Reçus à l’ONU, des gilets jaunes lancent un appel à témoins

Ils se mobilisent pour l’interdiction des armes “mutilantes” et la reconnaissance de ses victimes

Par J.S.

Shirelle David (en gilet jaune) est venue présenter l'appel à témoins lancé par "SOS ONU délégation gilets jaunes". La bollénoise a été reçue cette semaine par un émissaire de l'ONU pour l'alerter sur les nombreuses victimes des armes "mutilantes" en France.

Shirelle David (en gilet jaune) est venue présenter l’appel à témoins lancé par “SOS ONU délégation gilets jaunes”. La bollénoise a été reçue cette semaine par un émissaire de l’ONU pour l’alerter sur les nombreuses victimes des armes “mutilantes” en France.PHOTO ANGE ESPOSITO

Nous tentons de récolter des témoignages sur tout ce qui peut relever d’une forme de violence.” Le 20 février dernier, Shirelle David, gilet jaune de la première heure, mobilisée à Bollène, était à Genève, sous les fenêtres du Palais des nations, où siège l’Organisation des nations unies (ONU). Des centaines de gilets jaunes, dont une délégation venue du Vaucluse, s’étaient donné rendez-vous pour manifester contre les violences qu’ils affirment subir de la part des forces de l’ordre en France.

Un message entendu par un émissaire du haut-commissariat aux droits de l’homme de l’organisation qui a accepté de rencontrer la gilet jaune bollénoise. “J’ai pu exposer longuement et lui remettre une clé USB rassemblant les nombreux témoignages que nous avons reçus, détaille Shirelle David. J’ai senti une écoute, une compréhension et une conscience de la situation. L’émissaire m’a fait part de l’inquiétude de l’ONU, qui s’est réunie et a déjà interpellé les autorités françaises.

Des permanences et un mail mis en place

Pour continuer à libérer la parole des autres éventuelles victimes, les gilets jaunes sont sur le point de mettre en ligne un formulaire et une carte rassemblant toutes les victimes. Un numéro de téléphone a également été mis en place, le 06 95 75 94 77, disponible le mardi, de 9h à 11h et de 14h à 16h, ainsi qu’un mail : delegation.giletsjaunes@gmail.com. L’objectif : récolter “un maximum de témoignages pour permettre d’aboutir rapidement à l’interdiction des armes mutilantes utilisées pour le maintien de l’ordre en France et la reconnaissance officielle des victimes”.

À Avignon, un accueil physique sera également ouvert, les premiers lundis du mois, de 12h30 à 14h30, à la permanence obtenue par les gilets jaunes, à la Maison Manon, située place des Carmes. “Nous avons déjà reçu 330 témoignages de toute la France, dont 4 ou 5 du Vaucluse, développe Shirelle David. Au niveau des profils, on n’est pas sur des putschistes ou des radicaux mais plutôt sur des primo-manifestants. On reçoit aussi des témoignages de gens qui ont peur de venir manifester et même de forces de l’ordre.” Dans une vidéo, circulant actuellement pour expliquer cette démarche, les gilets jaunes annoncent aussi lancer cet “appel à témoins concernant les violences ou entraves envers les services de secours, les street medics, les pompiers et les journalistes”.

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