De quoi les années Macron sont-elles le nom ? La réponse de Denis Robert.

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Blast - Le souffle de l’info
Le souffle de l’info

Chers amis abonnés à cette newsletter,

D’abord merci pour vos messages de soutien nombreux et émouvants qui font suite à mon dernier édito. Même si j’ai eu un léger coup de mou en début d’année, les affaires reprennent.
L’invraisemblable séquence médiatique accusant un parti politique de gauche d’être in fine responsable de la mort du jeune militant de l’Action Française a été un monument de désinformation. Les médias et les blablateurs politiques, dans leur large majorité, ont cherché à édulcorer le portrait de ce militant fasciste, raciste et favorable à l’action violente. Et à faire entrer, à tout prix, la France Insoumise dans la photo du crime. Plus c’est gros, mieux ça passe. Les diatribes mensongères du chef de l’État et de ses ministres contre « l’extrême gauche violente » n’ont pas calmé les esprits, attisant la haine. Pas plus que cette volonté farouche de bousculer l’échiquier politique vers l’extrême droite. On est entré, cette semaine, dans une nouvelle phase de la guerre de l’information qui ne va pas faiblir jusqu’à la présidentielle de 2027. À Blast, nous restons plus que jamais mobilisés, inquiets et vigilants.

Comme certains d’entre vous l’ont sans doute remarqué, Blast s’est associé et a participé au lancement d’une maison d’édition nouvelle, Blitz, qui va publier des essais, des récits et des romans graphiques dès septembre 2026. Blast et Blitz sont des entités distinctes. Mais nous allons nous associer pour inventer et promouvoir des livres en commun. Dès que nous avons lancé Blast, j’ai pensé créer une maison d’édition. Je viens de là et le livre reste, pour moi, le dernier endroit où l’on pense, révèle, se réfugie quand le monde devient violent et fou. En quatre années d’intenses combats, l’occasion ne s’était pas présentée pour des raisons essentiellement structurelles et humaines. Nous avons co-édité des livres d’auteurs Blast avec Florent Massot (Pacôme Thiellement, Sébastien Fontenelle et moi-même), mais là nous entamons une autre histoire où nous allons mieux maitriser l’outil en concevant des ouvrages de A à Z, de leur invention à leur financement pour ensuite les promouvoir et en faire des outils de débat et de combat, grâce aux libraires et à nos blasters.

La guerre est culturelle. Vincent Bolloré et l’extrême droite l’ont bien compris. Ils ont quelques millions d’euros d’avance et un appareil médiatique et éditorial huilé et très agressif.
Nous, nous vous avons vous.

Dans cette histoire, seuls les livres comptent. C’est pourquoi nous lançons notre premier ouvrage : Le Mensonge et la Colère.

Vous avez sans doute vu la vidéo où j’ai repris les propos de Macron pour créer une fausse entrée en campagne. C’est par cette blague que nous avons lancé Blitz. Je voulais montrer d’une manière concrète l’ampleur du mensonge macronien en montrant la distance abyssale entre les propos de campagne de 2017 et la réalité du terrain. La vidéo a fait des millions de vues, tous réseaux confondus, mais vous êtes peu nombreux à avoir franchi le pas de la connexion à la page Ulule associée à Blitz.

Je suis en train d’achever l’écriture de la longue préface du livre « Le Mensonge et la Colère » qui sera le premier ouvrage publié par Blitz. Il fera environ 500 pages, intégrant six longs entretiens réactualisés avec leurs auteurs.

Qu’advient-il quand le mensonge s’érige en système de gouvernement ? Quand la colère populaire amène de la frustration ? Nous tentons à travers ce manuscrit et ces entretiens de poser un diagnostic quasi clinique sur l’état du pays et de réfléchir sur les perspectives qui nous sont offertes. La désintégration des services public, la disparition de l’intérêt général au profit d’un libéralisme de plus en plus débridé, la soustraction des plus riches aux règles communes, la complaisance des élites devant la normalisation de l’extrême droite, la récidive possible qui ferait revenir la « bête immonde » : Pourquoi la démocratie bascule-t-elle ?

J’ai revu récemment le film de Marcel Ophuls « Le chagrin et la pitié » qui raconte la France de l’après-guerre et renvoie de notre pays une image contrastée. Dans le documentaire, je me suis arrêté sur ce moment où un notable endimanché est attablé en famille et discute de la vie quotidienne sous l’Occupation. Quand on lui demande ce qu’il retient de cette période où, loin des clichés d’une France résistante véhiculés par les médias et les politiques d’alors, on découvrait, grâce à la caméra d’Ophuls, une France grise qui avait beaucoup collaboré, le notable réfléchit et explique soudain, grave : « Du chagrin et de la pitié ». Deux mots pour résumer un mélange de souvenirs douloureux et de compassion pour ces Français qui, selon lui, le temps d’une guerre, avaient dû collaborer avec l’ennemi en essayant de faire face à des situations impossibles. S’ils voulaient survivre, ils devaient courber l’échine.

Dans ces années 60 comme aujourd’hui, les hommes et les femmes ordinaires naviguent en zone grise. Et se laissent facilement convaincre qu’il vaut mieux se taire, renoncer à toute singularité et se plier à ce que les médias et les partis au pouvoir répètent. De ce point de vue, rien n’a changé depuis les années 50. On peut même considérer, compte tenu de l’influence grandissante des médias financés par des milliardaires d’extrême droite ou proches du pouvoir, que la situation a empiré. En repensant au film d’Ophuls, je me suis demandé comment résumer en deux mots les années Macron ? Comment définir un sentiment intime sur bientôt dix années d’extrême centre et de « ni droite, ni gauche ».
Soumission. Rage. Perplexité. Déliquescence. Mimétisme. Douleur. Perversité. Propagande. Fascisme. Corruption. Chaos. Mon cerveau s’est arrêté sur mensonge et colère.
Le Mensonge et la Colère.
Nous avons vécu dans le mensonge. Nous ne nous sommes pas rendus compte tout de suite de cette lente intoxication. Et ces mensonges ont généré de la colère qui parfois a pu s’exprimer, mais qui souvent est restée à l’intérieur de nous, comme un bouillonnement.

Cet ouvrage s’adresse à tous les citoyens qui refusent d’abdiquer et veulent comprendre l’époque pour mieux résister. Outre ma contribution et celle du sociologue Jean François Bayart qui nous livre une réflexion inédite en postface, je remercie les six auteurs qui ont donné temps et énergie pour rendre ce projet réel et concret.
L’historien Johann Chapoutot nous explique comment « Les nazis n’ont pas pris le pouvoir », mais comment « on leur a donné ».
Le sociologue Benoît Coquard plonge avec nous dans le vote des campagnes françaises et décrypte le vote RN.
Une autre sociologue, Alizée Delpierre livre un témoignage saisissant sur la grande bourgeoisie après avoir infiltré les ultra-riches comme domestique.
Un troisième psy et sociologue Marc Joly donne un portrait brutal mais crédible et argumenté du « grand pervers » qui occupe l’Elysée.
L’éditeur Hugues Jallon revient sur ce qu’il nomme « le temps des salauds » et raconte la normalisation de l’extrême droite par des « opportunistes ».
Enfin, la prof de droit Eugénie Mérieau, dans un dernier entretien fleuve développe l’idée selon laquelle la Constitution peut nous sauver comme nous mener vers une dictature.

 

Cette aventure politique et littéraire ne pourra pas voir le jour sans votre aide. Pour cette raison, je vous demande, si vous le pouvez, de précommander le livre par souscription. L’argent récolté permettra de lancer notre projet et la maison d’édition. Merci de m’avoir lu, de partager ce message, de continuer à soutenir Blast et maintenant d’aider à la naissance de Blitz, jeune maison d’édition indépendante.

 

Allez salut,
Denis Robert