Moyen-Orient: Dominique de Villepin estime que « la France est en train de rater le coche, de rater l’histoire »

– L’ancien Premier ministre français a salué l’attitude du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez , estimant que Madrid « sauve l’honneur de l’Europe » en s’opposant notamment à l’utilisation de bases espagnoles par les forces américaines

Ben Amed Azize Zougmore : 08.03.2026

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, a adressé dimanche un avertissement à la France dans le contexte de la guerre en cours au Moyen‑Orient, estimant que Paris manque une occasion historique de jouer un rôle significatif dans la crise internationale.

Pour de Villepin, qui intervenait sur le plateau de BFM Politique à BFMTV, ne pas reconnaître frontalement la gravité de la situation et ne pas appeler les États-Unis et Israël à assumer leurs responsabilités diplomatiques constitue une grave erreur stratégique pour la France. « La France est en train de rater le coche, de rater l’histoire », a‑t‑il déclaré, jugeant que Paris ne s’est pas engagé assez fermement sur le front européen pour mobiliser l’ensemble des acteurs politiques et diplomatiques du continent.

L’ancien chef du gouvernement français a également salué l’attitude du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez comme un exemple de fermeté européenne, estimant que Madrid « sauve l’honneur de l’Europe » en s’opposant notamment à l’utilisation de bases espagnoles par les forces américaines pour des opérations militaires liées au conflit.

Dominique de Villepin a mis en garde contre les conséquences géopolitiques d’un manque de leadership européen, prédisant que la crise pourrait s’aggraver encore si la France et ses partenaires n’élaborent pas une réponse diplomatique cohérente. Il a estimé que la catastrophe actuelle était prévisible, affirmant que l’escalade était « écrite » à l’avance si des mesures politiques n’étaient pas prises.

L’ancien Premier ministre a par ailleurs souligné la nécessité d’un effort coordonné au niveau européen pour prévenir une spirale de violences régionales et internationales, tout en appelant la France à sortir d’une position qu’il qualifie de trop prudente face à Washington et Tel‑Aviv.