Cela ne sera sans doute pas une surprise pour beaucoup d’entre nous (du moins je le souhaite) mais Trump est cité 1 500 fois dans les nouvelles révélations des fichiers Epstein 
De fait, le vrai problème dans cet immense merdier qu’est devenu le monde, ce n’est pas la famille afghane qui cherche un toit, ni l’enseignante épuisée qui tient une classe.
Le vrai problème, c’est cette oligarchie de l’entre-soi, celle où l’argent achète le silence, où la notoriété sert de bouclier.
» Voilà ce qui me retourne l’estomac dans la salve de documents liée à l’affaire Epstein : pendant qu’on nous sert en boucle les boucs émissaires faciles (« le chômeur assisté », « le jeune de quartier », « le syndicat qui bloque », « l’artiste subventionné », « le petit fonctionnaire planqué », « la RTBF trop à gauche »), une petite caste d’ultra-puissants continue de vivre au-dessus des lois.
De quoi éprouver un profond dégoût.
Et là, on ne parle pas d’ »un » scandale people. On parle de crimes sexuels systémiques. De femmes brisées. D’enfants détruits.
On a maintenant tous les détails les plus sordides sur Little Saint James… Des plaintes et actes de justice décrivent une mécanique de traite et d’abus : des jeunes femmes, parfois mineures, recrutées, attirées, transportées jusqu’à l’île par bateau ou hélicoptère, puis soumises à des violences sexuelles et à une emprise organisée. Des documents évoquent la confiscation de papiers, la peur, le contrôle des déplacements, et même la tentative d’une adolescente de fuir à la nage avant d’être rattrapée. C’est, selon ces procédures, un lieu où l’isolement géographique servait d’arme : éloigner, enfermer, réduire au silence.
Je veux rester rigoureux : citer un nom dans un document n’est pas une preuve de crime. Je ne participerai pas au concours de rumeurs, à l’amalgame. Mais précisément : ce qui glace, ce n’est pas seulement le pédocriminel milliardaire, Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019. C’est tout le système autour ! Le réseau. Cette densité de connexions entre argent, politique, influence.
Et là, un nom saute aux yeux : Trump est mentionné au moins 1 500 fois ! De nouveau, ce n’est pas une condamnation. C’est un signal. Un symptôme de proximité sociale, de gravitation, de monde commun. Et c’est ici que l’hypocrisie devient insupportable.
Parce que l’internationale national-populiste se vend partout comme une croisade « anti-élite ». Mon œil ! Le populisme de plateau s’excite contre les migrants et les syndicats, pendant que les hommes de pouvoir (ultra-riches, ultra-puissants, ultra-connectés) circulent dans précisément les mêmes salons, les mêmes carnets d’adresses, les mêmes zones grises.
Alors oui, le « vrai problème », ce n’est pas la famille afghane qui cherche un toit, ni l’enseignante épuisée qui tient une classe. Le vrai problème, c’est cette oligarchie de l’entre-soi : celle où l’argent achète le silence, où la notoriété sert de bouclier, où la justice arrive trop tard.
La lucidité, c’est comprendre que ce n’est pas une « affaire de monstres isolés ». C’est un mécanisme de domination : la concentration de richesse fabrique des zones hors-droit, et ces zones hors-droit finissent par contaminer la démocratie. La question n’est pas de chercher un frisson de scandale. La question est : quels contre-pouvoirs sont assez solides pour empêcher que l’argent et l’influence deviennent une licence de tout faire, y compris d’odieux crimes sexuels ?
La suite, si on est sérieux, n’est pas le voyeurisme. C’est une justice qui ne tremble pas : des unités spécialisées, des procureurs formés aux violences sexuelles, et la fin des pièges qui protègent les puissants (transactions opaques, accords de confidentialité utilisés comme bâillons, arrangements privés qui effacent les crimes).
On nous demande toujours de détourner le regard pour taper en bas sur les plus faibles. Faut refuser. Le vrai courage politique, aujourd’hui, c’est d’oser regarder en haut. «
Samuel Cogolati