Avec l’ICE, Donald Trump et Stephen Miller ont créé une sorte de force de police secrète

Avec l’ICE, Donald Trump et Stephen Miller ont créé une sorte de force de police secrète (mais qui ne se cache plus)

L’OEIL DU HUFF US

Alors qu’il promettait de lutter contre les migrants illégaux criminels, Donald Trump utilise les agents de l’ICE pour terroriser les villes où il est impopulaire.

JASON ALPERT-WISNIA / Hans Lucas via AFP
Des manifestants devant le Trump Tower à New York, réclament le départ de l’ICE, la police de l’immigration à qui Donald Trump a donné des pouvoirs importants.

Moins d’un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a mis en place ce que des experts décrivent comme une police secrète de fait, imposant des contrôles d’identité rappelant ceux des régimes autoritaires du passé. Selon eux, il utilise désormais cette force pour intimider et terroriser les villes où il est impopulaire.

« Trump a créé sa propre force de police, affirme Jason Stanley, professeur d’études américaines à l’université de Toronto et spécialiste du fascisme. On dirait qu’il organise une milice qui ne répond qu’à lui, avec un budget énorme, comparable aux Sturmabteilung (SA) de l’Allemagne des années 1930. Et ces forces semblent échapper à toute responsabilité juridique. »

Pendant sa campagne pour reprendre la présidence, Trump parlait souvent de renforcer les pouvoirs de la police de l’immigration (ICE) et des gardes-frontières afin d’accélérer les expulsions de migrants en situation irrégulière, affirmant qu’il ciblerait surtout les personnes ayant un casier judiciaire.

Minneapolis, dernier terrible exemple

En réalité, grâce à d’importantes augmentations de budget votées par les élus républicains l’été dernier, Trump et son proche conseiller Stephen Miller ont déployé de véritables armées d’agents dans des villes comme Los AngelesChicago, Charlotte et désormais Minneapolis. Une grande partie de leur activité semble consister à intimider violemment les habitants. Contrairement aux policiers ordinaires, ces agents ne portent pas de badge nominatif, ne s’identifient pas lorsqu’ils abordent des civils et portent souvent des masques pour cacher leur visage.

À Minneapolis, de nombreuses vidéos montrent des agents — souvent sans provocation — bousculant, frappant, aspergeant de gaz poivré ou agressant des habitants. Le 7 janvier, une femme de 37 ans, Renee Good, a été tuée de trois balles dans le visage après qu’un différend routier a dégénéré avec des agents de l’ICE. L’administration Trump a défendu ce meurtre, affirmant que la victime aurait tenté d’écraser l’agent, alors même que celui-ci avait enfreint les règles de base de la police en se plaçant devant son véhicule. Une journée de deuil est d’ailleurs prévue ce vendredi à Minneapolis en hommage à la victime ; en parallèle, une manifestation pour appeler au départ de l’ICE est prévue dans la ville.

« Hitler avait la SS et la Gestapo. Trump et Vance ont Noem, Homan, le DHS et l’ICE », a déclaré Ty Cobb, ancien procureur fédéral et ancien avocat de la Maison-Blanche sous Trump, en référence à la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, au vice-président JD Vance et au conseiller Tom Homan.

Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) n’a pas répondu aux nombreuses questions de HuffPost concernant les actions de l’ICE et des gardes-frontières. Stephen Miller et la Maison-Blanche ont également refusé de répondre, préférant accuser les démocrates de s’en prendre injustement aux forces de l’ordre. Mais dans une interview à Fox News, Stephen Miller a encouragé les agents à continuer leurs actions et leur a promis une immunité totale.

Une démonstration de force assumée

Contrairement aux polices secrètes des régimes autoritaires du passé, qui agissaient discrètement, Trump semble vouloir mettre en scène cette force. « En Allemagne de l’Est, on ne savait pas qui travaillait pour la Stasi », explique Gary Bruce, spécialiste de l’Allemagne de l’Est. « Ici, la visibilité extrême des agents de l’ICE montre qu’ils veulent être vus. »

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des agents marchant en groupe, équipés comme des soldats en Irak ou en Afghanistan, repoussant violemment les manifestants. Certains ciblent des personnes d’apparence somalienne pour leur demander leurs papiers, comme cela avait déjà été fait avec des personnes perçues comme hispaniques dans d’autres villes.

Des agents ont même dit à des manifestants qu’ils auraient dû « retenir la leçon » après la mort de Renee Good. D’autres utilisent leurs véhicules officiels pour percuter des voitures de civils. Des personnes insultant verbalement les agents — ce qui est légal — ont été agressées et arrêtées. Un homme qui se contentait de filmer une interpellation a été frappé, menotté et emmené.

Des policiers professionnels soulignent que ce type de comportement leur aurait valu des sanctions sévères, voire un licenciement. Alors que les forces de l’ordre plus classiques reçoivent souvent plusieurs années de formation, les agents de l’ICE n’en recevraient aujourd’hui qu’environ sept semaines. « Ils patrouillent en masse dans les quartiers, contrôlant des gens au hasard, sans justification claire », déclare Michael Fanone, ancien policier de Washington. « Leur loyauté va à Trump, pas au peuple américain ni à la Constitution. » « Ils couvrent tous les crimes commis au nom de Trump, y compris le meurtre, conclut Ty Cobb. Des fascistes, tout simplement. »

Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en janvier 2026 sur le HuffPost USL’article original est à lire ici.


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