Un hommage
« Il n’y a qu’un temps essentiel pour s’éveiller ; et ce temps est le présent. »
Boudha
Des films en noir et blanc marqués par des plans-séquence d’une lenteur parfois éprouvante, « hypnotique » , un univers postcommuniste effondré , sans plus aucune promesse même capitaliste, marqué par un « pessimisme absolu », une « tristesse poisseuse », des films aux paysages désertés battus par la pluie et le vent, habités par un désespoir et une mélancolie infinie : voilà les termes avec lesquels la critique a rendu hommage à Béla Tarr, l’immense cinéaste hongrois tout juste disparu en ce début d’année , tout en le saluant comme Gus Van Sant comme l’un des rares cinéastes « réellement visionnaires » de notre temps. « Il est facile de dire que mes films sont déprimants et sombres mais si on me pose la question à moi , déclare le cinéaste, je réponds que ce n’est pas le sujet. Les êtres humains sont très complexes et lorsqu’on réalise un film, ou toute autre forme d’art, il faut faire preuve d’empathie envers eux. LA question est : comment vous sentez-vous en sortant du cinéma ? Etes-vous plus fort ou plus faible. Personnellement je pense que les gens en ressortent plus fort. Parce que si vous êtes confronté à des choses sombres ou tristes et que vous les comprenez, vous devenez plus fort. C’est ma logique . » L’essai de Jacques Rancière, Béla Tarr, le temps d’après [6], donne force à ces propos en s’attachant à restituer la part sensible qui nourrit de part en part les films sombres du hongrois , et qui, par delà leur réalisme cosmique, donne « le sens d’une autre vie, la dignité mise à en poursuivre le rêve et à supporter la déception de ce rêve. »
Extraits. |
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