Au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début des mobilisations contre le régime, le 28 décembre, selon l’ONG Iran Human Rights.
L’exécution d’un manifestant prévue mercredi a été reportée
L’exécution d’Erfan Soltani, un manifestant iranien de 26 ans, qui était prévue mercredi, a été reportée, a déclaré l’organisation de défense des droits humains Hengaw, basée en Norvège, citant des proches, tout en ajoutant qu’il existait « des inquiétudes sérieuses et persistantes » concernant son droit à la vie.
Parallèlement, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a assuré dans un entretien à Fox News qu’il n’y aurait « pas de pendaison aujourd’hui ou demain ».
Le président américain, Donald Trump, qui a menacé de prendre des mesures militaires contre Téhéran en raison de la répression des manifestations, a déclaré plus tôt qu’il avait été informé par « une source fiable » qu’il n’y avait « pas de projet d’exécution », sans donner plus de détails.
Lufthansa va contourner les espaces aériens iranien et irakien « jusqu’à nouvel ordre »
Le groupe de transport aérien allemand, qui, outre la compagnie allemande Lufthansa, englobe Austrian, Brussels Airlines, Discover, Eurowings, Swiss et ITA Airways, a expliqué dans un communiqué éviter ces espaces aériens « en raison de la situation actuelle au Moyen-Orient ».
« Nous avons le contrôle total » de la situation et « le calme règne », affirme le ministre des affaires étrangères iranien
« Désormais (…) le calme règne. Nous avons le contrôle total » de la situation, a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, dans un entretien à Fox News, selon des extraits de cette interview enregistrée mercredi et qui doit être diffusée à minuit.
Le Royaume-Uni a « fermé temporairement » son ambassade à Téhéran
« Nous avons fermé temporairement l’ambassade britannique à Téhéran, elle fonctionnera désormais à distance », a fait savoir un porte-parole du ministère des affaires étrangères britannique, précisant que les conseils aux voyageurs avaient été « mis à jour pour refléter ce changement consulaire ».
Donald Trump assure que « les tueries ont pris fin » en Iran, repoussant la perspective d’une intervention militaire américaine
« On nous dit que les tueries en Iran prennent fin. Elles ont pris fin », a déclaré le président américain, assurant qu’il tenait ses informations « de bonne source ».
Près de Tel-Aviv, des Israéliens se rassemblent en soutien aux manifestations en Iran

Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir à Holon, dans le entre d’Israël, pour soutenir les manifestations, durement réprimées, qui secouent depuis plus de deux semaines la République islamique iranienne. La ville, située en périphérie de Tel-Aviv, abrite une importante communauté juive d’origine iranienne.
Les manifestants ont arboré des drapeaux israéliens et des drapeaux iraniens ornés d’un lion et d’un soleil datant d’avant la Révolution islamique de 1979. Ils brandissaient des pancartes en hébreu, en persan et en anglais appelant à la solidarité avec le peuple iranien. « Soyez la voix du peuple iranien », pouvait-on lire sur l’une des pancartes.
Le chant Javid shah (« vive le chah ») a retenti à plusieurs reprises dans la foule, un slogan souvent scandé ces deux dernières semaines par des manifestants en Iran et à l’étranger, appelant au rétablissement de la monarchie. Plusieurs manifestants ont brandi des portraits de Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, exilé aux Etats-Unis et qui a appelé à renverser la République islamique.


L’Espagne appelle ses ressortissants à quitter l’Iran
« Il est recommandé aux Espagnols qui se trouvent en Iran de quitter le pays en utilisant les moyens disponibles », a fait savoir le ministère des affaires étrangères espagnol dans une mise à jour de ses conseils aux voyageurs.
Le point sur la situation en Iran, mercredi 14 janvier à 21 heures
- Au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début de la contestation contre le pouvoir, a annoncé l’ONG Iran Human Righs (IHR), sise en Norvège, dans un nouveau bilan. Elle ajoute que des milliers de personnes auraient également été blessées. L’ONG ajoute qu’au moins 10 000 personnes ont été arrêtées.
- Une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar a reçu l’ordre de partir, après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat. Le Qatar affirme que le départ d’une partie du personnel est une réponse aux « tensions régionales ».
- Les ministres des affaires étrangères du G7 menacent Téhéran de « mesures restrictives supplémentaires » si l’Iran poursuit la répression des manifestations et de la contestation en violation du droit international.
- Le chef des gardiens de la révolution a assuré que l’Iran était prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque des Etats-Unis ou d’Israël, accusant ces pays d’être derrière le mouvement de contestation qui secoue la République islamique depuis la fin de décembre.
La République islamique n’a jamais été aussi près de tomber, souligne Arman Mahmoudian, spécialiste du Proche-Orient, dans une tribune au Monde. Cependant, si les Etats-Unis décidaient d’intervenir pour appuyer la contestation, ils feraient face à l’absence d’une opposition unifiée capable de gérer une transition politique.
Iran : « Toute intervention militaire américaine aurait des répercussions imprévisibles sur l’avenir du régime »
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Les ministres des affaires étrangères du G7 menacent Téhéran de « mesures restrictives supplémentaires »
Les ministres des affaires étrangères de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni ainsi que la haute représentante de l’Union européenne affirment être « vivement préoccupés par l’évolution de la situation relative aux manifestations en cours en Iran ».
« Nous nous opposons fermement à l’intensification de la répression brutale exercée par les autorités iraniennes contre le peuple iranien, qui fait preuve de courage depuis la fin du mois de décembre 2025 en exprimant ses aspirations légitimes à une vie meilleure, à la dignité et à la liberté », peut-on lire dans cette déclaration commune.
« Nous sommes profondément inquiets face au nombre élevé de morts et de blessés dont il est fait état. Nous condamnons le recours délibéré à la violence et le fait que des manifestants soient tués, détenus de manière arbitraire et subissent des tactiques d’intimidation des forces de sécurité », précisent les responsables politiques, qui affirment être prêts « à imposer des mesures restrictives supplémentaires si l’Iran poursuit la répression des manifestations et de la contestation, en violation du droit international relatif aux droits de l’homme et de ses obligations internationales ».
Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi (1919-1980), chassé de son pays par la révolution islamique, en 1979, tente de s’imposer comme la figure capable de proposer une alternative à la République islamique. Le mouvement de contestation lancé le 28 décembre 2025 par des commerçants révoltés contre la vie chère s’est transformé en vague de contestation la plus importante depuis la fondation de la République islamique, en 1979.
Le Quai d’Orsay condamne les « violences insoutenables » contre les manifestants et déconseille formellement tout déplacement en Iran
Dans un communiqué de presse, le ministère des affaires étrangères français a souhaité mettre à jour ses consignes de sécurité en Iran, « où des violences insoutenables se sont abattues sur les manifestants (…) ces derniers jours ».
« La France déconseille formellement tout déplacement en Iran à ses ressortissants, y compris binationaux, compte tenu notamment du risque de détention arbitraire. Ces conseils sont valables pour tous les ressortissants, y compris les journalistes », ajoute le Quai d’Orsay, qui précise que ces consignes s’appliquent aussi aux binationaux.
Il donne également des nouvelles de Cécile Kohler et de Jacques Paris, qui se trouvent toujours à l’ambassade : « Notre but est de pouvoir les ramener aussi vite que possible en France », écrit le ministère, qui assure que des réflexions sont engagées afin de « sanctionner » les responsables de la répression envers les manifestants. « C’était l’un des messages de la convocation de l’ambassadeur iranien en France hier à la demande du ministre de l’Europe et des affaires étrangères », peut-on lire dans le communiqué.
Selon NetBlocks, la coupure quasi totale des télécommunications dure depuis sept jours
Selon les données scrutées par l’organisation NetBlocks, qui surveille et signale les coupures d’Internet et la censure en ligne dans le monde, l’Iran est soumis à une coupure de la quasi-totalité des télécommunications depuis sept jours. « Cette perturbation figure parmi les plus longues jamais enregistrées et continue d’isoler plus de 90 millions d’Iraniens du reste du monde », ajoute l’organisme dans un post sur le réseau social X.
Ce black-out, imposé par le régime, isole non seulement les Iraniens entre eux et du reste du monde, mais il complique aussi la récolte d’informations.
Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix 2003, suggère une « action ciblée » américaine contre Khamenei afin de protéger les manifestants
La lauréate iranienne du prix Nobel de la paix 2003, Shirin Ebadi, a suggéré que les Etats-Unis mènent des « actions hautement ciblées » contre le guide suprême iranien Ali Khamenei et les commandants des gardiens de la révolution islamique.
« Ce que nous demandons et ce que nous voulons » de la part du président américain, Donald Trump, « ce sont des mesures qui empêchent le massacre des Iraniens », a déclaré l’avocate dans un entretien à la chaîne allemande Deutsche Welle mercredi. Selon elle, les Etats-Unis pourraient aussi recourir au brouillage pour perturber les communications du régime avec ses forces de sécurité et la diffusion de sa propagande.
L’Iran prêt à riposter « de manière décisive » en cas d’attaque des Etats-Unis ou d’Israël, affirme le chef des gardiens de la révolution
Le chef des gardiens de la révolution a assuré que l’Iran était prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque des Etats-Unis ou d’Israël, accusant ces pays d’être derrière le mouvement de contestation qui secoue la République islamique depuis la fin de décembre.
Dans une déclaration citée par la télévision d’Etat, Mohammad Pakpour a également accusé le président américain, Donald Trump, et le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, d’être les « assassins de la jeunesse iranienne ».
Au moins 3 428 manifestants tués depuis le début des manifestations selon l’ONG Iran Human Rights
Au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début de la contestation contre le pouvoir, a annoncé l’ONG Iran Human Righs (IHR), sise en Norvège, dans un nouveau bilan. Elle ajoute que des milliers de personnes auraient également été blessées.
« Ce chiffre est un minimum absolu », avertit IHR, qui indique avoir reçu « de nouveaux rapports et témoignages montrant davantage encore l’ampleur de la violence ». L’ONG ajoute qu’au moins 10 000 personnes ont été arrêtées.

La France envisage d’utiliser Eutelsat pour aider les Iraniens coupés du monde
La France affirme étudier la possibilité de recourir à du matériel de l’opérateur de satellites de communication européen Eutelsat pour aider les Iraniens à communiquer avec l’extérieur, alors que les autorités iraniennes ont coupé Internet dans le pays.
« Nous explorons toutes les options », a déclaré, mercredi, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, à l’Assemblée nationale, à une députée qui l’interrogeait sur la possibilité d’envoyer du matériel Eutelsat en Iran. « Cette piste va être effectivement explorée », a ajouté le porte-parole du ministère des affaires étrangères français, Pascal Confavreux. « Ce que nous demandaient nos autorités, c’est que nous puissions explorer cette piste, a-t-il poursuivi. Cela va prendre un petit peu de temps. En tout cas, c’est en cours. »
Eutelsat est souvent présenté comme le pendant européen à Starlink, de l’entreprise américaine SpaceX dirigée par Elon Musk. Les terminaux Starlink ont été utilisés par la population iranienne aux premiers jours du blocage d’Internet par les autorités, qui ont ensuite réussi à les brouiller à grande échelle.
L’ambassade américaine à Riyad appelle son personnel à la plus grande prudence
Sur son site, l’ambassade américaine à Riyad a appelé son personnel à « redoubler de prudence » et à « limiter les déplacements non essentiels vers les installations militaires de la région ». « Nous recommandons aux citoyens américains présents dans le royaume de faire de même. La mission américaine en Arabie saoudite continue de suivre la situation régionale », détaille la publication.
« A l’heure actuelle, le personnel et les opérations de la mission américaine restent inchangés, et les services consulaires continuent de fonctionner normalement », précise l’ambassade alors que l’Iran a déclaré qu’il était capable de « riposter » en cas de frappes américaines, ce qui rappelle les bombardements inédits menés en juin par la République islamique contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar.
Un conseiller du Guide suprême affirme que l’Iran serait capable de « riposter » à une éventuelle attaque américaine
L’Iran est capable de « riposter » à d’éventuelles frappes américaines, a averti mercredi un conseiller du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, rappelant les frappes inédites menées en juin par la République islamique contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar.
Donald Trump devrait se souvenir de cette attaque, qui a prouvé « la volonté et la capacité de l’Iran à riposter à toute attaque », a écrit Ali Shamkhani sur son compte X, en réponse aux menaces d’intervention de Washington face à la répression de la contestation en Iran.
Abbas Araghtchi assure qu’Israël a « toujours cherché à entraîner les Etats-Unis dans des guerres en son nom »
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, affirme qu’Israël a toujours essayé d’« entraîner les Etats-Unis dans des guerres en son nom ». « Maintenant que nos rues sont ensanglantées, Israël déclare ouvertement et fièrement avoir “armé les manifestants” (…) et que c’est la raison des centaines de morts », a publié le ministre sur X. « Le président Trump devrait maintenant savoir vers qui se tourner pour mettre fin à l’effusion de sang », a-t-il ajouté.
Le ministre des affaires étrangères israélien appelle la France à soutenir la reconnaissance des gardiens de la révolution comme une « organisation terroriste » au sein de l’UE
Sur X, le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a rapporté s’être entretenu avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, et lui avoir demandé de soutenir la qualification des gardiens de la révolution islamique en Iran comme « organisation terroriste » au sein de l’Union européenne.
« Depuis des décennies, le CGRI – corps des gardiens de la révolution – œuvre à la propagation de la terreur et de l’instabilité au Moyen-Orient et au-delà. Aujourd’hui, il est à la tête d’une répression meurtrière contre le peuple iranien, qui se bat pour sa liberté. L’inscription du CGRI sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne constituerait à la fois une mesure morale et efficace, et adresserait un message clair au peuple iranien : nous entendons votre voix. Vous n’êtes pas seul », a écrit sur X le ministre.
Le Qatar affirme que le départ d’une partie du personnel de la base américaine est une réponse aux « tensions régionales »
En référence aux informations relayées par les médias au sujet du départ de certains membres du personnel de la base aérienne d’Al-Udeid (américaine), le Bureau international des médias (IMO) de l’Etat du Qatar a déclaré que ces mesures ont été prises en réponse aux tensions régionales actuelles.
Un peu plus tôt, des sources diplomatiques ainsi qu’un responsable américain avaient annoncé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) et de l’Associated Press (AP) qu’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar avait reçu l’ordre de partir, après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat.
Une partie du personnel de la base américaine Al-Udeid au Qatar a reçu l’ordre de partir
Une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid au Qatar a reçu l’ordre de partir, ont déclaré mercredi deux sources diplomatiques à l’Agence France-Presse (AFP), après que Washington a menacé d’intervenir en Iran, en proie à la contestation. Ils ont été appelés à quitter la base avant mercredi soir, ont déclaré ces sources sous couvert d’anonymat.
Cette information a aussi été confirmée à l’Associated Press (AP) par un responsable américain. Il n’a pas fourni davantage de détails, notamment si l’évacuation était facultative ou obligatoire, si elle concernait des militaires ou du personnel civil, ni le nombre de personnes concernées, invoquant des impératifs de sécurité opérationnelle.
Située à 190 kilomètres au sud de l’Iran, de l’autre côté du Golfe, Al-Udeid, base militaire américaine la plus importante du Moyen-Orient, avait été ciblée en juin 2025 par l’Iran en riposte aux bombardements menés par les Etats-Unis sur des installations nucléaires iraniennes.
Des hôpitaux « débordés » par l’afflux de blessés, dont des enfants, alerte l’ONU
« Il faut cesser de tuer des manifestants pacifiques », a dénoncé Volker Türk, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, dans un communiqué diffusé mardi. « Il est inacceptable de qualifier les manifestants de terroristes pour justifier la violence à leur égard. » Rappelant que les Iraniens ont le droit de manifester pacifiquement, il a insisté sur le fait que « leurs griefs d[evaient] être entendus et pris en compte, et ne d[evaient] être instrumentalisés par personne ».
Selon Volker Türk, plusieurs hôpitaux seraient désormais débordés par l’afflux de victimes, parmi lesquelles figureraient des enfants. Des membres des forces de sécurité auraient également été tués, détaille la publication de l’ONU.
Une rapporteuse spéciale des Nations Unies met en garde l’Iran contre le recours à la peine de mort
La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Iran a critiqué la menace de recourir à la peine de mort en réponse aux manifestations meurtrières, affirmant qu’elle viole le droit international, selon des propos rapportés par Al-Jazira.
Mai Sato a déclaré que même si les exécutions ne sont pas immédiatement effectuées, l’intention affichée d’imposer la peine de mort est « illégale » et témoigne d’un « mépris pour la liberté de réunion et d’expression ». « La peine de mort n’est pas la réponse d’un pays où la liberté de réunion et d’expression est respectée », a-t-elle déclaré.
Ces commentaires font suite à une déclaration du chef du pouvoir judiciaire qui a promis des procès « rapides » pour les suspects arrêtés pendant les manifestations. Les groupes de défense de droits humains parlent de milliers d’arrestations depuis le début du mouvement, le 28 décembre, et craignent un large usage de la peine de mort. Selon la diplomatie américaine, une première exécution est prévue dès mercredi.
La Suède a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Stockolm pour dénoncer les « violences meurtrières généralisées » contre les manifestants
Le ministère des affaires étrangères suédois a dit avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran à Stockolm afin « de protester fermement contre les violences meurtrières généralisées perpétrées contre les manifestants pacifiques et les détentions arbitraires à grande échelle en Iran », peut-on lire dans le communiqué de presse.
Cette convocation « soulignait que le droit à la liberté d’expression et de réunion, ainsi que le droit de réunion pacifique, devaient être respectés par l’Iran », ajoute le ministère.
Venezuela, Groenland, Iran… Derrière la rhétorique martiale de Trump, Washington dessine une approche faite de frappes ajustées et d’opérations simultanées, au risque de dépasser ses capacités militaires.
Sous Donald Trump, les contorsions de la stratégie militaire américaine
Le point sur la situation, mercredi 14 janvier à la mi-journée
- Les forces armées des gardiens de la révolution – armée idéologique de la République islamique d’Iran − sont « en état de préparation défensive maximale » et « prêtes à faire face à toute agression », a fait savoir leur commandant.
- Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a promis des procès « rapides » pour les suspects arrêtés lors des manifestations, qualifiées d’« émeutes » par les autorités.
- Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné « la répression révoltante et le meurtre de manifestants en Iran » et annoncé travailler à de nouvelles sanctions.
- Un rassemblement massif a eu lieu à Téhéran pour les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité tués lors des manifestations contre le pouvoir en Iran, selon la télévision d’Etat.
- Après les déclarations récentes de Donald Trump exhortant les Iraniens à « continuer de manifester », le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a affirmé que son pays se défendrait contre « les forces du mal et les ingérences étrangères ».
- Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères français a estimé mercredi qu’« il s’agit là de la répression la plus violente dans l’histoire contemporaine de l’Iran ». « Elle doit impérativement cesser », a-t-il ajouté.
- Cela fait plus de cinq jours et demi qu’Internet est coupé en Iran – la connectivité non satellitaire est à moins de 1 % du niveau habituel –, selon les données scrutées par l’organisation NetBlocks.
L’armée de l’air iranienne est « en état de préparation défensive maximal », assure son commandant
Les forces armées des gardiens de la révolution – armée idéologique de la République islamique d’Iran − sont « en état de préparation défensive maximale » et « prêtes à faire face à toute agression », a fait savoir leur commandant, le général Abdolrahim Mousavi, cité par l’agence de presse iranienne Fars. Leurs productions aérospatiales dans divers domaines ont augmenté par rapport à avant la guerre de douze jours, et « tous les dommages ont été réparés », a-t-il assuré.
Le chef de la diplomatie russe assure qu’un pays tiers ne pourra pas « changer la nature des relations entre la Russie et l’Iran »
« Nous avons besoin de continuer à travailler avec l’Iran pour mettre en œuvre les accords bilatéraux », a affirmé le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à Moscou. « Un pays tiers ne peut pas changer la nature des relations entre la Russie et l’Iran », a-t-il assuré, alors que les Etats-Unis ont menacé d’intervenir militairement en Iran.
« La Russie condamne fermement l’ingérence destructrice étrangère dans les processus politiques internes de l’Iran », a par ailleurs affirmé une porte-parole du ministère, estimant que des « forces étrangères hostiles tentent d’exploiter les tensions générales pour déstabiliser et affaiblir le gouvernement iranien ».
Keir Starmer condamne « la répression révoltante et le meurtre de manifestants en Iran » et annonce travailler à de nouvelles sanctions
« Je tiens tout d’abord à condamner avec la plus grande fermeté la répression révoltante et le meurtre des manifestants en Iran », a déclaré le premier ministre britannique, Keir Starmer, en ouverture de la séance de questions au gouvernement.
« Le contraste entre le courage du peuple iranien et la brutalité de son régime désespéré n’a jamais été aussi flagrant », a-t-il ajouté, assurant avoir dénoncé cette brutalité directement aux Iraniens. « Nous travaillons avec nos alliés à l’élaboration de nouvelles sanctions et nous faisons tout notre possible pour protéger les ressortissants britanniques », a-t-il par ailleurs annoncé.
Tirs à bout portant dans les manifestations, hangars jonchés de cadavres, forces de l’ordre omniprésentes : plusieurs témoignages recueillis par Le Monde attestent de la violence sans précédent employée par les autorités pour mater les manifestations.
En Iran, la répression connaît une ampleur inédite : « Il y avait deux ou trois couches de corps entassés les uns sur les autres dans les hangars »
Des milliers de personnes assistent à des funérailles collectives pour des membres des forces de sécurité à Téhéran
Un rassemblement massif est en cours mercredi à Téhéran pour les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres « martyrs » tués lors des manifestations contre le pouvoir en Iran, selon la télévision d’Etat. Sur les images diffusées, on voit des milliers de personnes agitant des drapeaux de la République islamique, ainsi que des photos de l’ayatollah Khamenei. La cérémonie a débuté avec la lecture de prières pour les morts devant l’université de la capitale.

Les cercueils, recouverts de drapeaux iraniens, sont empilés sur au moins trois rangées à l’arrière de camions et recouverts de roses rouges et blanches et de photos encadrées des personnes tuées.
Les cours du pétrole en hausse
Les cours du pétrole montent, mercredi, le marché continuant d’être soutenu par les menaces de Donald Trump contre le régime de Téhéran secoué par un important mouvement de contestation, ce qui fait craindre une rupture d’approvisionnement.
Vers 11 h 35, heure de Paris, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, prenait 0,92 %, à 66,07 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, gagnait 0,93 %, à 61,72 dollars.
Le président américain a promis son aide aux manifestants, mais Washington hésite non seulement sur les moyens mais sur l’objectif même d’une intervention : décapiter le régime de Téhéran, annihiler son appareil répressif ou le contraindre à une reddition sur le dossier nucléaire ?
Donald Trump confronté au dilemme d’une opération militaire contre l’Iran



Les autorités iraniennes appellent à saisir les biens des manifestants
Le procureur général iranien, Mohammad Movahed Azad, a appelé à identifier les propriétés des manifestants pour pouvoir les saisir, afin de leur « donner une leçon », rapporte la télévision d’Etat. Selon Iran international, le tribunal de Qom a déjà annoncé la saisie des biens et des comptes bancaires d’un propriétaire de café de la région, arrêté le 13 janvier et soupçonné d’avoir soutenu les manifestations.
Abbas Araghtchi affirme « la détermination du peuple iranien à défendre la souveraineté nationale et la sécurité du pays contre toute ingérence malveillante et étrangère »
Après les déclarations récentes de Donald Trump exhortant les Iraniens à « continuer de manifester », le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a averti que son pays se défendrait contre « les forces du mal et les ingérences étrangères ». Sur Telegram, le ministre a fait état de plusieurs de ses échanges, avec des responsables émiratis, turcs et français.
Lors de son entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie emiratie, M. Araghtchi a affirmé que « le calme a été rétabli ». Il a dénoncé les « déclarations provocatrices » des responsables américains, estimant qu’il s’agit d’une « ingérence flagrante dans les affaires intérieures de l’Iran ».
« M. Araghtchi a souligné la détermination du peuple iranien à défendre la souveraineté nationale et la sécurité du pays contre toute ingérence malveillante et étrangère », rapporte le ministère sur Telegram.
Jean-Noël Barrot : « C’est aux Iraniens qu’appartient leur propre avenir. Et c’est cela que doivent entendre les autorités du pays »
Alors que la répression du mouvement de contestation a fait plus de 2 500 morts confirmés, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères français a estimé mercredi qu’« il s’agit là de la répression la plus violente dans l’histoire contemporaine de l’Iran ». « Elle doit impérativement cesser », a-t-il ajouté au micro de RTL.
Jean-Noël Barrot a évoqué les « manifestants abattus à bout portant par des armes d’assaut » et « des cadavres qui s’entassent dans des sacs dans des hôpitaux surchargés » dans les images qui ont pu circuler. « Nous voyons des familles iraniennes endeuillées et nous entendons des appels de détresse auxquels nous ne pouvons rester insensibles », assure-t-il.
« Nous souhaitons que le peuple iranien puisse disposer de lui-même et de son propre avenir. C’est aux Iraniens qu’appartient leur propre avenir. Et c’est cela que doivent entendre les autorités du pays », a poursuivi M. Barrot.
Selon lui, la priorité de la France est « d’assurer la sécurité de [ses] ressortissants », « la sécurité de [ses] agents d’ambassade » ainsi que celle de Cécile Kohler et de Jacques Paris, actuellement assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran. La Commission européenne travaille par ailleurs sur de nouvelles sanctions visant les responsables iraniens, a-t-il fait savoir.
Les funérailles de membres des forces de sécurité tués prévues mercredi
Les autorités iraniennes préparent, mercredi, les obsèques de plus de cent membres des forces de sécurité tuées pendant la répression des manifestations. Ces funérailles devraient avoir lieu à l’université de Téhéran sous haute sécurité, rapporte Associated Press (AP). Des membres des forces de sécurité en civil patrouillent encore dans certains quartiers, tandis que les policiers antiémeutes et les membres de la force paramilitaire des gardiens de la révolution, les bassidji, entièrement composée de volontaires, semblent avoir été renvoyés dans leurs casernes, précise AP.
Le chef du pouvoir judiciaire promet des procès « rapides » pour les suspects arrêtés pendant les manifestations
Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a promis des procès « rapides » pour les suspects arrêtés lors des manifestations, qualifiées d’« émeutes » par les autorités, a rapporté la télévision d’Etat mercredi. « Si quelqu’un a mis le feu à une personne, l’a décapitée avant de brûler son corps, nous devons faire notre travail rapidement », a-t-il déclaré lors de la visite d’une prison où sont détenues des personnes arrêtées pendant les manifestations.
« Il faut agir rapidement dans l’arrestation, le procès et la punition de ceux qui faisaient partie des instigateurs, des incitateurs et des motivateurs des émeutiers et des terroristes », a-t-il ajouté. Selon les agences de presse iraniennes, M. Mohseni Ejei a passé cinq heures dans cette prison de Téhéran à étudier leurs cas et a dit que les procès devraient être « publics ».
Les groupes de défense de droits humains parlent de milliers d’arrestations depuis le début du mouvement, le 28 décembre, et craignent un large usage de la peine de mort. Selon la diplomatie américaine, une première exécution est prévue dès mercredi.
Le point sur les services de communication disponibles en Iran, mercredi matin
En ce 14 janvier, cela fait plus de cent trente-deux heures, soit plus de cinq jours et demi, qu’Internet est coupé en Iran, avec une connectivité non satellitaire représentant moins de 1 % des niveaux habituels, selon les données scrutées par l’organisation NetBlocks, qui surveille et signale les coupures d’Internet et la censure en ligne dans le monde.
Pour contourner cette censure des autorités, des Iraniens utilisent le service de connexion par satellite Starlink, fondé par le milliardaire américain Elon Musk, malgré une loi votée au Parlement qui en interdit l’utilisation et les tentatives de Téhéran d’empêcher aussi cette voie de communication.
Mardi, certaines lignes téléphoniques vers l’étranger avaient par ailleurs été rétablies, mais les appels vers l’Iran depuis l’étranger restaient impossibles.
Ce black-out, imposé depuis le 8 janvier, isole non seulement les Iraniens entre eux et du reste du monde, mais il complique aussi la récolte et la collection d’informations.
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En Iran, le régime s’en prend au service de connexion par satellite Starlink pour empêcher les habitants de communiquer
La répression du mouvement de contestation a fait plus de 2 500 morts, selon l’ONG HRANA
La violente répression du mouvement de contestation en Iran a tué plus de 2 500 personnes, dont 2 403 manifestants, et neuf personnes qui ne prenaient pas part aux manifestations, a rapporté mardi l’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), faisant état de morts « confirmées ». Parmi eux se trouvent 12 mineurs, ajoute-t-elle. Par ailleurs, l’organisation rapporte que 147 membres des forces de sécurité et soutiens du gouvernement ont été tués.
HRANA fait aussi état de 18 434 manifestants arrêtés dans le mouvement, qui s’est étendu dans 187 villes. Selon la même source, 97 cas de confessions forcées ont été diffusés, et la répression a également fait 1 134 blessés graves.
Selon le département d’Etat américain, une première exécution de manifestant est prévue mercredi en Iran
Dans un message publié en farsi sur X, le département d’Etat américain affirme que l’Iran a programmé une première exécution de manifestant mercredi.
« Plus de 10 600 manifestants ont été arrêtés », rappelle la diplomatie américaine ajoutant qu’« Erfan Soltani, 26 ans, dont l’exécution a été programmée pour le 14 janvier, est l’un d’eux ».
Amnesty International a demandé à l’Iran de « surseoir immédiatement à toutes les exécutions, y compris celle d’Erfan Soltani ».
Starlink de nouveau opérationnel en Iran
Selon Associated Press, le fournisseur d’accès Internet par satellite Starlink propose désormais un service gratuit en Iran. Mehdi Yahyanejad, un militant basé à Los Angeles qui a contribué à faire entrer les appareils en Iran, a déclaré à l’Associated Press que le service gratuit avait commencé. D’autres militants ont également confirmé dans des messages en ligne que le service était gratuit.
« Nous pouvons confirmer que l’abonnement gratuit aux terminaux Starlink est pleinement opérationnel », a déclaré M. Yahyanejad dans un communiqué. « Nous l’avons testé à l’aide d’un terminal Starlink nouvellement activé en Iran. »
Le fils de l’ancien chah appelle de nouveau l’armée à rejoindre le mouvement de protestation

Tôt mercredi matin sur X, Reza Pahlavi, le fils en exil de l’ancien chah, a adressé « un message spécial aux membres de l’armée. Vous êtes l’armée nationale d’Iran, pas l’armée de la République islamique. Vous avez le devoir de protéger les vies de nos compatriotes. Il ne vous reste pas beaucoup de temps. Joignez-vous à eux dès sans tarder ».
Dans ce même message adressé plus largement à ses compatriotes, Reza Pahlavi a repris les propos de Donald Trump, assurant que « l’aide est en route ». « Le monde n’a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond », dit-il encore, appelant les manifestants à « continuer le combat ».
L’Iran accuse les Etats-Unis de chercher un « prétexte à une intervention militaire »
La mission iranienne à l’ONU a accusé, mardi sur X, Washington de chercher un « prétexte » pour intervenir militairement en Iran.
« Les fantasmes et la politique des Etats-Unis à l’égard de l’Iran sont fondés sur un changement de régime, avec des sanctions, des menaces, des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire », a écrit la mission iranienne sur X.
« Ce scénario a déjà échoué par le passé (…) et il est certain que ce scénario échouera à nouveau », met en garde le communiqué.
Le message est accompagné d’une lettre de protestation adressée aux dirigeants de l’ONU, évoquant notamment « la guerre de douze jours » menée par Israël contre l’Iran, avec le renfort des Etats-Unis. L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, estime que les déclarations du président américain doivent être comprises dans le contexte de « l’échec » de cette guerre.
Revenant sur les propos de Donald Trump appelant les Iraniens « à continuer de manifester » et « à prendre le contrôle des institutions », il l’accuse d’« encourager la déstabilisation politique » et d’« inciter à la violence », « en violation aux principes fondamentaux de la Charte des Nations unies ».
La mission iranienne demande notamment au secrétaire général de l’ONU « de condamner toutes les formes d’incitation à la violence, les menaces de recours à la force et les ingérences américaines dans les affaires iraniennes ».
Donald Trump dit qu’il va « regarder la situation en Iran »
« Je retourne à la Maison Blanche, nous allons regarder la situation en Iran », a lancé Donald Trump à son retour, mardi en fin d’après-midi, pendant un échange avec la presse sur le tarmac de la base militaire Andrews, près de Washington.
« Nous allons avoir des chiffres précis en lien avec les tueries [de manifestants] », a-t-il ajouté, parlant d’un nombre « significatif » de morts.
Donald Trump dit qu’il agira « de manière très forte » en cas d’exécutions de manifestants
Le président américain, Donald Trump, a assuré que les Etats-Unis agiraient « de manière très forte » si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées lors des manifestations qui secouent le pays.
« Nous agirons de manière très forte s’ils font une chose pareille », a affirmé Donald Trump, interrogé par un journaliste de la chaîne CBS sur de potentielles exécutions par pendaison dès mercredi.
📷 Les rassemblements de soutien aux manifestants iraniens se multiplient en Europe



Le point sur la situation, mardi 13 janvier, dans la soirée
- Au moins 734 manifestants ont été tués en Iran depuis le début du mouvement de contestation contre le pouvoir, a annoncé, mardi, l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, selon laquelle le nombre réel de morts pourrait s’élever à plusieurs milliers.
- Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a affirmé, mardi, qu’Internet avait été coupé en raison d’« opérations terroristes » pendant les manifestations, dont « les ordres venaient de l’étranger », alors que des ONG ont accusé la République islamique d’avoir coupé l’accès afin de masquer la répression sanglante des manifestations.
- Le président américain, Donald Trump, a encouragé, mardi, les manifestants iraniens à poursuivre leur mouvement jusqu’à renverser les autorités, en promettant sur son réseau Truth Social que « l’aide [était] en route », sans plus de précisions.
- Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, qui s’est érigé en figure de ralliement dans la contestation, a estimé, dans un entretien publié mardi par Le Figaro Magazine, que « jusqu’à présent, la France a[vait] malheureusement adopté une posture d’apaisement vis-à-vis du régime iranien » face à la répression des manifestations.
- Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a justifié, mardi, la prudence de la France sur la contestation en Iran par la situation « plus que fragile et préoccupante » de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus pendant plus de trois ans et actuellement assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran.
- La France a convoqué, mardi, l’ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer la « violence d’Etat qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques », a annoncé le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors des questions au gouvernement devant les députés.
- Plusieurs pays européens, notamment le Danemark, le Royaume-Uni, l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal ou la Belgique, ont également annoncé, ces dernières heures, la convocation à leur ministère des affaires étrangères du représentant de la République islamique dans leur pays.
L’ONG Iran Human Rights affirme qu’au moins 700 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement
Au moins 734 manifestants ont été tués en Iran depuis le début du mouvement de contestation contre le pouvoir, a annoncé, mardi, l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, selon laquelle le nombre réel de morts pourrait s’élever à plusieurs milliers.
IHR « continue de recevoir des rapports faisant état de milliers de morts dans différentes villes et provinces d’Iran », précise l’organisation, après plus de deux semaines de manifestations.
📷 Malgré la déconnexion quasi totale de l’Iran, quelques images des dernières manifestations antirégimes à Téhéran




Le parquet iranien menace les « émeutiers » de poursuites passibles de la peine de mort
Le parquet iranien a annoncé, mardi, que certaines des personnes arrêtées lors des manifestations s’exposaient à des peines passibles de la peine de mort, sur fond d’inquiétudes sur l’intensification de la répression en Iran.
Le bureau des procureurs de Téhéran a déclaré qu’un nombre indéterminé de manifestants serait poursuivi pour « moharebeh » (guerre contre Dieu, en persan), un des chefs d’accusation les plus graves en Iran et passible de la peine de mort, selon un communiqué cité par la télévision d’Etat. Ces « émeutiers » seront « bientôt présentés à la justice », selon la même source.
L’Iran est deuxième au classement mondial en nombre d’exécutions après la Chine, selon des ONG : en 2025, le pays a exécuté au moins 1 500 condamnés à mort, dénombre l’organisation Iran Human Rights (IHR). Douze personnes avaient été exécutées lors de la dernière grande vague de manifestations entre 2022 et 2023, d’après cette ONG basée en Norvège. Et douze autres ont été exécutées pour espionnage au profit d’Israël, depuis la guerre de juin entre les deux pays ennemis.
Il est « extrêmement préoccupant de voir des déclarations publiques de certains responsables judiciaires évoquant la possibilité de recourir à la peine de mort contre des manifestants à l’issue de procédures judiciaires expéditives », a affirmé, mardi, le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Volker Türk. L’IHR a, quant à elle, dit craindre que la théocratie chiite « cherche à organiser des procès rapides sans respecter les garanties d’un procès équitable pour les manifestants détenus ».
L’ONG a notamment cité le cas d’Erfan Soltani, 26 ans, arrêté samedi 10 janvier dans la ville de Karaj, près de Téhéran, et qui, selon sa famille, a déjà été condamné à mort et pourrait être exécuté dès mercredi. Les accusations retenues contre lui ne sont pas connues et l’affaire n’a pas été relayée par les médias d’Etat en Iran.
Bonjour,
Le président américain, Donald Trump, a en effet déclaré qu’il imposerait des droits de douane de 25 % à tout pays faisant commerce avec l’Iran.
Les partenaires commerciaux de l’Iran sont nombreux. Parmi les principaux, on retrouve la Chine, les Emirats arabes unis, la Turquie, la Russie, l’Irak mais aussi l’Allemagne, l’Inde, la Thaïlande, le Sri Lanka, le Japon et les Philippines.
Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran ont été réalisés en 2024 avec la Chine, pour 18 milliards de dollars d’importations et 14,5 milliards de dollars d’exportations.
Les hydrocarbures et les composés chimiques (alcools industriels, plastiques) représentaient la majeure partie des exportations iraniennes vers la Chine. L’Iran, de son côté, a importé de Chine des machines industrielles, des équipements électroniques, des voitures et des métaux.
Selon la Banque mondiale, les exportations iraniennes vers les Emirats arabes unis s’élevaient à 6 milliards de dollars en 2022, tandis que les importations atteignaient 18 milliards de dollars. Selon les données de l’OMC, les Emirats arabes unis vendent à l’Iran de l’or, des smartphones et du maïs en échange d’hydrocarbures principalement.
Les importations turques en provenance d’Iran ont légèrement dépassé les 6 milliards de dollars en 2022, tandis que les exportations ont atteint 5,8 milliards de dollars la même année, selon les données de la Banque mondiale.
Les exportations iraniennes vers l’Irak ont représenté 7,35 milliards de dollars en 2022, tandis que les importations en provenance d’Irak ont atteint 456 millions de dollars, selon la Banque mondiale.
Selon le ministère du commerce indien, les échanges commerciaux avec l’Iran sont passés de 17,03 milliards de dollars en 2018-2019 à 1,68 milliard de dollars en 2024-2025. L’Inde exporte vers l’Iran principalement du riz basmati, du sucre, des fruits frais et des produits pharmaceutiques et importe des pistaches, des pommes, des kiwis et des dattes.
Les exportations allemandes vers l’Iran se sont élevées à 870,5 millions d’euros (1 milliard de dollars) entre janvier et novembre 2025, selon l’office fédéral des statistiques de l’Allemagne, Destatis. Les importations en provenance d’Iran ont atteint 217 millions d’euros au cours de cette période.
L’Allemagne a convoqué l’ambassadeur d’Iran et appelle à la fin des violences contre les manifestants
Le ministère des affaires étrangères allemand a appelé Téhéran « à mettre fin à la violence contre ses citoyens et à respecter leurs droits ». « Les agissements brutaux du régime iranien contre sa propre population sont choquants », a ajouté le ministère dans un message posté sur X.
📷 Les rassemblements antirégimes se poursuivent devant différentes ambassades d’Iran européennes


Pour justifier la prudence de la France concernant l’Iran, Sébastien Lecornu évoque la situation « préoccupante » des otages français Cécile Kohler et Jacques Paris
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a justifié, mardi, la prudence de la France sur la contestation en Iran par la situation « plus que fragile et préoccupante » de Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus pendant plus de trois ans et actuellement assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran.
La France a « toujours un éminent devoir de protection de la communauté française présente en Iran », a souligné le premier ministre devant l’Assemblée nationale. Il a ajouté : « La question de Mme Kohler et de M. Paris, qui sont encore actuellement à l’ambassade, et dont vous savez très bien que la situation reste plus que fragile et préoccupante. » « Parler de silence est excessif », a-t-il complété en réponse au chef de file des députés UDR, Eric Ciotti, allié du Rassemblement national.
« La République française se tient derrière le peuple iranien » et le « combat que mène le peuple iranien pour sa liberté, le respect de ses droits fondamentaux et les aspirations bien naturelles à vivre dans un autre régime politique mérite d’être non seulement salué mais soutenu unanimement », a appuyé le chef du gouvernement.
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Le Danemark convoque le chargé d’affaires d’Iran, exhortant le pays « à respecter ses obligations internationales »
Le ministère des affaires étrangères danois a annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires d’Iran, l’ambassadeur étant actuellement absent, « afin d’exprimer la condamnation par le gouvernement de l’usage de la violence par le régime iranien contre les manifestants ».
Le ministère danois a déclaré dans un communiqué qu’il a également exhorté « l’Iran à respecter ses obligations internationales, y compris le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion ». « Cela vaut également pour la garantie d’un accès libre et sans entrave à Internet », a-t-il ajouté.
Donald Trump intime aux manifestants iraniens de « continuer à manifester », assurant « l’aide est en route »
Le président américain, Donald Trump, a encouragé, mardi, les manifestants iraniens à poursuivre leur mouvement jusqu’à renverser les autorités, en promettant sur son réseau Truth Social que « l’aide [était] en route », sans plus de précisions.
« Patriotes iraniens, CONTINUEZ À MANIFESTER. PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS ! ! ! », a écrit Donald Trump, précisant qu’il avait « annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêt[ai]ent pas ».
Londres convoque l’ambassadeur d’Iran pour dénoncer la répression des manifestations
Le Royaume-Uni a convoqué l’ambassadeur d’Iran à Londres pour dénoncer la « répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations » depuis des années, a annoncé, mardi, la cheffe de la diplomatie britannique, Yvette Cooper, devant les députés britanniques.
« Sur mes instructions, le secrétaire d’Etat chargé du Moyen-Orient a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour souligner la gravité du moment, et exiger de l’Iran qu’il réponde aux rapports horribles que nous recevons », et qui font état de « milliers de morts », a-t-elle rapporté.
La France convoque l’ambassadeur d’Iran pour dénoncer la répression des manifestations

La France a convoqué, mardi, l’ambassadeur iranien à Paris pour dénoncer la « violence d’Etat qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants pacifiques », a annoncé le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, lors des questions aux gouvernements devant les députés.
Pour Jean-Noël Barrot, la répression des manifestations qui agitent l’Iran depuis le 28 décembre 2025 est « intolérable, insupportable et inhumaine ». « Cette condamnation, je l’ai signifié au ministre des affaires étrangères de l’Iran et elle sera réitérée à l’ambassadeur d’Iran en France que j’ai convoqué aujourd’hui au Quai d’Orsay », a déclaré le chef de la diplomatie.
« Nous ne nous arrêterons pas là : il ne saurait y avoir aucune impunité pour ceux qui tournent leurs fusils contre des manifestants pacifiques », a affirmé le chef de la diplomatie française, évoquant les sanctions « rapides » contre Téhéran promises par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Plusieurs pays européens, notamment l’Espagne, les Pays-Bas, la Finlande, le Portugal ou la Belgique, ont également annoncé ces dernières heures la convocation à leur ministère des affaires étrangères du représentant de la République islamique dans leur pays. Mme von der Leyen « va proposer un certain nombre de désignations nouvelles ciblant les auteurs qui ont tourné leurs armes contre des civils innocents », a rappelé M. Barrot.
L’accréditation de l’ambassadeur d’Iran en Irlande reportée en raison de la répression des manifestations
Le gouvernement irlandais a annoncé mardi avoir décidé de reporter la cérémonie de présentation des lettres de créance du nouvel ambassadeur d’Iran à Dublin.
Cette décision « a été prise à la lumière des manifestations en Iran ces derniers jours qui ont entraîné un très grand nombre de tués ou de blessés ainsi qu’une coupure des communications », a déclaré un porte-parole du ministère des affaires étrangères irlandais dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse.
Eshaq Al-Habib a été nommé par le ministère des affaires étrangères iranien fin 2025. Il devait prendre officiellement ses fonctions à l’issue de la cérémonie prévue mardi à la résidence de la présidente irlandaise, Catherine Connolly. L’ancien ambassadeur d’Iran en Irlande, Masoud Eslami, occupait ce poste entre 2018 et 2024, depuis lors laissé vacant.
Le premier ministre irlandais, Micheal Martin, a appelé, mardi, « à la fin de la répression en Iran ». « Il faut une gouvernance différente en Iran, davantage de libertés pour la population, le droit de se réunir librement, le droit à la liberté d’expression et un système de gouvernance plus démocratique », a-t-il déclaré devant des journalistes à Dublin.
Le Portugal convoque l’ambassadeur d’Iran pour condamner la « répression violente » des contestations
Le ministre des affaires étrangères portugais, Paulo Rangel, a convoqué le représentant de la diplomatie iranienne « pour lui transmettre de vive voix la condamnation véhémente, déjà réitérée ces derniers jours, de la répression violente des manifestations » des derniers jours contre le régime de Téhéran.
« Par ailleurs, dans un cadre de concertation européenne, le Portugal est prêt à renforcer les sanctions contre l’Iran », a précisé le ministère des affaires étrangères sur son compte X. Lisbonne a ainsi appelé « à ce que soient respectés les droits des citoyennes et des citoyens iraniens ».
Reza Pahlavi accuse la France d’avoir « adopté une posture d’apaisement vis-à-vis du régime iranien »
Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, qui s’est érigé en figure de ralliement dans la contestation, a estimé, dans un entretien publié mardi par Le Figaro Magazine, que « jusqu’à présent, la France a malheureusement adopté une posture d’apaisement vis-à-vis du régime iranien » face à la répression des manifestations.
« Il me semble moralement impératif pour le président Emmanuel Macron, et les dirigeants occidentaux, de se placer du bon côté de l’Histoire », a martelé cet opposant qui vit en exil depuis la révolution islamique de 1979 qui a renversé son père, mettant en garde contre un « énième arrangement avec un régime au bord de l’effondrement ».
Le président français a d’abord condamné « fermement », vendredi 9 janvier, « le meurtre de manifestants », dans une déclaration avec le chancelier allemand, Friedrich Merz, et le premier ministre britannique, Keir Starmer. Les trois dirigeants ont appelé Téhéran à la « retenue ».
Lundi soir, sur X, il a de nouveau condamné « la violence d’Etat qui frappe aveuglément » les manifestants et s’est dit « aux côtés » des défenseurs des « libertés fondamentales » − alors que de premières critiques commençaient à émerger sur la position française.
Le point sur la situation, mardi 13 janvier à la mi-journée
- Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a affirmé mardi qu’Internet avait été coupé en raison d’« opérations terroristes » pendant les manifestations, dont « les ordres venaient de l’étranger », alors que des ONG ont accusé la République islamique d’avoir coupé l’accès afin de masquer la répression sanglante des manifestations.
- Alors que la coupure nationale d’Internet se poursuit depuis plus de quatre jours et demi en Iran, selon l’ONG NetBlocks, certains résidents ont tout de même réussi à passer des coups de téléphone à l’étranger sur leur téléphone portable, des communications bloquées jusque-là.
- « Le nombre croissant de victimes en Iran est effrayant », a dénoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, condamnant « sans équivoque l’usage excessif de la force » et menaçant les responsables de la répression de nouvelles sanctions européennes.
- Le Qatar a appelé, mardi, à éviter « toute escalade » entre les Etats-Unis et l’Iran, estimant qu’un affrontement entre les deux pays pourrait avoir des « conséquences catastrophiques » pour la région.
- Le haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Volker Türk, s’est déclaré « horrifié » par la violence croissante des forces de sécurité iraniennes à l’égard des manifestants. « Ce cycle de violence effroyable ne peut se poursuivre », a-t-il déclaré, estimant à « plusieurs centaines » le nombre de morts.
- Plusieurs pays, dont la France et les Etats-Unis, ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran au plus vite. Il est recommandé à ceux qui ne peuvent pas partir de ne pas se joindre aux manifestations et de « faire profil bas ».
Qu’en est-il de Cécile Kohler et Jacques Paris dans ce contexte?
Bonjour François,
Cécile Kohler et Jacques Paris, assignés à l’ambassade de France à Téhéran en attente d’une potentielle libération, « vont bien » malgré le mouvement contestataire inédit qui secoue l’Iran, a fait savoir mardi à l’Agence France-Presse leur entourage, qui « suit la situation heure par heure ».
« Ils sont toujours assignés à résidence à l’ambassade. Ils sont avec les personnels essentiels [de l’ambassade] qui continuent à être très attentifs à leur égard », a déclaré Noémie Kohler, la sœur de Cécile Kohler. « Leur sécurité est assurée », a insisté, de son côté, Anne-Laure Paris, la fille de Jacques Paris. « Ils se remettent peu à peu de leur détention, mais ils sont impatients de rentrer », a-t-elle ajouté.
Les deux Français avaient été arrêtés et incarcérés en Iran en mai 2022 avant d’être condamnés respectivement à vingt et dix-sept ans de prison, notamment pour espionnage pour Israël, en octobre 2025. Ils avaient finalement été libérés, au début de novembre, avec l’interdiction toutefois de quitter le pays.
Ursula von der Leyen dénonce le « nombre croissant de victimes en Iran » et menace les « responsables de la répression » de nouvelles sanctions
« Le nombre croissant de victimes en Iran est effrayant », a dénoncé la présidente de la Commission européenne sur X, condamnant « sans équivoque l’usage excessif de la force et les restrictions continues à la liberté ». Alors que les gardiens de la révolution islamique sont déjà soumis à des sanctions de l’Union européenne, Mme von der Leyen a affirmé que « de nouvelles sanctions à l’encontre des responsables de la répression ser[aie]nt rapidement proposées ». « Nous sommes solidaires du peuple iranien qui marche courageusement pour sa liberté », a-t-elle conclu.
Comment les autorités iraniennes ont-elles réussi à se débrancher d’Internet ? En juin, peu après l’attaque de l’armée israélienne contre l’Iran, les autorités avaient déjà pris des mesures similaires. Deux spécialistes des réseaux, Frédérick Douzet, professeure à l’Institut français de géopolitique, et Kavé Salamatian, professeur à l’université Savoie-Mont-Blanc, avaient répondu aux questions du Monde. Nous republions cet entretien.
En Iran, « les autorités ont réussi à contrôler le point quasi unique de sortie vers l’Internet mondial »
Le Qatar appelle à éviter « toute escalade » entre les Etats-Unis et l’Iran
« Nous savons que toute escalade [entre Washington et Téhéran] aurait des conséquences catastrophiques dans la région et au-delà, et nous voulons donc l’éviter autant que possible », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères qatari, Majed Al-Ansari, lors d’une conférence de presse à Doha, après que le président américain a menacé d’intervenir militairement dans ce pays, en proie à la contestation.
Le président américain a assuré, il y a dix jours, que les Etats-Unis étaient « parés à intervenir » et viendraient au « secours » des manifestants si les autorités iraniennes les tuaient. De son côté, l’Iran a menacé, dimanche, Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d’intervention militaire des Etats-Unis contre la République islamique.
Farah Pahlavi, dernière impératrice d’Iran, s’adresse aux manifestants : « Votre message est trop fort pour être réduit au silence »
Dans un message posté sur son compte Instagtam, la dernière impératrice d’Iran, Farah Pahlavi, veuve de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran, et mère de Reza Pahlavi, s’est adressée aux manifestants en Iran : « Votre courage, votre patriotisme et votre abnégation ces derniers jours vous ont valu le respect du monde entier », écrit-elle.
« Je sais que les esprits sombres, craignant d’entendre votre voix, ont coupé vos moyens de communication avec le monde extérieur, mais sachez que votre message est trop fort pour être réduit au silence par de telles actions », ajoute-t-elle, affirmant que ces actions « finiront tôt ou tard par briser le mur de la censure ».
Mme Pahlavi dénonce aussi le « massacre de manifestants innocents en Iran », déplorant le « sang versé de chaque enfant de ce pays ». « Sachez que l’histoire de ces jours en Iran restera à jamais gravée dans les pages de l’histoire, et que la honte restera pour ceux dont les balles ont transpercé la poitrine de leurs frères et sœurs », conclut-elle.
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Reza Pahlavi, l’homme qui attise la révolte en Iran
« Ce cycle de violence effroyable ne peut se poursuivre », affirme le haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme
Volker Türk s’est déclaré mardi « horrifié » par la violence croissante des forces de sécurité iraniennes à l’égard des manifestants. « Ce cycle de violence effroyable ne peut se poursuivre. Le peuple iranien et ses revendications d’équité, d’égalité et de justice doivent être entendus », a-t-il dit dans un communiqué. Interrogé sur le bilan de la répression, le haut-commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme a évoqué « plusieurs centaines » de morts.
M. Türk a jugé « extrêmement préoccupant » les déclarations de certains responsables judiciaires « laissant entendre que la peine de mort pourrait être appliquée à l’encontre des manifestants dans le cadre de procédures judiciaires accélérées », et rejeté le qualificatif de « terroristes » pour parler des manifestants.
« L’Iran ne cherche pas à être hostile à l’Union européenne, mais toute restriction sera réciproque », affirme le chef de la diplomatie iranienne, après l’interdiction de l’entrée de diplomates au Parlement européen
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a exprimé mardi sur Telegram son « objection » à la décision du Parlement européen d’interdire l’entrée de diplomates ou de responsables iraniens dans ses locaux. « L’Iran ne cherche pas à être hostile à l’Union européenne, mais toute restriction sera réciproque », a-t-il affirmé.
Le ministre a dénoncé un deux poids deux mesures avec les représentants israéliens, notant que « plus de deux ans de génocide à Gaza ayant coûté la vie à 70 000 Palestiniens n’ont pas poussé le Parlement européen à prendre une quelconque mesure réelle contre Israël ».
Lundi, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, avait affirmé sur X que la Chambre « ne contribuera pas à légitimer ce régime [iranien] qui s’est maintenu par la torture, la répression et le meurtre ».
Amnesty International et HRW dénoncent l’« utilisation illégale de la force et des armes à feu » par les autorités iraniennes
Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont dénoncé, dans un communiqué commun daté du 8 janvier, la « répression meurtrière » des forces de l’ordre et des autorités judiciaires iraniennes depuis le début des manifestations, l’« utilisation illégale de la force et des armes à feu », ainsi que les « arrestations arbitraires massives ».
« Les forces de sécurité, notamment les services de renseignement des gardiens de la révolution, la force de résistance bassidj et la police iranienne, ont illégalement utilisé des fusils d’assaut, des fusils de chasse, des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des coups pour disperser, intimider et punir des manifestants largement pacifiques », dénoncent les deux organisations, alors que les liaisons téléphoniques internationales ont repris mardi avec l’Iran, permettant la sortie de nouveaux témoignages.
« Le peuple iranien, qui ose exprimer sa colère face à des décennies de répression et réclamer des changements fondamentaux, a une fois de plus été confronté à un schéma meurtrier de tirs illégaux, de poursuites, de détentions et de passages à tabac de manifestants par les forces de sécurité, dans des scènes qui rappellent le soulèvement “Femmes, vie, liberté” [de 2022] », a déclaré Diana El-Tahavi, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, citée dans le communiqué. Elle appelle le gouvernement iranien à « cesser l’usage illégal de la force et des armes à feu ».
Rectificatif, le 13/01 à 13 h 05 : retrait d’une mention d’un ancien bilan de la répression.
« C’est apocalyptique » : des témoignages d’Iran, où la répression fait des centaines de morts
Deux semaines après le début d’une contestation qui atteint une ampleur sans précédent, les morts se comptent par centaines. Y compris dans des villes du sud-ouest du pays, habituellement plus loyales au régime. Le média en exil IranWire y a recueilli des témoignages qui décrivent une répression impitoyable.
Nous vous recommandons la lecture de cet article traduit par nos confrères de Courrier international, une rédaction du Groupe Le Monde.
Forts du rassemblement massif de leurs partisans lundi, de hauts responsables de la République islamique ont durci le ton et multiplié les menaces envers les manifestants, alors que le pays traverse la vague de protestation la plus importante depuis la fondation du régime, en 1979.
En Iran, le régime mobilise ses soutiens pour tenter d’étouffer la contestation
La Finlande dit étudier « des mesures pour aider à rendre la liberté au peuple iranien »
« Le régime iranien a coupé Internet pour pouvoir tuer et opprimer en silence », a dénoncé sur X la ministre des affaires étrangères finlandaise, Elina Valtonen, qui a convoqué mardi l’ambassadeur iranien à Helsinki. « Cela ne sera pas toléré. Nous sommes aux côtés du peuple iranien − femmes et hommes confondus », a-t-elle poursuivi. Mme Valtonen a également fait savoir que la Finlande étudiait, en collaboration avec l’Union européenne, « des mesures pour aider à rendre la liberté au peuple iranien ».
Le chef de la diplomatie iranienne affirme qu’Internet a été coupé en raison d’« opérations terroristes » pendant les manifestations, dont « les ordres venaient de l’étranger »
Alors que des défenseurs des droits humains ont accusé la République islamique d’avoir coupé l’accès à Internet, le 8 janvier, afin de masquer la répression sanglante des manifestations, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a défendu une version différente sur la chaîne Al-Jazira. « Le gouvernement dialoguait avec les manifestants. Internet n’a été coupé que lorsque nous avons été confrontés à des opérations terroristes et constaté que les ordres venaient de l’étranger », a déclaré M. Araghtchi.
Selon l’ONG Iran Human Rights, la répression du mouvement de protestation, qui a débuté le 28 décembre sur fond de crise économique mais qui défie désormais le pouvoir, s’intensifie. L’organisation dit avoir confirmation de la mort de 648 manifestants et d’environ 10 000 arrestations. Mais la réalité pourrait être bien plus noire, craint l’ONG, évoquant des rapports pour l’heure non confirmés allant jusqu’à 6 000 morts. Les autorités ont imposé une coupure totale des communications Internet depuis le 8 janvier, compliquant la collecte d’informations.
La France recommande à ses ressortissants de quitter l’Iran, et prévient que « seule la téléphonie mobile de numéro iranien à numéro iranien fonctionne »
« Il est formellement déconseillé aux ressortissants français de se rendre en Iran, compte tenu notamment du risque de détention arbitraire », a rappelé le ministère de l’Europe et des affaires étrangères français, dans un communiqué cité par la ministre déléguée chargée de la francophonie, sur X. « Pour ceux qui y seraient déjà de passage, il est recommandé de quitter le territoire iranien immédiatement », ajoute le ministère, du moins temporairement.
Pour les ressortissants qui ne peuvent pas quitter le territoire, le ministère préconise de « se tenir strictement à l’écart de tout rassemblement et manifestation », de ne « prendre aucune photo ni vidéo » et d’« éviter impérativement tout déplacement de nuit et, en journée, d’observer la plus grande vigilance », en conservant une copie de leurs papiers d’identité sur eux.
« A ce jour, seule la téléphonie mobile de numéro iranien à numéro iranien fonctionne », précise le ministère, ajoutant que « le réseau téléphonique iranien n’est pas joignable actuellement depuis l’étranger et [que] le réseau Internet ne fonctionne pas en Iran ».
Israël dit rester « en état d’alerte » en raison des manifestations en Iran, mais affirme qu’il s’agit d’une « affaire interne »
Notant les « rumeurs » qui circulent à propos de la situation en Iran, l’armée israélienne a fait savoir, mardi, qu’elle était « prête à se défendre et en état d’alerte en cas de scénarios surprise, si nécessaire », sans émettre pour autant de recommandations à la population, comme elle le fait en cas de menace imminente.
« Les manifestations en Iran sont une affaire interne. Nous continuons à évaluer la situation en permanence et vous tiendrons informés de tout changement éventuel », a déclaré sur X le général Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne, appelant à ne pas « croire aux rumeurs ».
Israël avait lancé en juin une campagne de bombardements sans précédent contre l’Iran, tuant de hauts gradés et des scientifiques liés au programme nucléaire iranien ainsi que des centaines de civils. L’Iran avait riposté avec des missiles et des drones lancés contre Israël. La guerre avait duré douze jours.
L’Iran a menacé dimanche Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d’intervention militaire des Etats-Unis contre la République islamique.
Friedrich Merz estime que le pouvoir en Iran vit ses « derniers jours »
« Lorsqu’un régime ne peut se maintenir au pouvoir que par la violence, il est de facto à bout de souffle. Je pars du principe que nous voyons là les derniers jours et semaines de ce régime », a déclaré le chancelier allemand lors d’un déplacement à Bangalore, dans le sud de l’Inde, dont les propos ont été retransmis par la télévision allemande.
Dans un post sur X, M. Merz a appelé le gouvernement iranien à « protéger son peuple plutôt que de le menacer ». « La violence du régime contre son propre peuple n’est pas une démonstration de force, mais un signe de faiblesse », a-t-il ajouté, disant travailler sur de nouvelles sanctions européennes.
L’Espagne convoque l’ambassadeur iranien pour condamner la situation en Iran : « les arrestations arbitraires doivent cesser »
L’Espagne a exprimé son « ferme rejet et [sa] condamnation » de la répression des manifestations à l’ambassadeur iranien à Madrid, a annoncé le ministre des affaires étrangères. « Le droit des hommes et des femmes iraniens à manifester pacifiquement, leur liberté d’expression doivent être respectés » et les « arrestations arbitraires doivent cesser », a affirmé le ministre, José Manuel Albares, à la radio Catalunya.
Le réalisateur iranien Jafar Pahani appelle la communauté internationale à « ne pas oublier le peuple iranien »
« Je demande à tous les peuples qui nous entendent de ne pas oublier le peuple iranien », a déclaré le réalisateur iranien Jafar Panahi au micro de France Inter, dénonçant la répression des manifestations dans le pays, qui a fait plus de 600 morts. Le régime iranien « utilise des armes de guerre pour faire un bain de sang », a-t-il lancé, soulignant que « le peuple iranien est sans défense ». « Malgré tout, il est dans les rues et crie », a salué le réalisateur, appelant au soutien de la communauté internationale pour « en finir » avec le pouvoir en place.
« On est au point culminant de révolte », a ajouté le réalisateur, qui a réussi à quitter l’Iran pour la première fois depuis quinze ans en 2025, à l’occasion du Festival de Cannes, où il a remporté la Palme d’or pour Un Simple accident.
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Droits de douane : la Chine annonce qu’elle défendra « résolument » ses intérêts
« Nous avons toujours pensé qu’il n’y avait pas de gagnant dans une guerre commerciale, et la Chine sauvegardera résolument ses droits et intérêts légitimes », a déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Mao Ning, au cours d’un point presse régulier. La veille, Donald Trump avait annoncé que les Etats-Unis frapperaient de droits de douane de 25 % tout pays commerçant avec l’Iran, en proie à la contestation.
Interrogée sur la sécurité des Chinois se trouvant en Iran et de touristes chinois se rendant dans le pays, elle a répondu que Pékin suivait « attentivement l’évolution de la situation ». « Nous prendrons toutes les mesures qui s’imposent pour protéger la sécurité des ressortissants chinois », a-t-elle dit.
« Quittez l’Iran immédiatement » : les Etats-Unis appellent leurs ressortissants à fuir le pays
Dans un message posté sur le site de l’« ambassade virtuelle » des Etats-Unis en Iran, le pays appelle ses ressortissants à quitter l’Iran « immédiatement », prévenant que les manifestations « s’intensifient et pourraient dégénérer en violences, entraînant des arrestations et des blessés ». « Prévoyez un plan pour quitter l’Iran sans compter sur l’aide du gouvernement américain », ajoute-t-il.
« Des mesures de sécurité renforcées, des fermetures de routes, des perturbations des transports publics et des blocages d’Internet sont en cours. Le gouvernement iranien a restreint l’accès aux réseaux mobiles, fixes et Internet nationaux », alertent les Etats-Unis sur ce site destiné à communiquer avec les citoyens américains en Iran en l’absence de liens officiels entre les deux pays. Le message appelle donc les citoyens à « prévoir des moyens de communication alternatifs ».
Comme les compagnies aériennes limitent ou annulent leur vols à destination et en provenance d’Iran, les citoyens américains doivent « envisager de quitter l’Iran par voie terrestre vers l’Arménie ou la Turquie », ajoutent-ils.
Pour les citoyens qui ne pourraient pas partir, les Etats-Unis préconisent de trouver « un endroit sûr dans votre résidence ou dans un autre bâtiment sécurisé » et de faire « des provisions de nourriture, d’eau, de médicaments et d’autres articles essentiels ». Ils appellent aussi à éviter les manifestations et à faire « profil bas ».
Quelques appels internationaux signalés de Téhéran, où la coupure nationale d’Internet se poursuit depuis plus de cent huit heures
Alors que la coupure nationale d’Internet se poursuit depuis plus de cent huit heures en Iran, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks, « isolant les Iraniens entre eux et du reste du monde », certains résidents ont tout de même réussi à passer des coups de téléphone à l’international sur leurs téléphones portables, mardi, rapporte l’Associated Press. Des appels impossibles jusqu’alors.
« Plusieurs personnes à Téhéran ont pu appeler l’Associated Press et parler à un journaliste », précise l’agence de presse, soulignant toutefois que « le bureau d’AP à Dubaï, aux Emirats arabes unis, n’a pas réussi à rappeler ces numéros ».
Les Iraniens ont déclaré que les SMS semblaient toujours indisponibles, et qu’Internet restait coupé du reste du monde. Ce black-out, imposé depuis la nuit de jeudi à vendredi sur décision des autorités, entrave toujours la récolte et la vérification d’informations.
L’ambassade de France en Iran a été « reconfigurée » pour tenir compte du « contexte local », selon le ministère des affaires étrangères
Le ministère des affaires étrangères a fait savoir, lundi soir, que le « format de l’ambassade [de France à Téhéran] a été reconfiguré pour la mettre en mesure d’assurer ses missions dans le contexte local ». Selon deux sources anonymes citées par l’Agence France-Presse, le personnel diplomatique non essentiel de l’ambassade a quitté le pays.
« La protection de nos agents comme de nos ressortissants est une priorité », précise le Quai d’Orsay, ajoutant que l’« ambassade est ouverte et fonctionnelle » et que « l’ambassadeur est sur place, avec l’équipe ».
L’ambassadeur français ainsi que ses homologues allemand, italien et américain ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par leurs pays aux manifestants iraniens.
Les Etats-Unis imposent « immédiatement » des droits de douane de 25 % supplémentaires pour tout pays commerçant avec l’Iran
Donald Trump a annoncé lundi sur son réseau Truth Social que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé de droits de douane de 25 % par les Etats-Unis. « Cette décision est définitive » et « prend effet immédiatement », a affirmé le président américain.
Le point sur la situation en Iran, lundi 12 janvier à 21 heures
- Dans un nouveau bilan, Iran Human Rights a déclaré qu’au moins 648 personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations. Le nombre de personnes arrêtées lors des récentes manifestations est estimé à plus de 10 000, détaille l’ONG.
- Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué, lundi, les rassemblements progouvernementaux organisés par les autorités, affirmant que la participation était un « avertissement » aux Etats-Unis. « Ces rassemblements massifs, empreints de détermination, ont contrecarré le plan des ennemis étrangers », a-t-il déclaré.
- Des milliers d’Iraniens ont envahi une grande place du centre de Téhéran pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’Etat.
- Le Parlement européen interdit l’entrée de diplomates ou de responsables iraniens dans ses locaux, a annoncé la présidente de cette institution, Roberta Metsola. « Cette Chambre ne contribuera pas à légitimer ce régime qui s’est maintenu par la torture, la répression et le meurtre », a-t-elle écrit. La cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, a affirmé auprès du site Politico qu’elle envisageait des sanctions encore plus sévères contre l’Iran.
- Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères iranien.
- Sur X, le président français, Emmanuel Macron, a dit condamner « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
- Le ministre des affaires étrangères iranien affirme auprès d’Al-Jazira que l’Iran est prêt à opter pour « l’option militaire » si les Etats-Unis souhaitent la tester. « Nous disposons aujourd’hui d’un dispositif militaire beaucoup plus important et étendu que lors de la dernière guerre, a-t-il déclaré. Nous sommes préparés à toutes les éventualités et espérons que Washington choisira la solution la plus sage. »
Donald Trump « n’hésitera pas à utiliser la force létale s’il le juge nécessaire », affirme la porte-parole de la Maison Blanche
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré à Fox News que Donald Trump était prêt à utiliser la force militaire en Iran, selon des propos rapportés par Al-Jazira. Donald « Trump a toujours affirmé que la diplomatie était la première option », a déclaré Mme Leavitt. « Toutefois, il n’hésitera pas à recourir à la force létale et à la puissance militaire des Etats-Unis s’il le juge nécessaire », a-t-elle affirmé. « Personne ne le sait mieux que le régime iranien. »
A l’appel d’un groupe de soignants franco-iraniens, un collectif de professionnels de santé médicaux et paramédicaux français, alerte, dans une tribune au Monde, sur la répression sanglante en Iran. Quinze jours après le début d’un nouveau soulèvement national, ils demandent aux autorités françaises un soutien urgent au peuple iranien.
Répression en Iran : « Le silence est une faute morale et la prudence diplomatique un crime »
Les rassemblements massifs en soutien au pouvoir sont un « avertissement aux Etats-Unis », affirme Ali Khamenei
Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a salué, lundi, les rassemblements progouvernementaux organisés par les autorités en réponse à deux semaines de manifestations, affirmant que la participation était un « avertissement » aux Etats-Unis.
« C’était un avertissement aux politiciens américains pour qu’ils cessent leurs manœuvres trompeuses et ne comptent pas sur des mercenaires perfides », a-t-il déclaré, selon la télévision d’Etat iranienne, après que le président américain, Donald Trump, a menacé à plusieurs reprises d’intervenir militairement si Téhéran tuait des manifestants. « Ces rassemblements massifs, empreints de détermination, ont contrecarré le plan des ennemis étrangers », a-t-il déclaré.
📷 A Londres, un rassemblement hétéroclite devant l’ambassade iranienne
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Londres devant l’ambassade d’Iran, brandissant des drapeaux iraniens antérieurs à l’instauration de la République islamique. Dans la foule, où était notamment présent le dirigeant d’extrême droite britannique Nigel Farage, flottaient également des étendards de l’ancienne famille royale iranienne, ornés des armoiries des Pahlavi sur fond bleu clair, ainsi que quelques drapeaux israéliens.

Kaja Kallas menace l’Iran de sanctions encore plus sévères en raison de la répression brutale des manifestants
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Kaja Kallas, a affirmé auprès du site Politico qu’elle envisageait des sanctions encore plus sévères contre l’Iran. « L’UE a déjà mis en place des sanctions sévères à l’encontre de l’Iran, visant les responsables de violations des droits de l’homme, d’activités de prolifération nucléaire et du soutien de Téhéran à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Je suis prête à proposer des sanctions supplémentaires en réponse à la répression brutale des manifestants par le régime », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré ce week-end que Bruxelles « surveillait » la situation, tandis que la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a écrit sur X que « l’Europe doit comprendre son devoir et la nécessité d’agir ».
Londres condamne « l’horrible » répression en Iran
« Les meurtres et la répression brutale des manifestants pacifiques en Iran sont horribles », a écrit la ministre des affaires étrangères britannique, Yvette Cooper, dans un message publié sur X.
Elle a ajouté s’être entretenue avec son homologue iranien, Abbas Araghtchi, lui enjoignant de « cesser immédiatement les violences, respecter les droits et libertés fondamentaux et garantir la sécurité des ressortissants britanniques ».
Le ministre des affaires étrangères iranien affirme auprès d’Al-Jazira que l’Iran est prêt à opter pour « l’option militaire » si les Etats-Unis souhaitent la tester

Abbas Araghtchi, le ministre des affaires étrangères iranien, a donné un entretien à Al-Jazira, au cours duquel il revient notamment sur les discussions menées avec les Etats-Unis. « Certaines idées ont été évoquées avec Washington et sont actuellement à l’étude par nos services », a déclaré le ministre.
« Les idées et les menaces que Washington propose contre notre pays sont incompatibles » avec ces discussions, a déclaré M. Araghtchi. « Si Washington veut tester l’option militaire qu’il a déjà testée, nous sommes prêts », faisant référence aux bombardements menés cet été contre trois sites nucléaires en Iran.
« Nous disposons aujourd’hui d’un dispositif militaire beaucoup plus important et étendu que lors de la dernière guerre », a-t-il déclaré. « Nous sommes préparés à toutes les éventualités et espérons que Washington choisira la solution la plus sage. »
« Les discussions entre Witkoff et moi-même se sont poursuivies avant et après les manifestations, et elles sont toujours en cours », a ajouté le responsable iranien.
La répression de ce mouvement est elle plus importante que celle des mouvements de révoltes ayant eu lieu ces dernières années ?
Bonjour Barb,
Merci pour votre question. La dernière mobilisation importante qui a traversé le pays date de 2022 à la suite de la mort de Mahsa (Jina) Amini durant sa garde à vue à cause de son voile « mal porté », le 16 septembre 2022. La répression du mouvement a fait environ 500 morts, conduisant à l’arrêt des grosses manifestations de rue. Les protestataires n’avaient obtenu aucun changement politique.
Mais la vague de protestations qui touche actuellement le pays est inédite à plusieurs égards. Premièrement, elle concerne l’ensemble des régions, mais surtout toutes les classes sociales. Si le mouvement de 2019 touchait principalement les classes populaires et celui de 2022 les classes moyennes, la contestation actuelle traverse désormais l’ensemble de la société, dans une ampleur sans précédent depuis le « mouvement vert » de 2009. Deuxièmement, une dynamique nouvelle apparaît autour de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, qui se manifeste par des slogans pro-Pahlavi et par l’adhésion d’une partie croissante de la population à son rôle potentiel dans la conduite de la transition.
A ce sujet, je vous invite à lire la tribune de Farid Vahid, codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès, publiée dans nos pages.
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Le ministre des affaires étrangères iranien assure que des « éléments terroristes se sont infiltrés dans les foules des manifestants »
Dans un entretien à Al-Jazira, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, assure que des « éléments terroristes se sont infiltrés dans les foules des manifestants et ont pris pour cible les forces de sécurité ». Abbas Araghtchi a par ailleurs dénoncé « ceux qui tentent d’entraîner Washington dans une guerre afin de servir les intérêts d’Israël ».
Gabriel Attal, ancien premier ministre français, apporte son « soutien total » au peuple iranien
Sur X, l’ancien premier ministre français Gabriel Attal a partagé une capture d’écran d’une vidéo montrant des dizaines de corps acheminés dans le centre médico-légal de Kahrizak. Dans un post qui accompagne cette photo, Gabriel Attal dit apporter son « soutien total » au peuple iranien.
« Couper Internet pour tuer en silence : voilà la stratégie des mollahs face à la soif de liberté du peuple iranien. Des centaines de vies ont déjà été arrachées pour étouffer l’espoir. Mais la terreur ne fonctionne plus. Face à ce régime sanguinaire, c’est tout un peuple qui livre un nouveau combat pour reconquérir sa dignité et ses libertés », écrit-il sur le réseau social avant de conclure : « L’avenir de l’Iran appartient aux Iraniens. »
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Téhéran a exigé auprès des ambassadeurs européens « le retrait des déclarations officielles soutenant les protestataires »
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, a annoncé le ministère des affaires étrangères iranien.
Dans une vidéo, consultée par les journalistes de l’Agence France-Presse, ces derniers décrivent des diplomates qui ont été invités prendre place devant un écran géant. Le ministère des affaires étrangères iranien leur a projeté des images documentant, selon lui, les actions violentes des manifestants. « Ces actions dépassent le cadre de manifestations pacifiques et relèvent d’un sabotage organisé », selon le communiqué du ministère, relayé par la télévision d’Etat.
Par conséquent, Téhéran a demandé aux ambassadeurs de transmettre directement les images à leurs ministres des affaires étrangères respectifs et exigé « le retrait des déclarations officielles soutenant les protestataires ». L’Iran a, en outre, souligné que « tout soutien politique ou médiatique était inacceptable et constituait une ingérence manifeste dans la sécurité intérieure du pays ».
Le Quai d’Orsay a, de son côté, confirmé la rencontre. « Nos ambassadeurs ont exprimé avec force nos préoccupations », ajoute la même source. Quelques minutes auparavant, Emmanuel Macron avait condamné « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
Moscou dénonce « des tentatives d’ingérence extérieure » à propos des manifestations en Iran
Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a dénoncé lundi, lors d’un appel téléphonique avec son homologue iranien, les « tentatives d’ingérence extérieure » alors qu’un mouvement de protestation d’ampleur secoue l’Iran, allié de Moscou.
M. Choïgou « a fermement condamné » lors de cette conversation avec Ali Larijani de « nouvelles tentatives d’ingérence de forces extérieures dans les affaires intérieures de l’Iran », ont rapporté les agences de presse russes.
Emmanuel Macron condamne « la violence d’Etat qui frappe aveuglément » les Iraniens
Sur X, le président français, Emmanuel Macron, a dit condamner « la violence d’Etat qui frappe aveuglément les Iraniennes et les Iraniens qui réclament avec courage le respect de leurs droits ».
« Le respect des libertés fondamentales est une exigence universelle et nous sommes aux côtés de celles et ceux qui les défendent », a-t-il ajouté.
En neutralisant Starlink l’Iran isole encore un peu plus la population
En réussissant à brouiller pour la première fois à grande échelle les terminaux Starlink pour enrayer la contestation, les autorités iraniennes ont fait monter d’un cran leur capacité à isoler leur population du reste du monde.
« C’est la première fois qu’on le voit avec une telle intensité sur Starlink, c’est une nouveauté dans le monde du brouillage », explique à l’Agence France-Presse Kavé Salamatian, professeur à l’université Savoie Mont-Blanc, spécialiste de la géopolitique du cyberespace et coauteur d’une étude sur l’Internet iranien.
« Je travaille sur l’accès à Internet depuis vingt ans et je n’ai jamais vu une telle chose », a déclaré à la publication spécialisée TechRadar Amir Rashidi, directeur pour l’Internet du groupe de défense des droits Miaan Group.
L’Iran a coupé, le 8 janvier, les accès à Internet de sa population, l’empêchant de partager avec le reste du monde des informations sur les manifestations en cours et leur répression [La République islamique a développé au fil des ans une capacité hors du commun de contrôle de son réseau]. Après une arrivée d’Internet relativement ouverte, les autorités ont entrepris, à la fin des années 2000, un « travail de fond d’environ dix-douze ans, avec une restructuration complète du réseau Internet iranien qui a permis en quelque sorte de faire rentrer le djinn dans la bouteille », explique M. Salamatian.
Très aisé à mettre en œuvre, le contrôle s’opère dans la « couche logique du routage. Ils sont capables d’un contrôle très fin, pouvant décider que tel ou tel côté de telle ou telle rue a Internet ou pas », selon lui.
Starlink peut permettre de surmonter le problème, avec sa constellation de satellites en orbite basse permettant d’avoir Internet en établissant une connexion de données entre ces satellites évoluant à environ 550 kilomètres d’altitude et les utilisateurs au sol, s’affranchissant des accès à Internet locaux.
Reste à savoir si Starlink a les moyens de contourner le brouillage. « Nous pourrions rétablir Internet » en Iran, a déclaré le président américain, Donald Trump, dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 janvier. « Je pourrais parler à Elon [Musk, le patron de Starlink], parce que, comme vous le savez, son entreprise est très bonne dans ce domaine ».
Au moins 648 manifestants tués depuis le début de la contestation, selon Iran Human Rights (IHR)
Dans un nouveau bilan d’Iran Human Rights, l’ONG basée en Suède a déclaré qu’au moins 648 personnes avaient été tuées depuis le début des manifestations. Dans le même temps, des informations non vérifiées déclarent qu’au moins plusieurs centaines de personnes, voire plus de 6 000, selon certaines estimations, auraient été tuées, informe la publication.
En raison de la coupure d’Internet depuis le 8 janvier et des restrictions sévères imposées à l’accès à l’information, il est extrêmement difficile de vérifier ces informations de manière indépendante. Le nombre de personnes arrêtées lors des récentes manifestations est estimé à plus de 10 000, détaille l’ONG.
Les diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, du Royaume-Uni, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes, qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères iranien repris par la télévision d’Etat.
« Nous confirmons la convocation d’ambassadeurs européens », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) le ministère des affaires étrangères français.
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe dit avoir convoqué une réunion avec les ambassadeurs des Etats membres
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe a dit sur X avoir convoqué une réunion avec les ambassadeurs des Etats membres pour explorer les mesures à prendre pour éviter « l’escalade » des tensions. « Répression meurtrière des manifestations en Iran, coupure d’Internet… La stabilité régionale et mondiale est menacée. Le droit international et les principes de la Charte des Nations unies doivent prévaloir », a-t-il écrit sur le réseau social.
Le Parlement européen interdit l’entrée de diplomates ou de responsables iraniens dans ses locaux
« Alors que le courageux peuple iranien continue de défendre ses droits et sa liberté, j’ai pris aujourd’hui la décision d’interdire l’accès à tous les locaux du Parlement européen à tout le personnel diplomatique et à tout autre représentant de la République islamique d’Iran », a écrit sur X, la présidente de cette institution, Roberta Metsola. « Cette Chambre ne contribuera pas à légitimer ce régime qui s’est maintenu par la torture, la répression et le meurtre », a-t-elle aussi écrit.
Le premier ministre israélien va tenir une réunion avec des responsables de la défense pour discuter des manifestations en Iran
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, tiendra une réunion du cabinet de sécurité avec des responsables de la défense pour discuter des manifestations meurtrières en Iran, rapporte Al-Jazira.
« Israël suit de près l’évolution de la situation en Iran. Les manifestations pro-liberté se sont propagées à travers le pays. Le peuple israélien et le monde entier admirent le courage extraordinaire des citoyens iraniens », a déclaré Benyamin Nétanyahou lors d’une réunion du cabinet, dimanche. Les autorités iraniennes ont accusé Israël et les Etats-Unis d’attiser les violences en Iran en utilisant des groupes « terroristes ».
Le premier ministre néerlandais exhorte le régime iranien à mettre fin aux violences envers les manifestants
« Le régime iranien réprime violemment toute forme de protestation. De nombreuses personnes ont été tuées », a déploré sur X, le premier ministre néerlandais, Dick Schoof.
« Les hommes et les femmes courageux qui manifestent dans les rues des villes iraniennes méritent notre soutien. Ils s’opposent à la tyrannie et font entendre leurs appels à la liberté. Les Pays-Bas exhortent le régime iranien à mettre fin aux violences, à libérer les personnes arrêtées injustement et à rétablir l’accès à Internet. Nous défendrons fermement les droits du peuple iranien », a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre des affaires étrangères néerlandais, David van Weel, a écrit qu’il était choqué et consterné par les images de la répression des manifestations en Iran.
Le président du Parlement iranien menace d’infliger « une leçon inoubliable » à Donald Trump en cas de nouvelle attaque
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié lundi la répression sanglante du gouvernement contre les manifestants de « guerre contre des terroristes », lors d’un rassemblement en soutien au pouvoir à Téhéran. L’Iran mène « une guerre sur quatre fronts », a-t-il ajouté, citant une guerre économique, psychologique, militaire contre les Etats-Unis et Israël, et « aujourd’hui une guerre contre des terroristes ».
« La grande nation iranienne n’a jamais permis à l’ennemi d’atteindre ses objectifs », a-t-il ajouté, sous les slogans « Mort à Israël ! Mort à l’Amérique ! » scandés en persan. Il a menacé d’infliger « une leçon inoubliable » au président américain, Donald Trump, en cas de nouvelle attaque.
Le point sur la situation, lundi 12 janvier à la mi-journée
- L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est totalement préparé à la guerre », a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, se disant également « prêt à négocier », lors d’un discours devant des ambassadeurs étrangers à Téhéran.
- L’ONG Iran Human Rights (IHR) a déclaré, dimanche soir, avoir confirmé la mort d’au moins 483 manifestants, malgré le black-out qui entrave toujours la récolte et la vérification d’informations. L’IHR a aussi estimé à plus de 10 600 les manifestants arrêtés.
- Le « black-out national » quasi total imposé par Téhéran se poursuit désormais depuis plus de « quatre-vingt-quatre heures », rapporte l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.
- Abbas Araghtchi a affirmé que « la situation est désormais totalement sous contrôle » en Iran, après une répression sanglante des manifestations, et assuré que l’accès à Internet serait bientôt rétabli dans le pays.
- Des milliers d’Iraniens ont envahi la place Enghelab, dans le centre de Téhéran, pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’Etat. Des contre-manifestations en soutien au pouvoir étaient aussi organisées dans d’autres villes iraniennes.
- Un canal de communication est « ouvert » entre l’Iran et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient malgré d’absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis, a affirmé le ministère des affaires étrangères iranien.
- Le service diplomatique de l’Union européenne s’est dit « prêt à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l’encontre des manifestants » par le pouvoir à Téhéran. De leur côté, l’Allemagne, la Chine et le Canada ont aussi condamné la répression du gouvernement iranien.
Des milliers d’Iraniens rassemblés place Enghelab, à Téhéran, en soutien au gouvernement iranien
Des milliers d’Iraniens ont envahi, lundi, une grande place du centre de Téhéran pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’Etat. Des personnes brandissant le drapeau de la République islamique ont envahi la place Enghelab, ou place de la Révolution, et des prières étaient récitées pour les victimes de ce que le gouvernement a qualifié d’« émeutes ».
L’UE envisage de nouvelles sanctions contre l’Iran
« Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l’encontre des manifestants » par le pouvoir à Téhéran, a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE.
« Alors que la répression s’intensifie et que des innocents continuent de perdre la vie, nous suivons la situation de près », avait affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dimanche, sur X. « L’Europe soutient le peuple iranien dans son combat légitime pour la liberté », avait-elle ajouté.
Des vidéos, téléchargées sur les réseaux sociaux malgré la coupure d’Internet, montrent de très nombreux corps entassés dans le hangar du centre médico-légal et alignés dans la cour. Des témoignages recueillis par Le Monde corroborent ces images, qui laissent entrevoir l’extrême violence de la répression en cours dans les rues de la capitale iranienne.
Au sud de Téhéran, la morgue de Kahrizak débordée par l’afflux de cadavres
Les manifestations en Iran au 11 janvier

Le Canada « condamne fermement les meurtres incessants de manifestants en Iran »
Dans une réaction postée sur le réseau social X, le ministère des affaires étrangères canadien ajoute : « Le régime iranien doit mettre fin à sa répression et à ses intimidations horribles et respecter les droits humains de ses citoyens. Le Canada soutient le courageux peuple iranien. »
La diplomatie iranienne dit qu’un canal de communication est « ouvert » avec l’émissaire américain, malgré l’absence de relations diplomatiques entre les deux pays
« Ce canal de communication entre notre ministre des affaires étrangères et l’émissaire spécial du président des Etats-Unis est ouvert », a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaeil Baghaei, dans une déclaration retransmise par la télévision d’Etat, semblant faire référence à l’émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.
« Des messages sont échangés chaque fois que c’est nécessaire », a-t-il dit, soulignant que les intérêts américains en Iran étaient représentés par l’ambassade de Suisse, en l’absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, rompues en 1980.
L’Iran convoque l’ambassadeur britannique pour protester contre la « profanation » du drapeau officiel au fronton de l’ambassade iranienne à Londres
L’Iran a convoqué l’ambassadeur britannique à Téhéran, Hugo Shorter, après le bref retrait du drapeau de la République islamique d’Iran du fronton de l’ambassade iranienne à Londres par un manifestant, samedi. Le directeur général du département Europe occidentale du ministère des affaires étrangères iranien a dénoncé la « profanation » du drapeau officiel iranien, et condamné l’incapacité de la police britannique à garantir la sécurité, affirmant que celle-ci devait s’étendre aux représentants diplomatiques, et à lutter contre ceux qui enfreignent la loi.
Des contre-manifestations en soutien au gouvernement iranien organisées dans plusieurs villes du pays
La chaîne iranienne Press TV rapporte une « participation massive » à des manifestations organisées à travers le pays pour soutenir le gouvernement iranien, notamment dans les provinces d’Azerbaïdjan du nord-ouest du pays et dans la ville d’Arak.
Une contre-manifestation a aussi été organisée dans la capitale, à Téhéran, rapporte la chaîne qatarie Al-Jazira, qui fait état de « dizaines de milliers » de participants. Les autorités iraniennes ont « recommandé aux gens de participer à la marche en tenant le Coran », précise l’agence de presse iranienne Fars.
L’Iran est « préparé à la guerre » mais aussi « prêt à négocier », affirme le chef de la diplomatie
L’Iran « ne cherche pas la guerre, mais est totalement préparé à la guerre », a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, lors de son discours face aux ambassadeurs étrangers à Téhéran, retransmis à la télévision d’Etat. « Nous sommes également prêts à négocier, mais ces négociations doivent être équitables, fondées sur l’égalité des droits et le respect mutuel », a-t-il ajouté.
La Chine appelle à « maintenir la stabilité » en Iran et s’oppose aux ingérences étrangères
« Nous nous opposons toujours aux ingérences dans les affaires intérieures des autres pays », a déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Mao Ning, interrogée lors d’un point presse régulier sur les propos du président américain, Donald Trump, parlant d’« options très fortes » étudiées par l’armée américaine en Iran.
« La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens pourront surmonter les difficultés actuelles et maintenir la stabilité du pays », a-t-elle dit en appelant « toutes les parties à œuvrer davantage en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».
L’ayatollah Khamenei compare Donald Trump aux « tyrans et [aux] arrogants de ce monde » et affirme qu’il « sera renversé »
Dans un post publié en persan sur X, le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’est adressé au président américain, Donald Trump, dépeint dans un sarcophage en morceaux : « Que celui qui est assis là avec arrogance et fierté, jugeant le monde entier, sache que les tyrans et les arrogants de ce monde, comme le Pharaon, Nimrod, Reza Khan, Mohammad Reza et les autres, ont été renversés alors qu’ils étaient au sommet de leur orgueil, et lui aussi sera renversé. »
Friedrich Merz condamne la violence du régime iranien contre le peuple, qu’il qualifie de « signe de faiblesse »
« J’appelle les dirigeants iraniens à protéger leur population au lieu de la menacer », a déclaré le chancelier allemand, qui a « fermement condamné » la répression des manifestations lors d’une conférence de presse à Ahmedabad, dans le nord de l’Inde. « Cette violence n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse. Elle doit cesser immédiatement », a-t-il ajouté.
Le gouvernement allemand a également condamné la coupure d’accès à Internet lors des manifestations. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères allemand a déclaré : « La coupure d’Internet, qui est une condition fondamentale de la liberté d’expression et d’accès à l’information ainsi qu’une plateforme essentielle pour la communication et l’organisation des rassemblements, est un comportement répréhensible. » Il a salué « toute action permettant d’accéder à Internet, y compris par des moyens contournant les restrictions imposées par le gouvernement ».
Abbas Araghtchi assure que « la situation est désormais totalement sous contrôle » et annonce qu’Internet va être bientôt rétabli en Iran, rapporte Al-Jazira
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a déclaré, lundi, que « la situation est désormais totalement sous contrôle » dans le pays, après une répression sanglante des manifestations. Celles-ci « ont tourné à la violence et au sang afin de fournir un prétexte » au président des Etats-Unis, Donald Trump, pour intervenir, a-t-il fait valoir face à des diplomates étrangers à Téhéran, cité par Al-Jazira.
Abbas Araghtchi affirme que le pouvoir a des vidéos de distribution d’armes aux manifestants et précise que vont être diffusées des confessions de manifestants arrêtés. Les autorités « suivent de près » les manifestations, qui ont été « exaltées et alimentées », selon lui, par des agents étrangers, ajoute-t-il, assurant que le pays va « traquer » les personnes responsables.
Toujours selon la chaîne qatarie, le ministre a ajouté que l’accès à Internet serait bientôt rétabli en Iran, et que le gouvernement coordonnait ses efforts avec les forces de sécurité pour y parvenir, et pour rétablir également la connexion dans les ambassades et les ministères.
L’ONG Iran Human Rights (IHR) dit avoir confirmé la mort de 483 manifestants
L’ONG Iran Human Rights (IHR), sise en Norvège, a déclaré, dimanche soir, avoir confirmé la mort d’au moins 483 manifestants et huit mineurs, un bilan qui a plus que doublé en une journée en raison d’une « nouvelle vague de données et de documentation visuelle » qui lui est parvenue dans la journée, malgré le black-out qui entrave toujours la récolte et la vérification d’information.
Le nombre réel de victimes, dans les manifestations qui se sont tenues dans 585 lieux différents du pays, pourrait être beaucoup plus élevé, précise l’ONG, en dénonçant la « violente répression ». L’IHR a aussi estimé à plus de 10 600 les manifestants arrêtés.
L’IHR souligne notamment la diffusion de vidéos relatives à la conservation de corps à l’institut de médecine légale de Kahrizak et de Téhéran, qui ont « à la fois accru l’inquiétude du public quant au nombre de morts et considérablement renforcé la capacité des organisations de défense des droits humains à vérifier les cas de morts ».
Le gouvernement iranien ne communique pas sur le nombre de morts ni d’arrestations de manifestants.
Plus de quatre-vingt-quatre heures de « black-out national » en Iran, selon NetBlocks
Le « black-out national » quasi total imposé par Téhéran se poursuit désormais depuis plus de « quatre-vingt-quatre heures », rapporte l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks sur X. La diminution des services de communication « continue d’entraver la capacité du public à accéder aux informations et à communiquer avec ses proches », note-t-elle.
Les Iraniens sont en effet privés d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG. Les rares informations qui circulent sont donc radiophoniques ou diffusées par des moyens satellitaires.
Le président américain assure qu’une réunion « est cours de préparation » avec l’Iran
Le président américain, Donald Trump, a déclaré dimanche que le régime iranien était prêt à « négocier » après ses menaces d’opération militaire, alors que la République islamique est aux prises avec des manifestations massives contre le gouvernement.
« Les dirigeants iraniens ont appelé » samedi, a affirmé Donald Trump à des journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One, ajoutant qu’« une rencontre est en cours de préparation ». Le président américain a prévenu cependant que les Etats-Unis pourraient « devoir agir avant une rencontre ».
Donald Trump affirme étudier des « options très fortes » à propos de l’Iran
Le président américain, Donald Trump, a déclaré dimanche que l’armée américaine étudiait des « options très fortes » concernant l’Iran, au moment où les craintes d’une répression meurtrière du mouvement de contestation dans le pays se renforcent.
« Nous examinons la question très sérieusement. L’armée examine la question, et nous étudions des options très fortes. Nous allons prendre une décision », a dit le président américain aux journalistes à bord de l’avion présidentiel Air Force One.
Le fils du dernier chah appelle les manifestants à cibler les outils de « la propagande du régime »
Dans un message posté sur le réseau social X dimanche soir, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, se réclamant d’« un mandat public » qu’il aurait reçu des manifestants iraniens, annonce une « nouvelle phase du soulèvement visant à renverser la République islamique et à récupérer notre Iran bien aimé ».
« A l’intérieur de l’Iran », Reza Pahlavi appelle ses compatriotes à considérer « toutes les institutions et tous les appareils chargés de la propagande du régime et de la coupure des communications (…) comme des cibles légitimes ».
Aux fonctionnaires du régime, aux membres de l’armée et aux forces de l’ordre, il offre une alternative : « Se ranger du côté du peuple et devenir les alliés de la nation, ou choisir la complicité avec les assassins du peuple et porter à jamais la honte et la condamnation de la nation. »
Reza Pahlavi appelle par ailleurs à ce que les ambassades iraniennes du monde entier soient rendues au peuple iranien. « Le moment est venu de les orner du drapeau national iranien, en remplacement de la bannière honteuse de la République islamique », dit-il, dans une allusion au drapeau qui était celui de l’Iran sous la monarchie.
« Nous ne nous rendrons pas », assure-t-il encore, alors que la répression se déchaîne en Iran contre les manifestants. « La liberté de l’Iran est proche », clame-t-il encore, affirmant : « Nous ne sommes pas seuls. Le soutien international arrivera bientôt. »
Nouvelle manifestation à Téhéran
Dimanche soir, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant en grand nombre dans le quartier de Punak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.
Malgré les vidéos qui circulent, la télévision d’Etat s’est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d’une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a assuré à la télévision que « le nombre de manifestations [était] en baisse », une affirmation que nous ne sommes pas en mesure de vérifier.
L’ONG Iran Human Rights dénonce un « massacre » et estime que plus de 2 600 manifestants ont été arrêtés
L’ONG Iran Human Rights (IHR), sise en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé en dénonçant un « massacre » et un « crime (…) majeur contre le peuple iranien ». L’IHR a aussi estimé à plus de 2 600 les manifestants arrêtés.
Dans une autre vidéo authentifiée par l’Agence France-Presse (AFP), on peut voir des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.
Le Centre pour les droits de l’homme en Iran, dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient « débordés » par l’afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.
A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de magasins qui ont baissé le rideau. Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance, mais sans Internet il est impossible de se connecter.
Le gouvernement iranien décrète trois jours de deuil national pour les « martyrs » de la « résistance »
Le gouvernement iranien a décrété dimanche trois jours de deuil national pour les « martyrs », dont des membres des forces de sécurité tués au cours de deux semaines de manifestations, a rapporté la télévision d’État, cité par l’Agence France-Presse.
Le gouvernement a décrit la lutte contre ce qu’il qualifie d’« émeutes » comme une « bataille de résistance nationale iranienne contre l’Amérique et le régime sioniste », en utilisant le terme employé par la direction religieuse pour désigner Israël, que la République islamique ne reconnaît pas.
Le président Massoud Pezeshkian a appelé la population à participer lundi à une « marche de résistance nationale », une série de rassemblements dans tout le pays pour dénoncer les violences, que le gouvernement affirme avoir été commises par des « criminels terroristes urbains », selon la télévision d’État.
Au moins 538 morts et 10 600 arrestations, selon une agence américaine
La répression des manifestations nationales en Iran a fait au moins 538 morts et plus de 10 600 personnes ont été arrêtées au cours des deux semaines de manifestations, selon l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency citée par Associated Press (AP), qui assure que les informations de cette agence se sont révélées exactes lors des précédents troubles en Iran.
L’agence américaine s’appuie sur le réseau de ses sympathisants en Iran pour recouper les informations. Parmi les personnes tuées qu’elle recense, 490 étaient des manifestants et 48 des membres des forces de sécurité.
A cause de la coupure d’Internet et des lignes téléphoniques en Iran, il est devenu plus difficile d’évaluer l’ampleur des manifestations depuis l’étranger. Le gouvernement iranien n’a pas communiqué de chiffres globaux concernant les victimes des manifestations.
📷 Plus de deux mille personnes rassemblées à Paris en soutien aux manifestations de masse en Iran
Plus de deux mille personnes ont manifesté dimanche à Paris, à l’appel des partisans du fils de l’ancien chah d’Iran, pour soutenir le mouvement de contestation en cours en Iran, aux cris de « Non à la République islamiste terroriste », a constaté l’Agence France-Presse.
Les manifestants, de toutes générations dont de nombreux jeunes, ont marché sous des drapeaux de l’ancien régime impérial iranien mais aussi sous des drapeaux israéliens, sans pouvoir approcher de l’ambassade d’Iran à Paris à la suite d’une décision de la préfecture de Paris.


Antonio Guterres appelle les autorités « à la plus grande retenue » dans l’usage de la force contre les manifestants
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est déclaré dimanche « choqué par les rapports faisant état de violences » contre des manifestants en Iran, appelant les autorités « à faire preuve de la plus grande retenue » dans l’usage de la force. « Tous les Iraniens doivent pouvoir exprimer leurs doléances de manière pacifique et sans crainte. Les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, tels qu’inscrits dans le droit international, doivent être pleinement respectés et protégés », selon un texte transmis par son porte-parole.
Antonio Guterres appelle en outre les autorités « à prendre des mesures permettant l’accès à l’information dans le pays, notamment en rétablissant les communications ». Au moins 192 manifestants sont morts en deux semaines de manifestations, selon l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights. Ce bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.
📷 Des dizaines de corps devant un centre médico-légal de Téhéran
Ces captures d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux sont présentées par ceux qui les diffusent comme montrant des corps dans des sacs mortuaires, devant le centre médico-légal Kahrizak, à Téhéran, le 11 janvier 2026.
L’Agence de presse britannique Reuters les diffuse ce dimanche. « La localisation a été confirmée par les bâtiments, le tracé des routes (qui correspond au fichier) et l’imagerie satellite de la zone. La date n’a pas pu être vérifiée indépendamment », précise-t-elle.
Ce qu’il faut retenir, dimanche 11 janvier en début de soirée
- Au moins 192 manifestants sont morts en deux semaines de manifestations, selon l’organisation non gouvernementale Iran Human Rights, soit une forte augmentation par rapport au précédent bilan de 51 morts daté de vendredi. Ce bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.
- Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays. Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors qu’Internet est coupé depuis plus de 65 heures.
- Le président iranien, Massoud Pezeshkian, accuse les Etats-Unis et Israël de « recrut[er] et form[er] certaines personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur (…) fai[re] entrer des terroristes depuis l’étranger » et, selon lui, ils « cherchent à aggraver les troubles ». Il a ajouté que « le peuple [iranien] ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société ».
- Samedi, Donald Trump a répété que Washington se tenait « prêt à aider » les manifestants « aspirant à la liberté ». Il avait auparavant menacé de « frapper très fort » le pays en cas de vague de répression meurtrière. Le lendemain, dimanche, le président du Parlement de la République islamique a assuré qu’« en cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront [leurs] cibles légitimes ». Il a semblé ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.
- Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi, se dit « prêt à retourner en Iran » dès que possible. « C’est déjà en préparation », a-t-il expliqué sur Fox News. « Mon travail consiste à mener cette transition afin de m’assurer que tout soit mis en œuvre, dans une transparence totale, pour que les citoyens puissent élire librement leurs dirigeants et décider de leur propre avenir. »
📷 La mobilisation s’intensifie à Londres pour soutenir les manifestations en Iran
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Londres pour soutenir la contestation en cours contre le pouvoir en Iran, lors de différents rassemblements devant l’ambassade iranienne et dans Downing Street.
« Nous voulons la révolution, changer le régime », témoigne auprès de l’Agence France-Presse Afsi, 38 ans, vivant à Londres depuis sept ans, et qui n’a pas de nouvelles de ses proches en Iran à cause de la coupure d’Internet qui dure depuis plus de soixante heures dans le pays. Ce n’est pas la première fois que la République islamique fait face à un tel mouvement de révolte, mais « cette fois, nous avons de l’espoir », assure Afsi. « Nous avons le sentiment que nous pouvons le faire cette fois-ci », ajoute-t-il.
« Nous essayons de faire entendre notre voix pour interpeller le monde, lui dire que notre peuple est tué et demander aux pays et gouvernements étrangers, en particulier au premier ministre [britannique] Keir Starmer, d’agir contre la République islamique d’Iran qui tue des gens », témoigne aussi Sassan, ingénieur de 34 ans.
Le fils de l’ancien chah, Reza Pahlavi, se dit « prêt à retourner en Iran » dès que possible
« Je suis prêt à retourner en Iran dès que possible. C’est déjà en préparation », a expliqué Reza Pahlavi sur Fox News. « Mon travail consiste à mener cette transition afin de m’assurer que tout soit mis en œuvre, dans une transparence totale, pour que les citoyens puissent élire librement leurs dirigeants et décider de leur propre avenir », a ajouté le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition iranienne en exil aux Etats-Unis.
S’adressant à Donald Trump et critiquant les prédécesseurs Joe Biden et Barack Obama, Reza Pahlavi assure que le président américain et lui peuvent « rendre sa grandeur à l’Iran », détournant le slogan trumpiste « Make America Great Again ». « Vos mots en solidarité avec le peuple iranien, et ceux de votre administration, ont eu un effet positif énorme. »
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Reza Pahlavi, l’homme qui attise la révolte en Iran
Massoud Pezeshkian, le président iranien, accuse les Etats-Unis et Israël de « chercher à aggraver les troubles ».
« Ils [les Etats-Unis et Israël] ont recruté et formé certaines personnes, à l’intérieur comme à l’extérieur (…) fait entrer des terroristes depuis l’étranger », a accusé le président iranien, Massoud Pezeshkian, lors d’un entretien télévisé diffusé sur la chaîne publique IRIB, ajoutant que les deux pays « cherchent à aggraver les troubles ».
Des propos qui font suite aux menaces énoncées par le président du Parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui assure qu’« en cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront [leurs] cibles légitimes ». Il a semblé ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.
Samedi, le président américain, Donald Trump, a répété que Washington se tenait « prêt à aider » les manifestants « aspirant à la liberté ». Il avait auparavant menacé de « frapper très fort » le pays en cas de vague de répression meurtrière. Vendredi soir, déjà, le président américain avait menacé Téhéran, déclarant : « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer sinon nous aussi nous commencerons à tirer. » « J’espère seulement que les manifestants en Iran seront en sécurité, car c’est un endroit très dangereux en ce moment. » Pour rappel, les Etats-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin 2025, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.
« Nous serons en capacité de répondre avec force si nécessaire », assure l’armée israélienne
« Les manifestations sont une affaire interne à l’Iran », a fait savoir, dimanche, une source officielle de l’armée israélienne. « Nous suivons de près les développements en cours en Iran », ajoute l’armée en faisant état de plusieurs « évaluations » conduites par l’état-major sur les protestations qui secouent le pays depuis deux semaines. « L’armée se tient prête à agir défensivement (…). Nous serons en capacité de répondre avec force si nécessaire », précise la même source.
Dimanche matin, l’agence de presse Reuters avait cité trois responsables israéliens rapportant un « état d’alerte maximal » dans le pays. L’Iran a menacé dimanche Israël et les bases américaines au Moyen-Orient de représailles en cas d’intervention militaire des Etats-Unis contre la République islamique. « Nous espérons tous que la nation perse sera bientôt libérée du joug de l’oppression », a également déclaré, dimanche, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement. « Lorsque le régime tombera, nous ferons ensemble de bonnes choses pour les deux peuples », a-t-il ajouté, selon les comptes-rendus de la presse israélienne.
Les « émeutiers » ne devraient pas être autorisés à « déstabiliser la société » iranienne, déclare le président iranien, Massoud Pezeshkian
« Le peuple [iranien] ne devrait pas permettre aux émeutiers de déstabiliser la société. Le peuple devrait avoir confiance en [la] volonté [du gouvernement] d’instaurer la justice », a déclaré le président Massoud Pezeshkian, dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision publique IRIB et visionné par l’Agence France-Presse, dans sa première prise de parole après trois nuits de manifestations intensifiées contre les autorités.
« Manifester est un droit du peuple », a-t-il ajouté établissant une distinction entre la colère suscitée par la grave crise économique que traverse le pays et les « émeutiers ». Il a appelé les Iraniens à « s’unir et ne pas laisser ces personnes semer l’émeute ». « Si les gens ont des préoccupations, nous les entendrons, c’est notre devoir de les écouter et de résoudre leurs problèmes. Toutefois, notre devoir premier est de ne pas laisser les émeutiers venir perturber la société », a-t-il insisté.
📷 Des rassemblements en soutien au soulèvement du peuple iranien à travers le monde




Le pape Léon XIV lance un appel au dialogue et à la paix en Iran
« Mes pensées se tournent vers ce qui se passe ces jours-ci au Moyen-Orient, en particulier en Iran et en Syrie, où des tensions persistantes causent la mort de nombreuses personnes. J’espère et je prie pour la patiente construction du dialogue et de la paix, pour le bien commun de la société tout entière », a déclaré le pape Léon XIV lors de la prière de l’Angélus.
Israël soutient les manifestants dans leur « lutte pour la liberté »
Le ministre israélien des affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré, dans un entretien télévisé partagé sur X, qu’Israël soutenait le peuple iranien dans ce qu’il a qualifié de « lutte pour la liberté » et « souhaite bonne chance » aux manifestants, alors que d’importantes contestations secouent la République islamique et que 192 manifestants morts ont été dénombrés par l’ONG Iran Human Rights depuis le début du mouvement, soit plus du double de chiffre de 51 morts donné vendredi.
« Nous pensons qu[e l’Iran] mérite un avenir meilleur. Nous n’avons aucune hostilité envers le peuple iranien. Nous avons un énorme problème (…) avec le régime (…), premier exportateur de terrorisme et de radicalisme », a poursuivi M. Saar.
Londres : le drapeau de la République islamique d’Iran brièvement remplacé par un drapeau de la monarchie iranienne à l’ambassade
Le drapeau de la République islamique d’Iran a brièvement été remplacé par un drapeau de l’ancien régime monarchique au fronton de l’ambassade iranienne à Londres par un manifestant, lors d’un rassemblement samedi de plusieurs centaines de personnes en soutien au mouvement, ont indiqué des témoins à l’AFP.
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un homme sur le balcon du bâtiment, situé près de Hyde Park dans le centre de la capitale, retirer le drapeau de la République islamique sous les hourras et le remplacer par un drapeau orné d’un lion et d’un soleil, symboles de la monarchie. L’ancien drapeau est resté en place pendant plusieurs minutes avant d’être enlevé, ont indiqué plusieurs témoins à une journaliste de l’AFP sur place.
Certains agitaient également des pancartes sur lesquelles était écrit « Iran libre » (Free Iran). « Je suis ici pour soutenir les Iraniens. Mes proches en Iran manifestent depuis deux semaines aujourd’hui. Internet est coupé. Je crois que cela fait trois jours que nous n’avons aucun contact avec qui que ce soit, a témoigné auprès de l’AFP Taraneh, 33 ans, habitant Londres depuis cinq ans. Les gens sont toujours dans la rue. Ils sont attaqués. La République islamique est en plein chaos. Ils assassinent des gens ».
La police de Londres a indiqué sur X que des agents étaient sur place après qu’un manifestant « a grimpé sur le balcon du bâtiment » et a plus tard précisé qu’elle avait arrêté deux personnes, « l’une pour intrusion aggravée et agression d’un agent des forces de l’ordre, l’autre pour intrusion aggravée ». Une autre personne est toujours recherchée, a-t-elle ajouté. « Aucun trouble grave n’a été constaté, et les policiers resteront sur place afin d’assurer la sécurité de l’ambassade », indique encore la Metropolitan Police.
Au moins 192 personnes ont été tuées lors des manifestations, selon une ONG

Au moins 192 personnes ont été tuées en deux semaines de manifestations, a déclaré dimanche un groupe de défense des droits humains, soit une forte augmentation par rapport au précédent bilan de 51 morts. « Depuis le début des manifestations, Iran Human Rights a confirmé la mort d’au moins 192 manifestants », a déclaré cette ONG basée en Norvège, prévenant que le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, la coupure d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi ayant entravé la vérification des faits.
Le président iranien doit aborder « les revendications du peuple » lors d’une interview
Le président iranien Massoud Pezeshkian abordera la situation économique et les « revendications du peuple » dans une interview qui sera diffusée dimanche, après deux semaines de manifestations antigouvernementales, a rapporté la télévision d’Etat.
« Lors d’un entretien avec les médias nationaux, le président a présenté l’état d’avancement du principal plan économique du gouvernement visant à réformer le système de subventions. Il a également abordé les événements récents et la manière dont le gouvernement répond aux attentes de la population », a rapporté la chaîne de télévision publique IRIB. L’interview doit être diffusée plus tard dans la journée de dimanche, a-t-on appris sans plus de précisions.
Israël demande à l’UE de classer les gardiens de la révolution « organisation terroriste »
Le ministre des affaires étrangères israélien a jugé dimanche « l’heure venue pour l’UE de qualifier les gardiens de la révolution iranienne d’organisation terroriste », au moment où la République islamique est soupçonnée de réprimer violemment des manifestations.
« Telle est depuis longtemps la position de l’Allemagne, et aujourd’hui, l’importance de cette question est claire pour tous », a déclaré Gideon Saar sur X, après des discussions avec le ministre de l’intérieur allemand Alexander Dobrindt, en visite en Israël.
Quelle est la position de l’Europe?
Bonjour Lodestar,
Dans une déclaration commune publiée vendredi, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont notamment appelé les autorités iraniennes à « faire preuve de retenue ». Les dirigeants français, britannique et allemand condamnent « fermement » « le meurtre de manifestants » et exhortent le régime islamique à « s’abstenir de toute violence et à respecter les droits fondamentaux des citoyens iraniens ».
« Les autorités iraniennes ont la responsabilité de protéger leur propre population et doivent garantir la liberté d’expression et de rassemblement pacifique, sans crainte de représailles », ajoutent-ils.
Des dizaines de membres des forces de sécurité tués, selon les médias iraniens
Des médias d’Etat iraniens, cités par la chaîne Al-Jazira, assurent que des dizaines de membres des forces de sécurité ont été tués lors des manifestations.
La télévision d’Etat iranienne a ainsi annoncé que 30 membres des forces de police et de sécurité avaient été tués rien que dans la province d’Ispahan. Le commandant des « unités spéciales du commandement des forces de l’ordre », également cité par la chaîne qatarie, évoque pour sa part huit membres des forces de sécurité tués les 8 et 9 janvier « lors d’opérations visant à réprimer des émeutes dans différentes villes ».
Le chef de la police iranienne, Ahmad Reza Radan, a pour sa part déclaré dimanche, selon les médias d’Etat, que le niveau de confrontation avec les émeutiers avait été « intensifié ».

La mobilisation continue, la vie quotidienne quasi paralysée, selon diverses sources
Sur le terrain, la mobilisation semble continuer. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.

Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.
A Téhéran, un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.
Les écoles sont fermées, et l’enseignement se fait désormais à distance, mais sans internet ; il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité pratiquement impossible.
Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.
Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a par ailleurs dit avoir reçu des « témoignages directs et des rapports crédibles » sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours. « Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines », avertit l’organisation.
Elle ajoute que les hôpitaux sont « débordés », que les réserves de sang diminuent et que de nombreux manifestants ont été délibérément visés aux yeux par des tirs.
Des images qui se font rares
Dans la nuit de jeudi à vendredi, Internet a été coupé sur l’ensemble du territoire iranien. Vendredi, Le Monde avait pu localiser et authentifier plusieurs images de ces manifestations, dans une quinzaine de localités. Elles ont été publiées sur les réseaux sociaux avant que le pays ne soit coupé du reste du monde. Les voici :
Depuis, d’autres vidéos amateurs continuent de circuler, dont certaines sont produites par des Iraniens qui parviennent à contourner la censure, par le biais par exemple des réseaux VPN. Nos équipes continuent actuellement de travailler pour les authentifier.
Qui est Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah d’Iran, l’homme qui attise la révolte ?
Le fils de l’ancien chah, chassé de son pays par la révolution khomeyniste de 1979, multiplie les appels à manifester contre le régime islamique. Alors que son nom est scandé dans les cortèges, celui qui vit en exil aux Etats-Unis s’érige de plus en plus en meneur de la contestation.
Reza Pahlavi, l’homme qui attise la révolte en Iran
L’Iran visera l’armée et le transport maritime des Etats-Unis en cas d’attaque, prévient le président du Parlement
« En cas d’attaque militaire américaine, le territoire occupé ainsi que les installations militaires et navales américaines seront nos cibles légitimes », a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat. Il semble ainsi également faire référence à Israël, que l’Iran ne reconnaît pas et qu’il considère comme un territoire palestinien occupé.

La police iranienne annonce d’« importantes » arrestations
L’Iran a procédé à d’importantes arrestations de figures-clés du mouvement de protestation qui a secoué la république islamique ces deux dernières semaines, a déclaré dimanche le chef de la police nationale.
« Hier soir [samedi soir], d’importantes arrestations ont été effectuées parmi les principaux acteurs des émeutes, qui, si Dieu le veut, seront punis après avoir suivi les procédures légales », a déclaré Ahmad Reza Radan à la télévision d’Etat, sans donner de détails sur le nombre ou l’identité des personnes arrêtées.
Les menaces de Donald Trump
« L’Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider ! », a pour sa part écrit samedi Donald Trump sur sa plateforme, Truth Social, renouvelant ses menaces contre le régime iranien.
Vendredi soir, déjà, M. Trump avait menacé Téhéran, déclarant : « Vous feriez mieux de ne pas commencer à tirer sinon nous aussi nous commencerons à tirer. » « J’espère seulement que les manifestants en Iran seront en sécurité, car c’est un endroit très dangereux en ce moment », a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin 2025, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.
L’administration américaine a entamé des réflexions préliminaires sur d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran, afin de donner corps aux récentes menaces du président Donald Trump, rapporte le Wall Street Journal. Selon des responsables américains cités par le quotidien, plusieurs scénarios sont sur la table, notamment celui d’une frappe visant des installations militaires. Toutefois, les sources du journal soulignent qu’aucun consensus n’a été atteint au sein de l’exécutif sur la stratégie à adopter.
Le sénateur républicain américain Lindsey Graham a adressé un message de soutien aux manifestants iraniens, affirmant que « le long cauchemar » du peuple iranien « touche bientôt à sa fin ». Dans ce message publié sur X, l’élu assure que le combat des Iraniens a été « remarqué par le président des Etats-Unis ». « Lorsque le président Trump dit “Make Iran Great Again”, cela signifie que les manifestants en Iran doivent l’emporter sur les ayatollahs », déclare-t-il.
Une répression sanglante et à huis clos
Dans le discours des dirigeants iraniens, les manifestants ont d’abord été présentés comme des « personnes légitimement mécontentes », en raison des problèmes économiques, qu’il fallait écouter et distinguer des « émeutiers ». Depuis vendredi 9 janvier, les médias d’Etat et les responsables politiques et judiciaires les qualifient d’« agents terroristes » au service des Etats-Unis et d’Israël. Un changement sémantique, qui, au lendemain des grandes manifestations de jeudi, ouvre la voie à une répression sanglante.

Depuis le début de cette contestation, au moins 116 manifestants ont été tués et 2 600 arrêtés, selon l’organisation basée aux Etats-Unis Human Rights Activists in Iran, jugée fiable par l’agence Associated Press.
Un black-out quasi total imposé par Téhéran complique par ailleurs la vérification des informations. Les Iraniens sont en effet privés d’Internet depuis la nuit de jeudi à vendredi à la suite d’une décision des autorités, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.

Téhéran a promis de réagir avec fermeté aux manifestations antigouvernementales qui touchent une grande partie du pays. Samedi, les gardiens de la révolution, armée idéologique du pouvoir, ont qualifié les manifestants de terroristes et ont déclaré que « préserver les acquis de la révolution islamique et maintenir la sécurité et la survie du régime constituent une ligne rouge ».
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En Iran, une répression sanglante et à huis clos
Bonjour, et bienvenue dans ce direct consacré aux mouvements de contestation en Iran. Des Iraniens manifestent depuis le 28 décembre à travers tout le pays. Depuis le début de la mobilisation, initialement lancée pour protester contre la baisse de la valeur de la monnaie et la hausse du coût de la vie, au moins 570 manifestations à travers le pays ont été recensées par l’organisation basée aux Etats-Unis Human Rights Activists in Iran (HRA).
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