L’ONU lance une enquête sur les atteintes aux droits humains dans les territoires palestiniens occupés et en Israël

UN High Commissioner for Human Rights Michelle Bachelet, is displayed on a screen as she delivers her speech during a special session of the UN Human Rights Council to discuss situation in the Occupied Palestinian Territory, at the European headquarters of the United Nations in Geneva, Switzerland, Thursday, May 26, 2021. (Martial Trezzini/Keystone via AP)

La résolution a été adoptée avec 24 voix pour, 9 contre et 14 absentions, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme. La portée de cette résolution dépasse largement le récent conflit.

Le Monde avec AFP

Publié le 27 05 2021

Moins d’une semaine après le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas, le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU) a décidé, jeudi 27 mai à Genève, de lancer une enquête internationale sur les atteintes aux droits humains commises depuis avril dans les territoires palestiniens occupés et en Israël, mais aussi sur les « causes profondes » des tensions.

La résolution lançant une « commission d’enquête internationale indépendante et permanente » a été adoptée avec 24 voix pour, neuf contre et quatorze absentions, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil consacrée à « la grave situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est ».

Saisie d’une demande d’enquête par le Pakistan en tant que coordinateur de l’Organisation de la coopération islamique, ainsi que par les autorités palestiniennes, la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a soutenu que les récentes frappes israéliennes sur Gaza peuvent constituer des crimes de guerre « s’il s’avère » que les civils ont été touchés « sans distinction ».

Si Michelle Bachelet a estimé ne pas avoir vu de preuve de présence de groupes armés ou d’action militaire dans les bâtiments visés par Israël à Gaza, elle a également souligné que les tirs de roquettes lancés par le Hamas « ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international ».

Lors des affrontements qui ont eu lieu du 10 au 21 mai, 254 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts, parmi lesquels un enfant, une adolescente et un soldat, d’après la police.

  • Une commission d’enquête pour établir les faits et collecter les preuves

La portée de la résolution dépasse largement le récent conflit. Le texte demande que la commission étudie « toutes les causes profondes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’appartenance nationale, ethnique, raciale ou religieuse ».

C’est la première fois que le Conseil met sur pied une commission d’enquête avec un mandat sans durée fixée à l’avance. Le mandat d’autres commissions, comme celle sur la Syrie, doit être renouvelé tous les ans.

Certains pays, comme la France, ont déploré que le mandat de la commission soit « trop large » et son objectif « trop indéterminé », mais la résolution a recueilli un large soutien auprès des pays africains et latino-américains.

L’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU à Genève, Meirav Eilon Shahar, a accusé le Hamas d’avoir « initié ce conflit » et assuré que son pays « a tout fait pour désamorcer les tensions »« Vous ne pouvez pas être propalestiniens si vous ne condamnez pas le Hamas », a-t-elle dit. La résolution « n’a rien à voir avec la réalité, n’a rien à voir avec les droits et n’a certainement rien à voir avec la promotion du dialogue entre Israël et les Palestiniens », a-t-elle estimé juste avant le vote.

Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, a estimé après le vote que la résolution « encourage les terroristes dans le monde entier »« La décision honteuse d’aujourd’hui est un nouvel exemple de l’obsession flagrante anti-israélienne du Conseil des droits de l’homme de l’ONU », a-t-il affirmé.

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  • L’ambassadeur de France en Israël convoqué après les propos de Le Drian

Par ailleurs, le ministère des affaires étrangères israélien a convoqué, jeudi, l’ambassadeur de France en Israël à la suite des propos tenus par le chef de la diplomatie française.

Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, avait adressé une mise en garde, dimanche sur RTL : « Si d’aventure on avait une autre solution que la solution à deux Etats, on aurait alors les ingrédients d’un apartheid qui durerait longtemps », avait-il déclaré.

Israël a dit attendre « de ses amis [qu’ils ne s’expriment pas] de façon irresponsable, afin de ne pas renforcer les extrémistes et les activités anti-israéliennes et antisémites » à l’étranger, a rapporté Lior Haiat, le porte-parole du ministère des affaires étrangères israélien.

Au pic des affrontements entre Israël et le Hamas, des manifestations propalestiniennes rassemblant plusieurs milliers de personnes avaient été organisées en France, malgré des interdictions préfectorales par crainte de troubles à l’ordre public.

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