“Incendie à Rouen : la ministre de la Santé reconnaît la ville “polluée”

Incendie dans une usine Lubrizol à Rouen

Martin Lemaire, 

Incendie à Rouen : la ministre de la Santé reconnaît la ville "polluée"

ROUEN – La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est rendue à Rouen vendredi sur le site de l’usine Lubrizol, classé Seveso, qui a brûlé jeudi. Elle a reconnu que la ville était “clairement polluée par les suies”. Alors que les habitants sont toujours inquiets, les analyses des particules devraient être disponibles la semaine prochaine. Les premiers prélèvements seraient “rassurants”.

Au lendemain d’un violent incendie dans l’usine Lubrizol, située à l’ouest de Rouen, la ville semble toujours sonnée ce vendredi 27 septembre 2019. Un épais panache de fumée s’est échappé pendant plusieurs heures de cette usine classée Seveso (c’est à dire au risque d’accident majeur), qui fabrique des additifs pour carburants. Ont suivi de “nombreuses retombées de suie constatées sur une vaste zone au nord-est de Rouen”, selon les termes de la Préfecture de Seine-Maritime. Ces “pluies noires” inquiètent les riverains qui peinent à croire qu’elles seront sans conséquence sur leur santé. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a indiqué hier que cette fumée portait “en soi un certain nombre de produits qui peuvent être dangereux pour la santé”, mais ce matin, le préfet a appelé la population à ne pas céder à la panique, évoquant des “composants sans toxicité aigüe”. Confirmant ses dires, les résultats des premières études poussées, menées par un laboratoire spécialisé, viennent de paraître. Hormis des “traces” d’oxyde d’azote retrouvées à Leroy Merlin et autour du carrefour de Mont-Saint-Aignan, les résultats sont nuls.

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23:02 – Des demandes de clarification sur les substances qui ont brûlé à Rouen

Le responsable de l’union départementale CGT de Seine-Maritime, s’est dit “plus que sceptique sur la communication de la préfecture, comme sur celle de Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur”, rapporte 20 Minutes. Il estime que si l’incendie est bel et bien éteint, “l’incident”, lui, “pas encore”. Il dénonce le fait que “ni la préfecture ni le ministre de l’Intérieur ne nomment précisément les substances qui ont brûlé dans l’incendie”. Il réclame également des précisions le “nombre de fûts touchés par l’incendie et les produits qu’ils contenaient.”

22:34 – 8 000 m2 d’amiante dans l’atmosphère à Rouen ?

Selon France 3 Normandie, l’incendie de l’usine de Lubrizol d’hier a enflammé les 8 000 m2 du toit, fabriqué en fibrociment et qui contient de l’amiante. Jean-Michel Bérégovoy, adjoint EELV au maire de la ville de Rouen, s’est déclaré très inquiet. “On souhaite que des études précises de la qualité de l’air soient réalisées. Il y a 8 000 mètres carrés de matière amiantée dans l’atmosphère. C’est énorme.” Le préfet,  Pierre-André Durand, se veut plus rassurant : “Dans l’air, il n’y a pas d’inquiétude à avoir, c’est tout à fait clair. Par contre, il y en a sur le site de l’usine et il va y avoir un travail de restauration très poussé à mener.”

22:02 – Que contenait la fumée de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen ?

Des huiles de moteurs, des lubrifiants et des hydrocarbures ont brûlé jeudi soir, provoquant une fumée noire qui s’est étendue sur toute la ville de Rouen et ses alentours. Près du site de l’usine, plusieurs gaz polluants ont été relevés :  des oxydes d’azote, des oxydes de soufre (H2S), des composés organiques volatils, du monoxyde de carbone, et de l’hydrogène sulfuré, a fait savoir la préfecture. Selon l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), les oxydes d’azote font partie des “principaux polluants gazeux asphyxiants, irritants pouvant être rencontrés dans les fumées d’incendie”, rapporte LCI.

21:46 – Un rassemblement pour la “vérité” à Rouen

Plusieurs associations, ONG et syndicats appellent la population à se retrouver mardi 1er octobre à 18 heures devant le Palais de justice de Rouen, rapporte LCI. Inquiets des potentielles pollutions et fumées toxiques après l’incendie hier de l’usine Lubrizol, ils demandent des informations. Le cortège devrait rejoindre la préfecture de Rouen, selon le communiqué de Youth For Climate Rouen. “La préfecture doit la vérité!”, peut-on lire dans les premières lignes.

21:32 – Un incendie étonnant pour le président de l’usine Lubrizol

Le président de Lubrizol Frédéric Henry s’est déclaré sur franceinfo “extrêmement étonnés de voir démarrer un incendie, en pleine nuit, dans un endroit [de l’usine] où il ne se passe rien, il n’y a pas d’activité, que du stockage.” De son côté, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré que la ville de Rouen “était clairement polluée”.

21:16 – Des policiers et des gendarmes avec des masques à gaz

Selon les informations de France 3 Normandie, des policiers et des gendarmes dans la ville de Rouen portent des masques à gaz. Certains habitants, toujours inquiets et demandant plus d’informations sont peu rassurés par cette vision. “Je me suis demandé pourquoi eux sont équipés et pas nous”, confie ainsi un chef d’entreprise. Sur le compte Twitter de la gendarmerie nationale, on peut en effet voir les hommes en action. De dos, on peut voir les liens des masques à gaz.

Gendarmerie nationale

@Gendarmerie

, sécurisation du site, investigations, protection de la population, les gendarmes GGD76, renforcés par les spécialistes de l’, une équipe de l’ et la GM sont pleinement mobilisés aux côtés de la @PoliceNationale et des @Sdis76

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20:16 – Des précautions dans le nettoyage

“Si on voit des galettes de goudron sur les plages, on demandera aux enfants de ne pas les toucher et de se laver les mains. C’est la même chose que nous demandons aux riverains aujourd’hui. Pour nettoyer ces suies, ces galettes, ces saletés, il faut prendre des précautions, notamment mettre des gants. C’est une usine qui produit des hydrocarbures, même s’ils ne sont pas en grande quantité, ce n’est jamais bon pour la population de toucher ce genre de produits”, a alerté la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui s’est rendue sur place ce vendredi, en compagnie de la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne.

20:02 – + 50% d’appels au Samu

Selon les informations de la préfecture et du Samu, il y a eu une hausse de 50% des appels au 15 après l’incendie de l’usine classée Seveso à Rouen, rapporte LCI. Les appels concernent des maux de tête et des problèmes respiratoires. De plus, une cinquantaine de personnes ont été transportées à l’hôpital à bord d’ambulances. Trois personnes ont été hospitalisées.

19:29 – Les analyses seront disponibles la semaine prochaine

Agnès Buzyn la ministre de la Santé s’est exprimée après sa visite à Rouen. Elle reconnaît que l’odeur de soufre est “incommodante”, rappelant celle de “l’œuf pourri”. “Je comprends la population, il y a des suies, il faut nettoyer”, a-t-elle poursuivi. Les analyses sont cependant encore en cours et devraient être rendues publiques la semaine prochaine, a-t-elle assuré. “On peut être grossièrement rassurée” bien qu’il faille respecter des consignes d’hygiène comme se laver les mains, a-t-elle rappelé.

19:17 – L’usine Lubrizol, déjà impacté par un incident en 2013

Créée en 1954 sur les bords de Seine, l’usine Lubrizol, classée seuil haut Seveso, où travaillent environ 400 employés, fabrique et commercialise des additifs qui servent à enrichir les huiles, les carburants ou les peintures industrielles. L’usine appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, lui-même propriété de Berkshire Hathaway, la holding du milliardaire et célèbre investisseur américain Warren Buffett. Un grave incident s’y était déjà produit en 2013. Après une fuite de gaz malodorant, Lubrizol France avait été condamné à une amende de 4 000 euros en 2014.

18:56 – Les locaux de France 3 Normandie évacués

Une épaisse couche d’hydrocarbure s’est déposée dans toute la ville de Rouen après l’incendie de l’usine Lubrizol hier. Si l’incendie est éteint, la suie et une forte odeur sont désormais omniprésentes. À tel point que les locaux de France 3 Normandie ont dû être évacués ce vendredi dans la matinée. Les employés étaient en effet pris de nausées et de vomissements, rapporte France 3 Caen. Les journalistes sont basés à 800 mètres de l’usine. 118 personnes sont employées par l’antenne.

18:33 – Deux ministres à Rouen pour faire un point sur la situation

La ministre de la Santé Agnès Buzyn ainsi que la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne sont actuellement à Rouen, ont informé les ministères. Les deux ministres doivent faire un point sur la situation. Au programme, elles ont visité le site de l’usine Lubrizol, le PC des pompiers et le PC sécurité de l’usine.

17:50 – En colère, les habitants de Rouen réunis devant la préfecture

Ils veulent des réponses. Des habitants de Rouen se sont réunis devant la préfecture à 17 heures 30 environ pour faire entendre leur colère. Ils réclament « La vérité » ainsi que la fermeture de l’usine Lubrizol, classée Seveso après l’incendie d’hier qui a engendré un nuage malodorant et une pluie de suie. Les autorités, elles, ont assuré toute la journée qu’il n’y avait pas de danger, et ont encouragé les habitants à reprendre “une vie normale”.

Remy Buisine

@RemyBuisine

A Rouen, des habitants en colère devant la préfecture.

Ils demandent « La vérité » ainsi que la « Fermeture de Lubrizol » après l’incendie de l’usine classée Seveso hier.

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17:27 – Qu’il y avait-il vraiment dans le nuage de l’incendie ?

L’odeur nauséabonde est toujours présente dans l’air de Rouen. Les habitants, malgré les messages rassurants de la préfecture, sont inquiets. Les premières analyses du nuage n’ont pas mis en évidence la présence d’hydrogène sulfuré, mais de mercaptan, un gaz toxique à fortes doses. La préfecture se veut rassurante : les doses sont très faibles. Les analyses ont également prouvé la présence d’oxyde de soufre et d’oxyde d’azote, mais aussi, selon les autorités, à des doses non toxiques. De nouvelles analyses, plus poussées, devraient bientôt être rendues publiques.

16:57 – Un manque d’information pointé du doigt par les habitants de Rouen

Les riverains de Rouen et des alentours se plaignent du manque d’information sur les risques de cet incendie sur leur santé, mais aussi sur les risques de la présence de cette usine. En effet, en  2013, il y avait déjà eu une fuite de gaz nauséabond qui avait inquiété. Elle avait été ressentie jusqu’à Paris et même en Grande-Bretagne ! Lors d’un contrôle de l’usine en 2017, 17 manquements et 17 défaillances avaient été pointés du doigt, dont des manquements de sécurité. Un riverain a ainsi confié à Franceinfo : “J’en ai marre d’habiter ici, je vais vendre et déménager, j’ai trop peur”.

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