Etienne de La Boétie (1530-1563), après des études de droit, devient très jeune conseiller au parlement de Bordeaux où il rencontre Michel de Montaigne qui deviendra son grand ami. Envoyé à deux reprises en mission de pacification (entre catholiques et protestants), il meurt à 33 ans de dysenterie. Outre son Discours de la servitude volontaire, publié grâce à Montaigne après sa mort, il a écrit des recueils de poèmes et un Mémoire touchant l’édit de janvier 1562.
Épisode 1/5 : L’énigme de l’obéissance
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« Pour le moment, je désirerais seulement qu’on me fit comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un Tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne… »
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Épisode 2/5 : L’habitude de servir
« Il est vrai de dire qu’au commencement, c’est bien malgré soi et par force que l’on sert ; mais ensuite on s’y fait et ceux qui viennent après servent sans regret et font volontairement ce que leurs pères n’avaient fait que par la contrainte »Épisode 3/5 : La mémoire des hommes libres
« Toujours en est-il certains qui, plus fiers et mieux inspirés que les autres, sentent le poids du joug et ne peuvent s’empêcher de le secouer ; qui ne se soumettent jamais à la sujétion et qui […] n’ont garde d’oublier leurs droits naturels et s’empressent de les revendiquer en toute occasion » -
Épisode 4/5 : Peuple diverti, peuple soumis
« Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie » -
Épisode 5/5 : Pas d’amitié sans égalité
« Il serait difficile de trouver en un tyran une amitié solide, parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant point de pair, il se trouve déjà au-delà des bornes de l’amitié, qui a son vrai gibier dans l’égalité, qui ne veut jamais clocher mais est toujours égale »
Œuvre majeure de la littérature d’idées, actuellement au programme du baccalauréat de français, le Discours de la servitude volontaire écrit au XVIe siècle par Etienne de La Boétie est une violente critique de la tyrannie en même temps qu’une dénonciation de la lâcheté des peuples.
Dans Discours de la servitude volontaire, Etienne de La Boétie interroge la légitimité de toute domination autoritaire et la raison pour laquelle des peuples entiers consentent à se soumettre au pouvoir d’un seul. Il part d’un constat : les hommes sont faits pour être libres, or ils acceptent d’être dominés et soutiennent eux-mêmes le pouvoir des tyrans. Ce faisant, La Boétie définit le concept de “servitude volontaire” : élevés dans l’obéissance, les hommes perdent le désir même de liberté, leur servitude n’est ainsi pas imposée mais librement consentie. Or, il suffirait de refuser de se soumettre pour que le pouvoir du tyran s’effondre.
Violente critique de la tyrannie, mais également dénonciation de la lâcheté du peuple, ce texte politique audacieux est publié en édition complète à titre posthume par Montaigne en 1577. Selon lui, le texte aurait été écrit par La Boétie en 1546 ou en 1548 – à l’âge de 16 ou de 18 ans : la France est alors une monarchie absolue de droit divin, marquée par des révoltes paysannes et par les conflits entre catholiques et protestants.
Le texte constitue une œuvre majeure de la philosophie politique et figure actuellement au programme de l’épreuve anticipée de français au baccalauréat général et technologique.
Réalisation Baptiste Guiton
Coordination éditoriale : Céline Geoffroy
Texte intégral d’après l’adaptation de Charles Teste (1836)
Lu par Olivier Balazuc
Assistante à la réalisation Céline Schaeffer
Prise de son montage et mixage : Manon Houssin
Collaboration Léa Warrin