A propos du classement officiel de LFI comme « extrême-gauche »

Laurent Lévy

Remarques à la volée sur le classement officiel de LFI comme « extrême-gauche ».
1) Avec de telles manipulations, jamais « l’extrême-gauche » n’aura été si forte en France. Même lorsque le PCF avait (avant 1976) la « dictature du prolétariat » dans son programme, il était classé, à juste titre, « à gauche ».
2) Ce nouveau classement (qui relève moins de la science politique que de la manœuvre politicienne) donne une idée de l’avachissement idéologique contemporain.
3) C’est un classement imbécile : le programme de LFI n’est même pas l’ombre du Programme commun de la gauche des années 1970 ; il n’a même pas la radicalité du programme de François Mitterrand en 1981 (c’est dire !). Nous aurions donc eu un président d’extrême-extrême gauche !
4) L’objectif du ministère est un élément de plus pour, en « diabolisant » LFI, faire apparaitre toute politique unitaire comme incongrue : l’obsession de la droite à fermer la porte à toute alternative n’est pas sans cohérence.
5) Nous vivons bien l’ère trumpienne des fake news et des « vérités alternatives », à travers une offensive tous azimuts pour empêcher de penser – et d’agir – en politique.
Commentaire
Samuel Autexier

La manœuvre est claire et perdante (tenter de réduire le vote pour LFI au premier tour des présidentielles afin que son candidat ne puisse pas être présent au second tour) mais elle risque de ne pas fonctionner pour deux raisons : le score très élevé du vote LFI aux prochaines municipales et surtout la pitoyable galerie des candidats de « gauche » qui ne trompent personne. Enfin, si cette manœuvre dégueulasse ouvre la voie à un possible front Républicain contre LFI au second tour… cela ne pourra pas se faire sans compromission avec le RN.