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Le point sur la situation en Iran, lundi 12 janvier à 21 heures
- Dans un nouveau bilan, Iran Human Rights a déclaré qu’au moins 648 personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations. Le nombre de personnes arrêtées lors des récentes manifestations est estimé à plus de 10 000, détaille l’ONG.
- Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué, lundi, les rassemblements progouvernementaux organisés par les autorités, affirmant que la participation était un « avertissement » aux Etats-Unis. « Ces rassemblements massifs, empreints de détermination, ont contrecarré le plan des ennemis étrangers », a-t-il déclaré.
- Des milliers d’Iraniens ont envahi une grande place du centre de Téhéran pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’Etat.
- Le Parlement européen interdit l’entrée de diplomates ou de responsables iraniens dans ses locaux, a annoncé la présidente de cette institution, Roberta Metsola. « Cette Chambre ne contribuera pas à légitimer ce régime qui s’est maintenu par la torture, la répression et le meurtre », a-t-elle écrit. La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a affirmé auprès du site Politico qu’elle envisageait des sanctions encore plus sévères contre l’Iran.
- Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères iranien.
- Sur X, le président français, Emmanuel Macron, a dit condamner « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
- Le ministre des affaires étrangères iranien affirme auprès d’Al-Jazira que l’Iran est prêt à opter pour « l’option militaire » si les Etats-Unis souhaitent la tester. « Nous disposons aujourd’hui d’un dispositif militaire beaucoup plus important et étendu que lors de la dernière guerre, a-t-il déclaré. Nous sommes préparés à toutes les éventualités et espérons que Washington choisira la solution la plus sage. »
Donald Trump « n’hésitera pas à utiliser la force létale s’il le juge nécessaire », affirme la porte-parole de la Maison Blanche
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré à Fox News que Donald Trump était prêt à utiliser la force militaire en Iran, selon des propos rapportés par Al-Jazira. Donald « Trump a toujours affirmé que la diplomatie était la première option », a déclaré Mme Leavitt. « Toutefois, il n’hésitera pas à recourir à la force létale et à la puissance militaire des Etats-Unis s’il le juge nécessaire », a-t-elle affirmé. « Personne ne le sait mieux que le régime i20:30 Pour approfondir
A l’appel d’un groupe de soignants franco-iraniens, un collectif de professionnels de santé médicaux et paramédicaux français, alerte, dans une tribune au Monde, sur la répression sanglante en Iran. Quinze jours après le début d’un nouveau soulèvement national, ils demandent aux autorités françaises un soutien urgent au peuple iranien.
Répression en Iran : « Le silence est une faute morale et la prudence diplomatique un crime »
Les rassemblements massifs en soutien au pouvoir sont un « avertissement aux Etats-Unis », affirme Ali Khamenei
Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué, lundi, les rassemblements progouvernementaux organisés par les autorités en réponse à deux semaines de manifestations, affirmant que la participation était un « avertissement » aux Etats-Unis.
« C’était un avertissement aux politiciens américains pour qu’ils cessent leurs manœuvres trompeuses et ne comptent pas sur des mercenaires perfides », a-t-il déclaré, selon la télévision d’Etat iranienne, après que le président américain, Donald Trump, a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement si Téhéran tuait des manifestants. « Ces rassemblements massifs, empreints de détermination, ont contrecarré le plan des ennemis étrangers », a-t-il déclaré.
📷 A Londres, un rassemblement hétéroclite devant l’ambassade iranienne
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Londres devant l’ambassade d’Iran, brandissant des drapeaux iraniens antérieurs à l’instauration de la République islamique. Dans la foule, où était notamment présent le dirigeant d’extrême droite britannique Nigel Farage, flottaient également des étendards de l’ancienne famille royale iranienne, ornés des armoiries des Pahlavi sur fond bleu clair, ainsi que quelques drapeaux israéliens.

Kaja Kallas menace l’Iran de sanctions encore plus sévères en raison de la répression brutale des manifestants
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, a affirmé auprès du site Politico qu’elle envisageait des sanctions encore plus sévères contre l’Iran. « L’UE a déjà mis en place des sanctions sévères à l’encontre de l’Iran, visant les responsables de violations des droits de l’homme, d’activités de prolifération nucléaire et du soutien de Téhéran à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Je suis prête à proposer des sanctions supplémentaires en réponse à la répression brutale des manifestants par le régime », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré ce week-end que Bruxelles « surveillait » la situation, tandis que la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a écrit sur X que « l’Europe doit comprendre son devoir et la nécessité d’agir ».
Londres condamne « l’horrible » répression en Iran
« Les meurtres et la répression brutale des manifestants pacifiques en Iran sont horribles », a écrit la ministre des affaires étrangères britannique, Yvette Cooper, dans un message publié sur X.
Elle a ajouté s’être entretenue avec son homologue iranien, Abbas Araghtchi, lui enjoignant de « cesser immédiatement les violences, respecter les droits et libertés fondamentaux et garantir la sécurité des ressortissants britanniques ».
Le ministre des affaires étrangères iranien affirme auprès d’Al-Jazira que l’Iran est prêt à opter pour « l’option militaire » si les Etats-Unis souhaitent la tester

Abbas Araghtchi, le ministre des affaires étrangères iranien, a donné un entretien à Al-Jazira, au cours duquel il revient notamment sur les discussions menées avec les Etats-Unis. « Certaines idées ont été évoquées avec Washington et sont actuellement à l’étude par nos services », a déclaré le ministre.
« Les idées et les menaces que Washington propose contre notre pays sont incompatibles » avec ces discussions, a déclaré M. Araghtchi. « Si Washington veut tester l’option militaire qu’il a déjà testée, nous sommes prêts », faisant référence aux bombardements menés cet été contre trois sites nucléaires en Iran.
« Nous disposons aujourd’hui d’un dispositif militaire beaucoup plus important et étendu que lors de la dernière guerre », a-t-il déclaré. « Nous sommes préparés à toutes les éventualités et espérons que Washington choisira la solution la plus sage. »
« Les discussions entre Witkoff et moi-même se sont poursuivies avant et après les manifestations, et elles sont toujours en cours », a ajouté le responsable iranien.
Bonjour Barb,
Merci pour votre question. La dernière mobilisation importante qui a traversé le pays date de 2022 à la suite de la mort de Mahsa (Jina) Amini durant sa garde à vue à cause de son voile « mal porté », le 16 septembre 2022. La répression du mouvement a fait environ 500 morts, conduisant à l’arrêt des grosses manifestations de rue. Les protestataires n’avaient obtenu aucun changement politique.
Mais la vague de protestations qui touche actuellement le pays est inédite à plusieurs égards. Premièrement, elle concerne l’ensemble des régions, mais surtout toutes les classes sociales. Si le mouvement de 2019 touchait principalement les classes populaires et celui de 2022 les classes moyennes, la contestation actuelle traverse désormais l’ensemble de la société, dans une ampleur sans précédent depuis le « mouvement vert » de 2009. Deuxièmement, une dynamique nouvelle apparaît autour de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, qui se manifeste par des slogans pro-Pahlavi et par l’adhésion d’une partie croissante de la population à son rôle potentiel dans la conduite de la transition.
A ce sujet, je vous invite à lire la tribune de Farid Vahid, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès, publiée dans nos pages.
Le ministre des affaires étrangères iranien assure que des « éléments terroristes se sont infiltrés dans les foules des manifestants »
Dans un entretien à Al-Jazira, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, assure que des « éléments terroristes se sont infiltrés dans les foules des manifestants et ont pris pour cible les forces de sécurité ». Abbas Araghtchi a par ailleurs dénoncé « ceux qui tentent d’entraîner Washington dans une guerre afin de servir les intérêts d’Israël ».
Gabriel Attal, ancien premier ministre français, apporte son « soutien total » au peuple iranien
Sur X, l’ancien premier ministre français Gabriel Attal a partagé une capture d’écran d’une vidéo montrant des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Dans un post qui accompagne cette photo, Gabriel Attal dit apporter son « soutien total » au peuple iranien.
« Couper Internet pour tuer en silence : voilà la stratégie des mollahs face à la soif de liberté du peuple iranien. Des centaines de vies ont déjà été arrachées pour étouffer l’espoir. Mais la terreur ne fonctionne plus. Face à ce régime sanguinaire, c’est tout un peuple qui livre un nouveau combat pour reconquérir sa dignité et ses libertés », écrit-il sur le réseau social avant de conclure : « L’avenir de l’Iran appartient aux Iraniens. »

Manifestations en Iran : les images d’une morgue débordée par l’afflux de cadavres
Téhéran a exigé auprès des ambassadeurs européens « le retrait des déclarations officielles soutenant les protestataires »
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère des affaires étrangères iranien.
Dans une vidéo, consultée par les journalistes de l’Agence France-Presse, ces derniers décrivent des diplomates qui ont été invités prendre place devant un écran géant. Le ministère des affaires étrangères iranien leur a projeté des images documentant, selon lui, les actions violentes des manifestants. « Ces actions dépassent le cadre de manifestations pacifiques et relèvent d’un sabotage organisé », selon le communiqué du ministère, relayé par la télévision d’Etat.
Par conséquent, Téhéran a demandé aux ambassadeurs de transmettre directement les images à leurs ministres des affaires étrangères respectifs et exigé « le retrait des déclarations officielles soutenant les protestataires ». L’Iran a, en outre, souligné que « tout soutien politique ou médiatique était inacceptable et constituait une ingérence manifeste dans la sécurité intérieure du pays ».
Le Quai d’Orsay a, de son côté, confirmé la rencontre. « Nos ambassadeurs ont exprimé avec force nos préoccupations », ajoute la même source. Quelques minutes auparavant, Emmanuel Macron avait condamné « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
Moscou dénonce « des tentatives d’ingérence extérieure » à propos des manifestations en Iran
Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a dénoncé lundi, lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien, les « tentatives d’ingérence extérieure » alors qu’un mouvement de protestation d’ampleur secoue l’Iran, allié de Moscou.
M. Choïgou « a fermement condamné » lors de cette conversation avec Ali Larijani de « nouvelles tentatives d’ingérence de forces extérieures dans les affaires intérieures de l’Iran », ont rapporté les agences de presse russes.
Emmanuel Macron condamne « la violence d’Etat qui frappe aveuglément » les Iraniens
Sur X, le président français, Emmanuel Macron, a dit condamner « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
« Le respect des libertés fondamentales est une exigence universelle et nous sommes aux côtés de celles et ceux qui les défendent », a-t-il ajouté.
En neutralisant Starlink l’Iran isole encore un peu plus la population
En réussissant à brouiller pour la première fois à grande échelle les terminaux Starlink pour enrayer la contestation, les autorités iraniennes ont fait monter d’un cran leur capacité à isoler leur population du reste du monde.
« C’est la première fois qu’on le voit avec une telle intensité sur Starlink, c’est une nouveauté dans le monde du brouillage », explique à l’Agence France-Presse Kavé Salamatian, professeur à l’université Savoie Mont-Blanc, spécialiste de la géopolitique du cyberespace et coauteur d’une étude sur l’Internet iranien.
« Je travaille sur l’accès à Internet depuis vingt ans et je n’ai jamais vu une telle chose », a déclaré à la publication spécialisée TechRadar Amir Rashidi, directeur pour l’Internet du groupe de défense des droits Miaan Group.
L’Iran a coupé, le 8 janvier, les accès à Internet de sa population, l’empêchant de partager avec le reste du monde des informations sur les manifestations en cours et leur répression [La République islamique a développé au fil des ans une capacité hors du commun de contrôle de son réseau]. Après une arrivée d’Internet relativement ouverte, les autorités ont entrepris, à la fin des années 2000, un « travail de fond d’environ dix-douze ans, avec une restructuration complète du réseau Internet iranien qui a permis en quelque sorte de faire rentrer le djinn dans la bouteille », explique M. Salamatian.
Très aisé à mettre en œuvre, le contrôle s’opère dans la « couche logique du routage. Ils sont capables d’un contrôle très fin, pouvant décider que tel ou tel côté de telle ou telle rue a Internet ou pas », selon lui.
Starlink peut permettre de surmonter le problème, avec sa constellation de satellites en orbite basse permettant d’avoir Internet en établissant une connexion de données entre ces satellites évoluant à environ 550 kilomètres d’altitude et les utilisateurs au sol, s’affranchissant des accès à Internet locaux.
Reste à savoir si Starlink a les moyens de contourner le brouillage. « Nous pourrions rétablir Internet » en Iran, a déclaré le président américain, Donald Trump, dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 janvier. « Je pourrais parler à Elon [Musk, le patron de Starlink], parce que, comme vous le savez, son entreprise est très bonne dans ce domaine ».
Au moins 648 manifestants tués depuis le début de la contestation, selon Iran Human Rights (IHR)
Dans un nouveau bilan d’Iran Human Rights, l’ONG basée en Suède a déclaré qu’au moins 648 personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations. Dans le même temps, des informations non vérifiées déclarent qu’au moins plusieurs centaines de personnes, voire plus de 6 000, selon certaines estimations, auraient été tuées, informe la publication.
En raison de la coupure d’Internet depuis le 8 janvier et des restrictions sévères imposées à l’accès à l’information, il est extrêmement difficile de vérifier ces informations de manière indépendante. Le nombre de personnes arrêtées lors des récentes manifestations est estimé à plus de 10 000, détaille l’ONG.
Les diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères iranien repris par la télévision d’Etat.
« Nous confirmons la convocation d’ambassadeurs européens », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le ministère des affaires étrangères français.
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe dit avoir convoqué une réunion avec les ambassadeurs des Etats membres
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe a dit sur X avoir convoqué une réunion avec les ambassadeurs des Etats membres pour explorer les mesures à prendre pour éviter « l’escalade » des tensions. « Répression meurtrière des manifestations en Iran, coupure d’Internet… La stabilité régionale et mondiale est menacée. Le droit international et les principes de la Charte des Nations unies doivent prévaloir », a-t-il écrit sur le réseau social.
Le Parlement européen interdit l’entrée de diplomates ou de responsables iraniens dans ses locaux
« Alors que le courageux peuple iranien continue de défendre ses droits et sa liberté, j’ai pris aujourd’hui la décision d’interdire l’accès à tous les locaux du Parlement européen à tout le personnel diplomatique et à tout autre représentant de la République islamique d’Iran », a écrit sur X, la présidente de cette institution, Roberta Metsola. « Cette Chambre ne contribuera pas à légitimer ce régime qui s’est maintenu par la torture, la répression et le meurtre », a-t-elle aussi écrit.
Le premier ministre israélien va tenir une réunion avec des responsables de la défense pour discuter des manifestations en Iran
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, tiendra une réunion du cabinet de sécurité avec des responsables de la défense pour discuter des manifestations meurtrières en Iran, rapporte Al-Jazira.
« Israël suit de près l’évolution de la situation en Iran. Les manifestations pro-liberté se sont propagées à travers le pays. Le peuple israélien et le monde entier admirent le courage extraordinaire des citoyens iraniens », a déclaré Benyamin Nétanyahou lors d’une réunion du cabinet, dimanche. Les autorités iraniennes ont accusé Israël et les Etats-Unis d’attiser les violences en Iran en utilisant des groupes « terroristes ».
Le premier ministre néerlandais exhorte le régime iranien à mettre fin aux violences envers les manifestants
« Le régime iranien réprime violemment toute forme de protestation. De nombreuses personnes ont été tuées », a déploré sur X, le premier ministre néerlandais, Dick Schoof.
« Les hommes et les femmes courageux qui manifestent dans les rues des villes iraniennes méritent notre soutien. Ils s’opposent à la tyrannie et font entendre leurs appels à la liberté. Les Pays-Bas exhortent le régime iranien à mettre fin aux violences, à libérer les personnes arrêtées injustement et à rétablir l’accès à Internet. Nous défendrons fermement les droits du peuple iranien », a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre des affaires étrangères néerlandais, David van Weel, a écrit qu’il était choqué et consterné par les images de la répression des manifestations en Iran.
Le président du Parlement iranien menace d’infliger « une leçon inoubliable » à Donald Trump en cas de nouvelle attaque
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié lundi la répression sanglante du gouvernement contre les manifestants de « guerre contre des terroristes », lors d’un rassemblement en soutien au pouvoir à Téhéran. L’Iran mène « une guerre sur quatre fronts », a-t-il ajouté, citant une guerre économique, psychologique, militaire contre les Etats-Unis et Israël, et « aujourd’hui une guerre contre des terroristes ».
« La grande nation iranienne n’a jamais permis à l’ennemi d’atteindre ses objectifs », a-t-il ajouté, sous les slogans « Mort à Israël ! Mort à l’Amérique ! » scandés en persan. Il a menacé d’infliger « une leçon inoubliable » au président américain, Donald Trump, en cas de nouvelle attaque.
Le point sur la situation, lundi 12 janvier à la mi-journée
- L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est totalement préparé à la guerre », a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, se disant également « prêt à négocier », lors d’un discours devant des ambassadeurs étrangers à Téhéran.
- L’ONG Iran Human Rights (IHR) a déclaré, dimanche soir, avoir confirmé la mort d’au moins 483 manifestants, malgré le black-out qui entrave toujours la récolte et la vérification d’informations. L’IHR a aussi estimé à plus de 10 600 les manifestants arrêtés.
- Le « black-out national » quasi total imposé par Téhéran se poursuit désormais depuis plus de « quatre-vingt-quatre heures », rapporte l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.
- Abbas Araghtchi a affirmé que « la situation est désormais totalement sous contrôle » en Iran, après une répression sanglante des manifestations, et assuré que l’accès à Internet serait bientôt rétabli dans le pays.
- Des milliers d’Iraniens ont envahi la place Enghelab, dans le centre de Téhéran, pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’Etat. Des contre-manifestations en soutien au pouvoir étaient aussi organisées dans d’autres villes iraniennes.
- Un canal de communication est « ouvert » entre l’Iran et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient malgré d’absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis, a affirmé le ministère des affaires étrangères iranien.
- Le service diplomatique de l’Union européenne s’est dit « prêt à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l’encontre des manifestants » par le pouvoir à Téhéran. De leur côté, l’Allemagne, la Chine et le Canada ont aussi condamné la répression du gouvernement iranien.
Des milliers d’Iraniens rassemblés place Enghelab, à Téhéran, en soutien au gouvernement iranien
Des milliers d’Iraniens ont envahi, lundi, une grande place du centre de Téhéran pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’Etat. Des personnes brandissant le drapeau de la République islamique ont envahi la place Enghelab, ou place de la Révolution, et des prières étaient récitées pour les victimes de ce que le gouvernement a qualifié d’« éme
L’UE envisage de nouvelles sanctions contre l’Iran
« Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l’encontre des manifestants » par le pouvoir à Téhéran, a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE.
« Alors que la répression s’intensifie et que des innocents continuent de perdre la vie, nous suivons la situation de près », avait affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dimanche, sur X. « L’Europe soutient le peuple iranien dans son combat légitime pour la liberté », avait-elle ajouté.
Des vidéos, téléchargées sur les réseaux sociaux malgré la coupure d’Internet, montrent de très nombreux corps entassés dans le hangar du centre médico-légal et alignés dans la cour. Des témoignages recueillis par Le Monde corroborent ces images, qui laissent entrevoir l’extrême violence de la répression en cours dans les rues de la capitale iranienne.
Au sud de Téhéran, la morgue de Kahrizak débordée par l’afflux de cadavres
Les manifestations en Iran au 11 janvier

Le Canada « condamne fermement les meurtres incessants de manifestants en Iran »
Dans une réaction postée sur le réseau social X, le ministère des affaires étrangères canadien ajoute : « Le régime iranien doit mettre fin à sa répression et à ses intimidations horribles et respecter les droits humains de ses citoyens. Le Canada soutient le courageux peuple iranien. »
La diplomatie iranienne dit qu’un canal de communication est « ouvert » avec l’émissaire américain, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
« Ce canal de communication entre notre ministre des affaires étrangères et l’émissaire spécial du président des Etats-Unis est ouvert », a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaeil Baghaei, dans une déclaration retransmise par la télévision d’Etat, semblant faire référence à l’émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.
« Des messages sont échangés chaque fois que c’est nécessaire », a-t-il dit, soulignant que les intérêts américains en Iran étaient représentés par l’ambassade de Suisse, en l’absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, rompues en 1980.
L’Iran convoque l’ambassadeur britannique pour protester contre la « profanation » du drapeau officiel au fronton de l’ambassade iranienne à Londres
L’Iran a convoqué l’ambassadeur britannique à Téhéran, Hugo Shorter, après le bref retrait du drapeau de la République islamique d’Iran du fronton de l’ambassade iranienne à Londres par un manifestant, samedi. Le directeur général du département Europe occidentale du ministère des affaires étrangères iranien a dénoncé la « profanation » du drapeau officiel iranien, et condamné l’incapacité de la police britannique à garantir la sécurité, affirmant que celle-ci devait s’étendre aux représentants diplomatiques, et à lutter contre ceux qui enfreignent la loi.
Des contre-manifestations en soutien au gouvernement iranien organisées dans plusieurs villes du pays
La chaîne iranienne Press TV rapporte une « participation massive » à des manifestations organisées à travers le pays pour soutenir le gouvernement iranien, notamment dans les provinces d’Azerbaïdjan du nord-ouest du pays et dans la ville d’Arak.
Une contre-manifestation a aussi été organisée dans la capitale, à Téhéran, rapporte la chaîne qatarie Al-Jazira, qui fait état de « dizaines de milliers » de participants. Les autorités iraniennes ont « recommandé aux gens de participer à la marche en tenant le Coran », précise l’agence de presse iranienne Fars.
L’Iran est « préparé à la guerre » mais aussi « prêt à négocier », affirme le chef de la diplomatie
L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est totalement préparé à la guerre », a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, lors de son discours face aux ambassadeurs étrangers à Téhéran, retransmis à la télévision d’Etat. « Nous sommes également prêts à négocier, mais ces négociations doivent être équitables, fondées sur l’égalité des droits et le respect mutuel », a-t-il ajouté.
La Chine appelle à « maintenir la stabilité » en Iran et s’oppose aux ingérences étrangères
« Nous nous opposons toujours aux ingérences dans les affaires intérieures des autres pays », a déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Mao Ning, interrogée lors d’un point presse régulier sur les propos du président américain, Donald Trump, parlant d’« options très fortes » étudiées par l’armée américaine en Iran.
« La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens pourront surmonter les difficultés actuelles et maintenir la stabilité du pays », a-t-elle dit en appelant « toutes les parties à œuvrer davantage en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».
L’ayatollah Khamenei compare Donald Trump aux « tyrans et [aux] arrogants de ce monde » et affirme qu’il « sera renversé »
Dans un post publié en persan sur X, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’est adressé au président américain, Donald Trump, dépeint dans un sarcophage en morceaux : « Que celui qui est assis là avec arrogance et fierté, jugeant le monde entier, sache que les tyrans et les arrogants de ce monde, comme le Pharaon, Nimrod, Reza Khan, Mohammad Reza et les autres, ont été renversés alors qu’ils étaient au sommet de leur orgueil, et lui aussi sera renversé. »
Friedrich Merz condamne la violence du régime iranien contre le peuple, qu’il qualifie de « signe de faiblesse »
« J’appelle les dirigeants iraniens à protéger leur population au lieu de la menacer », a déclaré le chancelier allemand, qui a « fermement condamné » la répression des manifestations lors d’une conférence de presse à Ahmedabad, dans le nord de l’Inde. « Cette violence n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse. Elle doit cesser immédiatement », a-t-il ajouté.
Le gouvernement allemand a également condamné la coupure d’accès à Internet lors des manifestations. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères allemand a déclaré : « La coupure d’Internet, qui est une condition fondamentale de la liberté d’expression et d’accès à l’information ainsi qu’une plateforme essentielle pour la communication et l’organisation des rassemblements, est un comportement répréhensible. » Il a salué « toute action permettant d’accéder à Internet, y compris par des moyens contournant les restrictions imposées par le gouvernement ».
Abbas Araghtchi assure que « la situation est désormais totalement sous contrôle » et annonce qu’Internet va être bientôt rétabli en Iran, rapporte Al-Jazira
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a déclaré, lundi, que « la situation est désormais totalement sous contrôle » dans le pays, après une répression sanglante des manifestations. Celles-ci « ont tourné à la violence et au sang afin de fournir un prétexte » au président des Etats-Unis, Donald Trump, pour intervenir, a-t-il fait valoir face à des diplomates étrangers à Téhéran, cité par Al-Jazira.
Abbas Araghtchi affirme que le pouvoir a des vidéos de distribution d’armes aux manifestants et précise que vont être diffusées des confessions de manifestants arrêtés. Les autorités « suivent de près » les manifestations, qui ont été « exaltées et alimentées », selon lui, par des agents étrangers, ajoute-t-il, assurant que le pays va « traquer » les personnes responsables.
Toujours selon la chaîne qatarie, le ministre a ajouté que l’accès à Internet serait bientôt rétabli en Iran, et que le gouvernement coordonnait ses efforts avec les forces de sécurité pour y parvenir, et pour rétablir également la connexion dans les ambassades et les ministères.
L’ONG Iran Human Rights (IHR) dit avoir confirmé la mort de 483 manifestants
L’ONG Iran Human Rights (IHR), sise en Norvège, a déclaré, dimanche soir, avoir confirmé la mort d’au moins 483 manifestants et huit mineurs, un bilan qui a plus que doublé en une journée en raison d’une « nouvelle vague de données et de documentation visuelle » qui lui est parvenue dans la journée, malgré le black-out qui entrave toujours la récolte et la vérification d’information.
Le nombre réel de victimes, dans les manifestations qui se sont tenues dans 585 lieux différents du pays, pourrait être beaucoup plus élevé, précise l’ONG, en dénonçant la « violente répression ». L’IHR a aussi estimé à plus de 10 600 les manifestants arrêtés.
L’IHR souligne notamment la diffusion de vidéos relatives à la conservation de corps à l’institut de médecine légale de Kahrizak et de Téhéran, qui ont « à la fois accru l’inquiétude du public quant au nombre de morts et considérablement renforcé la capacité des organisations de défense des droits humains à vérifier les cas de morts ».
Le gouvernement iranien ne communique pas sur le nombre de morts ni d’arrestations de manifestants.
Plus de quatre-vingt-quatre heures de « black-out national » en Iran, selon NetBlocks
Le « black-out national » quasi total imposé par Téhéran se poursuit désormais depuis plus de « quatre-vingt-quatre heures », rapporte l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks sur X. La diminution des services de communication « continue d’entraver la capacité du public à accéder aux informations et à communiquer avec ses proches », note-t-elle.
Les Iraniens sont en effet privés d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG. Les rares informations qui circulent sont donc radiophoniques ou diffusées par des moyens satellitaires.
Le président américain assure qu’une réunion « est cours de préparation » avec l’Iran
Le président américain, Donald Trump, a déclaré dimanche que le régime iranien était prêt à « négocier » après ses menaces d’opération militaire, alors que la République islamique est aux prises avec des manifestations massives contre le gouvernement.
« Les dirigeants iraniens ont appelé » samedi, a affirmé Donald Trump à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, ajoutant qu’« une rencontre est en cours de préparation ». Le président américain a prévenu cependant que les Etats-Unis pourraient « devoir agir avant une rencontre ».
Donald Trump affirme étudier des « options très fortes » à propos de l’Iran
Le président américain, Donald Trump, a déclaré dimanche que l’armée américaine étudiait des « options très fortes » concernant l’Iran, au moment où les craintes d’une répression meurtrière du mouvement de contestation dans le pays se renforcent.
« Nous examinons la question très sérieusement. L’armée examine la question, et nous étudions des options très fortes. Nous allons prendre une décision », a dit le président américain aux journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.
Le fils du dernier chah appelle les manifestants à cibler les outils de « la propagande du régime »
Dans un message posté sur le réseau social X dimanche soir, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, se réclamant d’« un mandat public » qu’il aurait reçu des manifestants iraniens, annonce une « nouvelle phase du soulèvement visant à renverser la République islamique et à récupérer notre Iran bien aimé ».
« A l’intérieur de l’Iran », Reza Pahlavi appelle ses compatriotes à considérer « toutes les institutions et tous les appareils chargés de la propagande du régime et de la coupure des communications (…) comme des cibles légitimes ».
Aux fonctionnaires du régime, aux membres de l’armée et aux forces de l’ordre, il offre une alternative : « Se ranger du côté du peuple et devenir les alliés de la nation, ou choisir la complicité avec les assassins du peuple et porter à jamais la honte et la condamnation de la nation. »
Reza Pahlavi appelle par ailleurs à ce que les ambassades iraniennes du monde entier soient rendues au peuple iranien. « Le moment est venu de les orner du drapeau national iranien, en remplacement de la bannière honteuse de la République islamique », dit-il, dans une allusion au drapeau qui était celui de l’Iran sous la monarchie.
« Nous ne nous rendrons pas », assure-t-il encore, alors que la répression se déchaîne en Iran contre les manifestants. « La liberté de l’Iran est proche », clame-t-il encore, affirmant : « Nous ne sommes pas seuls. Le soutien international arrivera bientôt. »
Nouvelle manifestation à Téhéran
Dimanche soir, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant en grand nombre dans le quartier de Punak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.
Malgré les vidéos qui circulent, la télévision d’Etat s’est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d’une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a assuré à la télévision que « le nombre de manifestations [était] en baisse », une affirmation que nous ne sommes pas en mesure de vérifier.
L’ONG Iran Human Rights dénonce un « massacre » et estime que plus de 2 600 manifestants ont été arrêtés
L’ONG Iran Human Rights (IHR), sise en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé en dénonçant un « massacre » et un « crime (…) majeur contre le peuple iranien ». L’IHR a aussi estimé à plus de 2 600 les manifestants arrêtés.
Dans une autre vidéo authentifiée par l’Agence France-Presse (AFP), on peut voir des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.
Le Centre pour les droits de l’homme en Iran, dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient « débordés » par l’afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.
A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de magasins qui ont baissé le rideau. Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance, mais sans Internet il est impossible de se connecter.
Le gouvernement iranien décrète trois jours de deuil national pour les « martyrs » de la « résistance »
Le gouvernement iranien a décrété dimanche trois jours de deuil national pour les « martyrs », dont des membres des forces de sécurité tués au cours de deux semaines de manifestations, a rapporté la télévision d’État, cité par l’Agence France-Presse.
Le gouvernement a décrit la lutte contre ce qu’il qualifie d’« émeutes » comme une « bataille de résistance nationale iranienne contre l’Amérique et le régime sioniste », en utilisant le terme employé par la direction religieuse pour désigner Israël, que la République islamique ne reconnaît pas.
Le président Massoud Pezeshkian a appelé la population à participer lundi à une « marche de résistance nationale », une série de rassemblements dans tout le pays pour dénoncer les violences, que le gouvernement affirme avoir été commises par des « criminels terroristes urbains », selon la télévision d’État.
Au moins 538 morts et 10 600 arrestations, selon une agence américaine
La répression des manifestations nationales en Iran a fait au moins 538 morts et plus de 10 600 personnes ont été arrêtées au cours des deux semaines de manifestations, selon l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency citée par Associated Press (AP), qui assure que les informations de cette agence se sont révélées exactes lors des précédents troubles en Iran.
L’agence américaine s’appuie sur le réseau de ses sympathisants en Iran pour recouper les informations. Parmi les personnes tuées qu’elle recense, 490 étaient des manifestants et 48 des membres des forces de sécurité.
A cause de la coupure d’Internet et des lignes téléphoniques en Iran, il est devenu plus difficile d’évaluer l’ampleur des manifestations depuis l’étranger. Le gouvernement iranien n’a pas communiqué de chiffres globaux concernant les victimes des manifestations.
📷 Plus de deux mille personnes rassemblées à Paris en soutien aux manifestations de masse en Iran
Plus de deux mille personnes ont manifesté dimanche à Paris, à l’appel des partisans du fils de l’ancien chah d’Iran, pour soutenir le mouvement de contestation en cours en Iran, aux cris de « Non à la République islamiste terroriste », a constaté l’Agence France-Presse.
Les manifestants, de toutes générations dont de nombreux jeunes, ont marché sous des drapeaux de l’ancien régime impérial iranien mais aussi sous des drapeaux israéliens, sans pouvoir approcher de l’ambassade d’Iran à Paris à la suite d’une décision de la préfecture de Paris.


Antonio Guterres appelle les autorités « à la plus grande retenue » dans l’usage de la force contre les manifestants
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est déclaré dimanche « choqué par les rapports faisant état de violences » contre des manifestants en Iran, appelant les autorités « à faire preuve de la plus grande retenue » dans l’usage de la force. « Tous les Iraniens doivent pouvoir exprimer leurs doléances de manière pacifique et sans crainte. Les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, tels qu’inscrits dans le droit international, doivent être pleinement respectés et protégés », selon un texte transmis par son porte-parole.
Antonio Guterres appelle en outre les autorités « à prendre des mesures permettant l’accès à l’information dans le pays, notamment en rétablissant les communications ». Au moins 192 manifestants sont morts en deux semaines de manifestations, selon l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights. Ce bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.
📷 Des dizaines de corps devant un centre médico-légal de Téhéran
Ces captures d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux sont présentées par ceux qui les diffusent comme montrant des corps dans des sacs mortuaires, devant le centre médico-légal Kahrizak, à Téhéran, le 11 janvier 2026.
L’Agence de presse britannique Reuters les diffuse ce dimanche. « La localisation a été confirmée par les bâtiments, le tracé des routes (qui correspond au fichier) et l’imagerie satellite de la zone. La date n’a pas pu être vérifiée indépendamment », précise-t-elle.
Ce qu’il faut retenir, dimanche 11 janvier en début de soirée
- Au moins 192 manifestants sont morts en deux semaines de manifestations, selon l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights, soit une forte augmentation par rapport au précédent bilan de 51 morts daté de vendredi. Ce bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.
- Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays. Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors qu’Internet est coupé depuis plus de 65 heures.
- Le président iranien, Massoud Pezeshkian, accuse les Etats-Unis et Israël de « recrut[er] et form[er] certaines personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur (…) fai[re] entrer des terroristes depuis l’étranger » et, selon lui, ils « cherchent à aggraver les troubles ». Il a ajouté que « le peuple [iranien] ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société ».
- Samedi, Donald Trump a répété que Washington se tenait « prêt à aider » les manifestants « aspirant à la liberté ». Il avait auparavant menacé de « frapper très fort » le pays en cas de vague de répression meurtrière. Le lendemain, dimanche, le président du Parlement de la République islamique a assuré qu’« en cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront [leurs] cibles légitimes ». Il a semblé ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.
- Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, se dit « prêt à retourner en Iran » dès que possible. « C’est déjà en préparation », a-t-il expliqué sur Fox News. « Mon travail consiste à mener cette transition afin de m’assurer que tout soit mis en œuvre, dans une transparence totale, pour que les citoyens puissent élire librement leurs dirigeants et décider de leur propre avenir. »
📷 La mobilisation s’intensifie à Londres pour soutenir les manifestations en Iran
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Londres pour soutenir la contestation en cours contre le pouvoir en Iran, lors de différents rassemblements devant l’ambassade iranienne et dans Downing Street.
« Nous voulons la révolution, changer le régime », témoigne auprès de l’Agence France-Presse Afsi, 38 ans, vivant à Londres depuis sept ans, et qui n’a pas de nouvelles de ses proches en Iran à cause de la coupure d’Internet qui dure depuis plus de soixante heures dans le pays. Ce n’est pas la première fois que la République islamique fait face à un tel mouvement de révolte, mais « cette fois, nous avons de l’espoir », assure Afsi. « Nous avons le sentiment que nous pouvons le faire cette fois-ci », ajoute-t-il.
« Nous essayons de faire entendre notre voix pour interpeller le monde, lui dire que notre peuple est tué et demander aux pays et gouvernements étrangers, en particulier au premier ministre [britannique] Keir Starmer, d’agir contre la République islamique d’Iran qui tue des gens », témoigne aussi Sassan, ingénieur de 34 ans.
Le fils de l’ancien chah, Reza Pahlavi, se dit « prêt à retourner en Iran » dès que possible
« Je suis prêt à retourner en Iran dès que possible. C’est déjà en préparation », a expliqué Reza Pahlavi sur Fox News. « Mon travail consiste à mener cette transition afin de m’assurer que tout soit mis en œuvre, dans une transparence totale, pour que les citoyens puissent élire librement leurs dirigeants et décider de leur propre avenir », a ajouté le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis.
S’adressant à Donald Trump et critiquant les prédécesseurs Joe Biden et Barack Obama, Reza Pahlavi assure que le président américain et lui peuvent « rendre sa grandeur à l’Iran », détournant le slogan trumpiste « Make America Great Again ». « Vos mots en solidarité avec le peuple iranien, et ceux de votre administration, ont eu un effet positif énorme. »
Reza Pahlavi, l’homme qui attise la révolte en Iran
Massoud Pezeshkian, le président iranien, accuse les Etats-Unis et Israël de « chercher à aggraver les troubles ».
« Ils [les Etats-Unis et Israël] ont recruté et formé certaines personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur (…) fait entrer des terroristes depuis l’étranger », a accusé le président iranien, Massoud Pezeshkian, lors d’un entretien télévisé diffusé sur la chaîne publique IRIB, ajoutant que les deux pays « cherchent à aggraver les troubles ».
Des propos qui font suite aux menaces énoncées par le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui assure qu’« en cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront [leurs] cibles légitimes ». Il a semblé ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.
Samedi, le président américain, Donald Trump, a répété que Washington se tenait « prêt à aider » les manifestants « aspirant à la liberté ». Il avait auparavant menacé de « frapper très fort » le pays en cas de vague de répression meurtrière. Vendredi soir, déjà, le président américain avait menacé Téhéran, déclarant : « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer sinon nous aussi nous commencerons à tirer. » « J’espère seulement que les manifestants en Iran seront en sécurité, car c’est un endroit très dangereux en ce moment. » Pour rappel, les Etats-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin 2025, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.
« Nous serons en capacité de répondre avec force si nécessaire », assure l’armée israélienne
« Les manifestations sont une affaire interne à l’Iran », a fait savoir, dimanche, une source officielle de l’armée israélienne. « Nous suivons de près les développements en cours en Iran », ajoute l’armée en faisant état de plusieurs « évaluations » conduites par l’état-major sur les protestations qui secouent le pays depuis deux semaines. « L’armée se tient prête à agir défensivement (…). Nous serons en capacité de répondre avec force si nécessaire », précise la même source.
Dimanche matin, l’agence de presse Reuters avait cité trois responsables israéliens rapportant un « état d’alerte maximal » dans le pays. L’Iran a menacé dimanche Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d’intervention militaire des Etats-Unis contre la République islamique. « Nous espérons tous que la nation perse sera bientôt libérée du joug de l’oppression », a également déclaré, dimanche, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement. « Lorsque le régime tombera, nous ferons ensemble de bonnes choses pour les deux peuples », a-t-il ajouté, selon les comptes-rendus de la presse israélienne.
Les « émeutiers » ne devraient pas être autorisés à « déstabiliser la société » iranienne, déclare le président iranien, Massoud Pezeshkian
« Le peuple [iranien] ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société. Le peuple devrait avoir confiance en [la] volonté [du gouvernement] d’instaurer la justice », a déclaré le président Massoud Pezeshkian, dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision publique IRIB et visionné par l’Agence France-Presse, dans sa première prise de parole après trois nuits de manifestations intensifiées contre les autorités.
« Manifester est un droit du peuple », a-t-il ajouté établissant une distinction entre la colère suscitée par la grave crise économique que traverse le pays et les « émeutiers ». Il a appelé les Iraniens à « s’unir et ne pas laisser ces personnes semer l’émeute ». « Si les gens ont des préoccupations, nous les entendrons, c’est notre devoir de les écouter et de résoudre leurs problèmes. Toutefois, notre devoir premier est de ne pas laisser les émeutiers venir perturber la société », a-t-il insisté.
📷 Des rassemblements en soutien au soulèvement du peuple iranien à travers le monde




Le pape Léon XIV lance un appel au dialogue et à la paix en Iran
« Mes pensées se tournent vers ce qui se passe ces jours-ci au Moyen-Orient, en particulier en Iran et en Syrie, où des tensions persistantes causent la mort de nombreuses personnes. J’espère et je prie pour la patiente construction du dialogue et de la paix, pour le bien commun de la société tout entière », a déclaré le pape Léon XIV lors de la prière de l’Angélus.
Israël soutient les manifestants dans leur « lutte pour la liberté »
Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré, dans un entretien télévisé partagé sur X, qu’Israël soutenait le peuple iranien dans ce qu’il a qualifié de « lutte pour la liberté » et « souhaite bonne chance » aux manifestants, alors que d’importantes contestations secouent la République islamique et que 192 manifestants morts ont été dénombrés par l’ONG Iran Human Rights depuis le début du mouvement, soit plus du double de chiffre de 51 morts donné vendredi.
« Nous pensons qu[e l’Iran] mérite un avenir meilleur. Nous n’avons aucune hostilité envers le peuple iranien. Nous avons un énorme problème (…) avec le régime (…), premier exportateur de terrorisme et de radicalisme », a poursuivi M. Saar.
Londres : le drapeau de la République islamique d’Iran brièvement remplacé par un drapeau de la monarchie iranienne à l’ambassade
Le drapeau de la République islamique d’Iran a brièvement été remplacé par un drapeau de l’ancien régime monarchique au fronton de l’ambassade iranienne à Londres par un manifestant, lors d’un rassemblement samedi de plusieurs centaines de personnes en soutien au mouvement, ont indiqué des témoins à l’AFP.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un homme sur le balcon du bâtiment, situé près de Hyde Park dans le centre de la capitale, retirer le drapeau de la République islamique sous les hourras et le remplacer par un drapeau orné d’un lion et d’un soleil, symboles de la monarchie. L’ancien drapeau est resté en place pendant plusieurs minutes avant d’être enlevé, ont indiqué plusieurs témoins à unCertains agitaient également des pancartes sur lesquelles était écrit « Iran libre » (Free Iran). « Je suis ici pour soutenir les Iraniens. Mes proches en Iran manifestent depuis deux semaines aujourd’hui. Internet est coupé. Je crois que cela fait trois jours que nous n’avons aucun contact avec qui que ce soit, a témoigné auprès de l’AFP Taraneh, 33 ans, habitant Londres depuis cinq ans. Les gens sont toujours dans la rue. Ils sont attaqués. La République islamique est en plein chaos. Ils assassinent des gens ».
La police de Londres a indiqué sur X que des agents étaient sur place après qu’un manifestant « a grimpé sur le balcon du bâtiment » et a plus tard précisé qu’elle avait arrêté deux personnes, « l’une pour intrusion aggravée et agression d’un agent des forces de l’ordre, l’autre pour intrusion aggravée ». Une autre personne est toujours recherchée, a-t-elle ajouté. « Aucun trouble grave n’a été constaté, et les policiers resteront sur place afin d’assurer la sécurité de l’ambassade », indique encore la Metropolitan Police.
Au moins 192 personnes ont été tuées lors des manifestations, selon une ONG

Au moins 192 personnes ont été tuées en deux semaines de manifestations, a déclaré dimanche un groupe de défense des droits humains, soit une forte augmentation par rapport au précédent bilan de 51 morts. « Depuis le début des manifestations, Iran Human Rights a confirmé la mort d’au moins 192 manifestants », a déclaré cette ONG basée en Norvège, prévenant que le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.
Le président iranien doit aborder « les revendications du peuple » lors d’une interview
Le président iranien Massoud Pezeshkian abordera la situation économique et les « revendications du peuple » dans une interview qui sera diffusée dimanche, après deux semaines de manifestations antigouvernementales, a rapporté la télévision d’Etat.
« Lors d’un entretien avec les médias nationaux, le président a présenté l’état d’avancement du principal plan économique du gouvernement visant à réformer le système de subventions. Il a également abordé les événements récents et la manière dont le gouvernement répond aux attentes de la population », a rapporté la chaîne de télévision publique IRIB. L’interview doit être diffusée plus tard dans la journée de dimanche, a-t-on appris sans plus de précisions.
Israël demande à l’UE de classer les gardiens de la révolution « organisation terroriste »
Le ministre des affaires étrangères israélien a jugé dimanche « l’heure venue pour l’UE de qualifier les gardiens de la révolution iranienne d’organisation terroriste », au moment où la République islamique est soupçonnée de réprimer violemment des manifestations.
« Telle est depuis longtemps la position de l’Allemagne, et aujourd’hui, l’importance de cette question est claire pour tous », a déclaré Gideon Saar sur X, après des discussions avec le ministre de l’intérieur allemand Alexander Dobrindt, en visite en Israël.
Quelle est la position de l’Europe?
Bonjour Lodestar,
Dans une déclaration commune publiée vendredi, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont notamment appelé les autorités iraniennes à « faire preuve de retenue ». Les dirigeants français, britannique et allemand condamnent « fermement » « le meurtre de manifestants » et exhortent le régime islamique à « s’abstenir de toute violence et à respecter les droits fondamentaux des citoyens iraniens ».
« Les autorités iraniennes ont la responsabilité de protéger leur propre population et doivent garantir la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, sans crainte de représailles », ajoutent-ils.
Des dizaines de membres des forces de sécurité tués, selon les médias iraniens
Des médias d’Etat iraniens, cités par la chaîne Al-Jazira, assurent que des dizaines de membres des forces de sécurité ont été tués lors des manifestations.
La télévision d’Etat iranienne a ainsi annoncé que 30 membres des forces de police et de sécurité avaient été tués rien que dans la province d’Ispahan. Le commandant des « unités spéciales du commandement des forces de l’ordre », également cité par la chaîne qatarie, évoque pour sa part huit membres des forces de sécurité tués les 8 et 9 janvier « lors d’opérations visant à réprimer des émeutes dans différentes villes ».
Le chef de la police iranienne, Ahmad Reza Radan, a pour sa part déclaré dimanche, selon les médias d’Etat, que le niveau de confrontation avec les émeutiers avait été « intensifié ».

La mobilisation continue, la vie quotidienne quasi paralysée, selon diverses sources
Sur le terrain, la mobilisation semble continuer. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.

Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.
A Téhéran, un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.
Les écoles sont fermées, et l’enseignement se fait désormais à distance, mais sans internet ; il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité pratiquement impossible.
Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.
Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a par ailleurs dit avoir reçu des « témoignages directs et des rapports crédibles » sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours. « Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines », avertit l’organisation.
Elle ajoute que les hôpitaux sont « débordés », que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés aux yeux par des tirs.
Des images qui se font rares
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Internet a été coupé sur l’ensemble du territoire iranien. Vendredi, Le Monde avait pu localiser et authentifier plusieurs images de ces manifestations, dans une quinzaine de localités. Elles ont été publiées sur les réseaux sociaux avant que le pays ne soit coupé du reste du monde. Les voici :
Depuis, d’autres vidéos amateurs continuent de circuler, dont certaines sont produites par des Iraniens qui parviennent à contourner la censure, par le biais par exemple des réseaux VPN. Nos équipes continuent actuellement de travailler pour les authentifier.
Qui est Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, l’homme qui attise la révolte ?
Le fils de l’ancien chah, chassé de son pays par la révolution khomeyniste de 1979, multiplie les appels à manifester contre le régime islamique. Alors que son nom est scandé dans les cortèges, celui qui vit en exil aux Etats-Unis s’érige de plus en plus en meneur de la contestation.
Reza Pahlavi, l’homme qui attise la révolte en Iran
L’Iran visera l’armée et le transport maritime des Etats-Unis en cas d’attaque, prévient le président du Parlement
« En cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront nos cibles légitimes », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat. Il semble ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.

La police iranienne annonce d’« importantes » arrestations
L’Iran a procédé à d’importantes arrestations de figures-clés du mouvement de protestation qui a secoué la république islamique ces deux dernières semaines, a déclaré dimanche le chef de la police nationale.
« Hier soir [samedi soir], d’importantes arrestations ont été effectuées parmi les principaux acteurs des émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après avoir suivi les procédures légales », a déclaré Ahmad Reza Radan à la télévision d’Etat, sans donner de détails sur le nombre ou l’identité des personnes arrêtées.
Les menaces de Donald Trump
« L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider ! », a pour sa part écrit samedi Donald Trump sur sa plateforme, Truth Social, renouvelant ses menaces contre le régime iranien.
Vendredi soir, déjà, M. Trump avait menacé Téhéran, déclarant : « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer sinon nous aussi nous commencerons à tirer. » « J’espère seulement que les manifestants en Iran seront en sécurité, car c’est un endroit très dangereux en ce moment », a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin 2025, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.
L’administration américaine a entamé des réflexions préliminaires sur d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran, afin de donner corps aux récentes menaces du président Donald Trump, rapporte le Wall Street Journal. Selon des responsables américains cités par le quotidien, plusieurs scénarios sont sur la table, notamment celui d’une frappe visant des installations militaires. Toutefois, les sources du journal soulignent qu’aucun consensus n’a été atteint au sein de l’exécutif sur la stratégie à adopter.
Le sénateur républicain américain Lindsey Graham a adressé un message de soutien aux manifestants iraniens, affirmant que « le long cauchemar » du peuple iranien « touche bientôt à sa fin ». Dans ce message publié sur X, l’élu assure que le combat des Iraniens a été « remarqué par le président des Etats-Unis ». « Lorsque le président Trump dit “Make Iran Great Again”, cela signifie que les manifestants en Iran doivent l’emporter sur les ayatollahs », déclare-t-il.
Une répression sanglante et à huis clos
Dans le discours des dirigeants iraniens, les manifestants ont d’abord été présentés comme des « personnes légitimement mécontentes », en raison des problèmes économiques, qu’il fallait écouter et distinguer des « émeutiers ». Depuis vendredi 9 janvier, les médias d’Etat et les responsables politiques et judiciaires les qualifient d’« agents terroristes » au service des Etats-Unis et d’Israël. Un changement sémantique, qui, au lendemain des grandes manifestations de jeudi, ouvre la voie à une répression sanglante.

Depuis le début de cette contestation, au moins 116 manifestants ont été tués et 2 600 arrêtés, selon l’organisation basée aux Etats-Unis Human Rights Activists in Iran, jugée fiable par l’agence Associated Press.
Un black-out quasi total imposé par Téhéran complique par ailleurs la vérification des informations. Les Iraniens sont en effet privés d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.

Téhéran a promis de réagir avec fermeté aux manifestations antigouvernementales qui touchent une grande partie du pays. Samedi, les gardiens de la révolution, armée idéologique du pouvoir, ont qualifié les manifestants de terroristes et ont déclaré que « préserver les acquis de la révolution islamique et maintenir la sécurité et la survie du régime constituent une ligne rouge ».

En Iran, une répression sanglante et à huis clos
Bonjour, et bienvenue dans ce direct consacré aux mouvements de contestation en Iran. Des Iraniens manifestent depuis le 28 décembre à travers tout le pays. Depuis le début de la mobilisation, initialement lancée pour protester contre la baisse de la valeur de la monnaie et la hausse du coût de la vie, au moins 570 manifestations à travers le pays ont été recensées par l’organisation basée aux Etats-Unis Human Rights Activists in Iran (HRA).
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