Après le premier tour des municipales. Billet du 16 mars 2026.

 

 

Par aplutsoc le 16 mars 2026
Ces élections municipales ont connu le plus fort taux d’abstention de leur histoire à l’exclusion du scrutin de 2020 qui s’était déroulé sous le Covid. Beaucoup de faits sont allégués pour expliquer cela, mais la division à gauche a joué, sans aucun doute, pour paralyser une partie de l’électorat de gauche soucieux de défendre les droits sociaux et démocratiques.
À terme, cette situation, combinée à la casse des services publics et au pouvoir des intercommunalités, menace le caractère démocratique de l’institution communale.
Alors que l’électorat de gauche est ainsi confronté à la division (qui pèse nationalement même là où l’unité est réalisée sur la commune), l’électorat de droite n’a désormais plus aucune restriction, aucune barrière, à voter extrême droite que ce soit sous la forme du RN, de Reconquêtes comme à Paris, ou sous d’autres formes (faux « divers droite », etc.) C’est bien l’union des droites le tremplin vers la prise du pouvoir par les relais de Trump et Poutine en France qui veulent en finir avec les libertés publiques et l’État de droit. Là où il doit choisir, il choisit l’union des droites extrêmes, comme à Nice. C’est là la raison, avec la désunion à gauche, pour laquelle le RN peut conquérir des mairies importantes au second tour comme à Marseille, et non pas une poussée massive en sa faveur.
À gauche, les scores de LFI demandent une analyse politique précise, car ils combinent deux facteurs : des percées municipales par ancrage local et un évident affaiblissement de l’élément national-présidentiel dans la place de LFI. Les succès incontestables à Saint-Denis, Roubaix, Limoges, Toulouse, Courbevoie …, ne doivent donc pas être interprétés (ainsi que le fait bien entendu la direction de LFI) comme la confirmation de la « juste ligne », car ils se combinent à de vastes zones de faiblesse et au score « tassé » des deux candidatures LFI les plus liées à la stratégie nationale de division, Delogu à Marseille et surtout Chikirou à Paris. Ces résultats n’augurent donc rien concernant les présidentielles, et sont même potentiellement porteurs de crise d’un mouvement initialement fondé sur le seul présidentialisme.
À l’exception notable du Nord/Pas-de-Calais, les listes à dominante PS ou d’union dominée par le PS résistent bien, et les écologistes semblent capable de « sauver » Lyon, Bordeaux et peut-être Grenoble. En simplifiant, le vote populaire à gauche se porte sur les listes les plus susceptibles de gagner, et quand en plus, elles peuvent sembler tirer la dynamique d’ensemble le plus à gauche possible, cela leur profite.
Ces réalités ont produit un infléchissement dans l’orientation de LFI qui parle désormais de « front antifasciste » et de « fusions techniques ».
Front antifasciste ? Bien sûr, mais soyons précis : le front antifasciste, c’est le front commun contre l’union des droites, sur le plan électoral, et c’est la centralisation des luttes contre patronat et gouvernement, au plan social – les syndicats y ont vitalement leur place. Le front antifasciste ne consiste pas à saisir la « main tendue » par LFI, mais à frapper ensemble tout en marchant séparément et en discutant des orientations.
Fusions techniques ? Oui, mais rien n’est plus politique qu’une fusion technique ! Une fusion technique veut dire qu’on veut faire prévaloir les besoins sociaux et démocratiques communs contre les ennemis des libertés : ce n’est pas rien ! Et même si ceci ne conduit pas à des majorités municipales officiellement unies, ceci peut y pousser. Des fusions techniques voir plus s’imposent évidemment dans toutes les communes où les listes LFI sans dominer réalisent des scores significatifs dont l’apport est nécessaire pour barrer la route à l’union des droites, de Toulouse à Marseille en passant par Clermont-Ferrand et Lyon. Il faut donc combattre pour elles.
À Paris, Sophia Chikirou qui avait défini la nature politique de sa candidature en disant qu’elle visait à ce que le PS ne tienne plus la mairie, a déclaré hier soir que le danger était la droite et l’extrême-droite, mais pour faire porter toute la responsabilité du danger au seul PS sommé de « répondre à son appel ». Cette manière de tendre la main, à la manière du KPD allemand engagé dans une division forcenée et violente qui, soudain, le 20 juillet 1932, somme les sociaux-démocrates de le rejoindre dans une grève générale… le lendemain matin, est volontairement contre-productive et prolonge en fait la stratégie du secteur dirigeant de LFI que représente Chikirou, faisant le jeu de l’union des droites au compte de l’axe Trump-Poutine.
Mais, dans tout le pays, cette orientation vacille, de même que vacille la position imprimée au PS de refuser « tout accord national » avec LFI, comme l’a répété hier soir Olivier Faure, laissant entendre toutefois que des accords locaux sont possibles. Évidemment, puisqu’ils sont nécessaires, et le reconnaître est une position nationale !
Le 8 mars dernier, le 14 mars, et maintenant dans la pression pour stopper l’union des droites de Paris à Marseille et dans tout le pays, la poussée d’en bas imposant l’unité est engagée.
Dans les urnes, dans la grève et dans la rue, front commun contre l’union des droites !