Les propos d’Aurélien Taché sur la Chine ne vont pas arranger la réputation de LFI sur le sujet

Le député juge que « Taïwan est chinoise » et que la Chine « n’est pas dans une attitude belliqueuse ».

Aurélien Taché, photographié en février 2024 à l’Assemblée nationale à l’époque où, après son passage au PS et chez LREM, il ségeait avec les écologistes avant de rejoindre LFI.

MIGUEL MEDINA / AFP
Aurélien Taché, photographié en février 2024 à l’Assemblée nationale à l’époque où, après son passage au PS et chez LREM, il ségeait avec les écologistes avant de rejoindre LFI.
EN BREF
• Aurélien Taché, député LFI, suscite des critiques pour ses propos alignés sur la propagande chinoise, affirmant que « Taïwan est chinoise » et que la Chine n’est pas belliqueuse.
• Il loue les actions de la Chine pour l’écologie et la paix, malgré les tensions régionales.
• Avant lui, sa collègue Sophia Chikirou avait déjà déclaré qu’elle ne considérait « pas la Chine comme une dictature ».

L’IA au HuffPost

Pékin express. Depuis plusieurs jours, le député LFI Aurélien Taché se retrouve pris dans une avalanche de critiques. En cause, ses propos sur la Chine, parfaitement alignés sur la propagande du Parti communiste chinois. Et plus précisément concernant Taïwan. Dans la lignée de sa collègue Sophia Chikirou, membre comme lui de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’élu du Val-d’Oise nie le projet impérialiste de la Chine à l’égard de ce pays, menacée d’invasion par le pouvoir chinois.

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Prêtant au Japon des velléités belliqueuses après que Tokyo a annoncé une possible intervention en cas d’attaque de la Chine contre l’État insulaire, Aurélien Taché a dénoncé le 26 novembre sur son compte X les « provocations » du Japon qui devraient, selon lui, conduire la France à les dénoncer. À un internaute qui lui faisait remarquer que son narratif collait parfaitement au discours de Pékin et que, dans cette zone, c’est surtout Taïwan qui était menacé, le député a répondu sans ciller : « Taïwan est chinoise. »

Or, si Taïwan n’est pas diplomatiquement reconnue par la France et que la question de sa souveraineté est à la source des tensions dans la région, la position exprimée par l’élu insoumis est exactement celle promue par la propagande de la République populaire de Chine. En outre, Taïwan est une démocratie libre, qui bat sa propre monnaie et administre le pays selon ses propres lois. Pas exactement le modèle de Pékin qui, n’en déplaise aux insoumis, demeure une dictature.

Taché assume

Interrogé par l’émission Quotidien, Aurélien Taché assume pleinement, allant jusqu’à comparer Taïwan à la Corse (pourtant sous souveraineté française depuis le XVIIIe siècle). « C’est un peuple formidable et un pays qu’il faut vraiment découvrir. Au plan géopolitique, je trouve que ce que fait la Chine pour la paix, le multilatéralisme, l’écologie est très intéressant », a ajouté Aurélien Taché, jugeant plus loin que la Chine « n’est pas dans une attitude belliqueuse ». Une vision qui interroge, au regard de la position de Pékin (qui demeure un allié de poids de la Russie en dépit de la guerre en Ukraine) et de ses manœuvres militaires autour de Taïwan.

Et comme Sophia Chikirou, le député se garde bien de dire que la Chine – où il a été chaleureusement reçu il y a quelques semaines – est une dictature. Sans surprise, ses propos ont fait bondir ses détracteurs. « LFI, soutien constant des dictatures, de Moscou à Pékin en passant par Caracas », a par exemple taclé l’eurodéputée macroniste Nathalie Loiseau. Une attaque en référence aux multiples positions internationales prises par Jean-Luc Mélenchon et ses troupes, à rebours total des orientations diplomatiques de la France et de ses alliés.

Quelques exemples. En 2017, le point numéro 62 du programme du candidat LFI prévoyait l’adhésion de Paris à « l’alliance bolivarienne », une organisation fondée en 2004 à la Havane par Hugo Chávez et Fidel Castro. Soit un pacte économique, culturel et social conçu en opposition à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), pilotée par les États-Unis mais finalement abandonné sous Barack Obama en 2009. À cette époque, cet espace compte en qualité de pays observateurs la Syrie de Bachar al-Assad, la Russie de Vladimir Poutine ou encore l’Iran d’Hassan Rohani (tous alliés de la Chine au passage).

Défenseur d’une diplomatie « non-alignée » pétrie de sentiments altermondialistes aux accents (surtout) antiaméricains, Jean-Luc Mélenchon, partisan d’une sortie de l’OTAN, s’est souvent retrouvé à se montrer indulgent avec la Russie de Vladimir Poutine. Au point d’affirmer en novembre 2020 que « la Russie est un partenaire plus fiable que les États-Unis ». Le chef des insoumis estimait par ailleurs que « la Crimée est russe depuis toujours ». Cette fois, c’était la propagande russe qui était reprise sans distance. Comme si le « non-alignement » revendiqué consistait à s’aligner sur les intérêts des régimes autoritaires, souvent hostiles à la France.

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