Aux États-Unis, ces pro-Trump manifestent contre le confinement

LR: Des hommes armés de fusils d’assaut et un slogan « Put them at Work », tout un programme…

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Face au confinement, Trump appelle les habitants à « libérer » leur État

Cet appel de Donald Trump, perçu par certains comme une incitation aux violences, intervient dans un contexte déjà compliqué pour les États face au coronavirus.

ASSOCIATED PRESS
Trump appelle les Américains à « sauver » les armes et « LIBÉRER » des États démocrates confinés (photo d’illustration)

ÉTATS-UNIS – Le ton employé n’a rien de rassurant, qui plus est au beau milieu d’une crise sanitaire et économique. Alors que le gouverneur de New York faisait son bilan quotidien sur l’épidémie liée au coronavirus ce vendredi 17 avril, Donald Trump s’est saisi de son téléphone pour appeler sur Twitter à la “libération” de plusieurs États confinés.

“LIBÉREZ LA VIRGINIE, sauver le 2e amendement. La région est en état de siège!”, a écrit sur le réseau social le président américain, faisant référence au chapitre de la Constitution qui autorise le port d’arme. “LIBÉREZ LE MINNESOTA”, “LIBÉREZ LE MICHIGAN”, a-t-il continué dans une série de messages.

Trois États qui sont gérés par des gouverneurs démocrates qui ont décidé d’imposer des mesures de confinement pour éviter une propagation du Covid-19.

TWITTER: DONALD TRUMP
Trump appelle les habitants du Minnesota, du Michigan et de Virginie à « libérer » leur État

Cet appel qui, en plus d’être perçu par de nombreux internautes comme une incitation aux violences, intervient dans un contexte très particulier.

La veille, Donald Trump présentait son “plan” en trois étapes pour “rouvrir” les États-Unis au plus vite. S’il laissait la main aux gouverneurs de chaque État de décider quand le déconfinement serait le plus approprié et sécurisé, le président avait insisté sur le fait que certaines régions peu touchées par le virus pourraient rouvrir “littéralement dès demain” et assurait que c’était la volonté de leurs habitants.

Un sous-entendu qui laissait à penser que le gouvernement local allait à l’encontre de la volonté des résidents et qui faisait surtout directement écho aux manifestations qui se multiplient dans le pays contre le confinement… et en soutien à Donald Trump.

Plusieurs dizaines d’opposants à la quarantaine s’étaient en effet retrouvés jeudi devant le Capitole de Richmond, siège du gouvernement de l’État de Virginie où 208 personnes sont déjà mortes. La veille, environ 3000 personnes avaient manifesté en voiture à Lansing, la capitale de l’État du Michigan, qui compte près de 2000 décès, défiant le décret de confinement émis par la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer (vidéo ci-dessous). Parmi les manifestants, des groupes portant armes automatiques, des gilets pare-balles et agitant des drapeaux des États confédérés d’Amérique.

Des démonstrations de force qui contreviennent aux consignes de confinement et que Donald Trump s’est soigneusement abstenu de condamner. Interrogé sur le sujet jeudi, il a estimé que ces personnes étaient attentives aux procédures réclamées par leur gouverneur.

“Je pense qu’ils écoutent, je pense qu’ils m’écoutent. Ils ont l’air d’être des manifestants qui m’aiment bien”, a déclaré le président comme vous pouvez le voir ci-dessous dans l’extrait de sa conférence quotidienne, alors que plusieurs autres manifestions du même type sont d’ores et déjà prévues pour les jours à venir.

À l’heure actuelle, le Michigan compte près de 2000 morts, la Virginie 208 et le Minnesota 87 décès.

Les États-Unis ont dépassé jeudi la barre des 30.000 morts recensés du coronavirus. Le pays a enregistré 4491 décès supplémentaires en 24h portant le nouveau bilan à près 33.000 décès dans la soirée.

La première puissance mondiale, où près de 667.800 cas ont par ailleurs été officiellement déclarés, a relevé ces trois derniers jours un bilan record du nombre de nouveau décès quotidiens et est désormais le pays le plus endeuillé au monde devant l’Italie (avec 22.170 morts), l’Espagne (19.315) et la France (18.681).


Coronavirus : Les manifestations anti-confinement se multiplient aux Etats-Unis, Trump semble les encourager

ETATS-UNIS Le président américain a appelé vendredi à «libérer» trois Etats dirigés par des démocrates dans lesquels des manifestants réclament une levée des restrictions

20 Minutes avec AFP

Des manifestants anti-confinement dans le Michigan, le 15 avril 2020.
Des manifestants anti-confinement dans le Michigan, le 15 avril 2020. — Paul Sancya/AP/SIPA

La grogne contre le confinement prend de l’ampleur aux Etats-Unis. Alors que des manifestations se sont déroulées dans une demi-douzaine d’Etats ces derniers jours, Donald Trump, qui prône au pupitre de la Maison Blanche le respect des consignes, a semblé les encourager sur Twitter vendredi.

En pleine crise du coronavirus, le président américain a ciblé trois Etats dirigés par des gouverneurs démocrates, tweetant, à quelques minutes d’intervalle : « Libérez le Minnesota ! », « Libérez le Michigan ! » et « Libérez la Virginie ». Pour ce dernier Etat, il a ajouté, en référence au droit des Américains à porter des armes : « Et sauvez votre formidable deuxième amendement. Il est assiégé ! ». Le gouverneur démocrate de l’Etat de Washington, Jay Inslee, s’est aussitôt indigné estimant que ces tweets présidentiels encourageaient, « des actes dangereux et illégaux ».

Des manifestants anti-confinement dans l'Ohio, le 16 avril 2020.
Des manifestants anti-confinement dans l’Ohio, le 16 avril 2020. – USA Today Network/Sipa USA/SIP

Des manifestants armés

Ces trois Etats sont dirigés par des gouverneurs démocrates qui ont ordonné à leurs habitants de rester chez eux. La pandémie a fait plus de 30.000 morts aux Etats-Unis, qui recensaient vendredi près de 700.000 cas de coronavirus, selon l’université Johns Hopkins. Le Michigan compte près de 2.000 morts, la Virginie 208 et le Minnesota 87 décès.

Des manifestants anti-confinement en Floride, le 17 avril 2020.
Des manifestants anti-confinement en Floride, le 17 avril 2020. – John Raoux/AP/SIPA

Dans ces Etats, des manifestants ont enfreint cette semaine l’ordre de rester chez eux pour protester contre le confinement et appeler leurs gouverneurs à rouvrir l’économie. Dans le Minnesota, à St Paul, ils étaient justement plusieurs centaines vendredi rassemblés sous le mot d’ordre « Libérer le Minnesota » devant la résidence du gouverneur Tim Walz, d’après la presse locale. A Lansing, capitale du Michigan, ils étaient environ 3.000 mercredi, parfois armés, à dénoncer la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer, certains portant des banderoles en faveur de Donald Trump, d’autres brandissant des fusils semi-automatiques.

Les démocrates dénoncent une incitation à la « violence »

Le gouverneur de Virginie, Ralph Northam a lui affirmé qu’il n’avait « pas le temps de (s’) engager dans des guerres sur Twitter. » Mon équipe et moi sommes en train de mener une guerre biologique « contre le virus, a-t-il asséné devant les journalistes. Northam a promulgué récemment plusieurs lois pour limiter les ventes d’armes et augmenter les contrôles sur les acheteurs («background checks »), ce qui pourrait expliquer le tweet de Donald Trump.

Quant au dirigeant du Minnesota, Tim Walz, il a rétorqué que sa « première responsabilité » était de protéger la population. « Si je pensais que nous pouvions retourner travailler dès demain, c’est exactement ce que nous ferions ». « Il met des millions de personnes en danger d’attraper le Covid-19. Ses tirades déséquilibrées et ses appels à  »libérer » des Etats pourraient aussi mener à des violences », a lancé Jay Inslay.

De nouvelles manifestations sont prévues samedi, notamment à Concord dans le New Hampshire, Annapolis dans le Maryland, Austin au Texas et dans le Colorado. Selon un porte-parole de Twitter, ces tweets de Donad Trump sont trop « vagues et ambigus » pour que le réseau social puisse en « déduire une intention de nuire » et les effacer.


18/04/2020

Comment Trump espère se dédouaner si le déconfinement déraille

Donald Trump est pressé de voir la fin du confinement pour relancer l’économie plombée par le coronavirus. Mais ne compte pas être tenu responsable des possibles conséquences.

MAXIME BOURDEAU/LE HUFFPOST AVEC GETTY
Comment Donald Trump espère se dédouaner si le déconfinement déraille (photo d’illustration)

ÉTATS-UNIS – “Quoi qu’il arrive, vous êtes responsable. Et si rien ne se passe, vous êtes responsable”. Voilà ce qu’est un “bon dirigeant”, clamait Donald Trump sur son compte Twitter à l’époque où Barack Obama était installé dans le Bureau ovale.

Quelques années plus tard, le discours du magnat de l’immobilier a quelque peu changé. Maintenant à la tête des États-Unis et confronté à une crise sanitaire aux répercussions économiques dramatiques, Trump ne voit étrangement plus les choses de la même manière.

Interrogé le 13 mars 2020 sur le manque de tests servant à dépister les Américains positifs au Covid-19, le président républicain a en effet eu le mérite d’être pour une fois clair et net: “Je ne suis pas absolument pas responsable” (voir la vidéo ci-dessous).

Josh Marshall

@joshtpm

Vidéo intégrée

Trump a depuis régulièrement tenté de dévier les critiques sur sa gestion du coronavirus. En pointant du doigt la Chine, en critiquant l’OMS ou s’acharnant sur la grippe H1N1 au temps de l’administration Obama. Et le président semble désormais bien parti pour réutiliser cette tactique si jamais le déconfinement à venir tournait lui aussi à la catastrophe.

Trump veut redémarrer le pays, mais…

Après avoir minimisé le danger du virus, puis s’être indigné que certains États décident de se placer en quarantaine, le président avait brièvement changé de ton le 31 mars pour appeler ses compatriotes à rester chez eux au moins deux semaines pour endiguer les contaminations qui frôlaient alors les 200.000 cas sur le territoire.

Mais depuis le début de la crise engendrée par le Covid-19, Donald Trump ne cache pas sa motivation principale: voir le pays et son économie redémarrer au plus vite. Les quinze jours de confinement national conseillé (et non imposé) étant désormais passés, il est donc grand temps de rouvrir le pays, selon lui. Pour ce faire, le républicain a présenté ce jeudi 16 avril un plan en trois étapes.

La première étape du redémarrage préconisé par la Maison Blanche prévoit la réouverture des restaurants et des salles de sport sous certaines conditions, mais pas des écoles ni des bars. Le port du masque de protection en public reste “fortement” conseillé, le télétravail doit rester la règle et les mesures de distanciation sociale être maintenues. Les personnes les plus vulnérables doivent rester confinées et les voyages non-essentiels “minimisés”.

D’après Trump, cette première marche peut déjà être franchie par une trentaine d’États qu’il estime relativement épargnés par le virus. Rien n’empêche ces régions de lever les restrictions très rapidement, “littéralement dès demain”, a-t-il lancé jeudi.

QuickTake by Bloomberg

@QuickTake

Vidéo intégrée

Enfin cela, ce n’est que son avis. Car au final, il reviendra au gouverneur de chaque État de “faire son propre choix”.

… aux États de faire le nécessaire

Alors qu’il se vantait encore lundi d’avoir “l’autorité absolue” sur le redémarrage du pays, Trump s’est en effet bien gardé d’imposer quoi que ce soit jeudi. Il a simplement donné de grandes lignes directrices pour “guider” les États, sans calendrier ni mesures d’accompagnement précises.

Une façon de procéder qui offre à Trump une bonne excuse pour leur faire payer les pots cassés si jamais la levée du confinement ne se passait pas dans les meilleures conditions. De quoi “le protéger si l’épidémie repart à la hausse ou si d’autres problèmes font surface après la réouverture des États”, ont clairement reconnu des membres de l’administration auprès du Washington Post sous couvert d’anonymat.

Un déconfinement trop hâtif pour les uns ou trop tardif pour les autres? Le président pourra en effet dire qu’il n’y est pour rien et expliquer qu’il avait lui fourni des conseils officiels, puis pointer du doigt les gouverneurs qui auront décidé quand sortir de quarantaine.

La guerre des tests

Les recommandations officielles de Trump en elles-mêmes risquent d’ailleurs de mettre d’emblée plusieurs États en situation d’échec. Selon le guide du président, c’est une fois qu’un État voire un comté aura rempli des critères sanitaires précis (diminutions des cas de Covid-19 pendant 14 jours, hôpitaux capables de faire face à l’afflux de nouveaux patients) qu’il pourra commencer à lever les restrictions.

Problème, des États affirment ne pas avoir à eux seuls les moyens financiers ni techniques de s’assurer que ces critères sanitaires sont remplis. La capacité d’effectuer un nombre de tests suffisants est notamment source d’inquiétudes, assure le gouverneur de New York. D’une part parce que dans sa région qui compte près de 20 millions d’habitants seuls 550.000 ont pu être dépistés, et ensuite parce que les États, le gouvernement et les entreprises privées doivent s’affronter dans une guerre commerciale pour récupérer les tests fabriqués.

“Le gouvernement ne peut pas juste s’en laver les mains et dire: ’les États sont responsables des tests”, s’est indigné Andrew Cuomo vendredi alors que Donald Trump, qui assurait en début de semaine ne vouloir faire pression sur personne, exigeait sur Twitter que “les États accélèrent les TESTS”.

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

The States have to step up their TESTING!

“Libérer” les États “assiégés”

En attendant que chaque région rouvre, Trump renvoie donc la balle à chaque gouverneur et n’hésite pas à rendre leur mission plus compliquée. Dans une série de messages, le président a appelé vendredi à “LIBÉRER” le Michigan, le Minnesota et la Virginie, trois États confinés et gouvernés par des démocrates.

Invoquant le droit au port d’arme et des régions “en état de siège”, le président semble sous-entendre que le gouvernement local va à l’encontre de la volonté de résidents qui manifestent contre le confinement et en soutien à Trump.

Plusieurs dizaines d’opposants à la quarantaine s’étaient en effet retrouvés jeudi devant le Capitole de Richmond, siège du gouvernement de l’État de Virginie où déjà 208 personnes sont mortes. La veille, environ 3000 personnes avaient manifesté en voiture à Lansing, la capitale de l’État du Michigan, qui compte près de 2000 décès, défiant le décret de confinement émis par la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer (vidéo ci-dessus).

Parmi les manifestants, des groupes portant des armes automatiques, des gilets pare-balles, agitant des drapeaux des États confédérés d’Amérique, des vêtements portant le nom de Trump et son slogan pour l’élection présidentielle de 2020. Des démonstrations de force qui contreviennent aux consignes de confinement et que le président s’est soigneusement abstenu de condamner. “Je pense qu’ils m’écoutent. Ils ont l’air d’être des manifestants qui m’aiment bien”, a-t-il commenté jeudi.

Toujours est-il que chez le reste des Américains, l’ombre d’une seconde vague d’infections à l’automne fait craindre le pire. Aussi difficile soit la situation économique, avec 22 millions de personnes à avoir perdu leur emploi ou subi une baisse drastique de leur activité avec le confinement, un sondage Pew publié jeudi note en effet que la grande inquiétude pour deux tiers des habitants serait que la levée des différentes restrictions se fasse trop rapidement.

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