Mensonges à tous les étages, pression sociale montante : ils ne passeront pas ! par aplutsoc2

Nouvel article sur Arguments pour la lutte sociale

C’est l’une des nombreuses nouvelles « sanitaires » de la semaine que les médias ne mettent pas en valeur : les doses de Pfizer manquent et, par exemple, l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté a communiqué « en interne » … de ne pas prendre pour l’instant de rdv en août pour les premières injections !

Les objectifs annoncés par Castex ne tiennent bien sûr pas compte de ces carences, ils présupposent déjà la surexploitation des personnels de santé, aux effectifs réduits par sa politique, et ne seront donc pas atteints. Rappelons-les : sur 67 millions d’habitants, il y aurait 50 millions de gens ayant eu leurs deux doses début septembre, donc 17 millions n’en ayant reçu aucune, et 15 millions n’ayant eu qu’une seule dose. En enlevant environ 10 millions de moins de 12 ans, cela fait donc 15 + 17 – 10 = 22 millions de résidents en France qui, d’après le gouvernement – qui, en fait, n’atteindra pas ces objectifs – seront punis par le pass sanitaire limitant leur vie sociale et leurs droits !

M. Véran a comparé les non vaccinés à ceux qui « roulent à contresens sur l’autoroute ». Alors que la Défenseure des droits Claire Hédon alerte sur le fait que les précaires, les jeunes, et même les malades ayant une contre-indication vaccinale, que la loi scélérate sur le pass ignore, sont l’essentiel des non vaccinés, et qu’ « une partie de la population » est appelée à contrôler santé et identité d’une autre partie, beaucoup trop nombreux sont encore les responsables syndicaux qui les amalgament aux « antivax » et les traitent à la manière de M. Véran. Honte à eux !

Comme si la politique « sanitaire » de Macron était un pas en avant vers la vaccination pour toutes et pour tous ! Elle n’est un pas en avant que vers la quatrième vague du Covid associée au pass sanitaire contre les précaires et les jeunes. La vaccination obligatoire dans un seul pays n’aurait d’ailleurs guère de sens. Elle ne saurait en outre servir d’alibi se substituant à l’élaboration de traitements. Aller vers un régime et un gouvernement de santé publique, c’est affronter Macron, Castex et Véran, maintenant.

Les manifestations augmentent en intensité et ne sont occupées en partie par les antivax et les courants de type QUanon que dans la mesure où les organisations du mouvement ouvrier les désertent et amalgament aux antivax l’opposition montante. Mais la pression monte. La manifestation appelée par l’UD FO de Haute-Loire au Puy le 21 juillet contre le pass sanitaire et le nouveau droit de licenciement « vaccinal » a réuni, surprenant tout le monde en plein mois de juillet, 2000 participants. Les syndicats CGT et FO de l’Hôpital de Montélimar ont déposé un préavis de grève illimité contre tout licenciement au 15 septembre, soutenus par le personnel rassemblé devant l’hôpital. Le syndicat FSU des territoriaux (SNUTER-FSU), reflétant les sentiments des agents qu’il représente, dénonce le pass sanitaire et appelle à l’accessibilité égale aux vaccins, à la levée des brevets et à la suspension du jour de « carence » pour les effets secondaires. La Fédération des Cheminots CGT annonce refuser toute sanction, tout licenciement « sanitaire ».

Les positions des directions syndicales nationales ont donc commencé à évoluer. La CGT a appelé les parlementaires à « ne pas voter » le pass, vœux pieux vu ce qu’est le « parlement », mais impliquant une opposition au dit pass. FO tout en revendiquant « la possibilité de se faire vacciner sur le temps de travail » et en appuyant l’appel à solidarité de l’UGTT tunisienne contre la pandémie, « conteste les menaces de sanctions et de licenciements ». La FSU dénonce dans un communiqué du 21 juillet le fait qu’en matière de vaccination « rien n’est prêt si ce n’est les mesures disciplinaires pour les personnels » Solidaires dans un communiqué du 23 juillet déclare « Oui à la vaccination, non au passeport sanitaire et aux licenciements ! » et appelle à « participer aux mobilisations sociales et de défense des libertés qui se construisent et qui n’ont rien à voir avec les rassemblements initiés par l’extrême-droite et les mouvances complotistes, que nous combattons. » (nous n’avons toujours rien trouvé sur le site de la CFDT, et l’UNSA demande « un peu plus de souplesse pour ceux qui auraient entamé leur démarche de vaccination », s’inscrivant donc dans le soutien à la loi « sanitaire »).

Il est clair que l’unité contre la loi « sanitaire » scélérate de Macron la déferait. Une preuve ? Le conseil d’Etat dans son avis du 19 juillet « considère que les dispositions relatives aux agents publics ne peuvent pas être retenues. Il en déduit qu’au regard de l’objectif de santé publique poursuivi et au champ de l’obligation, le maintien d’un régime spécifique d’interdiction d’exercer et de suspension de la rémunération, qui ne s’appliquerait qu’aux seuls salariés, serait contraire au principe constitutionnel d’égalité. En conséquence, il ne retient pas non plus ces dispositions. Il note que la violation de l’obligation vaccinale peut être, le cas échéant, sanctionnée dans le cadre des procédures disciplinaires de droit commun. » Enorme désaveu nullement diffusé dans les médias, désaveu non seulement du gouvernement, mais de ces responsables syndicaux qui tentent de nier l’attaque centrale contre le droit du travail et le statut de la Fonction publique.

Non au pass sanitaire.

Interdiction de tout licenciement au 15 septembre !

aplutsoc2 | 24 juillet 2021

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