Les forces militaires du nouveau pouvoir syrien dirigées par l’ex djihadiste Al-Charaa reconverti en démocrate pro occidental ont entrepris de liquider l’enclave kurde du Rojava qui comprenait des régions peuplées majoritairement de Kurdes comme celle de Kobané et d’autres peuplées majoritairement d’Arabes comme celle de Rakka. Les FDS kurdes avaient conquis ces dernières à la faveur de la guerre contre Daesh avec le soutien de l’armée américaine. C’est ce soutien qui avait permis la constitution du Rojava comme entité indépendante. De plus, les FDS avait reçu des Occidentaux la mission de garder les ex djihadistes et leurs familles, dont des milliers d’enfants, dans des camps misérables. Cette situation inquiétait Erdogan qui voyait d’un mauvais œil la présence d’un embryon d’Etat kurde à ses frontières, alors que la Turquie compte 15 millions de Kurdes, soit 20 % de la population. Dès que le feu vert lui a été donné par les Etats unis, Al-Charaa a entrepris de chasser les Kurdes avec la complicité d’Erdogan. Les Kurdes du Rojava, se retrouvent donc pris en étau entre les armées syriennes et turques. Sans compter la faction rivale dirigée par le clan Barzani qui tient le Kurdistan d’Irak et ne leur fait pas de cadeau.
Une fois de plus, les nationalistes kurdes sont donc abandonnés par les puissances impérialistes et régionales qui les ont utilisés comme harkis contre leurs ennemis du moment. Les clans arabes qui s’étaient momentanément alliés au FDS, ou du moins accommodés de leur pouvoir, s’empressent de changer de changer de camp pour se rallier à Al-Charaa. De tels retournements d’alliances n’ont quasiment jamais cessé depuis un siècle et les Kurdes en ont toujours été les victimes. C’est le prix d’une politique étroitement nationaliste qui a consisté à compter sur les grandes puissances et toutes sortes de compromis régionaux, y compris avec des dictateurs comme Bachar el Assad et avec Israël, pour tenter de se tailler une petite place au Moyen Orient plutôt que de s’adresser aux travailleurs et aux peuples de la région.
L’article de Lutte Ouvrière ci-dessous remonte à 1996 et ne comprend pas les événements survenus depuis cette époque, mais il synthétise l’histoire du Kurdistan et permet de comprendre la situation d’aujourd’hui.
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