 mars 2024 et sur de multiples plateaux télévisions. Est-ce parce que la réponse ne convient pas à l’image mensongère que vous voulez construire de la France insoumise ? Je répète donc : oui, la France insoumise est favorable à l’égalité des droits pour les Palestiniens « de la rivière à la mer ».

Cela inclut la création d’un état palestinien libre et souverain dans les territoires définis par les résolutions de l’ONU de 1967, ainsi que la fin de l’apartheid (reconnu par l’avis de la Cour Internationale de Justice du 19 juillet 2024) dans le territoire de l’état d’Israël. Cette idée devrait normalement rassembler largement les militantes et les militants de l’égalité et du respect des droits humains. Je peux comprendre qu’elle choque les suprémacistes du gouvernement du criminel de guerre Netanyahu et de ses complices.

Mais je suis surpris qu’elle semble aussi poser problème à des personnes rattachées à Libération et au journal Le Monde, qui prétendent plutôt s’inscrire dans un courant de pensée humaniste et égalitaire.

Question : Le 20 octobre 2025, Rima Hassan a relayé un article rapportant les exécutions menées par le Hamas contre des Palestiniens accusés de collaboration avec Israël, avec le commentaire “one by one”. Que pensez-vous de ce commentaire ?

L’article dont vous parlez évoquait la « traque, un par un, des groupes qui ont collaboré avec l’armée israélienne à Gaza ». Il est en effet désormais de notoriété publique que le gouvernement de Netanyahu a soutenu et financé des milices armées affiliées à l’Etat islamique pour l’aider dans sa guerre génocidaire à Gaza. Comme Rima Hassan, je défends l’idée que les membres de ces milices doivent être retrouvés un par un et traduit devant les juridictions compétentes.

Je n’ignore pas le sous-entendu de votre question qui a déjà largement été développé sur la chaîne CNEWS pendant plusieurs jours. Je suis donc désolé de vous décevoir. Mais non, la France insoumise ne défend pas l’idée que l’on répond à une complicité de crime contre l’humanité par des exécutions. Nous considérons au contraire que notre réponse en toutes circonstances doit s’appuyer sur la justice pour juger et condamner les coupables.

C’est pourquoi, contrairement à l’extrême droite et aux macronistes, nous avons toujours réaffirmé notre soutien plein et entier aux mandats d’arrêt délivrés par la Cour Pénale Internationale contre Netanyahu et ses complices. Et c’est pourquoi nous sommes scandalisés de la décision du président Macron d’autoriser le survol de notre espace aérien par cet individu.

Question : En janvier 2025, lors du vote sur la résolution appelant à la libération de Boualem Sansal au parlement européen, avez-vous donné votre aval à Rima Hassan pour que le groupe insoumis vote contre ?

La direction de la France insoumise échange régulièrement avec ses groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, comme au Parlement européen. C’est en effet très utile afin de faciliter les initiatives communes dans chacune des assemblées où nous siégeons. Nous avons donc échangé sur ce sujet, comme sur d’autres, avec les eurodéputés de la France insoumise. Comme à l’Assemblée nationale, la situation inacceptable de Boualem Sansal a été utilisée par la droite extrême et par l’extrême droite au service d’une stratégie d’affrontement avec l’Algérie, dans un objectif politicien de réactiver en France un clivage issu de la guerre d’Algérie.

Le sujet de cette résolution n’était en réalité pas la demande de libération de Boualem Sansal que nous avons évidemment soutenue, comme celle du journaliste Christophe Gleizes, encore détenu aujourd’hui. Le véritable sujet était la tentative d’escalade avec l’Algérie, attestée par des passages de la résolution relatifs à la remise en cause de l’accord entre l’Union européenne et l’Algérie, ou évoquant l’immigration algérienne dans les pays de l’Union européenne.

Nous avons d’ailleurs prouvé cette hypocrisie quelques semaines plus tard à l’Assemblée nationale quand la droite et l’extrême droite ont refusé l’amendement des députés insoumis afin de transformer la résolution soumise au vote pour la concentrer sur la seule exigence de libération de Boualem Sansal. Tous les militants et parlementaires de la France insoumise assument pleinement de refuser absolument toute tentative de rouvrir en France les vieilles blessures issues de la guerre d’Algérie. C’est pourquoi nous avons combattu notamment les provocations de l’ancien ministre de l’intérieur Bruno Retailleau et les instrumentalisations à cette fin de la situation de Boualem Sansal.

Je note d’ailleurs que Boualem Sansal lui-même a indiqué que ces attitudes ont pu constituer des obstacles pour sa libération.

Question : Interpellé sur X par un internaute qui lui demandait si “la raison pour laquelle Israël n’est pas sanctionné, c’est parce qu’il (s’agit d’)un État juif”, Aymeric Caron avait répondu “oui”. A l’époque, lui avez-vous demandé de clarifier son propos ?

Je n’ai pas l’habitude de dévoiler mes conversations privées. Aymeric Caron a lui-même précisé et documenté son point de vue dans un tweet du 24 juillet 2025. Il y rappelle les travaux de l’historienne Sophie Bessis à propos de l’impunité du gouvernement israélien face aux multiples violations du droit international. Il y dénonce les accusations grotesques du gouvernement Netanyahu qui transforme toute contestation de son action comme une forme d’antisémitisme. Je partage pleinement ce point de vue.

Question : Plusieurs députés insoumis nous racontent que des projections électorales en cas de dissolution leur ont été récemment présentées. Dans ce scénario, le groupe LFI pourrait passer de 70 à 20 députés. Selon plusieurs témoignages, vous estimez toutefois qu’une  «victoire à la présidentielle assurerait une vague aux législatives» qui suivraient. Confirmez-vous la teneur de ces propos ?

Vos informations sont à nouveau inexactes ou biaisées. J’atteste sur l’honneur qu’il n’y a jamais eu de projections électorales présentées en réunion de groupe parlementaire de la France insoumise, ni dans aucune instance de notre mouvement. Aucune projection de ce type n’a d’ailleurs été réalisée par nos équipes.

Je vous mets au défi de prouver l’inverse, autrement que par des citations trafiquées qui sont votre marque de fabrique. J’assume par contre pleinement avoir dit que la stratégie de la France insoumise ne serait jamais guidée par des intérêts politiciens. Dès lors, je revendique avoir déclaré en réunion d’intergroupe parlementaire de la France insoumise que notre décision de censure du gouvernement Lecornu ne dépendrait jamais du nombre de députés que les sondeurs voudraient bien nous accorder dans l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale et de l’organisation de nouvelles élections législatives. La France insoumise n’agit pas pour elle-même, mais pour ce qu’elle pense juste pour notre peuple.

Quant à la dernière partie de votre question, il ne me semble pas avoir besoin d’une très longue connaissance de nos institutions et de notre histoire politique pour savoir que le nombre de députés aux élections législatives dépend généralement assez fortement du résultat réalisé lors des élections présidentielles quand elles les précèdent de quelques semaines.

Question : Avez-vous affirmé devant Lucie Castets que tout n’est pas théorisé à LFI, mais que le mouvement  “gère aussi les débordements des uns et des autres” ?

Je vois que vous semblez vous intéresser de près à mes conversations privées. Cela pourrait presque être flatteur pour moi si ce n’était pas en permanence pour tenter de nuire à la France insoumise. Je vous précise donc que je n’ai jamais prononcé cette phrase. Je vous confirme toutefois que, de mon point de vue, la France insoumise dispose de la stratégie et du programme les plus solidement travaillés et théorisés.

C’est sans doute la raison pour laquelle ce mouvement a réussi en moins de 10 ans à devenir l’une des principales forces politiques du pays, à représenter le 3ème groupe parlementaire le plus important à l’Assemblée nationale et à fédérer des centaines de milliers de personnes partout dans le pays. Certes, contrairement à vous sans-doute, je n’aurais pas l’arrogance de considérer que nous ne faisons jamais d’erreur. Il peut en effet arriver qu’un mot soit mal choisi ou une expression ne résume pas parfaitement notre point de vue. Nous ne sommes que des êtres humains.

La France insoumise en a d’ailleurs largement subi les conséquences, à travers d’intenses campagnes de dénigrement parfaitement injustes auxquelles vous avez d’ailleurs largement participé. Mais nous ne sommes pas naïfs pour autant. Nous savons surtout que la cause de cet acharnement se trouve dans les intérêts économiques et de pouvoir que l’application de notre programme pourrait déranger. Puisque nous n’avons pas l’intention de l’abandonner et voulons rester fidèle en toutes circonstances à la parole donnée devant le peuple, nous avons compris que nous étions condamnés à subir ces calomnies chaque fois que nous ne serons pas parfaits. C’est pourquoi nous cherchons chaque jour qui passe à être meilleur, à faire mieux. Nous y travaillons d’arrache-pied. C’est un objectif auquel vous devriez réfléchir également.

Rima Hassan publie les questions reçues et ses réponses

J’ai été contacté par Olivier Pérou (« Le Monde ») et Charlotte Belaïch (« Libération ») pour répondre à leurs questions dans le cadre de la préparation de La Meute 2. Ayant déjà démontré leur mépris des règles déontologiques, diffamations, atteintes à la vie privée, citations inventées, j’ai exigé des questions écrites. Sans surprise, celles-ci étaient dignes des plateaux de CNEWS ou du JDD et je refuse donc de les rencontrer. Pour protéger les lecteurs de leurs méthodes et garantir la transparence, je publie donc l’intégralité des questions qu’ils m’ont adressées le 24 novembre ainsi que mes réponses, afin que chacun puisse juger par lui-même de leurs procédés et de la manière dont ils déformeront les faits dans leur second ouvrage.

Question : Pourquoi avoir défendu le votre contre la résolution appelant à la libération de Boualem Sansal en janvier 2025 ? Avez-vous demandé à vos collègues insoumis de voter contre ?

Le texte dont il est question a été mis à l’agenda par une coalition de la droite et de l’extrême droite ; il a notamment été signé par Marion Le Pen. Le cas de Sansal a été instrumentalisé à des fins d’ingérence et d’escalade diplomatique avec un pays voisin de l’UE. Par exemple, des amendements ont été déposés pour y introduire la question de l’immigration algérienne, le cas des influenceurs algériens ou encore la remise en cause de l’accord UE–Algérie. Je défendais évidemment le respect des droits fondamentaux de M. Sansal et j’ai moi-même déposé des amendements pour améliorer ce texte, qui n’ont pas été adoptés : https://europarl.europa.eu/doceo/document/RC-10-2025-0087-AM-004-006_FR.pdf

La version finale de la résolution telle que proposée ne relève pas d’une réelle volonté de défendre les droits humains. J’ai assisté à toutes les prises de parole du débat sur le sujet, dont l’essentiel des prises de position était monopolisé par des députés français issus de la droite et de l’extrême droite, surtout pour critiquer l’Algérie. Voter contre cette résolution ne signifiait pas être défavorable à la libération de Sansal, mais bien s’opposer à la manière dont son cas était instrumentalisé et se désolidariser de la manière dont il était porté politiquement par l’extrême droite. Boualem Sansal lui-même a rejeté ce soutien de l’extrême droite.

Dans cette histoire, il est important de souligner la responsabilité de l’État français, qui n’a pas utilisé l’ensemble des moyens diplomatiques apaisés à sa portée pour obtenir la libération de Boualem Sansal. Enfin, il faut noter que mon vote au Parlement européen a donné lieu à plus de 50 000 mentions sur X et à 62 articles en 48 h. La plupart de ces articles titraient avec mon nom et ma position.

Pourtant, lorsque les écologistes et les socialistes de l’Assemblée nationale se sont largement abstenus lors du vote d’une résolution appelant à la libération de Boualem Sansal en commission des affaires étrangères, et que même François Hollande et Olivier Faure n’étaient pas présents pour le vote, il n’y a eu aucun emballement ni médiatique ni politique. Cela révèle à quel point ce sujet a été instrumentalisé politiquement avec un biais raciste. Dans le cadre de mon poste de coordinatrice de la sous-commission Droits de l’homme pour The Left, je fais des recommandations de vote qui sont alignées avec mon travail et mes convictions, mais chaque député est ensuite libre de voter ce qu’il souhaite.

Question : Le 18 décembre 2024, vous avez rencontré l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles. Quel était l’objet de ce rendez-vous ? Cette rencontre a été déclarée, conformément au règlement du Parlement européen.

Il s’agissait d’une rencontre parfaitement habituelle dans les commissions Affaires étrangères et la sous-commission Droits humains dans lesquelles je siège. Dans le cadre de ce travail, je ne rencontre pas que des acteurs étatiques mais également des défenseurs des droits humains en Algérie, comme le 5 novembre, où j’ai rencontré des représentants d’EuroMed Rights afin de discuter de la situation des droits humains en Algérie.

Question : Le 16 août 2024, vous avez participé à une manifestation à Amman, en Jordanie. Quel était l’objet de cette manifestation ?

Il s’agissait d’une manifestation hebdomadaire organisée à Amman tous les vendredis en soutien à Gaza.

Question : Qu’avez vous pensé des pancartes brandies en hommage au chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh ?

Il ne s’agissait pas d’une manifestation organisée en soutien au Hamas, mais dans cette région et lors de ces manifestations, il y a des manifestants avec différentes sensibilités politiques et des soutiens à différentes forces palestiniennes que je ne peux pas prévoir ou contrôler.

Question : Début 2024, avant la chute de Bachar al Assad, vous vous êtes rendue en Syrie. Comment avez-vous organisé ce voyage ?

Bien que le régime ai changé depuis, j’invite ces journalistes à rentrer en contact avec les services diplomatiques syriens pour qu’ils expliquent, qu’au moment où je m’y suis rendue, une réfugiée palestinienne qui détient ses documents et qui a un passeport français pouvait parfaitement rentrer en Syrie pour se rendre dans les camps de réfugiés palestiniens. Pour se rendre dans les camps, il fallait passer par un bureau de taxi habilité, qui avait des autorisations pour faire ces trajets. Ce sont surtout les hommes appelés au service militaire pour lesquels il y avait des risques à se rendre en Syrie. Par ailleurs, laisser sous-entendre que je serais privilégiée en Syrie est indécent : ma famille a vécu de nombreux sièges imposés par le régime ces dernières années. Les entrées et sorties des camps étaient contrôlées par le régime syrien, qui n’hésitait pas à venir chercher des hommes palestiniens directement dans leur foyer. J’ai pris des risques pour y aller en passant plus d’une vingtaine de checkpoints, mais j’y suis surtout allée pour voir mon père, très affaibli par la maladie, après 20 ans d’exil. Aucun de mes frères ne peut s’y rendre précisément parce qu’ils sont appelés au service militaire et qu’ils pourraient être arrêtés par le régime.

Question : Le 20 octobre 2025, vous avez relayé un article rapportant les exécutions menées par le Hamas à Gaza contre des Palestiniens accusés de collaboration avec Israël, avec le commentaire “one by one”. Que vouliez-vous dire avec ces trois mots ?

La traduction exacte de l’article portait sur la « traque, un par un, des groupes qui ont collaboré avec l’armée israélienne à Gaza ». L’article portait sur la réponse globale des Palestiniens à Gaza à la collaboration de certaines milices et gangs affiliés à l’État islamique, soutenus et financés par Israël. La glorification des exécutions que l’on cherche à m’imputer ne relève que des tentatives de manipulations grossières et habituelles de la droite et de l’extrême droite. Oui, tous ceux qui ont collaboré avec le régime génocidaire devront répondre de leurs actes.

Paul Vannier publie les questions reçues et ses réponses

J’ai reçu le 13 novembre 2025 un SMS signé de Mme Belaich de « Libération » et de M. Pérou du journal « Le Monde ») me proposant de répondre “à nouveau” à leurs questions dans la perspective de la publication de l’ouvrage La Meute 2.

Une invitation fondée sur un mensonge puisque je n’ai jamais été sollicité pour répondre à ces deux personnages au moment de la publication du pamphlet La Meute, somme complotiste anti-LFI dépourvue de tout contradictoire concernant notamment les allégations qu’il contient à mon propos et que je réfute.

Puisque Mme Belaich et M. Pérou ont fait la démonstration de leur mépris pour les fondements déontologiques du métier de journaliste et pour leurs lecteurs qu’ils n’ont aucun scrupule à désinformer, pour prémunir ces derniers de leurs intentions manipulatoires, j’ai choisi de publier l’intégralité de mes réponses à leurs questions qui m’ont été adressées le 21 novembre.

Question : En février 2025, en réponse à un courrier de Cédric Brun concernant Soufiane Iquioussen, vous écrivez : “votre courrier fait état de vos échanges avec les services du renseignement territorial de votre département. Je reste pour ma part convaincu que les choix électoraux de LFI se discutent avec les insoumis plutôt qu’avec les représentants du ministère de l’intérieur”. Ses inquiétudes, comme celles exprimées par d’autres militants de la région, vous ont-elles alerté ?

Le courrier de M. Brun m’a en effet alerté. Il n’est pas fréquent qu’un individu se présentant comme militant insoumis face état de ses supposés échanges avec le renseignement territorial afin d’obtenir un arbitrage politique. Le ton outrancier, le caractère confus, contradictoire voir complotiste, des propos de M. Brun, m’a immédiatement paru s’inscrire dans une visée provocatrice.

Je constate que M. Brun a pleinement atteint ses objectifs puisqu’il a trouvé en Mme Belaich, qui semble partager avec lui des liens étroits avec la préfecture du Nord, et dans les organes “Libération”, “Cnews ”, “ Valeurs actuelles”, “Le Point” des relais exaltés et un débouché régulier pour ses élucubrations.

À n’en pas douter, l’ouvrage “La Meute 2” que vous préparez donnera une large place à l’imagination de cet individu dont la suite de la trajectoire politique permettra à chacun de caractériser les buts.  Par ailleurs, vous prétendez que “d’autres militants de la région” m’auraient alerté. De qui parlez-vous ?

Question : Soufiane Iquioussen, Youssouf Feddal et Camellia Messaoui ont-ils milité à la France insoumise?  Je constate que vous avez les mêmes obsessions que vos confrères d’extrême droite. Établissez vous des listes de militants insoumis ? À quelles fins ?

Il ne me revient pas d’en désigner à votre vindicte. Chaque membre de La France insoumise est libre de manifester publiquement ou non son appartenance à notre mouvement. Je peux cependant vous indiquer qu’aucune de ces personnes n’est candidat soutenu par La France insoumise aux élections municipales en dépit de l’impression que s’efforce laborieusement de donner Mme Belaich dans son papier fantaisiste à visée calomniatrice publié le 4 novembre 2025 dans le journal “Libération”.

Question : La France insoumise soutient-elle la candidature de Youssouf Feddal et Camellia Messaoui à Denain ?

Votre question est manifestement polémique. La liste des communes dans lesquelles La France insoumise a investi des candidats ou soutien des listes aux élections municipales est publique et accessible sur le site de La France insoumise. À Denain, comme il est aisé de le constater, nous n’avons investi aucun candidat et ne soutenons aucune liste. À défaut de parvenir à vous connecter sur notre site, je vous renvoie à mes déclarations sur le réseau social X du 5 novembre dernier où j’ai été contraint de démentir les fausses informations publiées par Mme Belaich dans le journal “Libération”. J’ai alors rappelé “Pas de chefs de file LFI à Denain. Pas de liste LFI à Denain. Pas de soutien de LFI à une liste à Denain.” Comment faut-il l’écrire pour que vous le compreniez ?

Question : Le comité électoral de la France insoumise a-t-il investi Aymeric Caron dans le 18e arrondissement ? Pourquoi ce dernier n’est-il pas le candidat in fine ?

Le Comité électoral de La France insoumise a proposé au parti REV un accord départemental à Paris en vue des élections municipales de mars 2026 dans le cadre duquel M. Caron était investi tête de liste dans le 18e arrondissement. Comme j’ai déjà pu l’indiquer publiquement, auprès notamment du journal Le Nouvel Obs le 18 novembre 2025, M. Caron a alors souhaité pouvoir exercer un droit de veto sur la composition de la liste, en particulier sur le choix de la 2e de liste revenant à La France insoumise.

Nous ne l’avons pas accepté. Il est en effet de principe dans le cadre de tout accord électoral qu’une force partenaire ne désigne pas les candidats de l’organisation avec laquelle elle a passé un accord. M. Caron a alors considéré que l’accord que nous avions passé avec lui était caduc. Nous en avons pris acte.

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