| Serge Quadruppani
Face à ce qui nous arrive depuis une décennie sur la planète entière, et qui pourrait connaître, dans le canton français, un moment de bascule avec les élections présidentielles, nous en sommes encore à la difficulté de le nommer. Chaque fois qu’on prononce le mot « fascisme », nous avons droit, de la part de ceux qui s’y connaissent, à des leçons d’Histoire basées sur leur propre kit théorique. C’est ainsi que les camarades de Temps Critiques nous expliquent que « les continuités sont interrompues » avec le fascisme d’appellation contrôlée, né de la Grande guerre, et que l’antifascisme d’aujourd’hui ne serait qu’une « bataille d’imageries » débouchant, en France, à des affrontements « entre bande-rackets ». Nous butons là sur une difficulté familière à quiconque souhaite une rupture collective de l’humanité avec la société capitaliste industrielle, l’usure de mots épuisés par les trahisons, les défaites et les défigurations politiciennes. |