Depuis la loi du 13 avril 2016, la France a fait le choix du modèle abolitionniste. Ce modèle repose sur un principe clair : la prostitution constitue une forme de violence et d’exploitation incompatible avec l’égalité entre les femmes et les hommes. Il vise à responsabiliser les acheteurs d’actes sexuels, à lutter contre le proxénétisme et à accompagner les filles et les femmes qui le souhaitent dans des parcours de sortie du système prostitutionnel. Dix ans après, cette loi reste au cœur de débats publics souvent marqués par des idées reçues et des confusions entre les différents cadres juridiques existants.
À l’occasion de ce FéminisTalk, nous reviendrons sur les principaux modèles juridiques qui encadrent la prostitution, afin de mieux comprendre leurs effets. Nous analyserons en particulier pourquoi le modèle abolitionniste s’inscrit dans les objectifs des luttes féministes et constitue une réponse cohérente face au système prostitutionnel. En refusant de considérer la prostitution comme une activité comme une autre, il interroge les rapports de domination, la marchandisation du corps des femmes et les logiques économiques qui structurent ce système. Il pose une question centrale : peut-on construire une société égalitaire tout en autorisant les hommes à imposer des actes sexuels aux femmes contre de l’argent ?
Avec Félicie Kempf, porte-parole d’Osez le Féminisme.