(Je me suis permis d’emprunter ce titre à Contre Attaque. Voir le preier commentaire ci-dessous.)
Quelques premières observations sur les résultats de ces municipales.
1) Le succès de LFI. La campagne quasi hystérique contre LFI, menée à la fois par de nombreux médias et des politiciens de droite ou rivaux de gauche, a eu un effet inverse à celui recherché. Elle a fait apparaître LFI comme une force clairement contestataire, voire radicale, opposée au « système » et à des médias de plus en plus déconsidérés. Même si LFI ne représente pas une véritable alternative pour les classes populaires dans la mesure où son objectif reste de gérer le système capitaliste dans une optique souverainiste-nationaliste, on ne peut que se réjouir de l’échec de cette diabolisation et de cette campagne de calomnies.
2) Les opérations de dilution de toute la gauche, du PS, voire de Place Publique, au NPA-A, dans des coalitions ultra-molles, parfois quasiment a-politiques reprenant même quelques thèmes de la droite et de l’extrême droite comme les polices municipales, n’ont pas payé. Par exemple, à Saint Malo, sous l’étiquette Voies communes (!), l’union de la gauche du PS au NPA-A obtient 12 %, alors qu’en 2014, les mêmes composantes (séparées) obtenaient 31,5 %, et en 2008 38,5 % dont 7 % pour la seule LCR !
3) Nous n’avons pas eu à subir le ras de marée RN redouté. Certes le RN connait quelques succès comme à Marseille, il s’ancre dans le paysage politique, mais il est très loin de s’imposer. C’est au travers de l’abstention que s’est exprimé le rejet voire le dégoût de la classe politique et du système par une grande partie de l’électorat populaire. 44 % des inscrits ne se sont pas déplacés. Si on tient compte des non inscrits et des travailleurs immigrés qui ne disposent pas du droit de vote, c’est donc beaucoup plus de la moitié des personnes en âge de voter qui n’ont pas participé à ce scrutin.
4) L’extrême gauche – la vraie, c’est à dire LO, NPA-R, RP, PT – obtient des scores dérisoires qui dépassent rarement 2 % et descendent jusqu’à 0,5 %. Quelques très rares succès (à sa minuscule échelle) comme ceux de Elsa Marcel (Révolution Permanente) à Saint Denis avec 7 %, de Selma Labib (NPA-R) à Ivry avec 3,58 %, ce qui donne des résultats non négligeable à l’extrême gauche dans ces deux villes avec les 1,5 % et 2 % de LO. Mais, globalement, il ressort que l’extrême gauche n’a pas réussi à gagner la moindre crédibilité. Dans certaines circonscriptions, trois voire quatre listes d’extrême gauche se disputaient leur maigre électorat. Se complaire dans cette division absurde est véritablement irresponsable. Une réflexion pour mettre au moins sur pied un Front Révolutionnaire, comme ont réussi à le faire les organisations marxistes révolutionnaires d’Argentine, est incontournable.