| Nous reproduisons ce texte du député de Marseille Hendryk Davi, de l’APRES, et des élus municipaux de l’APRES. La situation marseillaise est grave, mais pas exceptionnelle : elle illustre, pour le dire schématiquement, la tenaille Mélenchon/Hollande, tenaille qui roule efficacement pour porter le RN au pouvoir, tenaille qui est la condition nécessaire de son arrivée au pouvoir, tenaille que l’affrontement social avant 2027 doit vaincre ! Aplutsoc. |
| Et si l’extrême droite remportait la seconde ville de France le 22 mars prochain ? |
| Un sondage Opinionway donne Allisio, le candidat RN, vainqueur dans l’hypothèse d’une quadrangulaire au second tour. |
| Marseille est une des dernières grandes métropoles populaires. Mais notre ville est aussi celle où la ségrégation entre les plus riches et les plus pauvres est la plus forte. Une victoire du RN dans cette ville serait un cataclysme. D’abord, elle serait une insulte à la mémoire d’Ibrahim Ali tué par des colleurs d’affiche du FN, il y a tout juste 31 ans. Elle constituerait une menace concrète pour des milliers de marseillais et de marseillaises issus de l’immigration. Elle aggraverait les inégalités sociales, car partout où le RN gouverne, les droits des plus démunis sont attaqués. En outre, elle serait un véritable tremplin pour une victoire de l’extrême droite aux élections présidentielles et législatives de 2027. |
| Pourquoi le risque est grand ? D’abord, le potentiel de l’ensemble de l’extrême droite est très élevé. Il atteint à Marseille 35% aux élections législatives de 2024 et 37% aux européennes. Et pour la première fois, un sondage met le RN en tête des intentions de vote en cas de quadrangulaire avec 37% des voix contre 36% pour Benoît Payan. Martine Vassal la présidente de la métropole soutenue par la droite et le parti présidentiel, chute à 14%. La stratégie de la droite de reprendre les thèmes et les valeurs de l’extrême droite est une stratégie perdante. Dans un contexte de normalisation, le RN devient le vote utile à droite pour battre la gauche et il peut faire un score encore plus élevé, que ce que les sondages indiquent aujourd’hui. |
| Mais surtout rien n’indique que la gauche et les écologistes soient en mesure de se rassembler au second tour. Sébastien Delogu, le candidat LFI a expliqué à plusieurs reprises que sa candidature visait à dégager un même système qui allait de Payan à Allisio en passant par Vassal. Mettre au même niveau le PS, la droite et l’extrême droite est irresponsable. |
| Mais de l’autre côté, Benoit Payan semble écarter d’un revers de main l’hypothèse d’une fusion avec la liste LFI au second tour. Seule ouverture depuis le début de la campagne, un vague « parlons-nous » lors du débat sur BFM TV. |
| Sans fusion, sans recherche du rassemblement, LFI pourrait se maintenir. Nous aurions alors une quadrangulaire à haut risque. Le RN peut être devant, et le candidat arrivé en tête bénéficie d’une prime 25% des élus. Par contre, s’il y a fusion, la gauche et les écologistes peuvent l’emporter de 10 à 15%. |
| Dans tous les cas, c’est une erreur de croire que l’on peut rassembler toute la gauche et les écologistes en méprisant le vote de ceux et celles qui auront porté leur voix sur la liste LFI-Vaï. |
| Ce scénario catastrophique pour les habitants et habitantes de Marseille peut être évité. Sébastien Delogu et Benoît Payan ne souhaitent pas la victoire du RN dans notre ville. Une fusion programmatique serait envisageable, car il existe de nombreux points communs entre les deux programmes. Mais une fusion technique est tout aussi possible. LFI ne s’engagerait pas à participer à l’exécutif de la ville et le maire actuel pourrait ainsi arguer qu’il ne fait aucun accord politique avec LFI, mais un accord technique pour faire barrage au RN. |
| Les deux candidats doivent engager ces discussions rapidement. C’est l’aspiration des collectifs qui œuvrent à l’unité comme « Faisons Front Commun », qui organise une mobilisation le 1er mars, mais aussi d’une très grande partie des électeurs et électrices. |
| Hendrik Davi, Député de Marseille, membre de l’APRES |
| Alexandra d’Agostino, Adjointe à la mairie 6/8 de Marseille, membre de l’APRES |
| Pauline Delage, Adjointe à la mairie 6/8 de Marseille, membre de l’APRES |
| Norig Neveu, Adjointe à la mairie 4/5 de Marseille, membre de l’APRES |
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