Ainsi, des vents mauvais se mettent à souffler de nouveau, l’atmosphère est lourde voire putride et l’on se remémore la fameuse phrase d’Antonio Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ».
Le capital ne peut plus se valoriser comme prévu; alors il doit s’engager dans des voies extra-ordinaires bien connues, celles des années 30. Un capitalisme autoritaire prêt à tout et même au pire pour se prolonger. Alors, les bêtes peuvent sortir de leurs tanières et manœuvrer à leur aise pour éliminer les adversaires de l’ordre établi.
A quelle espèce peut appartenir, celle qui est venue subrepticement « marquer » la maison de notre ami et camarade Daniel Adam Salamon à Mallefougasse. Le mot « JUDE » et des signes cabalistiques plutôt maladroits évoquant l’étoile de David imbriquée avec le compas de francs maçons ont été peints sur le mur d’entrée et un point rouge sur sa voiture.
Le « marquage » d’une maison est une menace de passage à l’acte génocidaire. Le 7 avril 1994, au premier jour du génocide au Rwanda, les maisons des Tutsis avaient été marquées pour faciliter la tâche des tueurs. Tout recensement, comme tout marquage comme ici, constitue l’antichambre de la persécution. On marque puis on tue.
C’est l’équivalent des listes nominatives à partir desquelles ont été opérées en France les grandes rafles de l’été 1942.
Cette composition ésotérique incompréhensible par tout un chacun mais sans doute assez significative pour « l’artiste » qui dénonce à sa manière les juifs et les francs maçons et donc l’appartenance supposée de DAS à ces communautés, sans risque de poursuites judiciaires pour antisémitisme.
Le fascisme ne commence pas par les camps d’internement, il commence par de petites lâchetés comme celle-ci et puis : « Le fascisme, ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons. »